Archive for September, 2008

HAITI | MENACE DE CATASTROPHE NATURELLE

Monday, September 29th, 2008

Risque sismique élevé sur Port-au-Prince«

Toutes les conditions sont réunies pour qu’un séisme majeur se produise à Port-au-Prince. Les habitants de la capitale haïtienne doivent se préparer à ce scénario qui finira, tôt ou tard, par arriver ». Patrick Charles, 65 ans, géologue et ancien professeur à l’Institut de Géologie appliquée de la Havane, se défend d’être alarmiste. Pourtant, il n’ y est pas allé par quatre chemins quand Le Matin lui a offert l’opportunité de réagir sur le dossier de menace sismique planant sur Port-au-Prince. Le vieux chercheur a répondu à nos questions avec la rigueur d’un universitaire avisé. À son avis, le danger est imminent « Dieu merci, la science met à notre disposition des instruments pouvant prévoir ces genres d’événements, tout en nous permettant de démontrer nos conclusions. C’est le temps et le hasard qui jouent en faveur de notre capitale. Une grande catastrophe plane sur notre tête », prédit-il.

Ce n’est pas tant la gravité des propos de Patrick Charles qui nous intrigue, mais sa conviction inébranlable dans sa prédiction. Pour nous convaincre, il n’hésite pas à nous exposer un cours détaillé de géologie, en se servant de cartes géologiques très précises et de son PC. « Port-au-Prince est construite sur une grande faille qui part de Pétion-Ville, traverse toute la presqu’île du Sud, pour aboutir à Tiburon. En 1751 et en 1771, cette ville a été complètement détruite par un séisme. Je parie mes yeux que cela se reproduira. La science peut aisément le confirmer », déclare-t-il.

Sur la base des connaissances et des données scientifiques qu’il a accumulées sur le sujet durant plusieurs décennies, Patrick Charles, en bon citoyen, a de quoi se révolter. L’imminence du danger se précise avec le temps et les événements. Et pour renforcer sa prédiction, M. Charles prend en exemple les dernières secousses enregistrées ces derniers jours au niveau de la capitale haïtienne. « Pendant ces dernières semaines, la terre a tremblé à plusieurs reprises au niveau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Du 1er au 12 septembre, trois secousses mineures ont été enregistrées à Pétion-Ville, Delmas, Croix-des-Bouquets, plaine du Cul-de-Sacc. Le directeur du Bureau des Mines et de l’Énergie (BME), l’ingénieur Dieuseul Anglade, a confirmé ces informations. Ces secousses mineures sont inquiétantes. Elles annoncent généralement des séismes de plus forte intensité », avise-t-il.

Dieu merci, Patrick Charles n’est pas le seul intéressé par le sujet. La question de la menace sismique sur Port-au-Prince est un sujet d’actualité. Elle a été débattue, ces derniers jours, par beaucoup de personnes, dont des intellectuels de haut rang. Les conclusions sont unanimes : Port-au-Prince risque bien de se transformer, du jour au lendemain, en un amas de ruines au terme d’une violente secousse tellurique. « Durant deux siècles, aucun séisme majeur n’a été enregistré dans la capitale haïtienne. La quantité d’énergie accumulée entre les failles nous fait courir le risque d’un séisme de 7,2 d’amplitude sur l’échelle de Richter. Mieux vaut ne pas en parler, il ne faut pas paniquer. Mais ce serait une catastrophe », admet le responsable du Bureau des Mines et de l’Energie, intervenant récemment dans la presse.

Le problème est posé dans toute son acuité. Des mises en garde sont régulièrement adressées. Mais les mesures ponctuelles sérieuses tardent à venir. En cas de violent séisme au niveau de la zone métropolitaine, M. Charles évoque deux scénarios catastrophiques : un tsunami géant au niveau du Lac Azuéi, inondant la plaine du Cul-de-Sac ; la désagrégation du morne l’Hôpital. « Dans les deux cas, le mal est infini. Ce sont des choses tout à fait possibles. L’essentiel est de prendre des dispositions pour atténuer leurs effets. Je suis prêt à endosser l’habit de pèlerin pour aider mes compatriotes à sortir de leur léthargie », affirme le géologue.

Face à une telle menace, très peu de mesures préventives ont été annoncées par les autorités. La bidonvilisation du morne l’Hôpital et de la Plaine du Cul-de-Sac, l’exploitation anarchique du Sable de Laboule se poursuivent inexorablement. Il faut toutefois signaler les efforts de la BME pour installer sur toute l’étendue du territoire national des instruments permettant de mesurer l’amplitude des secousses sismiques.

Rappelons, pour nos lecteurs, que deux grandes failles traversent le pays. L’une au niveau de la région septentrionale et l’autre au niveau de la presqu’île du Sud. Tous nos départements, hormis le Centre, sont exposés au séisme et au tsunami. « Les autorités sont obligés de prendre des mesures ponctuelles quoique impopulaires pour protéger certaines zones. Le bilan du passage des trois derniers cyclones sur Haïti interpelle notre conscience. Nous vivons une période très difficile et nous devons agir. Le compte à rebours a commencé. La nature nous demande des comptes. Il faut agir pour sauver ce qui peut encore l’être », soutient Patrick Charles.

Par Phoenix Delacroix
LE MATIN jeudi 25 septembre 2008

Six Haitian Nationals Arraigned on Charges of Conspiracy to Commit Hostage Taking of American Citizens Abroad

Monday, September 29th, 2008

Washington, D.C. – Six Haitian Nationals have been indicted and were arraigned last week in two separate cases on charges of conspiracy to commit hostage taking and hostage taking of American citizens in Haiti, U.S. Attorney Jeffrey A. Taylor and Jonathan I. Soloman, Supervisory Special Agent in Charge of the Miami Field Office of the Federal Bureau of Investigation announced today.

In the first case (hereinafter Destine), defendants Lucson Renaldo Destine, 23, Rochel Succes, 22, and Richardo Desir Theard, 31, were indicted on April 29, 2008, in a two-count indictment charging them with Conspiracy to Commit Hostage Taking and Hostage Taking. In the second case (hereinafter Ceide), defendants Jean Claude Ceide, 31, Wesly Ducastin, 31, Pierre Peterson, 23 and Polynice Wadner, 31, were indicted on November 8, 2007, in a four-count indictment charging them with one count of Conspiracy to Commit Hostage Taking, one count of Hostage Taking, Aiding and Abetting Hostage Taking and Attempt to Commit Hostage Taking.

After being held in a Haitian prison in Port Au Prince for over one year, the defendants in each case waived extradition and were flown to the United States. The six defendants were arraigned on September 18, 2008, before U.S. Magistrate Judge John Facciola in the U.S. District Court for the District of Columbia. Getting the defendants from Haiti to Washington D.C. was accomplished by the concerted efforts of the several entities, including several sections of the FBI and other U.S. federal agencies, the government of Haiti and the government of Santa Domingo, Dominican Republic.

A Pretrial Detention Hearing will be held in the Ceide case on September 23, 2008, before U.S. Magistrate Judge Facciola. A Pretrial Detention Hearing will be held in the Destine case on September 25, 2008, also before Magistrate Judge Facciola.

In the Destine case, the defendants are charged in connection with an incident that took place on the evening of April 13, 2007, when, according to the indictment, the defendants kidnapped an eighteen-year-old American citizen at gunpoint as he was waiting to pick up his younger sister from a residence she was visiting in Port Au Prince, Haiti. The victim was taken to a house under construction and held captive there overnight while the kidnappers negotiated with the victim’s family the payment of $400,000 U.S. Dollars as ransom in exchange for the victim’s safe release. The following afternoon, the Anti-Kidnapping Unit of the Haitian National Police and the United Nations Civilian Police rescued the victim at that house, capturing two of the defendants at the scene and the third defendant a short time later.

In the second case (Ceide), according to the indictment, the four named defendants were members of a Haitian Gang called Delmas. The purpose of the gang was, among other things, to kidnap persons for ransom. They particularly sought to kidnap American Nationals from whom they believed they could get the highest ransom. On May 5, 2006, the defendants and others allegedly kidnapped two young teenage students, including one American National, on their way to school. The four named defendants held the Haitian and American girls for ransom for three days, as they negotiated with the American’s grandfather. Originally the defendants demanded a ransom of $200,000 U.S. dollars, but ended up settling for much less before safely releasing the two girls.

In announcing the indictments and arraignments, U.S. Attorney Taylor and FBI Special Agent in Charge Solomon praised the efforts of Supervisory Special Agent Amanda Moran from the FBI Criminal Investigative Division; The Legal Attache Office of the FBI in Santa Domingo, Dominican Republic; the Anti-Kidnaping Unit of the Haitian National Police; Immigration and Custom Enforcement, Santa Domingo, Dominican Republic; United Nations Civilian Police; U.S. Citizenship Services Office, Port Au Prince, Haiti; U.S. Embassy Haiti; Customs and Border Patrol, Ft Lauderdale International Airport; FBI’s Special Flight Operation Unit, Manassas, VA; Washington Field Office SWAT, Miami Field Office SWAT, Miami Surveillance Operations Group-1; the T-8 and T-5 Squads of the Miami Division; Robert Webb of the FBI Miami Field Office, the lead investigator in the Ceide case; Special Agents Carlos M. Monero of the FBI Miami Field Office and Michael Greene of the FBI Atlanta field office, the lead investigators in the Destine case; Assistant U.S. Attorney Angela Schmidt, the prosecutor in the Destine case, and Assistant U.S. Attorney Debra Long-Doyle, the prosecutor in the Ceide case.

An Indictment is merely a formal charge that a defendant has committed a violation of criminal laws and every defendant is presumed innocent until, and unless, proven guilty.

Ref: http://washingtondc.fbi.gov/dojpressrel/pressrel08/wfo092208.htm

Qui dirige quoi en Haiti?

Monday, September 29th, 2008

par Jean Erich René

A la Tribune des Nations Unies, le vendredi 26 septembre 2008, le 55e Président d’Haïti voudrait attirer les regards en prononçant un ton gauchiste pour dénoncer l’assistanat total au profit d’une approche systémique. Qui l’en empêche ? Premier ministre d’Aristide, deux fois Président il avait et il a encore toute la latitude requise ! Mais l’orateur qui, avant sa prestation de serment a parcouru les grandes Capitales américaines pour quémander, même un plan de développement, est mal placé pour soulever une telle polémique. Le moment aussi est contre indiqué. La systémique n’est pas un vain mot. Elle est interdisciplinaire c’est-à-dire dans le cadre du développement économique elle implique que l’on soit initié aux arcanes de plusieurs sciences: politique, sociologie, économie, finance etc. Parlons peu mai parlons bien ! Compte tenu des bouleversements d’ordre climatique et économique auxquels est soumis le monde actuel, il est dangereux pour un Chef d’Etat de délirer de la sorte à l’ONU. Toute une nation peut en pâtir.

En ce début du troisième millénaire la Nation haïtienne menace de disparaître sous l’effet des cyclones dévastateurs causés par le
réchauffement de la planète. Les conséquences immédiates sont: la famine, le rétrécissement de l’espace vital et les crises sociales ponctuées de violence. Il est tout à fait indispensable d’avoir à la Direction des Affaires de l’Etat un personnel compétent. Il n’est plus question de loger au Palais National un Chef d’Etat qui pratique une politique personnelle, dictée par une ignorance crasse. Ordinairement on n’accorde la charité qu’à celui qui tend la main. De nos jours, les risques de désastre sont multiples et fréquents. De ce fait ils doivent être contrôlés de manière proactive si l’on veut éviter des suites malheureuses.

Le Conseil d’Administration de la BID, imbu de la répétition des effets dévastateurs du phénomène El Niño, le 12 mars 2001 a jugé utile et nécessaire de mettre sur pied un Mécanisme de Financement de Fonds de Prévention des catastrophes naturelles. Il ne s’agit pas de charité mais de prêts accordés dignement aux pays qui sont sur la liste de la BID! Les objectifs poursuivis dans son document (GN-2085-5) sont :

(i) contrôler les risques naturels, réduire le degré de vulnérabilité et l’ampleur des désastres

(ii) préconiser les notions et les bonnes pratiques de gestion des risques afin de porter les Gouvernements à les respecter pour faire face rapidement et effectivement à une urgence

(iii) offrir un véhicule adéquat pour une approche partagée de la gestion des risques de désastre dans la région.

Un Service de réponse Immédiate (GN-2038-14) préposé à l’aide en cas de désastre vise notamment à :

(i) accélérer la restauration des services
(ii) financer des réparations provisoires
(iii) nettoyer immédiatement le pays après un désastre selon un processus fast-track

Il convient de souligner que des opérations de ce genre ont été déjà entreprises au profit des populations des pays suivants : Colombie, Vénézuéla, Belize, le Salvador etc. Pourquoi pas Haïti ? Les responsables nationaux, prennent une allure de contestataires sans avoir les moyens de leur politique. Ils évoluent en marge des actions prévues par le Comité Interaméricain pour la Réduction de Catastrophe Naturelle (IANDR) en exposant les sinistrés à la souffrance. Le phénomène El Niño occasionne
périodiquement des bouleversements climatiques dont les effets socio-économiques sont néfastes pour les pays latino-américains et des Caraïbes. Loin de prendre la perche tendue dans une circonstance aussi dramatique pour alléger le sort de des sinistrés le Gouvernement Préval préfère accorder 5 millions de gourdes à chaque député pour entreprendre des projets bidon au niveau de leurs circonscriptions. Ce n’est pas la bonne solution !

Cette somme vraiment dérisoire ne peut réaliser quoi que ce soit au niveau d’une circonscription ravagée par les cyclones. De plus, nos parlementaires placés pour légiférer marchent dangereusement sur les plates-bandes d’un Exécutif à la recherche d’un bouc émissaire. Cette initiative du Président Préval vise plutôt à embobeliner nos députés en vue de l’aider à réaliser son dessein politique chimérique de garder le pouvoir. C’est une façon de leur fermer la bouche en vue de les porter à voter la nouvelle Constitution en gestation dans son laboratoire politique. En dépit de la décrépitude du pays Préval n’a pas changé de cap. Par la
corruption il compte obtenir en échange la validation éventuelle de l’Assemblée Constituante. La loi électorale est déjà publiée dans un Numéro spécial du Moniteur introuvable parce que tiré à peu d’exemplaires. Si le Gouvernement voudrait résoudre cette crise post désastre il aurait dû adresser ses requêtes au Fond d’urgence de la BID dont les coordonnées sont les suivantes :

Environment Division
Inter-American Development Bank
1300 New York Ave., N.W.
Washington, D.C. 20577
USA
Fax: (202) 623-1786

Disaster Management Focal Points
Sustainable Development Department - Environment Division
Kari Keipi
Senior Natural Resource Specialist
e-mail: karik@iadb.org
Tel: (202) 623-1939

Le dossier du cyclone est le cadet des soucis de René Préval qui cherche à se dédouaner en dénonçant l’hypocrisie et la mystification de la Communauté Internationale. Cette fois-ci, il s’y est mal pris ! Ces dangereuses et fréquentes fluctuations de la température sous les tropiques connues sous le nom de El Niño ont frappé aussi les USA. D’où viennent ces propos incongrus ? A chaque nation d’arrêter, selon leurs moyens, les mesures nécessaires pour éviter le pire.

Qui dirige quoi en Haïti ?

En Floride les Haitiens se posent la question : Préval, serait-il un masochiste ?

Monday, September 29th, 2008

Orlando le 26 septembre, 2008

Dans le cadre des efforts pour aider le pays à sortir de la situation post-cyclonique, nous observons la coïncidence de plusieurs faits, qui nous obligent à déterminer leur pertinence.

-Transparency International publie son rapport de 2008, classifiant Haïti une fois de plus, parmi les 4 pays les plus corrompus du monde.

-Les 3 plus grands donneurs d’aide à Haïti, les Etats-Unis, le Canada et la France, venus avec leurs propres navires distribuent l’aide directement aux sinistrés, à travers leurs ONG.

-L’ONU, ayant en Haïti une armée multinationale formée principalement de Sud-américain, tire la sonnette d’alarme et sollicite 110 millions de dollars US. Elle n’a reçu que 2%.

-Le Venezuela enlève momentanément les restrictions sur l’utilisation des fonds dans le cadre des transactions à crédit du Petrocaribe.

-Le gouvernement annonce le décaissement de ces fonds, 8 milliards de gourdes, soit 200 millions de dollars US, pour revitaliser principalement, l’agriculture, l’éducation et l’infrastructure routiers.

-Cette somme est distribuée à certains ministères et aux parlementaires qui deviennent dorénavant des administrateurs de deniers publics.

Certes la publication du rapport de Transparency International, coïncidant avec la situation post-cyclonique, vient comme cheveux sur la soupe. Néanmoins il explique et justifie le comportement des plus importants donneurs d’aide, qui ont choisi de circonvenir un gouvernement auquel ils ne font pas confiance, même avec son nouveau premier ministre, pour distribuer l’aide directement aux sinistrés.

Tenant compte de l’intensité de la pression exercée, précisément par ce secteur de la communauté internationale, pour obtenir sa ratification, on espérait un comportement plus sympathique envers ce nouveau premier ministre.

Tel n’est pas le cas. C’est le ne varietur. On peut déduire que la pression venait du fait que la communauté internationale avait seulement besoin d’un gouvernement fonctionnel pour la reconduction du mandat de la Minustah.

Prenant en considération le type d’aide qui est distribué par les trois plus grands donneurs d’aide. Certes, l’approche caritative a un résultat plus immédiat. Aussitôt consommée, ses effets disparaissent rapidement, sans laisser de plus valu résiduel. Ceux sont des palliatifs. On peut conclure, en constatant la façon de distribuer l’aide, que l’absence de confiance est manifeste.

Mais en tenant compte aussi du type d’aide distribuée, ne peut-on pas conclure qu’il y a là une volonté de ne pas intervenir dans la résolution des problèmes de fond ? La communauté internationale n’est pas dupe des intentions et manœuvres politiques de ce gouvernement de pérenniser au pouvoir.

- Le fait que l’ONU ait sollicité 110 millions de dollars US pour aider Haïti et n’a reçu que 2%, est absolument significatif.

- Le fait est que les plus grands donneurs d’aide, ont choisi de faire la distribution eux-mêmes, au lieu de s’en remettre à l’ONU.

La Minustah étant l’unique projet international que gèrent le Brésil et ses associés sud-américains, dans sa campagne de qualification pour un siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, met aussi en exergue le fait que le Brésil et les autres pays de l’Amérique latine, en ce qui s’agit d’aide en espèce, sont très durs à la détente.
Peut être qu’ils ont les mêmes appréhensions que les 3 plus grands donneurs d’aide et pour les mêmes raisons. Le Brésil a cependant promis de refaire la route du Sud. La question est de savoir, est-ce à partir de Sainte Bernadette, ou après le pont de la Rivière Froide ? Cette nuance est importante.

Le Venezuela a enlevé momentanément les restrictions sur l’utilisation des fonds qui lui sont dus dans le cadre des transactions à crédit du Petrocaribe. Lorsque Haïti achète du pétrole de Venezuela, elle paie rubis sur ongle 40% du prix du marché à la livraison. Le reste, les 60%, sont versés dans un compte. Et ce montant dû au Venezuela est un prêt à raison de 2% l’an pour 15 ans. L’utilisation, ou l’investissement de cet argent est strictement contrôlée par le Venezuela.

Ce que le Venezuela fait, et qui est appréciable, il permet à ce gouvernement d’utiliser l’argent dans le cadre de cette situation catastrophique. Mais la dette demeure. En d’autres termes, ce gouvernement est entrain de dépenser un argent que nous aurons à payer dans l’avenir, capital et intérêts réunis au Venezuela, quand Préval ne sera plus au pouvoir. Ce n’est pas un don du Venezuela. C’est un argent qui ne devrait pas être gaspillé dans des jeux politiques ou de corruption. C’est un argent qu’il faut investir, parce qu’il devra être remboursé.

Evoquant la loi sur l’Etat d’Urgence, sans passer par les procédures normales, le gouvernement a annoncé le décaissement immédiat de ces fonds dus au Venezuela, 8 milliards de gourdes, soit 200 millions de dollars US, pour revitaliser principalement les secteurs les plus touchés, l’agriculture, l’éducation et l’infrastructure routiers. Ceci est d’une part compréhensible, que ces fonds soient distribués aux titulaires de ces départements ministériels qui sont des gestionnaires de deniers publics.

Mais d’autre part, le fait que le gouvernement distribue aussi 5 millions de gourdes par commune, soit 812 millions de gourdes contrôlés par le ministère de l’intérieur, dont une portion sera distribuée aux parlementaires qui devront soumettre des projets à ce ministère pour recevoir ces fonds, est perçu par le public en général comme un acte de corruption.

Malgré les déclarations du premier ministre pour les rassurer, les parlementaires n’étant, ni des gestionnaires, ni des comptables de deniers publics, à qui vont-ils rendre compte de la gestion de ces fonds et de ces projets ? Qui en toute logique assumera la responsabilité de la gestion de ces fonds publics et de ces projets, en cas de vérification ?

Un peu suspicieux, certains parlementaires estiment qu’il s’agit en fait d’un piège tendu par le gouvernement, aux parlementaires. Ils craignent que certains parlementaires, ne soient ciblés par la Cour Supérieure des Comptes pour provoquer un scandale et les éliminer aux prochaines élections de 2009.

Ayant eu tant de mailles à partir avec ces parlementaires, et voulant poursuivre son obsession, le remplacement de la Constitution, on est bien obligé de se questionner sur l’intention de ce cadeau fait au parlement. Est-il empoisonné ? Ou est-ce un geste magnanime, sans arrière pensée ? Préval est-il connu pour son cynisme ou pour sa magnanimité ?

Compte tenu du besoin insatiable et manifeste de Préval de vouloir un parlement qui soit à son service, financerait-il de bonne foi les élections des parlementaires avec qui, il a eu des contentieux, et qui lui ont donné du fil à retordre ?

Est-ce qu’il les aiderait à revenir au parlement, pour s’engager à nouveau dans les mêmes affrontements ?

Préval, serait-il un masochiste ?,

… les haitiens vivant en floride se posent cette question avec inquiétude!

Haiti - Préval plus nul que zéro

Friday, September 26th, 2008

par Jean Erich René

La passivité des autorités nationales face aux événements malheureux qui se sont abattus sur le pays, nous procure le fâcheux sentiment qu’elles sont dépassées par les événements. Les populations de l’Artibonite, du Plateau Central et de l’Ouest etc. en plus de leur deuil ont connu des jours sans sommeil. Juchés sur le toit de leurs maisons les sinistrés attendent des secours qui ne sont jamais arrivés. Sans eau, sans nourriture, privés de tout ils languissent dans l’expectative. La nature les a frappés, la nature
les a libérés. Après de tels événements il faut faire attention à la psychologie des victimes. Livrées à elles-mêmes, un sentiment d’abandon et de désespoir risque d’affaiblir leur fibre morale en les poussant à de violentes réactions.

Face à cette grande désillusion nous nous posons une infinité de questions. Qu’entreprend le Président au Palais National, sinon que la réunion infructueuse du mardi ? Quelles sont les mesures prises par le Premier ministre et ses ministres ? Peut-on rester définitivement dans cet attentisme béat ? La politique a des exigences auxquelles personne ne peut échapper sans subir certaines sanctions. Le Président René Préval arrivé au pouvoir à la faveur des votes blancs interdits par la Constitution de 1987, ne mérite aucun respect. Il est à la fois sourd, muet et aveugle. Selon toute vraisemblance, il attend que quelqu’un d’autre prenne les décisions à sa place. Pourtant enivré par le pouvoir il adore sa fonction.

Ce mélodrame nous arrache par alternance des rires et des larmes. Le laxisme de nos dirigeants allume notre colère. Ils oublient qu’ils ont en main les leviers de commande. C’est à eux d’embrayer les vitesses pour tirer le pays de ce bourbier. Ils font preuve d’un manque de coordination dans le traitement des dossiers du cyclone. 8 Départements géographiques sur 10 sont inondés. Depuis le 8 septembre 2008 une lettre a été adressée à l’Etat haïtien par le truchement du Sénat en vue d’apporter une réponse
immédiate à cette catastrophe. Grâce à ses fonds d’urgence la BID voudrait mettre à leur disposition des équipements lourds pour le nettoyage rapide des régions touchées. Les matériels suivants devraient être débarqués, dans le plus bref délai aux Gonaïves:

Pelles mécaniques, chargeurs, concasseuses, épandeuses d’asphalte, bulldozers, aspirateurs industriels, camions etc. Un appui logistique était prévu aussi bien qu’un dépôt de combustible. Des ponts militaires seraient jetés sur 8 rivières. Le Gouvernement haïtien n’a jamais sollicité l’offre de la BID. Selon la logique : les premiers arrivés sont les premiers servis, la disponibilité de ces équipement est réduite à cause de la demande formulée par d’autres pays de la Caraïbe qui se trouvent dans la même situation.

L’aspect le plus honteux c’est le silence complice de nos leaders politiques ou du moins leur manque d’information. Personne ne se lève pour protester contre ce comportement démissionnaire Nos leaders n’ont aucune lecture de la catastrophe. Ils suivent, comme tout le monde, le déroulement de cet événement jusqu’aux prochaines élections. La politique c’est l’art de résoudre les difficultés que confronte une nation. L’Exécutif haïtien y compris nos leaders traditionnels doivent avoir le courage et l’honnêteté
de crier leurs incapacités. C’est dans l’adversité qu’on reconnaît les bons Chefs. Aujourd’hui les preuves sont faites.

L’historien de demain aura du mal à définir le règne bis de René Préval. De Bô Tab à Lespwa on nage dans l’incohérence, l’insouciance et l’indifférence. Avec angoisse nous cherchons l’orientation de la politique de Préval, sans identifier aucun noyau idéologique. Serait-ce le socialisme ? Malgré la présence de Paul Denis de l’OPL au Palais National comme conseiller du Président, cette mascarade ne rappelle, même de loin, le portrait de Karl Marx. Au contraire la pratique quotidienne rapproche plutôt le règne de Préval d’une ploutocratie qui s’affirme par suite d’une main mise sur les leviers économiques. De tels agissements sont
caractéristiques du Capitalisme sauvage que combat l’auteur du Livre Rouge. La Classe Moyenne appauvrie, s’expatrie. La masse ne connaît aucune ascension. Au contraire elle plie sous le poids de la misère et de l’exploitation. Les idéaux socialistes sont troqués contre un néo-libéralisme en bas châle. Le pays va-t-il rester dans cette voie néfaste jusqu’en 2011 ?

Il y a plus que deux ans depuis que Préval revient au pouvoir, où sont les réalisations ? Point n’est besoin d’invoquer les indicateurs économiques pour une analyse situationnelle. L’émeute de la faim qui a emporté Jacques Edouard Alexis suffit pour nous convaincre de la cherté des prix des produits. L’inflation est galopante et le chômage insupportable. Nos chiffres d’importation augmentent sans précédent et nos exportations baissent considérablement. Quant à la production nationale, elle accuse un net recul. Parallèlement, le déficit budgétaire s’agrandit et l’Etat haïtien est au bord de la faillite. La décrépitude du pays devrait porter les dirigeants à remettre les clés du Palais national, avant que leur crédit politique soit complètement estompé.

Le moral des ménages a franchi le seuil du découragement. Il faut suffisamment d’ingénuité pour reconnaître que, contrairement à l’avis des thuriféraires, l’espoir que symbolisait pour une frange de la population l’avènement de René Préval en 2006 a éclaté comme une baudruche depuis le jour où il a fait allusion au miracle pour venir à bout de la famine. Il faut distribuer un minimum de services pour bénéficier de l’appui du peuple. Le laisser-faire qui caractérise la Politique de l’équipe au pouvoir, à l’occasion de la saison cyclonique, vient de mettre à nu son incompétence. Aucune décision concrète n’a été prise. Le Gouvernement Préval Pierre Louis, mi-libéral mi-ONG, n’est qu’un repère de cancres et de médiocres.

Dans le cadre de ce désastre national, Préval prouve qu’il est plus nul que zéro ?

Haiti : L’après cyclone!

Wednesday, September 24th, 2008

Par Jean Erich René

Dans un proche avenir les populations sinistrées vont faire face à de grandes difficultés, surtout sur les plans sanitaire et alimentaire. Des maladies de toutes sortes et la famine entre autres seront leurs lots. Ces mares d’eau boueuses dans lesquelles elles pataugent pullulent de bactéries et d’autres agents pathogènes. Une couverture sanitaire doit être offerte dans l’immédiat pour prévenir les cas d’infection et de contamination. La vaccination préventive contre la typhoïde est fortement recommandée. Déjà la gent féminine est victime de l’eau polluée utilisée pour leur toilette intime. L’’infection vaginale, signalée comme l’une des premières retombées de la tragédie de l’après cyclone, risque d’éclater certains ménages. Un kit sanitaire doit être prévu spécialement pour les soins corporels des femmes.

La carence alimentaire qui s’en suit, à cause de la destruction des jardins, va déboucher sur une famine sans précédent. Il faut au moins 3 mois pour la reprise de la production agricole. Entre-temps nos champs ne peuvent rien produire. Cette rareté des produits alimentaires sera ressentie à la fois dans nos communautés rurales et pis encore dans les villes et à la Capitale. Selon la loi de l’offre et de la demande, toute baisse de quantités d’un bien entraîne automatiquement la montée de son prix. Donc il est évident qu’on va assister à une flambée des prix avec la rareté des produits de première nécessité. Ventre affamé n’a point d’oreille. On peut tout arrêter excepté la violence des vagues de la mer, du vent, d’une rivière en crue et pis encore la turbulence des tripes d’une population affamée dont les nerfs sont à fleur de peau.

La faim est mauvaise conseillère, dit-on. Le Gouvernement Préval Pierre Louis doit remuer ciel et terre pour donner à manger à 8.924.553 habitants. Il ne suffit pas de solliciter l’aide internationale, il faut savoir aussi la canaliser avec justesse et équité. Pour éviter une éventuelle émeute de la faim les produits suivants doivent être distribués: maïs moulu, millet, riz, haricot, farine, huile de cuisine. Ils répondent non seulement aux habitudes alimentaires de la population haïtienne mais encore ils se prêtent mieux à la conservation. Il ne s’agit pas seulement de gaver nos compatriotes de nourriture, on doit aussi respecter les normes diététiques selon le standard de l’OMS: 2200 calories et 60 grammes de protéines par jour pour chaque individu. Pour une diète bien équilibrée, il importe de faire l’inventaire des valeurs nutritives des aliments cités pour 100 grammes.

Riz: 361 Calories, Protéines: 7.1
Mais moulu: 363 Calories, Protéines: 7.9
AK 100: 337 Calories, Protéines: 14.1
Millet:342 Calories, Protéines: 8.8
Pois rouge et noir: 337 Calories, Protéines: 22.0
Farine : 364 Calories, Protéines : 10.6
Huile de cuisine: 884 calories

Souvent le Gouvernement ne dispose d’aucune base de données et se contente de chiffres purement forfaitaires. Selon une enquête statistique sur les habitudes alimentaires et la consommation per capita en Haïti, les quantités de nourriture suivantes doivent être entreposées rapidement pour être livrées dans tous nos Départements géographiques.

Calcul de la moyenne des besoins alimentaires, en sacs de 100 livres et gallons de 2,9 livres pour 3 mois par Département géographique.

Artibonite:
Maïs moulu:8.352 sacs, Millet: 21.192 sacs, Riz: 72.696 sacs, Haricot:
44.568 sacs, huile de cuisine: 493.860 gallons

Centre: Maïs moulu:4.410 sacs, Millet:11.190 sacs, Riz: 38.376 sacs, Haricot:
23.526 sacs, huile de cuisine: 260.700 gallons

Grande Anse:
Maïs moulu: 4.710 sacs, Millet:11.958 sacs, Riz: 41.016 sacs, Haricot:
25.146 sacs, huile de cuisine: 278.622 gallons

Nord:
Maïs moulu:6.036 sacs, Millet: 15.318 sacs, Riz: 52.542 sacs, Haricot:
32.208 sacs, huile de cuisine : 356.898 gallons

Nord-est:
Maïs moulu: 2.346 sacs, Millet:5.952 sacs, Riz: 20.412 sacs, Haricot:
12.510 sacs, huile de cuisine : 138.642 gallons

Nord-ouest
Maïs moulu: 3.474 sacs, Millet:8.814 sacs, Riz:30.228 sacs, Haricot: 18.534 sacs, huile de cuisine: 205.350 gallons

Ouest:
Maïs moulu:24.132 sacs, Millet: 61.254 sacs, Riz: 210.120 sacs, Haricot:
128.820 sacs, huile de cuisine: 1.427.364 gallons

Sud:
Maïs moulu: 4.896 sacs, Millet:12.420 sacs, Riz: 42.606 sacs, Haricot:
26.124 sacs, huile de cuisine : 289.428 gallons

Sud-est:
Maïs moulu:3.504 sacs, Millet: 8.904 sacs, Riz: 30.534 sacs, Haricot:
18.120 sacs, huile de cuisine :207.432 gallons

Demande totale pour Haïti pour 3 mois:

Maïs moulu: 61.860 sacs,
Millet: 157.272 sacs,
Riz: 538.530 sacs,
Haricot: 330.156
huile de cuisine :3.658.296 gallons.

N.B. Le riz, le maïs et le millet sont des substituts c’est-à-dire à défaut de l’un on cumule 2 autres céréales pour obtenir la quantité nécessaire.

L’après cyclone sera secoué par une grande commotion sociale si le Gouvernement ne tente pas au moins d’apaiser la faim des populations affectées. Il faut profiter de cette fièvre de dons en faveur des sinistrés pour engranger suffisamment d’aliments au moins pour une période de 3 mois.

Sommes- nous un Peuple sans Mémoire ?

Wednesday, September 24th, 2008

Aujourd’hui 24 Septembre 2008 ramène l’anniversaire de l’assassinat par balles le 24 Septembre 1994 de huit membres des Forces Armées d’Haïti, et de deux civils, au local du Quartier Général de la Police du Cap Haïtien. Ils avaient reçu l’ordre du commandement de l’armée de coopérer avec les forces du Lieutenant Général Hughes Shelton, USA et ceci suivant l’accord signé dans la nuit du 17 au 18 Septembre 1994 par le Président Provisoire de la République d’Haïti et de l’envoyé spécial du Président des Etats-Unis d’Amérique du Nord. Hélas contre toute collaboration, le soir fatidique du 24 Septembre, ils ont été mains liées, exécutés.

En hommage à ces soldats haïtiens, tombés en activité de service et dans l’indifférence totale de la société et des classes politiques haïtiennes, je soumets à la conscience de tous les fils de ce pays déchiré par la haine, le vibrant message de ces martyrs, message écrit de leur sang et transmis lors de l’ oraison funèbre prononcée par le chef administratif du personnel militaire (G-1), le 5 Octobre 1994.

Les Forces Armées d’Haïti sont une institution nationale, un affront à cette Institution est un affront à la Nation Haïtienne.

Quatorze ans déjà depuis la perpétration de cet acte odieux. Aujourd’hui, n’est-il pas venu le temps d’accueillir ces dix soldats dans la salle d’honneur réservée à nos héros ?

Colonel Carl DORELIEN
Ingénieur Civil

Haiti - Solutions à court terme

Friday, September 19th, 2008

Par Jean Erich René

Le mensonge, la mystification, le laisser-faire sont les ennemis redoutables du progrès économique et l’avancement social. Ignorer un mal, si bénin soit-il, c’est l’encourager à s’empirer et tendre plus rapidement vers la mort. Avant la découverte de la pénicilline l’eczéma était fatal. La dégradation de l’environnement d’un pays est un problème collectif qui nécessite irrévocablement l’intervention de tous ses fils. Les conséquences sont trop importantes pour laisser la solution à la merci de politiciens marrons, sans aucune science ni conscience. Plus on attend, plus la calamité progresse jusqu’à un point de non retour. Cette série de
cyclones qui viennent de s’abattre su le territoire national illustre avec précision la fragilité de notre écosystème et l’imminence du désastre haïtien.

En plus du réchauffement de la planète comme cause initiale de l’éclatement au pluriel des cyclones dévastateurs, le déboisement et l’explosion démographique s’allient pour accélérer la dégradation de l’espace haïtien. En 1986 la population haïtienne était chiffrée à 5.500.000 habitants pour atteindre un effectif de 7,1 millions en 2001. En 2008 on a recensé 8.924.553 habitants. Port-au-Prince la capitale avoisine les 2 millions et nos villes de province dépassent plus de 100.000 habitants. Parallèlement à ce taux de croissance exponentielle de 2,5% de la population, le taux de croissance de la production est de 2,3%. On tombe ipso facto dans la trappe malthusienne. L’instinct de survie oblige nos compatriotes à exercer une pression considérable sur l’espace cultivable. Vu l’archaïsme qui caractérise nos méthodes de culture, il s’en suit la dégradation pure et simple de notre environnement. Nous accusons nos Chefs religieux qui ne font que rebattre les oreilles de leurs fidèles avec ce verset des
Pentateuques au premier livre de la Bible :

Genèse 1,28

Dieu a dit à Adam et à Eve : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là ; ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, sur tout ce qui est vivant et qui remue sur la terre».

Ce populationnisme exacerbé de nos pasteurs est la cause principale de la destruction des bassins versants de nos rivières. Aujourd’hui nous sommes à l’Apocalypse, le dernier livre de la Bible, qu’ils invitent leurs ouailles à la continence. A cause de l’explosion démographique 5 causes fondamentales expliquent le déboisement d’Haïti :

  • a) Boulangeries
  • b) Blanchisseries
  • c) Usines d’huile essentielle
  • d) Guildives
  • e) La fabrication du charbon
  • f) Les fourneaux à chaux

L’Etat haïtien, par l’entremise de la DGI, détient la liste complète des boulangeries, blanchisseries, guildives et des usines d’huile essentielle, les plus grands consommateurs de bois sur le territoire de la République d’Haïti, soit un total annuel de 2,5 millions TM . Une simple décision administrative peut enrayer le mal en annexant parmi les clauses de leur permis de fonctionnement l’obligation formelle d’utiliser du fuel comme combustible. Une telle possibilité est déjà prévue en 1987 par un décret faisant obligation aux entreprises commerciales haïtiennes de faire appel à un combustible de substitution du bois. Nous invitons la 48e législature à animer cette prescription légale dans une circonstance aussi aggravante.

C’est le meilleur instrument réglementaire de cette catastrophe de notre environnement.

La fabrication du charbon est un problème très complexe lorsque l’on considère l’ampleur du marché, soit 4 millions de tonnes de bois. Le chiffre d‘affaires dépasse 65 millions de dollars US par an. Le niveau d’implication de la force de travail, soit plus de 150.000 emplois, complique également les données. Tout le monde se sert du charbon en Haïti. Sa forte demande s’explique par la rareté et la cherté d’un substitut pour la cuisson, le chômage endémique de nos paysans à la recherche de sous pour subvenir à leurs besoins pressants suite à la perte de rendement de leurs jardins. Le pire c’est que le marché du charbon, compte tenu de la loi de l’offre et de la demande, accuse actuellement une consommation d’environ 300.000 TM. En 1983, on ne consommait que 124.000 TM. La dimension politique et économique devient énorme. Bon an, mal an il faut en venir à bout pour stopper le déboisement. De souriantes alternatives nous sont offertes par le sous-sol haïtien.

a) Le charbon naturel : lignite.

-Dans le Plateau central et de manière spécifique à Maïssade dans la région de Ravine Sable un gisement de 9 millions de tonnes de charbon a été identifié.

- A Camp Perrin, près des Cayes, sur l’habitation Délinois il y a un gisement qu’on estime à 7,6 millions de mètre cube.

-A Rivière Canot, Rivière Au Piège et à l’Asile plus précisément à Nan Bois Pin d’autres gisements de lignite non moins importants ont été signalés.

Outre la cuisson, dans certains pays comme l’Allemagne, le lignite actionne certaines Plantes électriques. Selon les experts nous avons suffisamment de charbon naturel pour répondre à nos besoins en énergie au moins pour un délai de 25 ans.

On ne peut pas résoudre le problème de l’environnement haïtien sans arrondir l’angle de la misère qui nous porte à nous abattre sur nos bocages comme source d’énergie. Nos mines de charbon constituent la réponse la mieux appropriée en la circonstance. Nos propositions sont tirées d’une étude scientifique réalisée en 1976 par la SOFREMINES.

b) Le gaz naturel

Les compagnies canadiennes Sainte Geneviève et KWG ont identifié en Haïti 10 sites de gaz naturel.

Haïti est l’un des rares pays du monde qui utilise la chaux dans la préparation du mortier pour la construction ou bien son lait comme élément de blanchiment. Le carbonate de calcium peut aisément y suppléer. Compte tenu de l’ère d’émergence de l’île d’Haïti du fond des océans nous sommes bien pourvus en gisement de carbonate de calcium. Donc point n’est besoin de détruire nos lots boisés pour la pulvérisation de nos roches en calcaire friable et utilisable. Des études scientifiques ont accusé l’existence de 3 gisements de carbonate de calcium dont le cubage approximativement est estimé à 2 billions de tonnes. Zoranje non loin de Miragoâne est l’un des points identifiés comme détenteur d’un lot important de gisement de carbonate de calcium. Leur pureté et leur blancheur étonnent les géologues.

Rien qu’en évoquant la présence dans notre sous-sol de gisement de lignites et de carbonate de calcium, nous élucidons le problème de l’érosion par l’exploitation à outrance de nos lots boisés pour la fabrication du charbon et de la chaux. Par voie de conséquence, nous offrons une alternative digne au chômage de la population haïtienne en âge de travailler dont le taux
avoisine 65%. En effet l’exploitation des mines, la mise en sac du charbon naturel et du carbonate de calcium vont considérablement augmenter le nombre d’emploi en Haïti tout en réduisant la pression sur notre environnement naturel. Toute une chaîne de production peut s’installer en commençant par les usines à craie jusqu’à la composition sur place de la peinture par suite du mixage du carbonate avec des pigments variés comme matières premières. Autant d’unités de production demandeuses de bras.

Nous avons pris la mauvaise habitude d’ignorer nos techniciens, voire les ridiculiser. La militance est privilégiée au détriment de la compétence. Voilà la source principale du malheur d’Haïti. Nos hommes politiques occupent les postes de décision sans être imbu des moyens de l’Etat haïtien. D’où l’impossibilité apparente de la résolution de la problématique de l’environnement. Une intervention clinique réussie exige un diagnostic sûr. Parfois, comme dans le cas de l’inondation des Gonaïves et d’autres villes d’Haïti l’expertise est indispensable.

Quelles solutions à court terme ?

La Cité de l’Indépendance bâtie sur une superficie de 250 hectares de terre est logée au fond d’une cuvette. Située au-dessous du niveau de la mer les vagues du cyclone Hanna dont la hauteur varie de 4 à 6 mètres ont littéralement investi la ville. De plus les travaux de drainage entrepris par le Gouvernement intérimaire ont été mal conduits. En élevant le niveau des rues, le Bench Mark a été escamoté. D’où l’enterrement des résidents lors des dernières pluies diluviennes. A court terme les solutions à
envisager sont :

- La remise au niveau initial des rues des Gonaïves en empilant les alluvions sur le littoral afin de dresser une digue consolidée par une structure en béton. Le problème d’écoulement des eaux ménagères peut être résolu par un clapet unidirectionnel, fermé sous l’action des vagues de la mer.

- Les canaux de drainage des Gonaïves sont mal orientés. Il faudrait les diriger de préférence en direction de Hatte-Granmont, dont la cote offre une plus forte déclivité pour l’écoulement des eaux usagers et de ruissellement

- La rivière Laquinte qui ordinairement sort de son lit lors des grandes crues doit être rectifiée au niveau de Carrefour Lexi non loin de la Maison de Zacharry Delva. En effet, en ce point Laquinte se divise en deux branches qui rappellent un Y englobant la Ville des Gonaives. C’est à partir de Carrefour Lexi que Laquinte déborde ses rives pour envahir l’espace urbain. Le curage régulier du lit de Laquinte, comme le faisait l’ODPG autrefois avant la saison des pluies, et l’érection d’une structure en béton, en forme d’éperon, surplombant le point de formation des deux branches de Laquinte, épargnera la ville des Gonaives de l’excès des eaux
en furie.

- A court terme les 31 bassins versants de nos rivières doivent être traités. Les solutions à Long Terme comme le reboisement, les haies vives, les canaux de contour, les lacs collinaires sont à envisager. Mais vu le coût onéreux et le délai assez long, soit 4 ans, que réclame le traitement de nos bassins versants, entretemps leur détérioration va s’aggraver. Les averses et les cyclones sont fréquents. Une solution à court terme consiste à couvrir en un temps record par la voie aérienne à la fin de la saison
cyclonique en novembre, nos 31 bassins versants peuvent être reconstitués rapidement par des espèces sauvages aussi prolifiques que luxuriantes que :

- L’herbe Madame Michel, Themeda quadrivalvis ,de la famille des Poacae
- Afio, cyperus rotondus de la famille des Cyperacae en pagaille dans le Plateau Central . Un compatriote de bonne volonté et
qui possède son avion personnel voudrait se porter comme bénévole pour relever un tel défi par l’épandage de semences d’espèces exotiques disponibles.

Déplacer la population des Gonaïves et d’autres villes, vu l’état de nos finances et la fumisterie de nos centres de décisions politiques, appartient au monde merveilleux du rêve. Il nous faut agir vite et bien en arrêtant les décisions suivantes à moyen et à long terme !

- La Ministre des Affaires Sociales et à la Condition Féminine ne peut pas se croiser les bras. Une campagne de planning familial doit être lancée pour limiter les naissances. En Chine toute femme qui met au monde plus d’un enfant est pénalisée. Nous devons penser à :
- la pratique de la vasectomie pour les machos haïtiens

- la ligature des trompes pour les mères de poules.

- Le ministère de l’intérieur doit motiver les ASECS et les Casecs à l’observance des interdits relatifs à la coupe inconsidérée de nos arbres.

- Le Ministère de l’Agriculture en tandem avec le Ministère de l’Environnement doit dresser les pépinières avec nos essences forestières
et lancer la grande coumbite nationale pour la mise en terre des plantules à moyen terme

- Le lèse-environnement doit être classé au rang de crime par le Parlement haïtien !

- Paysans, vaudouisants, aïzans, pitite-feuille, hounsi, houngnor, hounsi kanzo, hounsi bossale, la place, assogoué, divinor, houngan, mambo, sonnez la cloche(Ogan) du grand rassemblement pour le reboisement de notre environnement, le réceptacle de nos loas.

Le Poteau-mitan s’effondre !

Les pierres –tonnerres s’effritent !

Nos dieux sont agonisants !

Sit-in pour exiger la libération des militaires incarcérés au Cap-Haïtien.

Wednesday, September 17th, 2008

Par Ernest SAINTILUS
Cap-Haïtien, le 16 septembre 2008

Un sit-in est prévu pour ce mercredi devant le Tribunal civil du Cap-Haïtien, pour exiger la libération des quinze anciens militaires incarcérés dans la prison civile de la ville.

Une organisation politique dénommée CYCLONE envisage d’organiser un sit-in devant les locaux du Tribunal de Première Instance, ce mercredi 17 septembre 2008, en vue de réclamer la libération des 15 militaires haïtiens en détention à la DAP (Direction de l’Administration Pénitentiaire) de la ville.

Le responsable des relations publiques de ce regroupement politique, Elusca Charles, assimile à un abus ce traitement infligé à ces ex-membres des FADH (Forces Armées d’Haïti), qui, poursuit-il, réclamaient leur salaire, leur fonds de pension et la remise en place de cette institution constitutionnelle dont la tâche est de défendre le territoire.

Monsieur Charles, qui est aussi porte-parole de l’O.P.L. (Organisation du Peuple en Lutte) dans le Nord, a renchéri : ‘‘les militaires sont dans leurs droits, puisqu’ils exigent de l’Etat un salaire pour lequel ils ont travaillé’’ ; il en a profité pour inviter tous les intéressés à faire preuve de présence notamment les sympathisants de cette ancienne force de sécurité.

« Par cet agissement, l’exécutif continue de violer la constitution » a martelé le responsable de CYCLON.
Ce regroupement politique menace de déclencher toute une série de manifestation, pour faire pression sur le gouvernement, s’il ne prend pas les dispositions nécessaires pour libérer les militaires haïtiens faits prisonniers.
Il faut dire que ce mot d’ordre est déjà appuyé par quelques responsables politiques du département dont le président du ‘‘Parti de Patriotes Haïtiens’’ Maître François Magloire.

Un soldat haïtien arrêté après s’être rendu pacifiquement, conformément à une entente avec le Ministre de l’intérieur Paul Antoine Bien-Aimé
Un soldat haïtien arrêté après s'être rendu pacifiquement, conformément à une entente avec le Ministre de l’intérieur Paul Antoine Bien-Aimé

LA CHRONIQUE DE JERRY TARDIEU | Madanm lan

Sunday, September 14th, 2008

Comme tout le monde, j’ai intensément suivi à la radio les péripéties aux mille et un rebondissements de la procédure de ratification par les deux Chambres du Premier ministre désigné Michèle Duvivier Pierre-Louis. Ce qui m’a le plus frappé, ce n’est pas tant la langueur laborieuse et la lourdeur angoissante de l’exercice. Ce ne sont pas les valses de négociationsmarathon ni les multiples va-et-vient au Palais national. Ce n’est pas non plus ce long débat sur les vertus ou non d’un gouvernement pluriel dont chacun sait que son ADN est trop impur pour croire à l’harmonie d’une équipe taillée dans un matériau composite qui en fragilise la cohérence. Bien sûr, ce n’est pas l’étalage émotionnel sur les ondes des rivalités et déballages publics de ce qui devrait être confidentiel… Je suis trop habitué aux rigueurs de la vie politique pour savoir qu’un tel exercice, truffé d’enjeux majeurs, ne se fait pas dans un angélisme bon enfant sans coups bas, sans crocs-en-jambe, sans manœuvres de toutes sortes de part et d’autre…
Non.

Ce qui m’a vraiment choqué, c’est plutôt la façon inédite et pour le moins inattendue dont nos parlementaires faisaient publiquement référence au Premier ministre désigné dans les médias parlés : Madanm lan ! Du président de la Chambre des députés aux sénateurs les plus influents : Michèle PierreLouis est Madanm lan. Le chef de parti politique comme le simple curieux aux abords du Palais législatif ne se référait au Premier ministre, alors désigné, qu’à travers une seule et même appellation. Dans un seul mode. Sur un seul ton. « Madanm lan poko pare poul prezente devan nou», dixit un député. « Madanm lan bay manti… », s’énerve un sénateur. «Madanm lan se yon bon choua pou Ayti… », s’exclame un homme d’affaires. Et cela n’arrête pas. Madanm lan pa sesi… madanm lan pa sela… Madanm lan sesi… madanm lan sela…

Il y a quelque chose de profondément gênant dans cette appellation sur laquelle « tout le monde » semble s’être donné le mot. J’exagère à peine. Car les mots, s’ils ont leurs sens et leur signification, ont surtout leurs connotations… Cette appellation, Madanm Lan, même traduite en français (Cette dame-là !) comporte un côté péjoratif. C’est comme si « cette » dame était simplement « celle » nommée par le président Préval… Ce n’est pas une personne à part entière avec ses qualités et ses défauts, ses atouts et ses faiblesses. Non, c’est « cette dame-là ! » ou si vous préférez Madanm Lan. Terme générique, banalisé dans une généralité qui ne réfère pas à la spécificité d’un être humain détenteur d’un parcours et d’un vécu… Je ne suis pas le seul à avoir été désagréablement surpris d’entendre cette terminologie un peu dégradante. Chez de nombreuses femmes auxquelles j’ai parlé, le râle d’indignation face à ce qu’elles considèrent comme du sexisme est maximum.

Nos parlementaires ont même fait des émules. Je me suis attardé un après-midi à écouter dans son intégralité une émission radiophonique en format libre tribune qui passe quotidiennement sur une station à grande écoute. Le refrain est le même pour le franc-maçon, l’étudiant, l’historien, le pasteur, le chômeur et même un ancien ministre qui trouve le temps, au milieu de la journée, de placer un coup de fil pour faire son coup de gueule et plaider la cause de Madanm lan. En fait, bizarrement, même celles et ceux appuyant vigoureusement le choix de Madame Pierre-Louis se sont laissé glisser dans la facilité de cette appellation commode et singulière. Preuve donc que c’est sans malice, méchanceté ou arrière-pensées qu’une grande partie de nos compatriotes se sont imposé cet automatisme du langage.

Naturellement, dans tous les pays, il y a ce qu’on appelle le registre du langage. Un mot peut être péjoratif dans un contexte et ne pas l’être dans un autre ! Dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, celui de Madanm lan, il ne fait aucune équivoque que ce mot-valise utilisé à profusion ces derniers temps témoigne que la société haïtienne reste profondément machiste.

Soyons clairs. Jamais je n’ai entendu un parlementaire se référer à Érick Pierre ou Bob Manuel, qui sont pourtant passés par les fourches caudines du même processus, comme misye a ! Pas une fois. Pour faire référence à ces deux hommes, on parlait simplement de « Premier ministre désigné » quand on ne les désignait pas simplement par leurs nom et prénom : Érick Pierre ; Bob Manuel.

Il me faut ici, tel Tarzan, passer d’une liane à une autre, mais sans vraiment changer de sujet. Depuis plusieurs jours, ce double standard dont a été victime Madanm lan – entendez Michèle Duvivier Pierre-Louis – m’a donné à réfléchir sur la précarité de la situation des femmes dans notre société toujours profondément marquée par des discriminations flagrantes entre les deux sexes. Ce travers haïtien mérite une révolution des mentalités, des comportements tant notre respect des femmes semble avoir fondu comme de la glace sur un radiateur.

En ce 21e siècle, est-il normal que la présence des femmes haïtiennes soit aussi minoritaire aux postes gouvernementaux nominatifs et au sein de la fonction publique ? Est-il normal qu’elles soient aussi sous-représentées au sein des partis politiques qui demeurent la chasse gardée des hommes? Dans tous les domaines, tant économiques que sociaux, politiques et culturels, dans notre pays, les femmes semblent reléguées au second plan et se voient quotidiennement obligées d’étouffer bien des scrupules et avaler des assiettes de couleuvres.

Contre elles, dans les meringues carnavalesques, dans les chansons populaires, dans les couloirs des ministères, les vilaines malveillances se poursuivent… Dans la vie de tous les jours, surtout dans les milieux populaires, la domination masculine est évidente. Elle est revendiquée et acceptée… Cette domination est tellement évidente que, dans les discours machistes, l’autre – pardon, la femme – la femme n’existe pas, au point qu’il convient d’en effacer les nom et prénom pour la remplacer par une désignation réductrice : Madanm lan ! Il est peut-être ici question d’une problématique narcissique. Possible. L’autre (la femme bien sûr!) est si différente de moi que je ne peux pas lui reconnaître le même statut, le même respect. Et pourtant, elle reste le poto mitan de notre société et de la famille haïtienne éclatée.

En ce sens, les rapports du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes sont accablants. Pour les femmes haïtiennes, la rentrée dans le secteur éducatif est plus tardive que celle des hommes. Le taux de déperdition scolaire est six fois plus élevé. Le contenu pédagogique des curriculums ne fait que renforcer les stéréotypes et ne créent pas les conditions de base permettant aux femmes de jouir de leur liberté de choix. Nos jeunes filles sont généralement orientées de façon discriminatoire vers des filières dites « féminines », mais qui sont finalement peu adaptées aux opportunités du marché de l’emploi. En milieu rural, si le taux d’analphabétisme général est de 48 %, pour la tranche adulte féminine, l’indice d’analphabétisme dépasse les 65% !
« Plasaj » oblige, le fait que toutes les protections légales prévues pour les femmes mariées ne s’appliquent pas à celles vivant en concubinage, ces dernières (qui sont en majorité dans notre société) se retrouvent souvent bafouées. En milieu urbain, les travailleuses domestiques représentent le pilier des familles haïtiennes, mais s’acquittent, en général, de leurs fonctions dans la honte, l’humiliation et l’invisibilité de leurs foyers, avec en prime le mépris de la société. Selon le Pnud, le taux de mortalité maternelle atteint 475/100,000, ce qui est parmi les taux les plus élevés des Amériques. Compte tenu de l’absence des centres de santé de proximité, plus des ¾ des femmes haïtiennes sont contraintes d’accoucher dans des conditions difficiles sans supervision médicale, sans compter qu’elles subissent un traitement discriminatoire des conséquences des grossesses précoces…

La liste des tribulations des femmes haïtiennes est encore longue. Elle a fait l’objet de centaines de rapports et de livres. Heureusement que la société n’est pas restée figée face à ces disparités inacceptables. Depuis plusieurs années, le mouvement féministe haïtien a pris de l’ampleur. Des voix s’élèvent. Des actions sont entreprises. Le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes a pu faire voter des lois importantes visant à permettre aux citoyennes de ne plus vivre dans des conditions d’exclusion sociale et contraires aux prescrits constitutionnels, aux conventions internationales ratifiées par notre pays. Symbolique ou pas, je me réjouis par exemple que la date du 8 mars, Journée internationale des femmes, soit aujourd’hui célébrée en grande pompe par l’État haïtien dans tout le pays via le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes. Tout cela est louable. Si l’État ne met pas lui-même le feu au lac, ce pays tombera en syncope, de plus en plus irréformable, inamovible, placé sous somnifères. Mais là encore, ce sont nos mœurs qui doivent être révolutionnées pour en arriver à une société où les femmes vivront dans un État garantissant l’équité de genre et l’égalité des sexes. Derrière toutes les fractures qui traversent notre société, derrière les difficultés spécifiques auxquelles se trouvent confrontées les femmes, c’est une seule et même crise qui produit ses effets délétères. La crise que nous traversons est d’abord une crise de confiance en nous-mêmes. Une crise de valeurs aussi. Celles-ci ne peuvent être rétablies que par l’éducation, l’éducation, encore l’éducation.

C’est par des nouveaux curriculums adaptés qu’il faudra apprendre aux générations à venir que le respect des femmes, c’est la condition de l’égalité. Que l’égalité entre femmes et hommes est la base d’une société plus respectueuse de l’être humain, qu’il s’agisse de la sphère privée et familiale. Pour réaliser l’égalité, il faut à la fois agir sur les représentations, faire évoluer les mentalités et les habitudes. Tacler les injustices faites aux femmes porte inévitablement à se heurter à des problèmes d’ordre social et symbolique. Certains analystes parlent même d’un problème culturel. Aussi tenté que je puisse l’être, je n’irai pas jusque là, ne serait-ce que pour ne pas m’attirer les foudres des anthropologues.

Ces derniers sont catégoriques : il n’y a aucun référent discriminatoire dans la culture haïtienne à part le discours biblique. Le problème résulte donc plus d’une pratique sociale qu’une donnée culturelle identitaire.Il y a tant de pratiques sociales ignobles à éradiquer chez nous. Tenez. Le phénomène du kadejak par exemple. Il est tout aussi représentatif des tribulations de nos jeunes filles, surtout en milieu urbain populaire. Celles-ci sont régulièrement violées pour ne pas pouvoir résister même physiquement aux assauts de jeunes mâles irresponsables et immoraux. Social certes, ce problème du kadejak symbolise avant tout le total mépris du corps de la femme, donc de sa dignité. Ainsi, chez nous, le viol est progressivement devenu une arme du plus fort, du plus robuste. Ce désir d’avilir les femmes, de les humilier, parce qu’on subit leur charme, à quel effroyable recoin de notre inconscient d’homme trouve-t-il sa source noire ? Dans ce moment où on parle de parité homme-femme, on ne peut s’empêcher de penser à ce que fut le long calvaire des femmes haïtiennes au cours de l’histoire…

Pour clore cette utile parenthèse que les travers machistes de notre société m’ont contraint d’ouvrir, je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase d’Alfred de Vigny : « Après avoir étudié la condition des femmes dans tous les temps et dans tous les pays, je suis arrivé à la conclusion, qu’au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur dire pardon ».
Port-au-Prince, le 8 septembre 2008
Par Jerry Tardieu
mercredi 10 septembre 2008