Archive for November, 2008

Rebâtir Haïti

Monday, November 24th, 2008

Par Jean Erich René -
Chronologiquement le tracé des villes d’Haïti, le canevas des quartiers résidentiels, l’architecture des bâtiments les plus imposants relèvent, pour la plupart, des crayons de l’époque coloniale et de l’Occupation Américaine. En effet, des maisons préfabriquées avec des structures métalliques étaient importées d’Europe. Les villes de Jérémie, Jacmel, Cayes sont jusqu’à présent des témoignages éloquents de l’influence française en Haïti.

Nous relevons les griffes américaines au siècle dernier surtout au niveau des édifices publics. Nous ne pouvons pas inventorier au détail près les différentes étapes de l’aménagement du territoire national, mais le bon sens nous permet de distinguer deux phases bien distinctes de l’évolution structurelle d’Haïti :

- des études objectives et conscientes que nous héritons des colons et de l’occupant

- des étapes ponctuelles mais purement subjectives inspirées beaucoup plus par le besoin de rayonnement politique de nos gouvernements que par le souci de doter le pays de certaines charpentes indispensables à notre évolution sociale.

A ce compte nous devons rendre nos publics hommages aux Présidents :

- Paul Eugène Magloire qui a transcendé par sa stature l’histoire de la construction en Haïti en ouvrant le Boulevard de Delmas contribuant ainsi à la création de cette Commune. Nous relevons aussi à son actif l’inauguration du Ciment d’Haïti qui a révolutionné l’archétype de construction, grâce au béton armé plus résistant au cyclone, sans oublier nos unités de fabrication de blocs, fer forgé etc.

- François Duvalier qui a reconstruit la Grand’Rue de Port-au-Prince, bétonné la route nationale jusqu’à Carrefour Dufort, érigé le Building des Contributions, l’École des Infirmières, entamé la Construction de l’usine hydro-électrique de Péligre, implanté le plus somptueux Aéroport de la Caraïbe de l’époque.

- Jean Claude Duvalier qui a actionné les Centrales hydro-électriques de Péligre, Drouet, Saut Mathurine, les Centrales Thermiques de Carrefour, de Varreux pour distribuer dans nos villes l’électricité 24 sur 24 dont nos compatriotes aujourd’hui sont nostalgiques. Dans le domaine de la communication jusqu’à nos jours les Haïtiens ne font que jouir des bienfaits de son gouvernement notamment avec la TELECO et ses satellites. La TNH, la Radio Nationale, la route de l’Amitié les routes nationales No 1
et No 2 sont autant de réalisations qui témoignent de son constant souci d’améliorer le sort du Peuple haïtien. Les Centres Sportifs de Delmas et de Carrefour, la présence d’Haïti au Championnat International de football à Munich en 1974 sont les résultats probants des investissements consentis
sur le plan sportif.

Peut-on dire autant des Locataires du Palais National de ces 18 dernières années? Exception faite du Gouvernement intérimaire de Gérard Latortue qui s’est démené activement pour doter le pays de certains Complexes Administratifs, rien de concret n’a été relevé à leurs actifs. Par contre
ils ont des passifs lourds en corruption. Aujourd’hui ils ont atteint le fond du vase avec le vol des linceuls à la morgue de l’Hôpital Général, la dilapidation des fonds de l’ONA impliquant l’entourage immédiat de César.

Dans quel Tribunal avec quel Code Pénal va-t-on faire ce jugement?

Outre la déliquescence des moeurs, nos élites ne répondent pas non plus au cri de désespoir des affligés. Elles préfèrent s’isoler dans leurs cocons en se désolidarisant de la masse. Une telle topographie sociale, cotée sur le degré de fortune, donne lieu à chaque changement de Gouvernement à des éclatements regrettables. Le déchouquage ne fait que rétrécir l’espace vivable et augmenter le coût du loyer. L’image d’Épinal affecte aussi les Bureaux de l’État mal logés depuis 1804. L’enseignement, exception faite des Écoles congréganistes, est dispensé dans des maisons inappropriées, parfois sans aucune cour de récréation. Que dire d’une bibliothèque, d’un gymnase, d’un laboratoire de Sciences, d’une cafétéria etc.

La plupart de nos facultés dispensent un enseignement théorique mais non professionnalisant. Nous ne formons que des perroquets, des pseudo intellectuels qui n’intériorisent même pas leur savoir. Comment apprécier les prolongements pratiques de leurs prétendues sciences dans la résolution
des problèmes nationaux.

Pendant deux siècles nous éprouvons un malin plaisir à chasser nos fils les plus vaillants et à détruire le patrimoine national. 35.000 intellectuels haïtiens ont émigré récemment au Canada. Après l’assassinat de Dessalines, sa résidence privée et le Palais des 365 portes ont été pillés. A la mort de Christophe le Palais de Sans-souci à Milot et la Citadelle La Ferrière ont été saccagés.

Presque toutes les luxueuses demeures de nos Chefs d’État qui pourraient servir de sites touristiques ont été incendiées ou rasées par la foule. En 1986, l’Église Catholique d’Haïti pour précipiter le
départ de Jean Claude Duvalier a lancé la sotte initiative de démolir certains Locaux Publics, spécialement les Écoles Construites dans nos Communautés Rurales par l’UNESCO sur la demande expresse de Joseph C. Bernard, Ministre de l’Éducation Nationale.

Dans un État de non droit la population haïtienne est réduite à l’instinct de survie. Si nous voulons jouir d’une sécurité relative il faut rebâtir Haïti. Le renouveau s’inscrit dans la résurrection des axes existants, augmentés des nouvelles perspectives afin d’amortir les charges inhérentes
à notre folle croissance démographique. Compte tenu de l’internationalisation intense des rapports, Haïti ne peut pas se comporter en État paria. Le climat malsain de Port-au-Prince n’est pas favorable à
l’équilibre des échanges avec nos homologues.

L’idée de Dessalines de transférer la Capitale d’Haïti ailleurs serait bienvenue en une telle occurrence. Le Président Louis Pierrot avait exprimé aussi le même sentiment en étiquetant ironiquement Port-au-Prince de : Port-au-Crime.

Depuis la Rome Antique la grandeur d’une Nation était préfigurée par les imposantes façades de ses bâtiments publics, ses amphithéâtres etc. Dans le même ordre d’idées St Petesbourg est devenu Leningrad en 1924. Dans la même veine Georges Washington a construit la Capitale qui porte son nom après l’indépendance américaine. Il n’est pas conseillé de confier les rênes du pouvoir aux pauvres d’esprit.

Ils sont à la fois mesquins, misérables et miséreux. Il n’y a pas d’État sans moyen. Il revient aux dirigeants d’identifier nos sources de richesse afin de dégager la contrepartie financière nécessaire à la création des débouchés économiques.

Il nous faut une Capitale plus moderne avec de grandes avenues, des espaces verts et des édifices publics plus fonctionnels. Le développement économique d’Haïti s’intègre dans une géographie visant à loger une société ouverte au progrès du monde. Tant en économie libérale que planifiée, rebâtir Haïti est tributaire d’un processus décisionnel que doit enclencher une Administration étatique intelligente, consciente et responsable.

Des elections serieuses ne peuvent pas avoir lieu en Haiti

Wednesday, November 19th, 2008

Par Stanley Lucas -
Preval et le Groupe de Bourdon ont mis en place un Conseil Electoral Provisioire (permanent voir le moniteur relatif au CEP actuel) partisan charge de manipuler les elections en vue de nommer pres de deux tiers des deputes et des senateurs pour Preval. Ce plan machiavelique a deux objectifs

1. Permettre a Preval de se debarrasser de la Constitution de 1987 apres avoir obtenu le controle absolu des deux deux chambres. Preval veut rester au pouvoir au choisir son successeur s’il ne peut pas.

2. Permettre au Groupe de Bourdon de renforcer ses monopoles economiques et garantir le controle du secteur politique

Il y a la possibilite d’emergence de contradictions entre les deux objectifs puisque le Groupe de Bourdon joue le double jeu. Ils veulent depasser Preval en cinquieme a Washington puisque Aristide est deja mis de cote. Le Groupe de Bourdon a un nouveau candidat et Preval est devenu pour eux un liability. Nous en reparlerons. En plus les anciens etudiants Haitiens qui ont ete a Havard University vivants en Haiti pensent profiter de l’opportunite Barack Obama qui lui aussi est un ancien de Harvard. La lutte a Washington entre ces camps de Port-au-Prince va etre un sujet d’attention, ils risquent tous de se tromper.

L’actuel Conseil Electoral est totalement partisan et aux ordres de Preval. Ce CEP nomme par Preval ne peut organiser aucune election libre honnete et democratique. Pour les analystes, venant de Rene Preval ce n’est pas nouveau. Rene Preval avait mis en place un CEP partisan qui avait manipule les elections du 6 Avril 1997. Son propre premier ministre Rosny Smarth avait bloque la publication des resultats fabriques. C’est Rene Preval qui a voulu manipule les resultats des elections du 26 Avril et du 26 Novembre 2000. Le president du CEP Leon Manus qui avait refuse de publier les resultats fabriques, malgre les menaces de mort, a du prendre l’exil. En 2006 Preval a transforme par la violence les resultats partiels du premier tour en resultats definitifs.

Malgre les vire ron, toute politique est d’abord locale: La classe politique doit avoir une strategie pour le combat democratique et contre la manipulation que prepare Preval. Il faut eviter la division et construire l’unite entre les politiciens de l’opposition democratique pour eviter une nouvelle catastrophe que nous prepare Rene Preval.

La classe politique décline une invitation du CEP à un forum sur la nouvelle loi électorale

L’institution électorale, influencée par l’Exécutif, agit unilatéralement, soutiennent les partis politiques

mardi 18 novembre 2008,
Radio Kiskeya

La Convention et le Conseil National des Partis Politiques, deux organismes réunissant la majorité des formations politiques haïtiennes, ont dénoncé lundi en conférence de presse le mode de fonctionnement du Conseil Electoral Provisoire (CEP), notamment sa « dépendance » par rapport au chef de l’Exécutif, le président René Préval.

Faisant état de la mise à l’écart des partis politiques par le CEP dans toutes ses démarches, les deux regroupements politiques ont appelé au « boycott » d’un forum annoncé pour le mercredi 19 novembre par l’institution électorale autour des innovations contenues dans la nouvelle loi électorale.

Les dirigeants politiques, dont ceux de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), de la Fusion des Sociaux-démocrates Haïtiens, du Grand Rassemblement pour l’Evolution d’Haïti (GREH) et du Mouvement National Patriotique du 28 novembre (MNP-28), protestent contre le fait que le CEP ait invité les partis politiques à son forum à titre personnel.

Ils affirment ne rien savoir d’une telle initiative, encore moins des personnes appelées à y prendre part. Ils reprochent également au CEP d’avoir mis au point un agenda électoral en dehors de toute concertation et de n’avoir jusqu’ici apporté de précision sur les dispositions adoptées en vue de l’organisation des élections indirectes. De celles-ci dépendent la constitution du Conseil Electoral Permanent, font-ils remarquer.

Les partis politiques s’interrogent par ailleurs sur le budget de seize millions de dollars arrêté en ce qui concerne uniquement l’organisation des élections pour le renouvellement du tiers du Sénat, alors que, cinq mois après le 2ème tour en juin des législatives partielles, il faudra encore de l’argent au CEP pour l’organisation des élections des collectivités territoriales, dont les conseils municipaux, le renouvellement de la Chambre des députés et le renouvellement du second tiers du Sénat.

Tous ces objectifs paraissent difficiles à atteindre, dans les conditions actuelles et vu le mode de fonctionnement du CEP, de l’avis de la Convention et du Conseil National des Partis Politiques. Par conséquent, dans une lettre ouverte adressée au CEP, ils déclinent l’invitation de prendre part au forum du 19 novembre, dans l’attente d’un changement d’orientation de l’organisme électoral par rapport aux acteurs politiques. [jmd/RK]

Le directeur de l’ONI est sur la sellette, dans le cadre du processus électoral

18 nov. 08 Métropole

A l’issue d’une rencontre avec les membres de la commission intérieur de la Chambre basse, le directeur de l’Office Nationale d’Identification (ONI), Ronald Covil, a annoncé que les cartes d’Identification nationale seront disponibles avant le premier tour des élections sénatoriales.

Il soutient que 4,1 millions de citoyens sont déjà enregistrés et donne l’assurance que le système de production des cartes sera installé en décembre afin de lancer l’impression des nouvelles cartes. Selon M. Covil avant le 19 avril, date retenue pour le premier tour des sénatoriales, 700 000 électeurs auront récupéré leurs cartes d’identification nationale.

De plus, M. Covil se plaint des maigres ressources humaines mises à la disposition de son organisme. ” Nous continuons à travailler avec les maigres ressources dont nous disposons”, lance t-il rappelant que le budget de l’ONI est de 14 millions de gourdes.

De son coté, le président de la commission intérieur de la chambre basse, Charles Pierre Miolin, est sceptique en ce qui a trait à la livraison des cartes aux dates annoncées.

Le parlementaire soutient qu’il n’existe pas de bons rapports entre les autorités électorales et le directeur de l’ONI. ” Les 100 000 cartes imprimées en 2005 avaient été acheminées au CEP pour distribution ce qui n’a pas été fait “, argue le député Miolin pour qui le directeur de l’ONI n’a pas les mains libres puisque l’OEA est impliqué dans le processus.

Un membre de la commission intérieur, le député Steven Benoît, soutient que le directeur de l’ONI doit démissionner s’il ne peut livrer les cartes aux dates annoncées. ” M. Covil n’a pas le contrôle de l’ONI qu’il dirige depuis deux ans”, martèle le député Benoît qui fait remarquer qu’à ce jour aucune carte n’a été livrée.

Le torchon brûle entre le CEP et des partis politiques 18 nov. 08 Métropole

Deux regroupements de partis, la Convention des Partis et la Conférence Nationale des Partis Politiques, dénoncent une main mise de l’exécutif dans le processus électoral qu’ils considèrent comme incertain. Les leaders de ces formations politiques croient que les autorités électorales ne jouissent pas d’une pleine autonomie pour accomplir leur tache.

L’un des membres de ces regroupements de partis, le coordonnateur général de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), Edgar Leblanc, soutient que les élections sénatoriales et indirectes ne pourront avoir lieu en raison de la volonté des autorités de maintenir le statu quo. ” Les conseillers électoraux ont une attitude suspecte par rapport au chef de l’état “, dit-il faisant remarquer que le CEP a banalisé la contribution des partis politiques dans le processus électoral.
” La loi électorale et la date des élections ont été publiées sans consultation avec les dirigeants des partis politiques”, argue M. Leblanc signalant que les membres du gouvernement n’avaient pas signé la loi électorale.

La Convention des Partis et la Conférence Nationale des Partis Politiques, suggèrent aux autorités électorales de diffuser un circulaire pour publier le calendrier électoral et expliquer l’application de la loi électorale.

Le président du Conseil National des Partis Politiques, Dejean Belizaire, annonce que les partis politiques ne participeront pas au forum sur la loi électorale prévue pour ce mercredi 19 novembre en signe de protestation contre les conseillers électoraux. ” Nous regrettons qu’il n’y a eu a ce jour aucune rencontre entre le CEP et les partis politiques pour préparer ce forum”, ajoute M. Belizaire.
En réaction, le conseiller électoral, Leonel Raphaël, a annoncé une rencontre entre le CEP et les partis membres de la Convention et de la Conférence afin d’aplanir les différends. Il révèle que le président du CEP s’était entretenu, lundi avec les présidents des deux regroupements de partis politiques.

CEP /Partis politiques

Le processus d’inscription lancé par le CEP relatif à l’organisation des élections pour le renouvellement du tiers du sénat est mal vu par certains partis politiques qui doutent encore de la volonté de ce conseil d’organiser ces élections aux dates indiquées.
Les dirigeants de ces partis mettent en avant l’inexpérience des membres de ce nouveau conseil en matière d’élections. C’est le cas du président du parti de la fusion des Sociaux démocrates Victor Benoit qui presse le CEP de rendre public un calendrier détaillé des élections et de maintenir après évaluation, les actuels membres des BED et BEC tout en remplaçant les absents par voie de concours.
Par ailleurs, autour du forum que le CEP projette d’organiser le 19 Novembre prochain à caribe convention Center, les dirigeants politiques regroupés au sein de la « Convention Nationale des Partis Politiques » dont : Osner H. Févry, de l’autre branche du PDCH, Michard Gaillard & Victor Benoit de la Fusion des Sociaux Démocrates, Dejean Bélizaire du MNP28, Himler Rébu du GREE pour ne citer que ceux là annoncent qu’ils ne seront pas présents à ce forum pour n’avoir été consultés à l’avance.

Aménager l’espace haïtien

Sunday, November 16th, 2008

ParJean Erich René … En cette période particulièrement troublée de l’histoire nationale, nous vivons des heures enténébrées par des événements malheureux qui nous frappent coup sur coup tout en nous inspirant un sentiment de découragement et d’abandon. Nous ne sommes pas victimes de la fatalité mais de notre insouciance et de la faiblesse de notre système de gestion.

La complexité et la gravité de la détérioration de l’espace haïtien exigent à son chevet toute une gamme de techniciens : géographes, urbanistes, économistes, photo-interprétateurs, sitologues, paysagistes, agronomes, ingénieurs etc.

Ils doivent saisir sur le vif les données de la problématique inhérente aux difficultés géo-économiques du territoire national. Le mode de vie est étroitement lié aux opportunités qu’offre le milieu ambiant. Toute modification de l’écosystème a des retombées directes sur les éléments de l’environnement en général, y compris l’homme en particulier.

Nous devons tous prendre conscience du danger de la désertification du Tiers occidental de l’Île d’Haïti que nous gérons en maître depuis 1804. Point n’est besoin de chercher des boucs émissaires en remontant jusqu’aux Duvalier qu’on accuse gratuitement puisqu’ils ne sont plus au pouvoir. Faisons plutôt appel au bon sens pour restaurer de manière intelligente notre espace vital détruit à cause de notre comportement anarchique. Il n’y a pas de nation sans territoire. L’année 2008 nous a été particulièrement fatale avec ses multiples cyclones, le débordement de nos lacs, le déchaînement de nos rivières et les effondrements mortels de certaines écoles. Les forces de la nature semblent se liguer contre nous en fragilisant notre environnement. Si nous voulons compter encore comme
Nation du Monde, c’est à nous et à nous seuls d’assurer notre survie en arrêtant des mesures adéquates pour conjurer le mal. Coqs et pintades sont tous victimes.

Une analyse fine de la problématique de l’environnement haïtien met à l’index la surpopulation comme la cause causante. En effet durant ces deux dernières décennies on observe une explosion démographique et un mouvement migratoire intense de la campagne vers la ville et des centres urbains vers la Capitale. Il en résulte donc un déficit de la production agricole et une augmentation de la consommation qu’on doit compenser par l’importation. Il s’en suit un déséquilibre de la balance commerciale diagnostiquée par la décote de la gourde. Haïti n’est pas le premier pays du monde à subir les méfaits d’une surpopulation et des déplacements intempestifs de sa population. L’histoire rapporte que la Grèce Antique confrontait un problème grave de surpopulation. Pour relever ce défi un noyau de gens s’était déplacé pour constituer d’autres villes initialement appelées colonies grecques. En Amérique : New York, la Nouvelle Orléans, Montréal , Québec etc. sont autant de nouveaux Centres Métropolitains créés sous l’intense pression de la population grandissante. En France, Marseille est un exemple typique d’une ville portuaire formée par une agglomération d’immigrants.

Dans l’espace géographique haïtien la particularité la plus frappante, c’est l’étalement de nos villes sur le littoral et à proximité d’une rivière ou cours d’eau. Le choix de cet emplacement s’explique surtout par la nécessité d’approvisionnement en produits de premières nécessités et le besoin urgent de l’eau pour la boisson, la lessive, le transport fluvial avec les pipirites etc. Les données empiriques nous enseignent que nos marchés se situent sur les berges de nous rivières, à leurs embouchures ou
à proximité. Toute étude de faisabilité entreprise en vue de décongestionner Port-au-Prince et nos villes de province doit tenir compte de ces deux caractéristiques pour la création de nouvelles agglomérations. Un urbanisme ouvert, grâce à la percée de nouvelles voies, assurera les relations interurbaines.

L’implantation de nouvelles structures urbaines, par sa rigueur, exige le tracé d’un nouveau cadastre. La photographie aérienne ou mieux encore les données landsat sont les plus évidentes pour concilier sans heurt les nouvelles perspectives avec les données traditionnelles. Les espaces publiques tels que : marché, place, terrain de sport, école dispensaire, hôpital, poste de police, magasins etc. constituent un noyau indispensable à l’implantation de nouvelles structures citadines pour les raisons
suivantes :

a) Marché public; nécessité d’alimentation et de commercialisation.
b) Place publique : lieu de rencontre pour les manifestations sociales
c) Terrain de sport : besoin d’épanouissent des résidents
d) Dispensaire et hôpital : premiers soins et soins de santé
e) Poste de police : besoin de sécurité

Dans l’acceptation géographique du terme, une nouvelle dynamique d’aménagement du territoire national s’impose et s’avère même urgente. Dans la conception moderne de nos villes et villages, l’Église ne représente plus l’épicentre. Ce rôle est plutôt dévolu au Centre d’achat et aux
Bureaux de l’Administration Publique. La croissance continue et irréversible des populations de Port-au-Prince et de nos villes de Province augmente la densité par mètre carré avec des conséquences funestes pour la salubrité et la sécurité sociale. Les résidents vivent dans des conditions exécrables, c’est à dire des réduits et des cloaques accrochés au bord des ravins ou suspendus sur des pilotis sur des terrains marécageux du bord de la mer les exposant à toutes sortes d’intempéries. D’où les accidents regrettables et les pertes en vie humaine enregistrés lors des cyclones. Nous applaudissons les efforts déployés dans le passé par les Gouvernements de Élie Lescot, Dumarsais Estimé, Magloire, Duvalier Père et Fils pour construire des logements sociaux au bénéfice des masses défavorisées.

S’il faut tirer une leçon des initiatives de nos prédécesseurs la palme revient au Gouvernement de Paul Eugène Magloire qui a vraiment manifesté le souci de loger dignement la population. La Cité militaire, la Première et la Deuxième Cité etc. sont des structures qui s’intègrent sans heurt et sans aucune discrimination dans nos parcs de logement. Tandis que les autres Cités plutôt dressées sur des sites inappropriés sont de véritables témoins de la misère, de la pauvreté et par surcroît, le repaire des
malfrats. Les reconstructions de Belladère et de Cabaret respectivement par Estimé et Duvalier sont des éléphants blancs. En effet, les emplacements ont été mal choisis et les éléments d’avant-garde devant faciliter le déplacement de la population vers ces nouveaux centres urbains n’étaient
pas pris en compte dans la planification.

En dépit des erreurs commises, ces pionniers ont droit à nos respects et à nos considérations. On dira qu’ils ont échoué mais ils ont tout de même osé. Depuis près de 20 ans on ne perçoit aucune velléité de construction de logements à bon marché au profit des défavorisés. Nos contemporains ne s’en soucient guère. La masse livrée à elle-même se démène pour aménager sa couche lavalassement. A ce compte nous adressons nos hommages publics aux professeurs Hubert Deronceray et Leslie François Manigat qui sont les seuls à inclure dans leurs programmes politiques respectivement deux structures parallèles mais congruentes et appropriées : l’UTD et l’UTA. En effet, pour assurer la prise en charge globale des problèmes relatifs à la croissance de la population tels que éducation, santé, environnement etc. le Leader du GFCD ou GRAND FRONT DE CENTRE DROIT prévoit la mise en place d’une Unité Tactique de Développement (UTD) dans chaque département géographique.

Aussi nous confesse-t-il : « Chaque Village UTD comprend le bureau du CASEC et au minimum une école, un dispensaire, une église, une banque, une place publique, une salle de spectacle, un terrain de jeu, un marché, une piste d’atterrissage pour hélicoptère ou avion léger, un cimetière, etc.
L’UTD devient finalement un établissement public, un cadre social endogène vecteur de écentralisation, de déconcentration, de participation pour la croissance de la production nationale. »

La congestion apparente de la Capitale et de nos villes secondaires est principalement due à une utilisation inadéquate de l’espace urbain. La faute revient au mode de lotissement basé sur le modèle seigneurial que nous héritons des Colons français. Les rues sont très distantes bordées de
maisons rectangulaires. Elles sont plutôt oblongues avec le plus côté tourné vers la rue. Le souci des Français c’était de permettre d’avoir plus de pignons sur rue. Une longue cour inutilisée au 2/3 les sépare. Une vue aérienne nous montre aussi bien qu’à Jérémie, aux Cayes qu’à Port-au-Prince, aux Gonaïves et à Port de Paix, que dans un pâté de maisons il existe un vide capable de recevoir deux autres rangées une rue transversale ou de préférence en cul-de-sac. Le problème ne se pose pas
pour le Cap Haïtien bâti sur le modèle anglais. Les rues sont par contre plus rapprochées.

Avant de penser à la création de nouvelles villes, l’implantation de Town House(anglais), dans les espaces vacants grâce à de nouvelles percées de route est une perspective enrichissante. D’autant plus qu’elle contribuera à effacer ces ghettos qui ordinairement s’y développent. Ces baraquements
s’observent au Bel Air, les rues de la Réunion, Mgr Guilloux, Grand Rue, Solino, St martin etc. sans compter nos villes de province. Ces favelas portent les noms les plus grotesques : corridor Fourmi, corridor punaise, corridor Bourrique, la Cour Bréya, la Cour Mouzin, Nan Coton, Nan Savann,
Cité Carton, Cité Chany etc. Ce sont de véritables casernements, difficiles d’accès en période de crise même par les Forces de l’Ordre.

L’implantation d’appartements de 3 à 4 étages bien proprets pourvus de structures sanitaires avec adduction d’eau potable, suite à une utilisation rationnelle de nos interstices urbains, augmentera notre parc de logement presque de moitié tout en effaçant ces verrues qui offrent un spectacle
désagréable à la vue. Nous appuyons sans aucun fard la thèse du Président René Préval de destruction de ces bidonvilles qui pour la plupart sont de véritables camps de retranchement de voleurs aguerris parce qu’inexpugnables. Cependant la destruction doit être progressive et substituable. Nous entendons par là qu’on doit commencer par construire d’abord certaines maisons au profit des ménages avant de détruire progressivement leurs habitats. Nous nous inspirons de la méthodologie du
Gouvernement de Jean Claude Duvalier à Raboteau aux Gonaïves en 1984. Il est malsain et irresponsable de laisser un pays se développer dans des conditions aussi anarchiques que misérables. Les marchés publics, les garages etc. s’installent n’importe où. Il faut réaménager l’espace haïtien.

S.O.S: De la convention des forces politiques democratiques pour la stabilite politique

Saturday, November 15th, 2008

Par Stanley Lucas

Haiti vit une crise grave et le pays va au devant d’une explosion sociale. Il faut l’eviter. Depuis le 8 Avril 2008 les donnees politiques ont change en Haiti. Des hommes et des femmes affames ont envahi les rues pour demander une reponse des dirigeants par rapport a la montee des prix des produits alimentaires. Preval avait declare que ce sont des gens qui recherchaient la destabilisation. Les informations credibles plus tard demontreront que c’est un phenomene global influence en partie par la montee des produits petroliers. La situation s’aggravera avec le passage des quatres cyclones a la fin de l’ete 2008 qui ont decime la production agricole dans plusieurs departements geographiques. Pres de 1.4 millions de citoyens ont ete directement affectes, plus de trois cents mille ont perdu leurs maisons et leurs maigres possessions.

Depuis aucune reponse serieuse ou assistance a la population. La degration de la situation a cree des frustrations enormes. La perception que l’aide externe pour les victimes est en train de creer de nouveaux riches revolte les citoyens. Le grangou klowox suit son chemin. C’est sur ce fond d’incapacite et d’incomptence qu’est survenu le drame de Petion-Ville suivi de celui de Bois Patate ou plus d’une centaine ecoliers ont perdu la vie.

En moins de trois ans Preval a demontre son incapacite a gerer l’etat. Le gouvernement de Jacques Edouard Alexis etait caracterise par la corruption, l’incompetence et la mediocrite. Il n’y avait que quatre ministres sur dix huit qui faisaient plus ou moins leur travail. Alexis etait incapable. resultat? Il a du partir, mais il est toujours la, huit de ses ministres siegent au sein du gouvernement Pierre-Louis. Aujourd’hui malgre la realisation d’un conseil des ministres et le conseil du gouvernment chaque semaine, on observe une stagnation dangeureuse, pour le pays, de l’action gouvernementale. Plusieurs facteurs sont a l’origine de la stagnation:

1. Il y a trois premier ministres: Rene Preval, Jacques Edouard Alexis et Michele Pierre Louis. Preval bloque Pierre Louis et veut rester en fonction a la fin de son mandat. Alexis bloque Pierre Louis et contourne Preval parce que lui aussi veut etre president. Michele Pierre Louis garde son jeu secret.

2. Le groupe de bourdon controle aussi une partie du cabinet defend ses interets qui sont contraires aux interets nationaux. Leurs interets? L’achat pou degouden de la teleco, du port de Port-au-Prince et de l’aeoport. Ils veulent aussi controler totalement les importations des produits petroliers venant du Venezuela et l’execution des projets finances par la comunaute internationale.

3. Fanmi Lavalas par la violence a impose une partie de l’agenda gouvernementale a Preval. Exume est-il au ministere de la justice pour proteger les criminels lavalassiens? manipuler les elections? Politiser la police comme en 1995 ou les policiers pretaient serment Lavassement lors de leur graduation? Grace a cette nommination les trafiquants de drogue ont ete rassure lar certains membres de la Fanmi.

Le pays est a la derive et c’est dangeureux. Il faut une gestion pro-active et non passive de la politique. Il faut delivrer le plus vite que possible les services a la population qui souffre. Il faut preparer les elections senatoriales d’Avril 2009, legislatives de Novembre 2009 et proteger la constitution. Preval n’a jamais organiser des elections libres en Haiti. Preval a manipule les elections du 6 Avril 1997, son premier ministre Rosny Smarth a bloque la maguille. Preval a ensuite manipule avec la complicite d’Alexis les elections du 21 Mai et du 26 Novembre 2000. Malgre les menaces demort le president du CEP Leon Manus avait refuse de publier les resultats des elections prepares par Preval et Aristide. Manus vit toujours en exil. En 2006 il a evite le deuxieme tour avec la violence.

En plus de ces problemes internes, Preval veut creer un conflit avec la republique Dominicaine pour mieux executer son agenda anti-demcratique interne. Haiti n’a pas besoin de conflit avec la republique dominicaine. Par contre Haiti doit s’organiser pour defendre les interets des Haitiens migrants en republique dominicaine. Haiti doit analyser pourquuoi la balance commerciale estde 700 millions en faveur de la republique dominicaine? Au lieu de se pencher sur nos interets, Preval veut creer une diversion en essayant de creer un conflit avec nos voisins.

Les forces politiques du pays ne peuvent pas assister a cette degradation dangeureuse sans reagir, sans proposer des solutions democratiques.

Nous appelons a une consultation nationale des forces politiques du pays pour la stabilite politique. Une convention des forces politiques du pays en vue d’empecher l’execution de cette nouvelle aventure et proteger la democratie. La chaudiere est en train de bouillir, le peuple a faim et est au chomage et l’impatience gagne du terrain. Pep la pa kapab anko. Si nou kite pep la pran lari saki te pase 8 Avril pap anyen devan sa ki kapab pase. Mesye nou kapab evite peyi a dezod sa.

Dans l’interet national le dialogue facilitera la production de solutions.

Haiti : Pauvre Élite

Friday, November 14th, 2008

Par Falstaff - L’article qui suit a été publié dans le journal Le Soir du 19 novembre 1902. L’auteur de cette analyse a utilisé le pseudonyme, Falstaff.

« Plus un Haïtien est instruit, plus, suivant l’opinion courante, il est impropre à l’exercice du pouvoir”. 1
(l’Allusion à La Tribune populaire du 27 juin, qui reprenant les divers reproches faits à Anténor Firmin par ses ennemis politiques, notait celui-ci : «M. Firmin est à ce point instruit, qu’il ne doit pas être président d’Haiti, notre pays étant trop peu avancé pour être gouverné par un tel homme ! »
)

Gouverner tout un peuple est chose si facile que chacun y peut prétendre…excepté ceux qui, poussés par nous ne savons quels préjugés ridicules, ont cru que c’était là une science exigeant de longues études, une observation minutieuse des phénomènes sociaux et plus simplement la connaissance des règles de gouvernement et d’administration adoptées dans tous les pays. N’est-il pas bien entendu, une fois pour toutes, que Haïti est un pays EXCEPTIONNEL? 2

( 2 Mis en évidence dans le texte. L’argument est courant. On dit aujourd’hui : « un pays à part ». Citant un mot de Frédéric Marcelin, notre romancier quelque peu sceptique mais aux convictions libérales certaines, un périodique
rétorque : « Il n’y a d’exceptionnel dans le pays, que la façon dont on le gouverne ». Le Devoir du 1er septembre 1902).

« Résignons-nous donc à admettre que rien ne doit se faire ici comme il se ferait ailleurs ; que par conséquent, puisque chez les autres nations l’intelligence est recherchée, il est logique qu’elle soit ravalée en Haïti et qu’elle y devienne même l’une sorte de cible aux propos méprisants des ignorants, que l’exceptionnalité (3) du pays place par droit d’ignorance, au haut de l’échelle. Bien heureux encore, quand pour les hommes instruits, leur instruction ne les désigne aux balles des défenses de « l’ordre ».

« On ne va pas pourtant jusqu’à prétendre que chacun est capable de confectionner un pantalon d’une coupe parfaite et des chaussures irréprochables : on admet bien que l’art du tailleur et celui du cordonnier s’apprennent. Mais l’art de diriger une nation ? Allons donc ! nous en sommes tous capables…, à l’exception de ceux qui ont lu dans les livres. « Que faut-il pour être chef d’Etat haïtien ? Comme on posait une fois cette question à Mesmin Lavaud, qui était un sceptique doublé d’un ironiste, il répondu :- Savoir monter à cheval. « Voila toute la science. Il n’en faut pas d’autre. Et puis, comme disait un vieillard de ma connaissance : ce ne sont pas les hommes instruits qui ont fait l’indépendance ! […]

« Vous essayez une objection : - Il faudrait pourtant autre chose que de savoir « monter à cheval » pour administrer un peuple. Les finances, l’enseignement, les travaux publics, la confection des lois et leur application, les affaires étrangères, cela exige…quelques connaissances qui n’ont aucun rapport avec les « aux champs ». - C’est peut-être vrai ce que vous dites là. Mais ne savez-vous pas que Haïti est un pays exceptionnel ! » Où la farce tourne au tragique (ou bien l’inverse), c’est que nous avons aussi notre élite, mais elle « tend elle-même à rendre son action presque nulle par ses divisions et par ses rivalités. Elle reste silencieuse ou pleurniche (en secret) quand les despotes ignorants posent leur main lourde et brutale sur le pays et violentent la conscience nationale. Mais que l’un de ses membres essaye de réaliser quelque bien, la voilà qui se divise en trois, quatre camps, et qui tombe comme une meute de chiens enragés sur le malheureux. « Les hommes instruits de ce pays se jalousent : le succès de l’un est considéré par les autres comme un insuccès personnel. « Pourquoi lui et non moi ? » Et alors on fait tout pour l’empêcher d’arriver.

On préfère l’égalité humiliante…sous l’autorité d’un ignorant, à l’élévation de l’un des siens. « Cela se voit quotidiennement. Un ministère arrive aux affaires : il est composé d’hommes capables et pleins des meilleures intentions. Aussitôt des journaux surgissent de partout. Un vent d’honnêteté souffle sur tout le peuple. Chacun veut contrôler. Et le pauvre ministère tombe bientôt sous les attaques virulentes d’une presse qui ne plaisante pas.

4 « Alors arrivent au pouvoir des gens qui n’ont d’autre souci que de se remplir les poches et qui, à la moindre critique, répondent par l’emprisonnement et par des mesures plus brutales encore. Tout le monde se tait. On recommence à se lamenter silencieusement - en attendant la venue de quelques ministres honnêtes, auxquels on fera sentir le poids d’une indépendance d’autant plus farouche, qu’elle a été plus longtemps comprimée. ( Nouvelle allusion à Firmin, qui fut renversé du pouvoir (il était quasiment premier ministre) par suite d’une cabale, sous Sam, en 1897. )

Nous avons de loin en loin de ces crises de « pharisaïsme aigu ». «Nous n’avons encore parlé que de cette partie de l’élite qui – malgré ses erreurs et ses rivalités – est attachée au bien. Mais qu’ils sont nombreux, ceux qui se mettent avec les despotes, les incapables, parce qu’ils savent que près d’eux on peut mieux faire ses « affaires » ! Ceux-là ont perdu tout sentiment de dignité, ils oublient tous les principes d’honneur auxquels ils devraient rester attachés comme « l’ongle au doigt », suivant la forte expression biblique, et leur intelligence ne leur sert qu’à masquer habilement leur jeu et se bien faire voir de ceux qu’ils flattent. « Voilà l’élite haïtienne ! »

Et voilà l’une des explications de la déroute répétée chez nous, de l’intelligence. »

Entreprenariat en Haiti

Friday, November 14th, 2008

Par Jean Erich René

Se lancer en affaires c’est le rêve de tout le monde. Mais être Chef d’Entreprise exige des qualités exceptionnelles. Malheureusement en Haïti nous n’avons pas la culture de l’entreprenariat. Nous avons surtout été éduqués pour être des fonctionnaires même lorsque nous sommes des
professionnels. Nous nous sentons plus confortables de recevoir un salaire afin de nous soulager du stress d’un lendemain sans pain que souvent les aléas de la vie imposent. Le mot entrepreneur vient du latin « pendere » dont le correspondant français est : prendre des risques calculés, c’est-à-dire frapper la balle au bon moment afin d’ouvrir le score et l’aggraver davantage. Une telle prouesse requiert une vivacité d’esprit et une capacité d’organisation qu’on n’acquiert pas par hasard.

Dans un pays comme Haïti, ce ne sont pas les occasions qui manquent. Il y a beaucoup de besoins insatisfaits. Nous pouvons produire des biens et des services capables de répondre à la demande latente. Tout d’abord nous nous trouvons en face d’un dilemme que nous pouvons expliciter par les questions suivantes :

- Que faut-il produire et pour quel marché ?
- Comment acquérir la technologie nécessaire ou bien ouvrir un comptoir de vente?
- Quels sont les mécanismes de fonctionnement du marché ciblé?
- Quelles sont les lois qui régissent la matière?
- Où trouver le financement nécessaire?

Comme vous pouvez le remarquer le financement représente le dernier palier de l’échafaudage. Par déformation nous accordons souvent à l’argent la première place en pensant que le reste viendra par enchantement. Erreur!

Nous devons d’abord nous connecter à la réalité afin de faire l’inventaire des actions à entreprendre pour camper nos projets. Avec le progrès de la communication, les structures traditionnelles des entreprises commerciales et industrielles deviennent obsolètes. Aujourd’hui on peut brasser de
grosses affaires virtuellement. On peut aisément dépasser le cadre restreint du territoire d’Haïti en accordant une dimension internationale à une entreprise locale grâce à des pôles de contact via Internet. On ne s’improvise pas entrepreneur. Il faut être imbu des Accords Internationaux signés entre les nations, des types de biens et de services commercialisables aussi bien que des frais de transport, les assurances, les taxes et les tarifs douaniers à payer. La General Agreement on Tariffs
and Trade : GATT et l’Accord du Libre Échange Nord Américain : ALENA ouvrent la voie à tous les entrepreneurs sans distinction de race, de couleur ni de nationalité. Ils nous affranchissent des tutelles de certains hommes d’affaires haïtiens rongés par le sectarisme et l’esprit de clan.

A cause de l’étroitesse du marché national, il y a une lutte implacable entre les entrepreneurs de la place. Que dire des jeunes pousses qui sont appelées à languir puis à périr à l’ombre du Mapou qui ne leur accorde même pas la chance d’entrer dans le circuit. Le manque d’esprit de créativité nous porte à marcher sur les brisées de nos prédécesseurs en diminuant leurs marges bénéficiaires. Ils n’hésitent pas un instant à éteindre dans l’œuf nos velléités entrepreneuriales. Aussi s’impliquent-ils dans la politique en s’associant aux dirigeants en selle afin d’obtenir la part du lion. Cette imbrication encourage les concurrences déloyales, engonce la machine économique en ne favorisant que
certains privilégiés. De plus ces derniers ne réinvestissent par leurs profits afin d’augmenter le capital national et le nombre d’emplois. C’est la triste situation dans laquelle nous implique actuellement le
Gouvernement de Préval dont le népotisme et le clientélisme ne sont plus à démontrer.

A cause de l’étroitesse du marché national, la compétition est très serrée. La saturation oblige les entrepreneurs à porter des coups bas à leurs compétiteurs. Par manque de flair et aussi par paresse les nouveaux promoteurs ne font que marcher sur les plates bandes de leurs prédécesseurs. Ils n’arrivent pas à créer leurs propres chemins en innovant. Pourtant, la technologie de l’informatique a révolutionné le monde des affaires en apportant un changement de taille extraordinaire par
l’élargissement de ses frontières. Des banques de données, des logiciels spécialisés et des moteurs de recherche très performants apportent de précieuses informations en faisant appel à la magie de l’image et du son pour capter notre attention. De tels atouts autrefois n’étaient que le privilège exclusif de certains initiés. Ainsi ont-ils pu obtenir de juteux contrats avec les Multinationales. Des avances sur la production ou arrhes pour les entreprises agricoles, leur permettent de couvrir les coûts de production. Souvent ils n’utilisent pas leurs capitaux propres pour faire démarrer leurs entreprises. Ils savent bien comment jongler avec le système et frapper à la bonne porte.

Il n’y a pas de générations spontanées. On doit commencer quelque part! Nous sommes suffisamment dotés en facteurs de production pour les produits en céramique tels que matériels sanitaires, électriques et l’artisanat grâce à nos importantes mines de kaolin de Mirebalais et de Latibolière.
Nous pouvons aisément actionner l’industrie immobilière et des biens d’équipement grâce à nos importantes ressources en carbonate de calcium, nos minerais de fer et de bauxite. Malheureusement les industriels haïtiens ne font qu’imiter l’abeille en butinant nos fleurs pour fabriquer leur miel. Ils n’investissent pas dans les recherches ni l’exploitation des ressources du sol et du sous-sol. L’économie haïtienne demeure encore au stade de spéculation donnant lieu à une nuée de compétiteurs salopes.

La faute revient surtout au Gouvernement en place qui devrait aménager le cadre légal adéquat et faire respecter les lois existantes afin de limiter les dégâts au niveau des différentes branches de production. L’incitation à l’investissement par le biais de l’imposition est un atout majeur.
L’effondrement de certains bâtiments d’école occasionnant des morts, des blessés en laissant des séquelles psychologues graves au sein de la jeunesse estudiantine, suffit pour mettre en évidence le degré de permissivité en cours en Haïti. Le Gouvernement ne gouverne rien. Le Président ne préside que ses intérêts personnels. Ce laxisme est une conséquence directe de la politique de la militance suivie pendant 18 ans par les Spécialistes de la destruction d’Haïti : Jean Bertrand Aristide et
René Préval. Point n’est besoin d’avoir une formation pour s’acquitter d’une tâche. On ramasse toutes les connaissances souhaitables sur le béton. Dans un pays où n’importe qui peut remplir n’importe quelle fonction, n’importe comment, n’importe quoi peut arriver à n’importe quel moment. Nos
pasteurs d’église s’improvisent Ingénieurs et se foutent des autorisations de construction que délivrent ordinairement nos Mairies qu’appuyait autrefois l’OFATMA pour couvrir les frais d’accident. L’ONA s’est transformé en une véritable caverne d’Alibaba. Il suffit de dire : «Sésame ouvre-toi » pour que les Grands Commis de l’État obtiennent des prêts de 10 millions. Nos fantaisistes constructeurs prennent congé de la loi de la résistance des matériaux en ignorant la répartition des charges
sur les poteaux et le flambage etc.

La même gargote s’observe davantage dans le monde des affaires. C’est l’anarchie totale! Pour protéger l’industrie naissante certaines mesures légales doivent être prises. Depuis l’antiquité il y avait toujours des lois qui régissent la matière. A Babylone, nous pouvons mentionner le Code
d’Hammiras sur les échanges commerciaux. En Haïti la demande globale est tributaire de la tyrannie du Club de Bourdon qui finance les manifestations et asservit la presse en menaçant de retraire ses publicités. La rareté artificielle des biens pour provoquer une augmentation subite des prix est
une pratique courante chez nos hommes d’affaires sans vergogne. Pour comble de malheur les guichets de nos Banques sont fermés aux jeunes entrepreneurs. Une vingtaine de familles financent les élections
présidentielles pour avoir leur poulain au Palais national et maîtriser la circulation monétaire.

Il n’est pas nécessaire d’être né dans une famille d’entrepreneurs, on peut le devenir. La réussite en affaires n’est pas du tout l’apanage des fils des entrepreneurs traditionnels, selon le préjugé mesquin qu’on fait circuler dans le milieu haïtien et qui tente de faire tâche d’huile. Parfois les enfants dont les parents et les grands parents étaient des entrepreneurs ont une forte probabilité d’hériter la veine de
l’entrepreneurship. Ils sont imbus sur le tas du modèle de gestion de l’entreprise familiale. Le savoir-faire est indispensable pour les nouveaux arrivés qui doivent emprunter certains créneaux. C’est de là que découle le rôle prépondérant de l’État en instaurant des Centres de Formation adéquats. Par le biais du Ministère du Commerce et de l’Industrie devraient s’organiser périodiquement des séminaires, des colloques pour lancer nos jeunes sur de bonnes pistes. C’est la pédagogie utilisée par les NPI ou
Nouveaux Pays Industrialisés. La Banque Centrale, la Banque de toutes les Banques doit réviser sa politique de crédit en ouvrant leurs caisses aux jeunes entrepreneurs. En renonçant à l’esprit de clan, grâce à l’entreprenariat nous briserons le carcan du sous-développement en Haïti.

Oui Nou Kapab.

Rendez-moi mon Ame !

Thursday, November 13th, 2008

par Ginette Cherubin ancien Ministre de la Condition Feminine de rene Preval

1803 : Marchons unis ! Liberté ou la Mort !
Que vive un idéal !

Cris d’une masse d’esclaves mus par les sentiments les plus nobles : quête de restitution de leur Humanité, quête de restitution de leurs droits.

2003 : Vive un homme, un Messie !

Cris d’une masse affamée dans le ventre et dans la tête, d’une masse déshumanisée par une pauvreté chronique vivant exclusivement à la remorque d’un homme, la main inlassablement tendue vers ce dernier pour sa généreuse aumône; une masse inconditionnellement vouée à la cause de son sauveur.

1803 : un idéal, une utopie.

2003 : l’enchère des âmes, la chimerizasyon.

Consécration d’un cumul d’incapacités.
Banalisation et effondrement des mythes.
La déliquescence dans tous ses états.
Un Bicentenaire lumineux de médiocrité, historique dans sa bêtise.

Boire l’indignation jusqu’à la lie.

Quel tribut à payer pour deux siècles de tâtonnements, trop souvent de désengagement et de démission ! Elle est interminable cette catharsis.

18 novembre 2003 : Forfait. J’ai fui des regards. Je me suis dérobée à la sanction de mes fils. J’ai capitulé faute d’argument. Plus rien à dire qui ne me rende ridicule - toute parole se trouvant, désormais, dénuée de sens et sonnant faux ; tous les mots, autrefois opportuns, n’ayant plus de résonance. La répugnante réalité les a dépouillés de leur essence. Au fond de moi-même, une insoutenable confusion de sentiments : une tête lourde de ses creux, un vide pesant.
Rendez-moi mon âme !

J’ai beau chercher un ancrage, l’évidence reste le non-lieu. Il n’y a pas de lieu d’ancrage.

Tant de fois, je me suis tournée vers ceux de mon entourage. Les causeries dans le milieu familial, amical ou professionnel, les débats universitaires témoignent de plus en plus d’un désappointement total. De proche en proche, se prend la décision de ne plus écouter les nouvelles et de jeter systématiquement aux orties les « globules blancs » offerts, dans un élan d’humanisme, dans certains discours. On ne croit plus à rien. Les jeunes sont à cours de repère. Ils noient leurs frustrations dans l’alcool et dans la drogue ou se trouvent atteints du syndrome de l’ailleurs. Les vieux s’en veulent d’être encore vivants pour ne se voir offrir, en lieu et place du salut d’Haïti, que l’affront et la gifle d’un 2004 dans la boue, sous les eaux. Ils estiment mériter un autre purgatoire. La désillusion gagne tous les cœurs, tous les âges et toutes les catégories sociales.
Rendez- leur leur âme.
Rendez-nous notre âme.

J’ai été, à la source, vers la terre, vers les paysans, ceux-là qui, traditionnellement - en dépit des affres d’une survie souvent sans issue - accrochés à leurs valeurs morales et, soit convaincus du bondyebon, soit motivés par une tradition de lutte sur les traces de Goman, d’Acaau ou de Péralte, parviennent à nourrir l’espoir au cœur même du désespoir.

J’ai interrogé nos paysans. Le constat : un indescriptible désarroi. Pour eux, tout motif, tout mobile se résume, désormais, en deux constantes : lajan, pouvwa. En effet, au cours d’une récente enquête, les grilles d’analyse ont révélé, que, dans le milieu rural, du moins dans les zones d’étude, tout investissement de soi, toute offre de services, de l’activité du pasteur - directeur de conscience à celle du bòkò - féticheur invétéré, le seul objectif visé était l’argent et le pouvoir. Quant au domaine politique impliquant les partis, les mandataires aux élections, les candidats, les CASECS etc. il suscitait une sorte de dénonciation collective qu’on martelait en scandant avec une malicieuse ironie et un mépris flagrant mais, paradoxalement, avec aussi un enthousiasme et une complicité à peine voilés: lajan ! pouvwa ! Très sérieusement, en dépit de nos habiles mais subtiles tentatives, en séance de travail, pour ouvrir des brèches et essayer de dégager des attentes et objectifs plus louables, rien n’en était. Lajan ! pouvwa ! devenaient un leitmotiv. Tout semble se faire pour l’accès à l’argent et au pouvoir. Il est difficile et extrêmement douloureux de se rendre à l’évidence que, pour nombre de nos paysans, les valeurs morales se trouvent en passe d’être hypothéquées, que les forces motrices perdent de plus en plus leur sens et que, désormais, même le bondyebon est mis en « plann », au bric-à-brac ou à la morgue, au profit d’un pragmatisme entelijan (?!) d’affairiste, dans le sens créole du terme. Aujourd’hui, les plus humbles, à force d’être tentés, ne perdent plus de temps à nourrir l’espoir. Au cœur du désespoir, ils se sont mis désormais « au pas », à la mode des chemins faciles. Lajan ! pouvwa ! Un point, c’est tout.

Qu’a-t-on fait à nos travailleurs de la terre ?

Rendez-leur leur âme !
Rendez-nous notre âme !

Partout, le désenchantement et l’amertume.

Un extincteur d’étoiles a laissé traces.

La “chance qui passe” est déjà passée. Le moment de “nager pour sortir” est révolu. Rien que des contre-courants. Les eaux sont en furie et l’avalanche draine tous les espoirs vers la mer.

En dépit de ce désastre, un ” vent de janvier ” prometteur de “glorieuses” a soufflé au mois de novembre. 14 novembre : Marchons unis ! Marchons unis ! En avant pour un contrat social et l’avènement d’une vraie Nation Haïtienne ! En avant pour la Geste du Troisième Centenaire! Mais l’adversité s’est entêtée. Des vents contraires ont encore charrié des scories. Non au contrat social ! Oui à la chimerizasyon !

Quo vadis, chimè si tu ne construis pas avec nous, tes frères, la Nouvelle Haiti ?

Quel est ton projet ? Quel est ton destin ? Que dit ton contrat social à toi ? La survie pour cinq ans ? Et après ? Quel sera ton sort après les lendemains de fête ? Rappelle-toi le mot du prophète, de ton pwofèt : Apre bal tambou lou !

Qu’on te rende ton âme !

18 novembre 2003 : Il a plu sur Vertières. Les Pères de la Patrie ont, à nouveau, crié au désastre. Une fois de plus, ils ont craché leur colère à nos visages, ils ont vomi sur nous leurs frustrations et leur révolte. Ils continuent de nous maudire !

Boire l’indignation jusqu’à la lie…

18 novembre 2003 : ” Pour le pays, pour la Patrie !…”
A l’écoute de ce ” haut chant “, de cet hymne sublime, en lieu et place de cette ferveur patriotique presque incandescente qui, toujours, se saisit de moi, le seul sentiment qui, cette fois, m’a animée, permettez que je l’avoue, c’est une lâche envie de fuir l’espace et le temps, de fuir mon être et de m’échapper de moi-même.

Rendez- moi mon âme !
Rendez-moi ma fierté !
Rendez-moi ma Patrie !

Greetings from Haiti from the members of Haitian Youths Movement for Social Transformation.

Monday, November 10th, 2008

by Nod Dorcilien

Dear friends,

Yesterday, Sunday Nov 9th, around 3:45 PM I had the opportunity to visit the slums in Bourdon and I don’t know if you have noticed right after you left Circle Bellevue going up to Petion-Ville and there is a bidon Ville down the hills on your right and to me there are about 500, 000 people living in the area and I was all sweating walking up the hill after the meeting there but, I was happy to discover there is another group of people who are just under our nose and being ignored and not given the opportunity to better themselves and what attracted me the most is seeing a bunch of children gathered and were taught about civic responsibility.

I met a number of young men who are just like me and the only difference is they didn’t have the same opportunity to better themselves. They want a CHANGE and they told me, they are tired of everything, no one cares about them, the future and they need help to secure that future I am talking about. I told them there is a group I work with who care about the future of the country and and I told them we need to get the civic and social responsibility seminars starting in order to start looking at other opportunities that can CHANGE their future.

I am really serious and we need to team up to learn of what is really going on in our lives in Haiti. There is so many untold stories about conditions the general population is living. If we don’t see with our own eyes how do we moved and inspired by Change we are all seeking.

We must be the change we wish to see in Haiti, we must live it and be there to materialize it.
I am waiting for your comments.

Ne brûlons pas les étapes!

Sunday, November 9th, 2008

Par Jean Erich René

A l’aube du troisième millénaire les données politiques internationales changent avec des répercussions certaines sur l’échiquier politique haïtien. Avec l’arrivée de Barak Obama à la Maison Blanche de nouvelles cartes seront distribuées.

Les normes, les principes, les schèmes de valeur d’antan vont subir de grandes modifications mais l’objectif du système capitaliste ne changera pas d’un iota. Il est à la recherche d’un nouveau souffle. La victoire de Barak Obama est avant tout américaine. Les électeurs ont voté compétence au profit de leurs intérêts personnels. Blancs et Noirs sans aucune nuance épidermique ont choisi le candidat qui symbolise le changement.

Durant les 75 jours qui précèdent son inauguration le 44e Président des USA sera initié aux dossiers secrets américains par le biais de la HOMELAND SECURITY qui regroupe le FBI et la CIA. Contrairement à ce que l’on pense ce n’est pas la Maison Blanche qui commande. Le pouvoir
aux USA est distribué suivant une structure matricielle très conflictuelle : Maison Blanche, Département d’État, Pentagone, CIA et FBI. Soulignons à l’encre forte la pluridimensionnalité de la CIA et sa préséance dans les décisions. Le président assermenté Barak Obama sera obligé de respecter
certaines balises.

Malheureusement bon nombre de nos compatriotes ne se sont pas encore réveillés de leur sommeil léthargique afin de se rendre compte que les vérités d’hier ne seront plus acceptées après le 20 janvier 2008 sur le plan des relations internationales. La transition Bush/Obama ne s’accommode nullement à certaines pratiques traditionnelles.

Par l’écho de son discours Barak Obama s’est signalé comme le Chef du Monde. De ce fait il pourra réparer le déficit de crédibilité des USA, lui ouvrir des segments de marché importants et surtout les puits de pétrole de l’Afrique. Que nos têtes de linotte se ravisent. Dans leurs folies furieuses d’accéder au pouvoir en Haïti, ils abondent en flagorneries de toutes sortes.

Ce comportement ridicule plutôt digne de la politique des invertébrés devient obsolète. Cette mutation du système des valeurs consacre l’échec définitif des architectes du nivellement par le bas.

La misère qu’étale Haïti aux portes de l’Amérique constitue une honte pour le rayonnement du Capitalisme. Il faut d’abord un climat de sécurité pour l’implantation des structures matérielles et administratives nécessaires.

La voyoucratie imposée comme système de Gouvernement durant ces deux dernières décades est révolue. Nous invitons les diplomates du béton à mettre bas les armes. L’Évangile de la Nouvelle Alliance annonce la fin de la Loi du Talion. Il ne reste à nos leaders politiques que le temps de
faire le ménage en renonçant à certains concepts cramoisis.

L’heure a définitivement sonné pour les architectes de la politique du béton qui tiraient en cachette sur les ficelles des chimères. Leurs discours sont jugés fades et rebutants. Leurs propos passés au crible n’ont laissé comme filtrat que de la paille. Leurs projets de société pesés sur la balance
n’ont pas bougé l’aiguille du zéro initial parce qu’ils sont trop légers.

Tenter de s’approprier la victoire politique du Parti démocrate pour jeter de la poudre aux yeux des imbéciles et monter en Haïti des projets politiques imaginaires est une fuite en avant qui va fondre la cire des ailes d’Icare qui voudrait s’approcher du soleil. En effet, ces jongleurs n’ont pas l’agilité nécessaire pour imprimer le changement tant souhaité au sein de la population haïtienne.

Il faut un saut qualitatif pour transférer mentalement en Haïti les progrès techniques et matériels des sociétés avancées en aménageant bien sûr les voies et moyens adéquats. La tâche n’incombe pas aux Haïtins de définir les priorités du Nouveau Gouvernement démocrate. Quelle prestidigitation! Il ne revient nullement au nouveau Président américain de nous dicter la voie à suivre. Le partenariat annoncé par le Candidat Barak Obama, au cours de sa campagne électorale, ne sera pas un jeu de dupe.

Il doit être l’objet d’échanges fructueux entre les deux pays. L’aide américaine sera articulée en fonction de notre plan de développement axé sur des paramètres spécifiques au milieu ambiant.
Maintenant on n’entonnera plus le ridicule refrain : « Ce sont les Américains qui empêchent le développement d’Haïti. »

Le Premier Mandataire de la Nation haïtienne ne peut pas s’improviser gestionnaire fiat lux. Il lui faut un cheminement de carrière. Dans un contexte économique voué à la récession, il faut un minimum de
connaissances pour prendre certaines décisions étatiques majeures.

A bien peser les compétences académiques et les expériences socio-professionnelles de nos leaders traditionnels, ils sont inaptes à remplir la fonction présidentielle devenue très complexe avec l’effondrement du système financier international et le changement d’axe qui s’opère à l’échelle politique mondiale.

Nous pouffons de rire en écoutant les ridicules déclarations de ces pâles imitateurs de Lula et de Chavez qui eux-mêmes s’adaptent aux vagissements du Monde moderne. En Haïti nos Retardés mentaux
rêvent encore du caporalisme comme système de gestion.

Selon les nouvelles données politiques internationales, certains acteurs haïtiens peuvent-ils encore entrer en scène? Leaders de what? La politique est l’art de résoudre les problèmes.

Quelles sont les solutions proposées pour combattre la famine, le chômage, la détérioration de notre environnement? Quelle est la théorie économique qui sous-tend les changements prônés? Il ne suffit pas de se réclamer de la Gauche ou de la Droite?

Il existe des indicateurs fiables pour déterminer la limpidité du programme politique d’un candidat. Le Peuple américain n’est pas dupe. Il distingue les objets précieux de la pacotille. La légitimité d’un candidat ne peut plus être associée au fait qu’il était dans l’opposition sous Duvalier, ou bien encore à la perte d’une paire de côtes sous le Gouvernement de Prosper Avril. Durant ces 20 dernières années, plusieurs titres de leaders ont été fabriqués à partir de ce substrat infect.

Les Hommes politique des pays avancés ne sont pas de vulgaires inconnus. Ils sont tous inféodés à un Parti Politique dont les Grandes Lignes sont connues de tous. Au Canada le Libéral et le Conservateur ne se ressemblent pas. Aux USA Républicain et Démocrate ont des options différentes. En Haïti il y a une litanie de Partis Politiques indescriptibles.

En commençant par le REFUGE DES PECHEURS pour arriver à la CONSOLATRICE DES AFFLIGES, qu’est ce qui distingue le PDCH du PSCH, le MOCHRENA du MRN, le CREDO du GRE etc. Ce sont les mêmes vases, différence de récipients.

Arrêtons cette macaquerie! Barak Obama ne tombe pas du ciel au milieu de la Maison Blanche. Il a une formation académique pointue qu’il vient de prouver par sa brillante prestation dans ses exposés au cours de la campagne électorale. Peut-on dire de même de nos candidats?

En Haïti nous avons pris la mauvaise habitude de dévier de la ligne initiale du Parti en taillant un système de gestion politique à notre gabarit.

L’OPL qui a porté Jean Bertrand Aristide initialement au pouvoir s’est divisé en Organisation du Peuple en Lutte, Lavalas puis en Bô Tab. LESPWA, le véhicule de Préval au pouvoir, est en train de se muer en KOZE PEP. Ces mesquineries témoignent d’une absence totale d’idéologie. De telles mésaventures nous ont valu des Chefs d’État nus comme une bouteille, sans aucun bagage théorique ni expérience socio-professionnelle. Ils ne font même pas la différence entre le bromelia ananas et le bromelia
pengouin.

Aussi sommes-nous en train de récolter les résultats de leurs piètres performances.

Ne brûlons pas les étapes!