Archive for January, 2009

Questions à Joseph Exumé Ministre de la Justice

Friday, January 30th, 2009

par Jean Erich René - Dans un pays comme Haïti, où le taux de criminalité est très élevé, la disponibilité de l’acide sulfurique sur les étagères, représente un danger social. N’importe qui peut se procurer de l’acide de recharge des batteries en vue de commettre un crime à cause de sa causticité. Pour limiter les dégâts nous avons glané les preuves médico-légales concernant ce cas d’espèce dans « L’empoisonnement » écrit par Ambroise Tardieu, Professeur de Médecine à la Faculté de Médecine de Paris. Notre objectif c’est de :

- présenter les symptômes d’empoisonnement par l’acide sulfurique

- proposer les contrepoisons de fortune à administrer rapidement afin d’arrêter ses effets et se procurer du temps pour consulter un médecin.

- aider à identifier le criminel selon les données scientifiques disponibles

1. Qu’est-ce qu’on ressent après avoir absorbé l’acide sulfurique?

- ventre tendu, ballonné avec des coliques douloureuses

- douleur aigue à l’arrière-gorge avec des crampes d’estomac

- cris et angoisse du patient

- vomissements, mêlés de glaises de sang avec une souffrance extrême

- matières rejetées dans les premiers temps d’un brun rougeâtre parfois bleues proches de l’indigo. Dans un second temps le vomi devient plus foncé en prenant la couleur du chocolat

- les vomissures sont corrosives et effervescentes c’est-à-dire pétillent

- douleur intense continue, contractive, sous forme de crampe dans la poitrine

- pouls petit, serré comme convulsif

- face pâle et décomposée exprimant l’anxiété

- lèvres et parties des lèvres brûlées et couvertes de tâches et d’eschares grises, brunes ou bleuâtres

- les yeux sont caves c’est-à-dire sans expression

- refroidissement général et rapide du corps

- un peu de diarrhée mais rarement

- l’agitation augmente et les forces diminuent

- l’affaiblissement devient extrême et la mort suit

2. Quels sont les contrepoisons maison à votre portée pour sauver la victime ?

Le mode d’intervention varie selon les éléments disponibles car le temps presse :

- lui faire boire une grande quantité d’eau pour stimuler le vomissement et diminuer la concentration de l’acide sulfurique rejeté avant de produire ses effets catastrophiques

- lui donner, si vous en avez, du lait de magnésie délayé dans l’eau

- des morceaux de craie ou un morceau de roche blanche réduite en poudre qu’on brasse dans l’eau pour faire une bouillie froide qu’on lui fait avaler

- lui faire absorber de l’eau de savon

- prendre dans le foyer à la cuisine une poignée de cendres de bois diluées dans l’eau, puis coulées dans un morceau de tissu. Lui faire boire tout de suite ce liquide filtré.

3. Comment identifier le criminel?

A partir du constat du décès de la victime et les premières manifestations des symptômes, on peut facilement déterminer l’heure de l’empoisonnement, l’endroit où il se trouvait à ce moment précis et identifier qui était en sa compagnie. Les études médico-légales mettent à notre disposition les indices suivants :

- Dans l’espace de 15 à 20 heures en général décède une personne empoisonnée à l’acide sulfurique, précise le Dr Tardieu

- Dr A. Taylor fixe à 18 heures le décès d’une personne ayant absorbé 30 grammes ou un petit verre de liqueur d’acide sulfurique

- Le décès arrive après 4 heures si la quantité d’acide sulfurique est de 100 grammes. Si l’acide sulfurique est très concentré une dose de 100 grammes tue dans ¾ d’heure, affirme le Docteur Graigie

Dans le cas du directeur adjoint du département du Nord-ouest, il est donc aisé de remonter les filières, à partir de l’heure de son décès à l’hôpital du Canapé Vert, pour déterminer le lieu où il se trouvait il y a ¾ d’heure, 4 heures, 18 heures au plus 20 heures compte tenu du volume approximatif d’acide sulfurique en cm3 prélevé dans son estomac lors de l’autopsie. Où est le récipient? Porte-t-il les échantillons de son ADN ?

Quelle est sa forme? Cylindrique : diamètre et hauteur en cm. Rectangulaire: longueur, largeur et hauteur en cm. Déterminons sa contenance en cm3 pour une analyse comparative du volume siphonné dans l’estomac de Jean-Raymond Philippe, lors de l’autopsie. Un centimètre cube d’acide sulfurique de formule H2SO4 a une masse molaire de 1.83grammes. Soit l (H2SO4) = 1.83g/cm3. Un simple produit croisé suffit pour obtenir le volume du récipient utilisé pour boire l’acide sulfurique.

Qui était en sa compagnie dans cette fourchette de temps? Est-ce le greffier , un employé du Ministère de la Justice, qui l’a vu absorber ce poison? Pourquoi était-il si proche pour deviner l’intention de Jean
Raymond Philippe et la nature du breuvage? A-t-il des dons de voyance ou un odorat si prononcé pour renifler l’odeur de l’acide sulfurique. Il doit être du sérail. Est-ce au cours de la période de sa mise en quarantaine?

Qui était son geôlier? Autant de questions que doivent agiter nos parlementaires lors de l’audition du Ministre de la Justice Jean Joseph Exumé le jeudi 29 janvier 2009. Il n’y a pas de crime parfait. Les méthodes scientifiques révèlent les traces des meurtriers. Il ne faut pas laisser ce crime irrésolu ni impuni. NOU TOUT KA PRAN !

Prochainement nous vous apporterons les preuves médico-légales, grâce à l’autopsie du cadavre et l’analyse chimique identifiant la nature du poison.

Référence : Ambroise Tardieu, L’empoisonnement : p. 184, Questions médico-légales. Quels sont les signes? ; Librairie J.B. Baillière et Fils, Rue Hautefeuille 19, près le Boulevard St Germain.

COMMUNIQUE DE PRESSE : Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles

Thursday, January 22nd, 2009

Le Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles (CARLI) condamne les propos désobligeants du Ministre de la Justice, Maître Jean Joseph EXUME contre le journaliste Valéry Numa lors de l’émission “Invité du jour” sur la radio vision 2000 en date du 19 janvier 2009.

Accuser de manière légère un journaliste (membre de la presse) dans le dossier du vol de plusieurs millions de dollars liés à la drogue constitue une attaque directe contre la presse et une manœuvre désespérée utilisée pour intimider les journalistes dans l’exercice de leur profession et tous ceux qui dénoncent la corruption en Haïti.

Par ce comportement, le Ministre de la Justice se montre de plus en plus suspect dans le scandale macro financier à Port de Paix éclaté en novembre 2008 et qui continue de défrayer la chronique.

Le CARLI recommande à la corporation des journalistes la vigilance et la solidarité car la bataille pour la liberté de la presse tout comme pour le respect des droits humains, en général, n’est jamais gagnée de manière définitive. Une vigilance constante s’impose !

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Renan HEDOUVILLE, Av.
Secrétaire Général.-

AFFAIRE RUDOLPH BOULOS | NOUVEAU REBONDISSEMENT

Wednesday, January 21st, 2009

AFFAIRE RUDOLPH BOULOS / NOUVEAU REBONDISSEMENT / Le tribunal des référés de Fort-Liberté demande au CEP de surseoir à toute élection dans le Nord’Est. - Source: Le Matin

Dans un verdict rendu en date du 19 janvier en cours, le tribunal des référés siégeant à Fort-Liberté déclare que « l’État haïtien et toutes autres institutions étatiques doivent attendre le prononcé de l’arrêt de la Cour d’appel du Cap-Haitien avant une quelconque décision ayant rapport », à l’organisation d’élections dans le Nord’Est pour le poste du sénateur Rudolph Boulos.

Cette décision fait suite à la demande des avocats du sénateur Boulos au tribunal des référés de constater que « le Conseil électoral provisoire (CEP) n’a pas la preuve que le poste du sénateur Boulos est vacant » et, conséquemment, d’ordonner que soient suspendues toutes activités tendant à organiser de nouvelles élections pour ce poste, en attendant le verdict de la Cour d’appel du Cap-Haitien.

Cette cour, rappelle-t-on, a été saisie par l’État haïtien sur la validité de la résolution du Sénat d’exclure le sénateur Rudolph Boulos, au motif qu’il est détenteur de nationalité étrangère. La décision d’interjeter appel a été prise par l’État haïtien suite au verdict du tribunal de 1ere instance de FortLiberté rejetant la résolution du Sénat. Alors que l’affaire est encore pendante par-devant la Cour d’appel du Cap-Haitien, un arrêté présidentiel, convoquant le peuple en ses comices pour des sénatoriales fixées au 19 avril, mentionne comme siège vacant, dans le Nord’Est, celui du sénateur Rudolph Boulos. C’est contre cet arrêté que, par l’intermédiaire de ses avocats, ce dernier a décidé d’ester en justice.

Une affaire à suivre

Haiti : Une odeur de poudre dans l’air

Wednesday, January 21st, 2009

Par Jean Erich René - Le déficit budgétaire de l’exercice fiscal 2006-2007 de la République
d’Haïti n’est pas le fait du hasard. Il s’explique majoritairement par l’incurie administrative. D’un côté le Sénateur Anacacis prétend un excès budgétaire de 12 milliards de gourdes. De l’autre côté le Ministre des Finances accuse un déficit de 3 milliards de gourdes. Ce trou de l’ordre de 15 milliards de gourdes et même plus peut avoir plusieurs explications:

1. une perte considérable dans l’effondrement du Marché Boursier par suite de placements effectués avec les réserves de la BRH, au nom de certains privilégiés du régime. La taxe sur le téléphone devrait boucher ce trou béant. Hélas !

2. les dépenses non prévues par l’Exécutif haïtien pour atteindre des objectifs purement politiques : 30 millions par commune pour organiser les prochaines élections très hypothétiques

3. une politique économique diminuant le fardeau fiscal de certains amis. L’exonération totale ou partielle crée un vacuum dans les caisses publiques

4. la falsification des cahiers de charge visant à réduire le revenu imposable des possédants qui disposent de multiples manèges pour échapper au filet fiscal

5. la privatisation des services publics les plus rentables: douanes, port, aéroport

6. l’élite économique, pour préserver ses acquis et assurer la suprématie de ses cartels respectifs, a développé une politique agressive parfois sanglante. La commande des 300 autobus qu’on devrait affecter au service public et qui a causé l’emprisonnement des Brant soulève encore des
discussions. Une fois de plus, au-delà de la tour Elizabeth, ni analphabète ni bête, sort ses griffes et réclame la part du lion.

Les tentatives de l’Exécutif pour renflouer les caisses de l’Etat sont infructueuses.

1. Le Gouvernement est obligé de surseoir sa décision d’augmenter la taxe sur le téléphone en vue d’éviter une manifestation des abonnés qui s’avisaient de jeter leurs cellulaires sur la cour du Palais National, au cours d’une opération GNB.

2. Entretemps Elizabeth est en train de construire une somptueuse villa à Debussy. Tout est importé aux frais de la République.

3. Qu’a-t-on fait des 22 millions de dollars donnés par la Reine Sofia d’Espagne au profit des sinistrés des Gonaïves? En tout cas, mardi prochain elle sera en visite à la Cité de l’Indépendance pour vérifier de ses propres yeux les réalisations.

4. La drogue de Port de Paix, mine de rien, est en train de déboulonner silencieusement la machine politique en place. Tout moun pran !

5. A chaque semaine ses morts pour tenter d’étouffer le scandale. La Minustah n’y peut rien. Son ex chef, le général Bachelar transférant de fortes sommes au Brésil, a été tué dans une condition similaire que le commissaire Jean Philippe Raymond. Une intervention musclée se profile pou diciplinet cet Etat mafia de la Caraïbe.

6. Franco Camille dit Franco Cadavre, le frère de Ronald Cadavre, le jeudi 15 janvier 2009, au micro de Liliane Pierre Paul à Radio Kiskeya s’est désolidarisé publiquement du Président René Préval qu’il accuse d’avoir trahi la cause lavalassienne. Le pouvoir de nuisance d’Aristide avec ses chimères rivalise les maringouins.

L’étau se resserre autour du président René Préval qui n’a plus le sommeil tranquille. Il gratte le fond de ses tiroirs pour cumuler le minimum de recettes fiscales anticipées requises pour garantir l’aide internationale indispensable à l’équilibre de son budget de 100 milliards de gourdes, une bulle de savon de Daniel Dorsainvil. La politique de la caisse vide place l’Exécutif haïtien dans une véritable impasse financière.

Une odeur de poudre flâne dans l’air. Tout laisse prévoir un éclatement après les carnaval

Lettre Ouverte de Zabeth Jean Bergeron, cadre de Fanmi Lavalas au Président élu Barack Obama

Tuesday, January 20th, 2009

par ZABETH JEAN BERGERON - lundi 19 janvier 2009

Mr. le Président élu des Etats-Unis d’Amérique,

Le 4 novembre 2008, le Peuple américain vient à nouveau de faire l’Histoire en secouant des dogmes et tabous que l’on croyait irréversibles en élisant à la tête de la plus grande Nation du Monde, un Noir : Vous. Le monde séduit par votre charisme, votre belle intelligence et votre foi profonde et contagieuse en un changement réel des pratiques anciennes, s’est remis à espérer en ces moments critiques et incertains pour la survie de notre espèce.

C’est le vote de la réconciliation de l’Homme avec lui-même, du respect des valeurs et de la compétence. Ce n’est nullement, comme voudraient le faire comprendre les extrémistes de tout bord, celui de la revanche, mais plutôt celui de la consécration d’une lutte sans répit menée par des hommes, nos devanciers, durant plusieurs siècles.

En effet, Excellence, au-delà des frontières de votre Nation, devant nos téléviseurs, nos ordinateurs et surtout pour la plupart d’entre nous des pays du Sud, nous nous sommes serrés devant nos petites radios pour écouter et savourer ce moment historique, une véritable odyssée à la mémoire de nos Ancêtres communs : Toussaint Louverture, Jean Jacques Dessalines, Robert Kennedy, Martin Luther King, Rosa Parks, Nelson Mandela, ces hommes et femmes qui se sont tant sacrifiés pour l’Egalité des Chances.

Mais, une fois la fièvre électorale et l’euphorie de cette soirée mémorable apaisées, nous avons pleinement conscience des grands défis qui vous attendent tant sur le point national que mondial.

Cette grave crise financière qui prévaut aujourd’hui préoccupe tous ceux et celles, ayant développés des liens étroits avec votre Nation, au nom des principes de la globalisation du marché. Une crise dont nous devons avoir le courage de reconnaitre, Excellence, l’origine dans le vieillissement d’un système capitaliste privilégiant la croissance économique et son succédané : une grande consommation effrénée, au détriment des plus faibles.

La raréfaction des ressources naturelles, la baisse de la production agricole mondiale plus particulièrement dans les Pays du Sud comme le Nôtre, sous l’emprise délétère des exigences du Marché contrôlé par les Oligopoles Internationaux, dont votre Nation en est le principal fer de lance, finira par nous entraîner vers une régression mondiale avec un accroissement du taux de chômage, une précarité grandissante et surtout l’aggravation plus accélérée de la pauvreté dans les Pays du Sud et son cortège d’émeutes de la faim et de haines sociales, nous donnant une planète bouleversée, terrain fertile à toutes sortes de subversion et dérèglement de l’Ordre Normal des choses.

Cette consommation agressive et abusive des ressources naturelles nous vaut aussi, Excellence, ce bouleversement de notre écosystème avec les menaces qui pèsent sur notre existence. Si Nous avons toujours été préoccupés par les menaces d’une déflagration planétaire nucléaire, nous avons négligé les effets pervers de cette agression continue et systématique sur notre environnement, avec l’émission exagérée des gaz à effet de serre.
Heureusement que ce grand esprit de discernement, dont vous avez fait montre, saura vous aider à comprendre et agir dans le sens des intérêts de la planète. Mettre une sourdine à l’avidité pour le profit, des tenants de ce néolibéralisme déréglé, et encourager avec force, en donnant l’exemple, un comportement plus responsable, plus moral de l’homme envers l’environnement, telles seront les grandes batailles que vous aurez à livrer pour la stabilité et la sauvegarde de notre planète.

Bien sûr, nous ne saurions passer sous silence, Mr le Président élu, l’impérieuse nécessité de lutter contre le terrorisme et le trafic de la drogue, non pas en combattant l’Islam, mais plutôt ce radicalisme idéologique avec ces pratiques perverses et haineuses allant jusqu’à menacer aussi le genre humain. Et c’est sur votre leadership que le Monde se repose pour trouver cette paix tant souhaitée dans cette partie du Globe. Car quelque soit la source du terrorisme, nous le condamnons. Mais convenez avec moi que ce sera en harmonie avec les modérés qui sont heureusement plus nombreux que nous parviendrons à cette neutralisation des extrémistes et non en nous asseyant sur des prétextes fallacieux, des mensonges forgés de nulle part que nous arriverons à construire cette solidarité planétaire contre ce fléau, au lieu de cette incompréhension pour ne pas dire antipathie et méfiance suscitées par une attitude, jugée, à raison, trop cavalière. En ce monde où tout est lié, les problèmes mondiaux nécessitent une concertation responsable entre tous les gouvernements.

Quant à nous, cadre et Membre de Fanmi Lavalas, l’Organisation Politique la plus forte et la plus représentative d’Haïti, dont le Président Jean Bertrand Aristide, renversé illégalement et embarqué pour l’exil, en est le Représentant National, nous sommes certains que le Monde, plus particulièrement les Pays du Sud, tant du Continent Africain que du Nôtre, vous attende à ce carrefour de la problématique haïtienne, pour être certains que ce changement annoncé dans vos discours, se concrétisera à travers votre appui réel à un Etat de Droit dans ce Pays, trop déstabilisé et avili par les pratiques hégémoniques, arbitraires et antidémocratiques de la plupart des Administrations américaines précédentes.

Un comportement constant qui nous vaut un Pays déchiré malgré les efforts déployés par les concitoyens à prendre dans leurs mains l’arc de l’histoire et à le bander dans l’espoir d’un jour meilleur et d’une construction démocratique durable. Comme vous dites si bien, dès le lendemain de la conquête de notre Indépendance, suite à la plus belle épopée de l’Histoire moderne, brique par brique, bloc par bloc, de mains calleuses en mains calleuses, malgré notre mise en quarantaine, nous tentons de construire une Nation. Malheureusement, et souvent sous la base de mensonges, de prétextes fallacieux évoqués aux fins d’asphyxier un Peuple jugé trop fier, trop souverain, les Grands de la Communauté Internationale, dont votre Pays est la plus grande Puissance, de concert avec des compatriotes assujettis, ont toujours brisé nos élans de progrès, de modernisation et de renforcement de cette démocratie.

Mr le Président Elu, combien fut immense notre joie, quand vous avez évoqué, durant votre campagne le nom de Haïti, en annonçant que vous allez « travailler avec les autorités haïtiennes afin d’aider au développement économique » de notre Pays, tout en estimant « dépasser le stade de l’aide humanitaire pour passer à un véritable partenariat pouvant aider le pays à se développer ».
Mais, Excellence, avant cette belle volonté de coopération efficace et effective dont nous ne saurions mettre en doute la bonne foi, une stabilité politique et sociale, voie royale au Progrès et à la Démocratie, représente notre revendication la plus fondamentale. La constante politique de déstabilisation du Pays par les extrémistes de droite internationaux, de concert avec des nationaux apatrides, a toujours empêché à notre Nation de prendre son essor. Nous disons oui, dans ce Monde-village, à toute collaboration, à tout soutien des Peuples frères, mais le Peuple Haïtien veut d’abord que l’on respecte ses choix politiques, que l’on cesse ce processus pervers de déstabilisation constante de notre jeune démocratie.

Mr le Président Elu, comment comprenez-vous que le Leader Politique le plus aimé de ce Peuple, le Dr Jean Bertrand Aristide, Représentant National de Fanmi Lavalas, se trouve contraint, aujourd’hui, de vivre loin de son Pays sous la base de mensonges, après avoir été renversé et enlevé de son Pouvoir par des Hommes armés, jouissant de la complicité de l’Administration américaine sortante ?

Ah ! Excellence, vous avez la chance de savourer sans crainte votre victoire, sans vous voir menacer par un Ambassadeur, au lendemain de l’historique 4 novembre, vous augurant sans gêne, « qu’apre dans, tanbou lou », qu’après le bal, ce sera le deuil. Et depuis lors, un 16 décembre 1990, c’est-a-dire, au lendemain d’une victoire électorale, semblable à la vôtre, le Peuple Haïtien paie son insolence d’avoir choisi ses représentants, au nom de la démocratie, au nom de ce principe auquel vous semblez tant vous attacher : un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, ce au grand dam des faucons de la vie politique locale et internationale, mus aussi par des sentiments racistes et de classe contre les masses de ce Pays.

Excellence, le Peuple américain, pour son engagement dans la défense des valeurs, morales, universelles et démocratiques a toujours suscité une grande admiration dans le monde, mais il est malheureux aussi de reconnaitre que son établissement a toujours œuvré, exclusivement, dans le sens de ses intérêts hégémoniques qui souvent vont à l’encontre de ces valeurs, provoquant souvent et naturellement une antipathie des peuples opprimés et exploités. Vous comprenez bien, M. le Président élu, que l’Homme, en général, qu’il soit blanc, jaune ou noir et quelque soit son degré d’évolution, ne peut souffrir de l’injustice. Ses réactions dans l’ordre des faits peuvent varier suivant ses amertumes. Mais par tous les moyens en son pouvoir, il cherchera à briser l’entrave qui l’empêche de s’épanouir. De multiples manifestations populaires sont réalisées pour exprimer notre désir et volonté d’obtenir des autorités établies le retour à l’Ordre normal des choses : le retour de Jean Bertrand Aristide dans son Pays, car, pour répéter ce grand écrivain français Victor Hugo, l’exil est la nudité du Droit. Un droit dépouillé de son essence fondamentale, la liberté de l’Homme.

Mais nous sommes certains que votre rêve de changement, de redonner à l’Amérique cette belle image tant avilie et méconnaissable, se concrétisera car tout ce que l’esprit de l’homme peut croire et concevoir, il peut le faire et l’achever. Sommes-nous alors certains que la nouvelle Administration américaine saura supporter la grande majorité du Peuple Haïtien dans ce processus du retour de son Leader National. Il est temps que l’Administration américaine, particulièrement le Département d’Etat, apprenne à respecter les lois de ce Pays, à cesser de supporter et d’implanter illégalement des gouvernements inconstitutionnels et illégaux parallèles au Gouvernement Constitutionnel et Légal installé démocratiquement, à cesser d’encourager une diplomatie non dynamique, renégate et rétrograde et de miner les autorités légalement constituées à travers des organismes non-gouvernementaux, s’évertuant à paralyser l’édifice social et politique, dont l’objectif final est de nous affubler de l’étiquette non méritée et perverse d’Etat en faillite.

Oui ! à une diplomatie dynamique et respectueuse des lois respectives de chacun des Pays, oui à une aide au développement où le paradigme de la charité en serait révolu, oui au respect que nous avons de choisir nos représentants tant à la Magistrature Suprême, au Parlement qu’au niveau des autres Institutions du Pays. Et nous disons non aux pratiques anciennes, assises sur l’arbitraire et la violation systématique du Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes.

Pour finir, M. le Président, rappelez-vous, au soir de ce 20 Janvier magique, quand vous franchirez le seuil de la Maison Blanche, ce monument historique bâti avec le sang et la sueur de nos ancêtres esclaves, que nous, les Haïtiens, avons été les premiers à combattre cet Ordre mondial et souvenez-vous que cela nous a valu d’être honnis et proscrits par les Grands de ce Monde et rappelez-vous surtout que la réussite de votre mandat ne serait peut-être pas la nôtre, mais votre échec sera avant tout celui de tous les Peuples de la Terre qui se battent pour un monde meilleur, plus juste, plus humain, plus fraternel. Et encore plus l’échec du Monde Noir qui se sentirait bafoué et désespéré de n’avoir pas su prouver à nos irréductibles détracteurs que nous avons la capacité d’aider à la transformation de ce Monde en un grand village planétaire avec les chances égales pour tous.

Que les Dieux tutélaires de notre Mère Afrique et Yahvé vous protègent, et bénissent votre Nation et ce Monde qui s’est remis à espérer.

ZABETH JEAN BERGERON
Publié par Fanmi Lavalas à l’adresse 14:02

Actualités Politiques : Grandes Lignes - Emission de la semaine Radio Classique Inter

Monday, January 19th, 2009

Si publiquement Préval annonce l’année 2009, celle de toutes les horreurs, cependant, ne vous trompez pas, c’est précisément au cours de cette année qu’il se prépare à mettre graduellement à exécution son plan machiavélique de confiscation de pouvoir et du retour à la présidence à vie, à la face de la nation haïtienne et de la communauté internationale. Préval évoquant continuellement la notion de la continuité de l’Etat, a une perception du pouvoir politique, qui est beaucoup plus proche de celle de François Duvalier que de Jean Bertrand Aristide. Avide de pouvoir politique comme pas un, mais extraverti au paroxysme, Aristide est plus intéressé à la vision grandiose des choses, au pédantisme, à la péroraison, aux panaches, aux extravagances et surtout à la prépondérance que lui accorde le pouvoir politique. Il s’aventure et prend des risques que Préval ne prendra pas. Avide de pouvoir comme Aristide, mais introverti et cynique, ces actes et actions sont plus fourbes, plus sournois, plus calculés, moins spontanés. Que l’un soit plus intelligent ou plus rusé que l’autre, là n’est pas la question. Ils confondent tous deux la ruse à l’intelligence. Ils sont tous deux également médiocres comme gouvernant. La faillite d’Haïti en tant qu’Etat, est le résultat irréfutable de leur passage au pouvoir pendant 18 ans. J’offre pour preuve le fait que le pays a été occupé en deux fois dans l’espace d’une décade, en 1994 et en 2004, jusqu’à nos jours.

Il nous faut reconnaître que Prévale, à son deuxième mandat, a un avantage extraordinaire qu’Aristide n’a pas eu à son second mandat, une garde prétorienne qui lui permet d’opérer ces manœuvres avec un minimum de risque. La question est de savoir, est-ce que cette garde prétorienne acceptera à aller jusqu’au bout et se compromettre, pour permettre à Préval d’accomplir ses vrais ambitions ? Ou, est-ce qu’il est du devoir du vrai citoyen haïtien de s’opposer fermement aux menées pernicieuses de Préval pour forcer cette garde prétorienne à faire un choix embarrassant ? Le Brésil acceptera-t-il à compromettre le siège qu’il ambitionne au Conseil de Sécurité des Nations-Unies ? Lula n’a-t-il pas dit publiquement que ses soldats ne tireront pas sur un peuple affamé ?

Il est évident que, si la politique est un jeu, un débat et un combat, Préval n’est intéressé, ni au jeu, ni au débat. Pressuré par le temps, mais se sentant protégé par une garde prétorienne, il est en train de foncer en avant pour faire sauter la Constitution de 1987 qui pour lui est un carcan. A l’instar de Hugo Chavez, d’Evo Morales, et de Daniel Ortega ses tuteurs, il a annoncé publiquement ses intentions. Aristide n’a pas pu la contourner, mais Préval et ses associés sont en train de convaincre la communauté internationale, si elle n’est pas déjà convaincue, que cette Constitution est un élément de déstabilisation et de blocage à la bonne gouvernance d’Haïti (sic).

Chose bizarre, parce que des sénateurs, visitant le Congrès en octobre 2007, avaient critiqué le fait que l’ambassade ne pouvait pas obtenir de Préval qu’il fasse les élections renouvelant le tiers du Sénat, comme prévu par la Constitution de 1987 le dernier dimanche du mois de novembre 2007 ; Pour leurs retourner la balle, elle y met de tout son poids pour supporter la tenue des prochaines élections du 19 avril 2009. Mais se souciant peu du timing qui servira de prétexte à Préval pour circonvenir celles plus importantes du 29 novembre 2009. Ceux qui, dans des positions de commande, aveuglés par l’intérêt du moment, ignorent les conséquences de leurs actes et décisions, ignorent de fait l’histoire qu’ils font. Les élections du 19 avril 2009 mènent inéluctablement à la confiscation d’un pouvoir à vie.

De quoi s’agit-il ? Préval depuis 2007 forcé par des parlementaires d’installer les ASEC et les Délégués de ville, ce que le régime lavalas a toujours refusé de faire pour éviter les élections indirectes, le processus de décentralisation, de déconcentration et de création du CEP permanent. Il a voulu déstabiliser le parlement, refusant de faire les élections de novembre 2007 renouvelant le mandat des 3e sénateurs pour amputer le Sénat d’un tiers de ses membres. Préval a voulu déclarer leur caducité à la première session de l’année, le lundi 13 janvier 2008. Pour l’en empêcher, six sénateurs ont menacé de boycotter cette session en Assemblée Nationale. Préval a attendu jusqu’au 8 mai 2008 pour constater leur caducité. La résolution sénatoriale ayant été rédigée au palais national, avec la complicité du président du Sénat, Bastien. Préval a poussé la vendetta contre le parlement en provoquant la radiation du sénateur Boulos le 18 mars 2008. Amputé de 12 membres, le quorum du Sénat est sérieusement fragilisé.

Entré dans une relation mercantile avec le groupe parlementaire le CPP, Préval poursuit le contrôle du parlement, et vient de l’obtenir récemment en aidant le CPP à assumer le bureau de la chambre basse et en reconduisant Bastien à la présidence du Sénat. Ayant un CEP qu’il contrôle, même quand les pré-requis techniques ne sont pas remplis, Préval se précipite maintenant pour faire les élections qu’il aurait dû faire depuis le fin de novembre 2007. Alors qu’en novembre 2009 la Constitution prévoit le renouvellement d’un autre tiers du Sénat, de la totalité de la 48e législature et de celle des autorités locales.

Après avoir pendant 16 mois usé d’atermoiement de toutes sortes pour ne pas renouveler le tiers du Sénat, qu’est-ce qui soudainement explique cette précipitation pour faire des élections en avril 2009, alors que la consolidation avec les élections prévues par la Constitution pour le 29 novembre 2009 serait la chose la plus logique, non seulement pour en réduire le coût, mais plus important encore pour avoir amplement de temps pour les préparer ? Ces élections du 19 avril 2009 coûteront 13 millions de dollars US. Un million par tête de sénateur.

Voilà, d’une part, qu’ayant déjà 8 sénateurs, et escomptant faire des élections « JPP » pour en confisquer les résultats, Préval veut se procurer d’une majorité des 2/3 du Sénat. Ce qui lui donne automatiquement le droit de veto. D’autre part, le deuxième tour prévu pour le mois de juin, c’est évident que le calendrier Constitutionnel qui prévoit des élections pour le 29 novembre 2009 n’auront pas lieu, faute de temps et d’argent, tant du coté des partis politiques essoufflés que du gouvernement.

Imaginez-vous que le lundi 11 janvier 2010 qu’un second tiers du Sénat entre en caducité, de même que la totalité de la 48e législature et la totalité des autorités locales. Pas par leur faute, mais par celle de Préval qui refuse continuellement de faire les élections à temps, selon le calendrier constitutionnel, depuis son premier mandat. Préval a fait les seules élections annulées le 6 avril 1997. Il a refusé de faire les élections de novembre 1998. Il a déclaré la caducité de tous les élus des élections de juin 1995, le 11 janvier 1999. Et a remplacé les autorités locales par ses gens pour contrôler les élections du 21 mai 2000. Préval a confisqué les élections du 21 mai 2000 armes au poing, jetant les bulletins et les urnes dans les rues pour empêcher la vérification. Un journaliste canadien eu à écrire que « La Démocratie en Haïti se ramasse à la pelle ». Préval a forcé le président du CEP Léon Manus à fuir en République dominicaine pour avoir la vie sauve. Il a formé un CEP choisi par lui en dehors des normes établis par la Constitution pour la tenue des élections présidentielles du 26 novembre 2000.

Le plan de Préval est de tolérer que les parlementaires caducs et vassalisés continuent à siéger au parlement. Mais avec la nuance que les autorités locales seront renvoyées et remplacées par ses gens, pour s’assurer du contrôle des élections présidentielles du dernier dimanche de novembre 2010.

Maintenant, pourquoi Préval annonce-t-il à l’instar de la plupart des régimes populistes de l’Amérique latine, tel que Hugo Chavez, Evo Morales et maintenant Daniel Ortega etc. qu’il forme un groupe de travail dont le but est de réviser la Constitution de 1987. Tous ces chefs d’état ainsi que Préval n’ont qu’un but, garder le pouvoir à vie. Or c’est précisément ce que la Constitution de 1987 prévient dans tous ses garde-fous et particulièrement dans la mise en application du processus d’amendement.

Avec le droit de veto sur le Sénat obtenu par le biais des élections du 19 avril 2009, la totalité de la 48e législature tombée en caducité le 11 janvier 2010, qui peut empêcher à Préval, s’il ne peut pas amender la Constitution de 1987 à son goût, de la remplacer ? Si ce n’est la volonté du peuple haïtien de faire une levée de masse pour l’en empêcher, qui d’autre pourra le faire ? Qui peut forcer la main à la Minustah, pour mettre fin à son rôle de garde prétorienne ? Après 22 ans que l’on s’est émancipé par une longue et sanglante lutte du joug de la présidence à vie, allons-nous accepter à nous courber encore à la volonté d’un seul homme qui veut fouler au pied la Constitution de 1987 ? Le peuple haïtien va-t-il accepter à se mettre à genou face aux ambitions politiques de Préval ? Quiconque remplace cette Constitution ou l’amende à son profit, prend et garde la présidence à vie.

Classification des Chefs d’État d’Haiti

Saturday, January 10th, 2009

par Jean Erich René - Dans tous les pays du monde, le taux de croissance du PIB est généralement utilisé comme un indicateur fiable de la santé économique nationale et du bien être collectif. Nous vous invitons à identifier le meilleur et le pire Chef d’État d’Haïti aussi bien que les intermédiaires de 1961 à 2007.

Cette classification a été faite selon leurs contributions à la richesse nationale, basées sur le taux de croissance total enregistré, sous leurs règnes respectifs. Les chiffres parlent plus haut que les propagandes politiques, les discours flatteurs et trompeurs.

Classification des Chefs d’État d’Haïti, selon le taux de croissance périodique du PIB sur une coupe longitudinale de près de 50 ans.

1.- Sous Jean Claude Duvalier : le capital national a augmenté de 21,16 %

2.- Sous Cédras Raoul: malgré l’embargo le capital national a augmenté de 6,82 %

3.- Sous Lesly Manigat le capital national a augmenté de: 1,06 %

4.- Sous Prosper Avril le capital national a baissé de: -0,1 %

5.- Sous François Duvalier le capital national a diminué de: -1,18 %

6.- Sous Gérard Latortue le capital national a diminué de: -1,62 %

7.- Sous René Préval le capital national a diminué de : -3,85 %

8.- Sous Jean Bertrand Aristide le capital national est démoli à -10,44 %

Sources: Perspective Monde “ Université Sherbrooke - Banque Mondiale, IHSI

Qui est Le pire dirigeant d’Haïti De 1961 à 2007 selon cette classification de l’Université Sherbrooke?

Discours du Premier Ministre Michele Pierre Louis, 1 Janvier 2009

Friday, January 9th, 2009

Palais National, le 2 janvier 2009

Monsieur le Président de la République
Monsieur le Président de la Cour de Cassation
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale
Mesdames, Messieurs les Ministres et Secrétaires d’Etat
Honorables Parlementaires
Mesdames, Messieurs les grands commis de l’Etat
Mesdames, Messieurs les Directeurs Généraux
Son Excellence le Nonce Apostolique
Mesdames, Messieurs les membres du corps diplomatique
Mesdames, Messieurs les membres des organisations internationales
Distingués invités,

Permettez d’abord que je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année 2009. Je crois qu’il nous faudra faire preuve de beaucoup de lucidité et de courage, et une grande part d’humanité, pour faire face aux défis qui s’annoncent. En ce 2 janvier, jour où traditionnellement nous revisitons l’histoire et commémorons les exploits de nos héros, je ne peux m’empêcher de m’imaginer les difficultés et obstacles de toutes sortes qu’ils ont eus à surmonter pour gagner de haute lutte l’indépendance de notre pays contre l’esclavage, le colonialisme et le racisme. Non pas que les circonstances soient les mêmes, à chaque époque ses défis, mais l’intelligence et le sens commun qu’il nous faut garder en état d’alerte pour prendre la mesure de la complexité des situations que nous vivons, et arrêter les décisions qui s’imposent, ne changent pas nécessairement à travers le temps.

Dès la fin du 18ème siècle, au moment de l’insurrection générale des esclaves, notre pays qui retrouvera quelques années plus tard, le 1er janvier 1804, grâce à Dessalines, son nom Taino d’Haïti, se situait au coeur de toutes les grandes questions qui se débattaient dans la France révolutionnaire d’alors, au milieu de contradictions et de contestations qui ont souvent mené à la guillotine.

La liberté, l’égalité, la fraternité. La science et la technique. La production de richesses, le grand commerce international et les voies de communication. Le droit et la citoyenneté. Toutes ces questions se sont heurtées au système esclavagiste qui en était la négation, alors même qu’il les nourrissait en même temps. Le triomphe de la révolution haïtienne a été une victoire, un moment d’épiphanie comme il y en a rarement dans l’histoire, où ces mêmes questions allaient se poser avec encore plus d’acuité.
Et pendant tout le 19ème siècle Haïti souffrira d’avoir osé. Face à une Europe hostile et à une Amérique esclavagiste dans ses Etats du sud, notre Etat s’est difficilement créé dans la hantise d’une menace externe, et d’interminables luttes de pouvoir qui ont laissé l’immense majorité de la population hors jeu.
Aujourd’hui, 205 ans après, où en sommes nous ?

205 lane apre, ki kote nou ye jodi a ?
Tout gwo kesyon ki tep poze depi nan nesans Ayiti yo kontinye poze jis jounen jodi a menm kant gen avanse ki fèt.

Kesyon libète, sitwayènte ak jistis. Depi nou soti nan ane diktati yo, pèp Ayisyen an ap reklame dwa li genyen pou li sitwayen nan peyi l, sa vle di pou li patisipe kòm sa dwa nan desizyon ki konsène lavi l, avni l ak avni pitit li. Li antre an mas sou sèn politik la e li di fò li aktè tou jounen jodi an. Gen avanse ki fèt, men gen bak ki fèt tou. Se yon batay li ye, pou sitwayen an tankou pou gouvènman an, ki gen pou li kreye kondisyon pou sa fèt dan la règdwatet. Sa vle di kreye kad legal la an menm tan l ap fasilite dyalog nan mitan divès sektè nan peyi an ki pa abitye chita ansanm pou diskite sou avni peyi a Kesyon lasyans ak teknik. Nou gen anpil batay pou nou mennen nan domèn sa toujou, pou nou rive metrize pi byen lasyans ak teknoloji ki pou pèmet plis envestisman serye fèt nan peyi a ak mwayen pa nou. Sa vle di tou, kore inivèsite nou yo ak lekòl pwofesyonèl nou yo, pou se pa etranje sèlman ki metrize domèn sa yo. Leta bezwen lasyan ak teknoloji pou li devlope politik piblik yo.

Kesyon pwodiksyon richès, komès entènasyonal ak kominikasyon. Kesyon sa yo, se yon seri gwo kesyon ki mennen yon kriz san presedan nan peyi rich yo. Ki modèl devlopman nou vle ? Ki wòl lajan nan devlopman sa ? KI wòl travay ? Ki kote modèl sa pran ka kretyen vivan, pran ka moun, tout bon vre? Kriz entènasyonal nan gwo peyi yo oblije nou reflechi sou ki sa nou vle bò kote pa nou pou nou rive nan yon sosyete ki pi jis, ki pi solidè, ki pi imen. Kesyon sa yo pa fasil e se pa yon moun oubyen yon sèl gwoup moun ki gen repons yo. Se divès sektè nan sosyete a, divès enstitisyon piblik tankou prive ki pou chita, met tèt yo, lespri yo ak enèji yo ansanm pou nou rive jwenn repons pou kesyon sa yo.

Richès ki te pwodui pandan la koloni tale jwenn peyi esklavajis yo. Men apre lendepandans, nou te toujou pa kontwole gran komès entènasyonal la. Se nan gran peyi yo pri danre tankou sik, kafe, kakawo te kalkile, se pa peyizan kiltivatè a ki te fikse pri yo. Kidonk yon bon pati nan richès ki te pwodui nan peyi a pat sèvi peyi a. E menm si li te sèvi pouvwa a ak gwoup ki te pwoch pouvwa a, li pa t tounen jwenn sou okenn fòm pwodiktè yo, travayè yo. Kant a kominikasyon, annik gade peyi a jodi a pou wè sèl wout ki te fèt, se sa ki te soti nan plantasyon yo pou rive nan pò yo. E nou erite sitiyasyon sa. Kidonk, aloske jounen jodi a, peyi an ta bezwen 3,000 kilomèt bon wout, li apèn gen 600 ki fèt, dapre sa espesyalis yo di. San wout, pa gen mwayen pou machandiz ak moun sikile pou fè ekonomi peyi a mache.

Se poutèt sa, nan diskou li fè ayè premye janvye 2009 nan vil Gonayiv la, Prezidan Preval esplike aklè enpòtans li bay wout, enpòtans travay CNE ap fè nan peyi an. Gouvènman an pral travay ak Prezidan an pou nou konstwi le plis wout n ap rive fè nan ane an, pou nou deklwazonen peyi an, pou nou louvri l yon fason pou nou dekouvri richès li genyen nan domèn natirèl, kiltirèl ak istorik, men tou pou pwodiksyon peyi an jwenn debouche sòti nan Mòl Sen Nikola rive Ansapit, sòti Savanèt rive Ansdeno.

Monsieur le Président de la République,
Mesdames, Messieurs,

Au seuil de cette nouvelle année et en ce jour particulier du 2 janvier qui nous porte à toujours faire un détour par l’histoire pour faire acte de mémoire vis-à-vis des héros de l’indépendance, nous renouvelons notre engagement personnel et celui du gouvernement de travailler avec vous, et avec tous les secteurs qui croient dans l’avenir de notre pays, les institutions publiques, le Parlement, les municipalités, les secteurs paysans et populaires, le secteur privé des affaires, les socioprofessionnels, les syndicats, les secteurs religieux, les organisations de jeunes et de femmes, les universités, la communauté internationale, pour que, même dans l’adversité, nous parvenions à atteindre les objectifs que vous avez fixés : d’une part, construire des voies de communications qui décloisonnent le pays, raccourcissent les distances et le temps, et repoussent les frontières qui nous séparent physiquement les uns des autres. Et d’autre part, construire un dialogue intersectoriel et plurisectoriel, entre l’Etat est les citoyens/citoyennes, et entre les citoyens/citoyennes entre eux, inédit jusqu’ici dans la forme comme dans le fond, qui redéfinisse notre humanité, construise la confiance, renforce notre identité de peuple, et assure ainsi la stabilité et la sécurité.

Si nous réussissons, et je le souhaite de tout coeur, nous aurons encore une fois, comme nos aïeux, étonné le monde.
Je vous remercie

Qui va aider Haïti?

Friday, January 9th, 2009

par Jean Erich René - Point n’est besoin d’être prophète pour prédire les difficultés économiques auxquelles Haïti va faire face quand la dépression économique se prononce.
Ce sera le sauve qui peut. Vaut mieux ne plus compter sur l’aide étrangère pour arrondir nos fins de mois. D’ailleurs c’est avec l’argent des contribuables que les Administrations des pays riches se permettaient de telles largesses. Leurs assiettes fiscales seront également affectées par la récession. On doit s’attendre aussi à une baisse considérable des transferts unilatéraux à cause des pertes d’emplois aux USA et au Canada.

Chaque année la diaspora expédie 1 milliard 600 millions de dollars en Haïti. Cela ne va pas continuer! En conséquence il faut assainir nos finances en adoptant des mesures draconiennes telles que :

- empêcher la dilapidation des caisses publiques et le détournement des fonds affectés aux projets par les privilégiés du régime

- maintenir à flot la capacité de crédit des Banques Commerciales

- alléger la pression fiscale sur les Entreprises industrielles pour ne pas entraver leur fonctionnement et leur permettre de garder leur personnel

- baisser la Taxe sur le Chiffre d’Affaire (TCA) spécifiquement pour les biens de première nécessité et l’augmenter pour les produits de luxe

- éviter les hémorragies financières au niveau de nos douanes en assurant la collecte des recettes fiscales dans les caisses de l’État

- colmater les fuites au niveau de la Direction du Bilan à la DGI suite à la falsification du Grand Livre de certaines Entreprises commerciales et industrielles de connivence avec des agents prévaricateurs

- abolir les exonérations accordées aux membres influents de la Société Civile

- Nationaliser et remettre en fonction le Ciment d’Haïti, la Minoterie d’Haïti, les usines sucrières des Cayes, de Léogâne, du Cap, de la Hasco,l’Enaol

- irriguer nos plaines et vallées afin d’augmenter la production agricole

- éviter que les mines d’or de Meme (1.5 millions de tonnes ), Lamine, Colombo, Rivière des Barres,Treuil, La Miel, Bois de Laurence, Savanne La Place , Grande Savanne etc. soient vendues au rabais

- ouvrir en Haïti une Bourse de l’or, plus fiable que la Bourse Financière.

Avec le retour éventuel du Gold Exchange Standard aboli par la Politique néo libérale, l’or constitue actuellement la monnaie de refuge par
excellence.

Haïti est le sphinx de l’or! Nous devons nous dépouiller de tout complexe d’infériorité pour traiter d’égal à égal avec les autres Nations.

Cessons de trembler et abordons l’avenir avec optimisme. Notre chance de nous tirer de cette crise mondiale dépend de notre esprit d’entente et d’initiative. La récession économique actuelle nous prouve l’irresponsabilité des prétendus experts du FMI et de la Banque Mondiale.
Si nous en sommes là aujourd’hui c’est à cause de leurs trompeuses recommandations : rééchelonnement de la dette, PAS ou Programme d’Ajustement Structurel, disparition des barrières douanières, libre échange, absence de l’État etc.

Maintenant ces Institutions Financières Internationales qui nous ont inoculé leurs venins, comme de cyniques croque-morts, participent à nos obsèques. Qui va aider Haïti?

Les Vœux De Jean-Claude DUVALIER pour Haiti

Sunday, January 4th, 2009

L’année 2008 s’est achevée. Pour toutes les Haïtiennes et tous les Haïtiens, cette année a été des plus difficile. J’en prends occasion pour adresser une pensée spéciale à ceux que la vie a durement éprouvés durant l’année écoulée, et plus particulièrement aux parents et proches des victimes des effondrements, des pluies diluviennes, et des cyclones.

Au seuil de cette nouvelle année, qui sera particulièrement importante pour l’avenir de notre pays, je présente, du fond du cœur, à chacune et à chacun d’entre vous mes meilleurs vœux.
Pour celles et ceux qui abordent cette nouvelle année dans la solitude, la peine, la détresse ou la maladie, je veux exprimer mes pensées les plus chaleureuses.

Que cette année soit également l’année de l’unité et nous permette de regagner toute la force mobilisatrice et le sens profondément moderne du mot “patriotisme” : Aimer son pays, en être fier, agir pour lui.
Que 2009, soit une année empreinte de solidarité, d’humanisme, une année au cours de laquelle les Haïtiennes et Haïtiens puissent manifester les valeurs qui ont toujours fait la force de notre pays.

Je souhaite pour cette nouvelle année une société haïtienne de justice, de croissance, d’emploi, une société qui donne ses chances à chacun. Une société de l’intelligence, de la créativité, de l’innovation et de l’initiative.
A la jeunesse haïtienne qui exprime ses espoirs et ses rêves, ses indignations et son refus des prétendues fatalités, je lui renouvelle ma confiance en lui exprimant mes vœux les plus chaleureux pour l’année 2009
.
Que 2009 soit l’année de la jeunesse haïtienne, d’une jeunesse solidaire, volontaire et fière de ses valeurs, d’une jeunesse qui s’inscrit dans l’histoire et dans la mémoire des combats des générations qui l’ont précédée. D’une jeunesse déterminée a relever tous les défis et d’assurer la renaissance d’Haïti.

Paris, le 1er janvier 2009.