Archive for the ‘Agriculture’ Category

Sortir Haiti du puits

Monday, October 6th, 2008

Par Jean Erich René

Plus rien n’ira comme avant ! C’est le sentiment que nous inspire l’effondrement du Wall Street en entraînant dans sa chute superbe les satellites économiques qu’il énergisait. La faillite du marché financier américain se répand comme une traînée de poudre à travers le monde. Les pays de l’Europe sont en train de faire une nouvelle infusion de monnaie pour équilibrer leurs marchés. Si financièrement les Grands ne sont pas en sécurité que dire des petits. Finalement le mois de septembre porte malheur
aux Américains. Le crash du Wall Street s’apparente au drame du 11 septembre 2001. Avec la chute des Tours Jumelles le symbole de la fierté américaine était lézardé. Aujourd’hui l’effondrement du marché boursier, le thermomètre de la bonne marche des affaires, dépasse le cadre du territoire
américain. Une nouvelle crise économique mondiale dont l’ampleur dépasse celle de 1929 est en cours.

Quant à présent les pays pauvres ne peuvent compter sur personne. Dans la mêlée à chacun de se débrouiller à sa façon ou bien de disparaître de la carte du monde. La leçon à tirer de cette tragédie c’est que le temps de l’attentisme et de la charité est terminé. Existe-t-il encore un John Maynard Keynes capable de tirer l’Economie mondiale de cette impasse comparable à la période d’entre les deux guerres ? En tout cas son interventionnisme♪étatique recommandé en période de crise refait
surface, au grand dam de la théorie libérale de la main invisible. L’équipe de Georges vient d’essuyer la fâcheuse conséquence du laisser-faire. Entretemps Haïti comme un malade déjà mal en point est à son dernier soupir. Son problème le plus crucial consiste à loger et à nourrir sa population qui ne fait que croître de manière exponentielle. Comment sortir Haïti au fond de ce puits qui s’approfondit davantage de jour en jour ?

Tout d’abord il nous faut bannir l’amateurisme et reconnaître le bienfait incontestable de la planification, la programmation, la coordination, le contrôle comme des outils indispensables de la gestion de la cité. Il nous faut renoncer à cette manière cavalière de percevoir le social et
l’économique haïtiens en espérant que tout va s’arranger naturellement. Non ! Nous sommes à un point de non retour. L’environnement haïtien est dans un piteux état. La fréquence des cyclones ne lui accordera pas le temps de se régénérer. Il faut une intervention chirurgicale majeure pour réparer les
tissus nécrosés, sans quoi on risque de perdre l’organe. A ce compte il faut presser le pas. Fort heureusement il nous reste encore des terres cultivables qu’il convient de mettre en valeur méthodiquement afin de nourrir le peuple haïtien. Il suffit de prendre conscience du mal et
d’appliquer le paquet technique adéquat.

Le moment est crucial et réclame la présence de techniciens chevronnés au chevet du malade. Bon gré, mal gré les fantaisistes au pouvoir sont bien obligés de prêter oreilles aux révélations des techniciens de l’art. Le défi est trop grand pour qu’il le brave par leurs sarcasmes coutumiers de
nager pour sortir. La mutinerie est proche à bord de la Santa Maria. Les matelots sont prêts à jeter Colomb à l’eau en lui reprochant de les avoir conduits au péril. La terre promise est-elle proche ? Il ne suffit pas d’escamoter les urnes pour arriver au pouvoir. Il faut aussi apaiser la faim et étancher la soif du peuple. On ne peut plus compter sur l’aide des grandes puissances empêtrées dans une tourmente financière sans précédent. Demander de la charité n’est plus possible. L’augmentation de la production
agricole haïtienne comme le bâton de Moïse produira le miracle tant souhaité. Oyez !

Dans les conditions post cycloniques, l`agriculture haïtienne est sur le grabat. Le produit per capita était y2= 0,21 TM et la consommation par tête y+ = 0,59 TM. Le rapport production/consommation est de :

y2/y+ = 0,21/0,59 = 0,37 < 1

0,37< 1 signifie que nous ne produisons pas assez pour donner à manger une population aussi nombreuse. Voilà le vide qu’il faut d’abord combler pour faire sortir Haïti de ce puits au fond duquel elle se trouve. Il revient à nous et à nous seuls de lever cette indétermination. Un volume aussi
important de production échappe au contrôle du paysan et à l’archaïsme de ses méthodes. Il nous faut avant tout un Etat responsable, planificateur, sérieux et compétent. En dépit de la situation déplorable de notre environnement il nous reste encore des plaines et des vallées qui, si et seulement si, elles sont bien irriguées et drainées, peuvent répondre au-delà de nos attentes et nous ouvrir même la voie à l’industrialisation, condition sine qua non du Développement économique. Pour les sceptiques
faisons un inventaire même sommaire de nos dotations en facteurs de production agricole en commençant par un relevé géographique de nos terres arables par ordre décroissant :

Plateau Central……………………………………………………217.000 has
Plaine de l’Artibonite………………………………….……….80.000 has
Plaine des îles sous-jacentes.……………………………… 71.800 has
Plaine du Nord et de Fort Liberté.………………………38.000 has
Plaine du Cul-de-Sac……………………………….…………….37.000 has
Plaine du Nord-Ouest…………………………………………….30.000 has
Plaine des Cayes et de Torbeck…………………………….20.000 has
Plaine de la Grande Anse et des Abricots……………18.500 has
Plaine du des Gonaïves et la Savanne Désolée…….16.500 has
Plaine de Léogâne…………………………………………………..10.000 has
Plaine du l’Arcahaie ……………………………………………….10.000 has
Plaine des Nippes …………………………………………………. 10.000 has
Plaine de Limbé et de Port Margot ………………………… 9.000 has
Plaines Moustiques, Port de Paix, Anse à Foleur ……. 8.000 has
Plaine. Côteaux, Les Anglais et Les Irois ………………..6.500 has
Plaines Rochelois et Fond des Nègres…………………….. 6.250has
Plaine de Mirebalais et Vallée de Saut d’Eau………….. 6.000 has
Plaine d’Aquin et des Côtes de Fer………………………….. 5.000 has
Plaine de Saint Marc et de Montrouis……………………… 5.800 has
Plaine de Petit Goâve et de Grand Goâve……………….. 4.500 has

Nous avons 609.850 has de terre en plaine. Il nous faut éviter d’exploiter nos mornes pour éviter leur érosion et protéger notre environnement. Au contraire, il faut les reboiser et les dédier en certains endroits à la culture des denrées d’exportation tels que le cacao et le café. Nos plaines et nos vallées doivent être converties en ruches bourdonnantes sous le grondement des tracteurs. Les engins mécaniques, les semences améliorées, les engrais, les pesticides augmenteront notre productivité et notre rendement à l’hectare. Aujourd’hui l’agriculture haïtienne doit emboîter le pas à la modernité si on veut sortir Haïti du fond du puits.

Qui dirige quoi en Haiti?

Monday, September 29th, 2008

par Jean Erich René

A la Tribune des Nations Unies, le vendredi 26 septembre 2008, le 55e Président d’Haïti voudrait attirer les regards en prononçant un ton gauchiste pour dénoncer l’assistanat total au profit d’une approche systémique. Qui l’en empêche ? Premier ministre d’Aristide, deux fois Président il avait et il a encore toute la latitude requise ! Mais l’orateur qui, avant sa prestation de serment a parcouru les grandes Capitales américaines pour quémander, même un plan de développement, est mal placé pour soulever une telle polémique. Le moment aussi est contre indiqué. La systémique n’est pas un vain mot. Elle est interdisciplinaire c’est-à-dire dans le cadre du développement économique elle implique que l’on soit initié aux arcanes de plusieurs sciences: politique, sociologie, économie, finance etc. Parlons peu mai parlons bien ! Compte tenu des bouleversements d’ordre climatique et économique auxquels est soumis le monde actuel, il est dangereux pour un Chef d’Etat de délirer de la sorte à l’ONU. Toute une nation peut en pâtir.

En ce début du troisième millénaire la Nation haïtienne menace de disparaître sous l’effet des cyclones dévastateurs causés par le
réchauffement de la planète. Les conséquences immédiates sont: la famine, le rétrécissement de l’espace vital et les crises sociales ponctuées de violence. Il est tout à fait indispensable d’avoir à la Direction des Affaires de l’Etat un personnel compétent. Il n’est plus question de loger au Palais National un Chef d’Etat qui pratique une politique personnelle, dictée par une ignorance crasse. Ordinairement on n’accorde la charité qu’à celui qui tend la main. De nos jours, les risques de désastre sont multiples et fréquents. De ce fait ils doivent être contrôlés de manière proactive si l’on veut éviter des suites malheureuses.

Le Conseil d’Administration de la BID, imbu de la répétition des effets dévastateurs du phénomène El Niño, le 12 mars 2001 a jugé utile et nécessaire de mettre sur pied un Mécanisme de Financement de Fonds de Prévention des catastrophes naturelles. Il ne s’agit pas de charité mais de prêts accordés dignement aux pays qui sont sur la liste de la BID! Les objectifs poursuivis dans son document (GN-2085-5) sont :

(i) contrôler les risques naturels, réduire le degré de vulnérabilité et l’ampleur des désastres

(ii) préconiser les notions et les bonnes pratiques de gestion des risques afin de porter les Gouvernements à les respecter pour faire face rapidement et effectivement à une urgence

(iii) offrir un véhicule adéquat pour une approche partagée de la gestion des risques de désastre dans la région.

Un Service de réponse Immédiate (GN-2038-14) préposé à l’aide en cas de désastre vise notamment à :

(i) accélérer la restauration des services
(ii) financer des réparations provisoires
(iii) nettoyer immédiatement le pays après un désastre selon un processus fast-track

Il convient de souligner que des opérations de ce genre ont été déjà entreprises au profit des populations des pays suivants : Colombie, Vénézuéla, Belize, le Salvador etc. Pourquoi pas Haïti ? Les responsables nationaux, prennent une allure de contestataires sans avoir les moyens de leur politique. Ils évoluent en marge des actions prévues par le Comité Interaméricain pour la Réduction de Catastrophe Naturelle (IANDR) en exposant les sinistrés à la souffrance. Le phénomène El Niño occasionne
périodiquement des bouleversements climatiques dont les effets socio-économiques sont néfastes pour les pays latino-américains et des Caraïbes. Loin de prendre la perche tendue dans une circonstance aussi dramatique pour alléger le sort de des sinistrés le Gouvernement Préval préfère accorder 5 millions de gourdes à chaque député pour entreprendre des projets bidon au niveau de leurs circonscriptions. Ce n’est pas la bonne solution !

Cette somme vraiment dérisoire ne peut réaliser quoi que ce soit au niveau d’une circonscription ravagée par les cyclones. De plus, nos parlementaires placés pour légiférer marchent dangereusement sur les plates-bandes d’un Exécutif à la recherche d’un bouc émissaire. Cette initiative du Président Préval vise plutôt à embobeliner nos députés en vue de l’aider à réaliser son dessein politique chimérique de garder le pouvoir. C’est une façon de leur fermer la bouche en vue de les porter à voter la nouvelle Constitution en gestation dans son laboratoire politique. En dépit de la décrépitude du pays Préval n’a pas changé de cap. Par la
corruption il compte obtenir en échange la validation éventuelle de l’Assemblée Constituante. La loi électorale est déjà publiée dans un Numéro spécial du Moniteur introuvable parce que tiré à peu d’exemplaires. Si le Gouvernement voudrait résoudre cette crise post désastre il aurait dû adresser ses requêtes au Fond d’urgence de la BID dont les coordonnées sont les suivantes :

Environment Division
Inter-American Development Bank
1300 New York Ave., N.W.
Washington, D.C. 20577
USA
Fax: (202) 623-1786

Disaster Management Focal Points
Sustainable Development Department - Environment Division
Kari Keipi
Senior Natural Resource Specialist
e-mail: karik@iadb.org
Tel: (202) 623-1939

Le dossier du cyclone est le cadet des soucis de René Préval qui cherche à se dédouaner en dénonçant l’hypocrisie et la mystification de la Communauté Internationale. Cette fois-ci, il s’y est mal pris ! Ces dangereuses et fréquentes fluctuations de la température sous les tropiques connues sous le nom de El Niño ont frappé aussi les USA. D’où viennent ces propos incongrus ? A chaque nation d’arrêter, selon leurs moyens, les mesures nécessaires pour éviter le pire.

Qui dirige quoi en Haïti ?

Haiti : L’après cyclone!

Wednesday, September 24th, 2008

Par Jean Erich René

Dans un proche avenir les populations sinistrées vont faire face à de grandes difficultés, surtout sur les plans sanitaire et alimentaire. Des maladies de toutes sortes et la famine entre autres seront leurs lots. Ces mares d’eau boueuses dans lesquelles elles pataugent pullulent de bactéries et d’autres agents pathogènes. Une couverture sanitaire doit être offerte dans l’immédiat pour prévenir les cas d’infection et de contamination. La vaccination préventive contre la typhoïde est fortement recommandée. Déjà la gent féminine est victime de l’eau polluée utilisée pour leur toilette intime. L’’infection vaginale, signalée comme l’une des premières retombées de la tragédie de l’après cyclone, risque d’éclater certains ménages. Un kit sanitaire doit être prévu spécialement pour les soins corporels des femmes.

La carence alimentaire qui s’en suit, à cause de la destruction des jardins, va déboucher sur une famine sans précédent. Il faut au moins 3 mois pour la reprise de la production agricole. Entre-temps nos champs ne peuvent rien produire. Cette rareté des produits alimentaires sera ressentie à la fois dans nos communautés rurales et pis encore dans les villes et à la Capitale. Selon la loi de l’offre et de la demande, toute baisse de quantités d’un bien entraîne automatiquement la montée de son prix. Donc il est évident qu’on va assister à une flambée des prix avec la rareté des produits de première nécessité. Ventre affamé n’a point d’oreille. On peut tout arrêter excepté la violence des vagues de la mer, du vent, d’une rivière en crue et pis encore la turbulence des tripes d’une population affamée dont les nerfs sont à fleur de peau.

La faim est mauvaise conseillère, dit-on. Le Gouvernement Préval Pierre Louis doit remuer ciel et terre pour donner à manger à 8.924.553 habitants. Il ne suffit pas de solliciter l’aide internationale, il faut savoir aussi la canaliser avec justesse et équité. Pour éviter une éventuelle émeute de la faim les produits suivants doivent être distribués: maïs moulu, millet, riz, haricot, farine, huile de cuisine. Ils répondent non seulement aux habitudes alimentaires de la population haïtienne mais encore ils se prêtent mieux à la conservation. Il ne s’agit pas seulement de gaver nos compatriotes de nourriture, on doit aussi respecter les normes diététiques selon le standard de l’OMS: 2200 calories et 60 grammes de protéines par jour pour chaque individu. Pour une diète bien équilibrée, il importe de faire l’inventaire des valeurs nutritives des aliments cités pour 100 grammes.

Riz: 361 Calories, Protéines: 7.1
Mais moulu: 363 Calories, Protéines: 7.9
AK 100: 337 Calories, Protéines: 14.1
Millet:342 Calories, Protéines: 8.8
Pois rouge et noir: 337 Calories, Protéines: 22.0
Farine : 364 Calories, Protéines : 10.6
Huile de cuisine: 884 calories

Souvent le Gouvernement ne dispose d’aucune base de données et se contente de chiffres purement forfaitaires. Selon une enquête statistique sur les habitudes alimentaires et la consommation per capita en Haïti, les quantités de nourriture suivantes doivent être entreposées rapidement pour être livrées dans tous nos Départements géographiques.

Calcul de la moyenne des besoins alimentaires, en sacs de 100 livres et gallons de 2,9 livres pour 3 mois par Département géographique.

Artibonite:
Maïs moulu:8.352 sacs, Millet: 21.192 sacs, Riz: 72.696 sacs, Haricot:
44.568 sacs, huile de cuisine: 493.860 gallons

Centre: Maïs moulu:4.410 sacs, Millet:11.190 sacs, Riz: 38.376 sacs, Haricot:
23.526 sacs, huile de cuisine: 260.700 gallons

Grande Anse:
Maïs moulu: 4.710 sacs, Millet:11.958 sacs, Riz: 41.016 sacs, Haricot:
25.146 sacs, huile de cuisine: 278.622 gallons

Nord:
Maïs moulu:6.036 sacs, Millet: 15.318 sacs, Riz: 52.542 sacs, Haricot:
32.208 sacs, huile de cuisine : 356.898 gallons

Nord-est:
Maïs moulu: 2.346 sacs, Millet:5.952 sacs, Riz: 20.412 sacs, Haricot:
12.510 sacs, huile de cuisine : 138.642 gallons

Nord-ouest
Maïs moulu: 3.474 sacs, Millet:8.814 sacs, Riz:30.228 sacs, Haricot: 18.534 sacs, huile de cuisine: 205.350 gallons

Ouest:
Maïs moulu:24.132 sacs, Millet: 61.254 sacs, Riz: 210.120 sacs, Haricot:
128.820 sacs, huile de cuisine: 1.427.364 gallons

Sud:
Maïs moulu: 4.896 sacs, Millet:12.420 sacs, Riz: 42.606 sacs, Haricot:
26.124 sacs, huile de cuisine : 289.428 gallons

Sud-est:
Maïs moulu:3.504 sacs, Millet: 8.904 sacs, Riz: 30.534 sacs, Haricot:
18.120 sacs, huile de cuisine :207.432 gallons

Demande totale pour Haïti pour 3 mois:

Maïs moulu: 61.860 sacs,
Millet: 157.272 sacs,
Riz: 538.530 sacs,
Haricot: 330.156
huile de cuisine :3.658.296 gallons.

N.B. Le riz, le maïs et le millet sont des substituts c’est-à-dire à défaut de l’un on cumule 2 autres céréales pour obtenir la quantité nécessaire.

L’après cyclone sera secoué par une grande commotion sociale si le Gouvernement ne tente pas au moins d’apaiser la faim des populations affectées. Il faut profiter de cette fièvre de dons en faveur des sinistrés pour engranger suffisamment d’aliments au moins pour une période de 3 mois.

450.000 tonnes de riz en Haïti à produire : un rêve ou un leurre !

Tuesday, April 15th, 2008

par Agr Michel William 10-04-2008

Lorsqu’on est président, on est vraiment emprisonné par un cercle d’amis qui vous conduisent à votre perte. Qui aurait cru qu’on emmènerait le président à prendre l’exemple du riz, quand l’organisme officiel de l’Etat placé pour encourager la culture du riz, l’ODVA, se retrouve dans un état de dysfonctionnement. En effet depuis plus de 10 années, l’ODVA qui demande un budget de fonctionnement de 257 million de gourdes rien que pour nettoyer 189 kilomètres de canaux et drains principaux ayant 5 à 7 mètres de profondeurs, 115 kilomètres de canaux et drains latéraux, 1082 kilomètres de canaux et de drains secondaires et tertiaires, à coté de 338 kilomètres de routes secondaires, ne reçoit que 30 millions de gourdes. Cette structure ainsi que les structures départementales du MARNDR, placées pour exécuter la politique du MARNDR sont dans un état lamentable, résultat d’une confusion dans le choix des priorités politiques du gouvernement. Elles ont été réduites à de simples figurines au profit des ONGs qui ont reçu tout le financement qui était destiné à leur fonctionnement.

Qui aurait cru qu’en ces moments de contestation nationale d’une politique qui a déçu tout le monde, il y aurait un conseiller pour suggérer au président de même effleurer le non de lait à GOGO qui est la négation même de la direction de la production animale appelée pourtant à faciliter l’exécution de la politique du gouvernement en matière d’élevage. L’exemple du riz et celui de lait à GOGO pris par le président pour relancer la production nationale, montre à quel niveau il est emprisonné par un groupes d’amis qui ne songent qu’à leurs intérêts dans les moments les plus critiques de la politique du pays. Cette équipe de conseillers persiste à contribuer à faire mentir le président à la nation à la manière des hommes de Goebel qui disaient : ” mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose “.

Essayons de voir plus claire dans ce qu’a dit le président tout en lui reconnaissant le bien fondé de sa proposition qui reste une proposition de long terme, moyennant que les dispositions structurelles de renforcement institutionnel soient prises dès maintenant pour concrétiser dans un délai de huit à douze mois en terme de plan, programmes et projets les idées du président, qui, a -t-il fait remarquer ne sont pas des promesses mais des propositions de travail.

1-Les zones rizicoles d’Haiti mesurent 38.750 has repatis comme suit :
Nord-Ouest :Berger, Rivière Salée, Bonneau, Denis, Meance, Fonds Roquefort 1000 hasVersant sud mer Caraïbes : St louis du Sud, Plaine des Cayes, les Anglais 2.250 hasVersant Sud golfe de la Gonâve : Petit Goave, Orouck, Petite Rivière de Nippes ,Fond des Nègres 3.500 hasDépartement du Nord : Limbe, Plaine du Nord, Grison Garde, St Raphael 4.000 has. Vallée de l’Artibonite : 28.000 has

2-Production de riz
Les chiffres avancés par le Président de la République font état d’une production de 90.000 tonnes de riz blanc. Si on accepte que l’on fait deux récoltes par an sur 80% de ces terres , la superficie est doublée soit 38.750X 80% X 2 , ou 62.000 has. Le rendement national moyen devient 90.000t/62.000 has ou 1,45 T/ has. La vallée de l’Artibonite est responsable de 75% de la production ou 67.500 tonnes .

La situation des terres irriguées dans la vallée de l’Artibonite
La vallée de l’Artibonite compte 45.000 has dont 32.000 has irrigables et 13.000 non irrigables. Des 32.000 irrigables il ya 28.000 has « irrigués » qui sont plantés en riz .La production du riz dans la vallée varie avec la disponibilité de l’eau offerte par l’EDH à partir de l’exploitation électrique du Barrage Péligre et se fait suivant deux saisons.

Une grande saison qui permet d’irriguer 15 à 20.000 has et une petite saison qui permet l’irrigation de 10 à 12.000 has. Le rendement à l’ha varie d’une zone à une autre avec l’aménagement hydro agricole qui a été fait et selon le pourcentage du paquet .technologique appliqué. 5.160 has bien irrigués et drainés avec un paquet technologique complet incluant le crédit produisent 4,20 T de riz blanc /h. 6.450 has plus ou moins irrigués et drainés avec un paquet technologique diminué et le même crédit produisent 2,74 T/ha. 16.383 has irrigués mal drainés sans crédit produisent 1,39T /has.

En expérimentation sur la ferme de Maugé, le PIA a atteint 6,4 Tonnes/ha. Ce paquet ne peut être appliqué par les riziculteurs dans les meilleurs terrains à cause de l’inexistence du crédit et de la structure officielle pour l’organiser.

Le politiquement correcte de la parole du Président
Le président Préval , parlant dans un contexte d’émeutes de la Faim, a dit que le pays peut produire les 450.000 tonnes de riz en Haiti sur 62.000 has , ce qui revient à produire le riz avec un rendement de 7,25 T de riz à l’ha. Nous disons que c’est du politiquement correcte mais c’est loin d’être faisable sur le terrain, parce que dans les meilleurs moments de l’ODVA, l’organisme arrivait à irriguer correctement à peine 10.000 has de terre que soutenaient un crédit moyen et un montage institutionnel fort à l’époque de Réné Destin et vers le commencement de la Gestion de André Victor.

Aujourd’hui ODVA se voit accordé un budget de 30millions de gourdes sur 257 millions demandés, le crédit n’existe pas ,le personnel d’encadrement est peu efficace, en raison de l’inexistence de budget. Des canaux et des drains ont plus de vingt ans depuis qu’ils ne sont pas nettoyés. Pour réhabiliter 17.000 has, la BID a mis 10 ans pour faire ce travail, 5 années d’étude et cinq années d’exécution. Il reste 13.000 has qui attendent un travail de réhabilitation qui n’est même pas étudié encore.

Les crues du fleuve Artibonite devenues très fréquentes avec trois à quatre cyclones à l’année causent des dégâts dans tout le système d’irrigation y compris dans la partie en train d’être réhabilitée et pour laquelle les fonds ne sont pas prévus si un dommage quelconque se produirait. La berge Gauche du Barrage Canot responsable de l’irrigation des 28.000 hectares menace de s’effondrer avec les prochaines pluies entrainant avec lui la destruction du barrage de Canot et la destruction complète du système d’irrigation de l’ODVA. Le PIA ne peut réparer cette dernière partie parce qu’elle n’était pas prévue dans le projet BID.Si le gouvernement n’arrive pas à gérer le quotidien, dans combien de temps, et avec quel moyen ,il compte rendre le pays autonome en terme de consommation de riz.

Qui dans le gouvernement a pu conseiller au président Préval d’avancer une telle stupidité dans un message à la nation pour calmer des esprits chauffés par la famine et la vie chère. On a fait commettre au Président la même erreur en le laissant mentionner le nom de lait à GOGO qui est le corollaire de la destruction du programme d’Etat de la production animale. En d’autre termes, si le Veterimed disparaissait maintenant le MARNDR aurait trouvé un sursis pour restructurer la direction de la production animale et la production laitière en encadrant 10 à 20.000 éleveurs au lieu des 200 éleveurs d’échantillons de VETERIMED qui ne fait que masquer le problème réel en permettant à l’état affaibli de se cacher derrière cette ONG et de fuir sa tâche régalienne de promouvoir la production du lait dans tout le pays.

Nous accueillons favorablement les idées de subvention de la production agricole nationale. Elles ne pourront se faire qu’à moyen et long terme. Elles ne pourront se faire qu’en mettant à leur vraie place les ONGs. Elles pourront se faire lorsque dans chaque section communale toute la structure administrative des pouvoirs déconcentrés et décentralisés seront mis en place dans le communes et dans les sections communales pour garantir la sécurité des investissements. Aujourd’hui nous attendons un mot économique du président sur les produits stratégiques comme les œufs, le poulet de chair, l’huile, en terme de subvention même pendant un mois . Nous attendons du président un mot politique pour redonner confiance à la nation dans un gouvernement qu’elle n’a pas vu encore à l’œuvre.

Agr Michel William