Archive for the ‘Armee’ Category

Adieu l’Ami,

Friday, October 10th, 2008

Par Jean L. THEAGENE

La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre, dans un ciel affligé par les nuages depuis que les cyclones, les ouragans ont remplacé les azilés et les brises tropicales dans cette région des Caraïbes. La nouvelle est tombée inattendue, bizarre : Un homme de valeur s’en est allé au terme d’une maladie qui pardonne rarement ou ne pardonne jamais. Militaire de carrière, issu de cette société Port-de-Paixienne qui a donné au pays haïtien des hommes de renom de la trempe de Capois La Mort, de Tertulien Guilbaud, d’Alphonse Henriquez, Emmanuel Guerrier, Guynemer Philogène, le Colonel Georges Valcin, jeune sexagénaire plus qu’alerte mordait dans la vie comme s’il dégustait une crème glacée dans les touffeurs insoupçonnées de l’été. Il est entré dans la vie comme un boulet de canon tiré par le dernier des industries de guerre. Il traversa ainsi toutes les difficultés avec cette facilité déconcertante de ceux qui sortent des cuisses de Jupiter.

Le Nord’ Ouest d’Haïti est resté ce coin de terre chargé d’histoire et de personnages historiques. Autant il compte de salauds dans ses rangs, autant il enregistre des hommes de valeur capables de contrebalancer l’action des destructeurs d’histoire de la horde des antisociaux dont les tentacules immondes sont encore en train d’agiter les eaux calmes. Michel Césaire, Henry Max Mayard, Michel-Ange Herman, dans la foulée des faiseurs de patrie ont poussé l’exemplarité jusqu’à devenir des modèles pour leur bout de société. N’étaient-ce la façon dont ces hommes sont morts ou ont été tués, ils auraient pu être des parangons pour les leurs sur le plan de la réussite sociale, intellectuelle, économique. Malheureusement, comme le soutient George Bernanos : Les beaux militaires depuis un siècle remplissent merveilleusement bien leurs culottes mais ne remplissent pas leur destin. Le plus souvent, ils sont les jouets des princes de l’heure qui disposent des destinées humaines comme des premiers éléments d’une dictature.

Certes, on oublie trop souvent que la seule institution qui fût à l’origine de la fondation de la patrie haïtienne s’appelait l’armée indigène. Il est vrai que les membres de ce corps n’ont pas toujours été des gentilshommes. Mais il est aussi certain que sans eux cette entité qui s’appelle aujourd’hui Haïti n’aurait jamais existé. Car, malgré toute la grandeur des premiers moments de l’Histoire Nationale, nous restons quand même dans les bas-fonds de l’Histoire Universelle aujourd’hui plus que jamais. Même les petits pour ne pas dire la rocaille disséminée dans la Mer des Caraïbes se croit aujourd’hui autoriser à nous faire des leçons de civilité. Pourtant, en position de force, nous avons toujours fait preuve de magnanimité et de grandeur d’âme dans notre approche de la solidarité transcontinentale.

A travers certains actes posés par George Valcin dans sa vie d’homme public, nous avons cru voir une invitation à nous dépasser, aller au-delà de ses capacités toujours limitées mais de son potentiel toujours en mouvement : Voilà ce que nous a offert le militaire élégant, bien formé appelé de temps à autre à d’autres fonctions d’ordre politique : Secrétaire d’Etat, Chargé d’Affaires, etc. Quant aux vertus morales ou citoyennes, qui le portaient à prendre de grandes décisions dans les moments opportuns, par exemple lors du Coup d’Etat contre Prosper Avril alors que des membres écervelés et ambitieux de sa promotion étaient impliqués dans un complot, le Colonel George Valcin a suivi les conseils de certains de ses ainés et s’en est sorti avec les honneurs. En définitive, il avait refusé de laisser tomber ses camarades de promotion sans pour autant avouer une quelconque culpabilité vis-à-vis de ses supérieurs hiérarchiques.

Voilà l’Homme qui a choisi de partir un matin d’automne 2008 dans la jeune soixantaine à un âge où l’on s’apprête à récolter ce qu’on a semé au milieu et en compagnie des siens. Il demeure de « ceux dont la patrie prend le sang non pour le verser mais pour le soumettre dans l’obscure paix des chairs militaires »… pour le soumettre à la reconnaissance de ses pairs qui, malheureusement n’existent plus et au regret de ses innombrables parents et amis qui n’ont que leurs yeux pour pleurer, un mari, un père, un frère, un ami, un camarade en allée. Pars en paix, George ! Tu as bien rempli ta journée.

Miami le 7 Octobre 2008
Jean L. Théagène

Sommes- nous un Peuple sans Mémoire ?

Wednesday, September 24th, 2008

Aujourd’hui 24 Septembre 2008 ramène l’anniversaire de l’assassinat par balles le 24 Septembre 1994 de huit membres des Forces Armées d’Haïti, et de deux civils, au local du Quartier Général de la Police du Cap Haïtien. Ils avaient reçu l’ordre du commandement de l’armée de coopérer avec les forces du Lieutenant Général Hughes Shelton, USA et ceci suivant l’accord signé dans la nuit du 17 au 18 Septembre 1994 par le Président Provisoire de la République d’Haïti et de l’envoyé spécial du Président des Etats-Unis d’Amérique du Nord. Hélas contre toute collaboration, le soir fatidique du 24 Septembre, ils ont été mains liées, exécutés.

En hommage à ces soldats haïtiens, tombés en activité de service et dans l’indifférence totale de la société et des classes politiques haïtiennes, je soumets à la conscience de tous les fils de ce pays déchiré par la haine, le vibrant message de ces martyrs, message écrit de leur sang et transmis lors de l’ oraison funèbre prononcée par le chef administratif du personnel militaire (G-1), le 5 Octobre 1994.

Les Forces Armées d’Haïti sont une institution nationale, un affront à cette Institution est un affront à la Nation Haïtienne.

Quatorze ans déjà depuis la perpétration de cet acte odieux. Aujourd’hui, n’est-il pas venu le temps d’accueillir ces dix soldats dans la salle d’honneur réservée à nos héros ?

Colonel Carl DORELIEN
Ingénieur Civil

Sit-in pour exiger la libération des militaires incarcérés au Cap-Haïtien.

Wednesday, September 17th, 2008

Par Ernest SAINTILUS
Cap-Haïtien, le 16 septembre 2008

Un sit-in est prévu pour ce mercredi devant le Tribunal civil du Cap-Haïtien, pour exiger la libération des quinze anciens militaires incarcérés dans la prison civile de la ville.

Une organisation politique dénommée CYCLONE envisage d’organiser un sit-in devant les locaux du Tribunal de Première Instance, ce mercredi 17 septembre 2008, en vue de réclamer la libération des 15 militaires haïtiens en détention à la DAP (Direction de l’Administration Pénitentiaire) de la ville.

Le responsable des relations publiques de ce regroupement politique, Elusca Charles, assimile à un abus ce traitement infligé à ces ex-membres des FADH (Forces Armées d’Haïti), qui, poursuit-il, réclamaient leur salaire, leur fonds de pension et la remise en place de cette institution constitutionnelle dont la tâche est de défendre le territoire.

Monsieur Charles, qui est aussi porte-parole de l’O.P.L. (Organisation du Peuple en Lutte) dans le Nord, a renchéri : ‘‘les militaires sont dans leurs droits, puisqu’ils exigent de l’Etat un salaire pour lequel ils ont travaillé’’ ; il en a profité pour inviter tous les intéressés à faire preuve de présence notamment les sympathisants de cette ancienne force de sécurité.

« Par cet agissement, l’exécutif continue de violer la constitution » a martelé le responsable de CYCLON.
Ce regroupement politique menace de déclencher toute une série de manifestation, pour faire pression sur le gouvernement, s’il ne prend pas les dispositions nécessaires pour libérer les militaires haïtiens faits prisonniers.
Il faut dire que ce mot d’ordre est déjà appuyé par quelques responsables politiques du département dont le président du ‘‘Parti de Patriotes Haïtiens’’ Maître François Magloire.

Un soldat haïtien arrêté après s’être rendu pacifiquement, conformément à une entente avec le Ministre de l’intérieur Paul Antoine Bien-Aimé
Un soldat haïtien arrêté après s'être rendu pacifiquement, conformément à une entente avec le Ministre de l’intérieur Paul Antoine Bien-Aimé

Quelques données importantes sur les Forces armés d’Haïti…

Monday, April 14th, 2008

On se complait toujours à dire que l’armée était bugetivore. Mais personne n’appuie cette déclaration par des chiffres. Le nouveau président élu vient de le déclarer encore une fois. Cependant, en 1991 le gouvernement lavalas a accordé une augmentation substentielle de salaires aux soldats des FAd’H. M. Preval, Premier ministre, etait bien le chef de ce gouvernement. Comment peut il, aujourd’hui, dire que le budget de l’armée était trop élevé puis qu’il avait jugé, lui même, necessaire de l’augmenter, le portant à Gdes. 110.000.000.00 (Cent dix millions de gourdes). ? Je crois qu’il faudrait trouver d’autres arguments si on veut justifier l’abolition de l’armée.

En 1993, une commission du parlement avait jugé le budget presenté par l’armee insuffisant et l’avait augmenté de 25 millions de gourdes. Augmentation dont l’armee n’a pas eu le temps de beneficier.
Le budget 2002-2003 prévu pour la Police Nationale (4.000 hommes) était de Gdes. 1,315,648,816.00 (un milliard trois cent quinze millions six cent quarante huit mille huit cent seize gourdes) dépassant celui des Forces Armées d’Haiti (8.000 membres) de plus d’un milliard de gourdes. Il faut noter que la Police n’a pas à sa charge les services entretenus par les FAd’H.

Avec ce budget de Gdes 110.000.000.00, les Forces Armées devaient faire fonctionner :
Un Service de Santé qui couvrait le territoire haitien. A l’Hôpital Militaire de Port-au-Prince et dans les cliniques de tous les postes militaires et des villes de province, les médecins, dentistes, infirmiers, infirmières de l’Armée prenaient soin non seulement des membres des FAd’H et de leurs familles mais venaient aussi en aide à la population civile. Toutes les spécialités de la médecine étaient représentées au sein du Service de Santé qui assurait les soins élémentaires mais pouvait même réaliser les opérations chirurgicales les plus complexes.

Un Corps des Transmissions dont les appareils reliaient toutes les villes du pays. C’était un système qui journellement faisait arriver aux services interessés de l’Etat toutes les données de température, de météorologie, etc. La population civile démunie faisait passer ses messages à travers le réseau du Corps des Transmissions. Ceux qui viennent des provinces ont sans doute le souvenir d’au moins un message passé par un membre de leur famille utilisant le système de communication militaire.

Un Corps d’Aviation qui entretenait avec peine des avions et hélicoptères devant assurer le transport des offficiels de l’Etat, des membres de l’Armée. Les accidentés civils ou les cas nécessitant des soins plus appropriés étaient évacués vers la capitale par les appareils de ce corps.

Une Marine qui, en plus de la surveillance des côtes du pays, donnait la chasse aux trafiquants de drogue utilisant la mer comme moyen pour convoyer leurs marchandises, assurait le transport des provisions alimentaires, des médicaments, matériel médical destiné aux sinistrés des catastrophes naturelles.

Un Service des Transports qui avait charge du matériel roulant de l’Armée et s’assurait de sa bonne marche.

Un Corps du Génie chargé des constructions et réparations des bâtiments de l’Armée. Le Corps du génie, comprenant des ingénieurs, architectes, maçons, charpentiers, ébénistes etc, était utilisé pour venir en aide à la population civile lors des catastrophes naturelles. Le Corps du Génie avait une section d’agronomie dont les agronomes faisaient fonctionner La Ferme des FAd’H

Un Corps des Pompiers qui intervenait, dans la mesure de ses moyens, pour combattre les incendies ou pour porter secours à la population civile mise en danger par un accident ou autre incident. Combien d’enfants du pays ont été tirées de nos traditionnelles « latrines » puantes par des membres du corps des pompiers ?

Une Académie militaire pour la formation des officiers. Notons que cette académie signa un contrat avec l’INAGHEI qui assurait des cours académiques aux cadets en vue de l’obtention d’un diplôme universitaire. En septembre 1990, toute une promotion de Cadets recevait, à sa graduation, en plus du diplôme militaire, un diplôme en administration signé de l’INAGHEI ainsi qu’un diplôme de secouriste de la Croix rouge haitienne.

Un Camp d’Application pour la formation des sous-officiers et des soldats

Un établissement scolaire dénommé « Ecole secondaire des FAd’H » reconnu par le ministère de l’Education nationale. Cette école, qui fonctionnait à Port- au- Prince dans un local aménagé sur un terrain appartenant aux FAd’H, était contigüe à l’Hopital militaire. Les classes, de la sixième à la classe de rhétorique, recevant civils et militaires, fonctionnaient le soir et les cours étaient assurés par des professeurs diplômés de l’Ecole normale.. Il faut noter que le local était « passé » durant la journée au ministère de l’Education nationale qui y faisait fonctionner une école primaire.

Toutes les prisons du pays (y compris le Pénitencier National) gardées par un personnel militaire. Avec les maigres subventions accordées par l’Etat, l’armée s’efforçait de faire fonctionner les centres pénitenciaires (entretien des bâtiments, soins médicaux aux prisonniers, repas journaliers).

Notons que ce budget de Gdes. 110.000.000.00, en plus de permetttre le fonctionnement des organisations militaires (entretien, aménagement, matériel de bureau, carburant, nourriture etc ) comprenait la paie des 8.000 membres de l’armée (officiers, enrôlés et employés civils). De plus, ce budget permettait d’offrir, le matin et le soir, un repas aux membres de garde des postes militaires et à midi dans les réfectoires de toutes les organisations un repas copieux était servi à tous les membres des FAd’H.

Il est intéressant de noter que l’armée maintenait des rapports étroits avec la Croix Rouge haitienne et le Service de Protection civile. Des membres de l’institution militaire étaient régulièrement désignés pour recevoir une formation de secouriste au cours de séminaires organisés par la Croix Rouge qui les utilisait au besoin.
D’autre part de nombreux militaires, moniteurs de sport, étaient régulièrement utilisés par l’Education nationale dans les établissements scolaires pour conduire les séances de sport prévus pour les écoliers et étudiants..

Il ne faut pas oublier les concerts offerts à la population par les fanfares militaires tant é la capitale que dans certaines villes de province, au Cap notamment.

Parlant de budget, nous ne devons surtout pas oublier celui qui était consacré à la sécurité personnelle de M. Aristide qui, pour payer soixante (60) hommes chargés de sa protection, faisait sortir chaque année des caisses du pays US$ 13.000.000.00 soit Gdes. 520.000.000.00 (Cinq cent vingt millions de gourdes) presque trois fois la valeur du budget des Forces Armées d’Haiti.