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Lettre Ouverte de Zabeth Jean Bergeron, cadre de Fanmi Lavalas au Président élu Barack Obama

Tuesday, January 20th, 2009

par ZABETH JEAN BERGERON - lundi 19 janvier 2009

Mr. le Président élu des Etats-Unis d’Amérique,

Le 4 novembre 2008, le Peuple américain vient à nouveau de faire l’Histoire en secouant des dogmes et tabous que l’on croyait irréversibles en élisant à la tête de la plus grande Nation du Monde, un Noir : Vous. Le monde séduit par votre charisme, votre belle intelligence et votre foi profonde et contagieuse en un changement réel des pratiques anciennes, s’est remis à espérer en ces moments critiques et incertains pour la survie de notre espèce.

C’est le vote de la réconciliation de l’Homme avec lui-même, du respect des valeurs et de la compétence. Ce n’est nullement, comme voudraient le faire comprendre les extrémistes de tout bord, celui de la revanche, mais plutôt celui de la consécration d’une lutte sans répit menée par des hommes, nos devanciers, durant plusieurs siècles.

En effet, Excellence, au-delà des frontières de votre Nation, devant nos téléviseurs, nos ordinateurs et surtout pour la plupart d’entre nous des pays du Sud, nous nous sommes serrés devant nos petites radios pour écouter et savourer ce moment historique, une véritable odyssée à la mémoire de nos Ancêtres communs : Toussaint Louverture, Jean Jacques Dessalines, Robert Kennedy, Martin Luther King, Rosa Parks, Nelson Mandela, ces hommes et femmes qui se sont tant sacrifiés pour l’Egalité des Chances.

Mais, une fois la fièvre électorale et l’euphorie de cette soirée mémorable apaisées, nous avons pleinement conscience des grands défis qui vous attendent tant sur le point national que mondial.

Cette grave crise financière qui prévaut aujourd’hui préoccupe tous ceux et celles, ayant développés des liens étroits avec votre Nation, au nom des principes de la globalisation du marché. Une crise dont nous devons avoir le courage de reconnaitre, Excellence, l’origine dans le vieillissement d’un système capitaliste privilégiant la croissance économique et son succédané : une grande consommation effrénée, au détriment des plus faibles.

La raréfaction des ressources naturelles, la baisse de la production agricole mondiale plus particulièrement dans les Pays du Sud comme le Nôtre, sous l’emprise délétère des exigences du Marché contrôlé par les Oligopoles Internationaux, dont votre Nation en est le principal fer de lance, finira par nous entraîner vers une régression mondiale avec un accroissement du taux de chômage, une précarité grandissante et surtout l’aggravation plus accélérée de la pauvreté dans les Pays du Sud et son cortège d’émeutes de la faim et de haines sociales, nous donnant une planète bouleversée, terrain fertile à toutes sortes de subversion et dérèglement de l’Ordre Normal des choses.

Cette consommation agressive et abusive des ressources naturelles nous vaut aussi, Excellence, ce bouleversement de notre écosystème avec les menaces qui pèsent sur notre existence. Si Nous avons toujours été préoccupés par les menaces d’une déflagration planétaire nucléaire, nous avons négligé les effets pervers de cette agression continue et systématique sur notre environnement, avec l’émission exagérée des gaz à effet de serre.
Heureusement que ce grand esprit de discernement, dont vous avez fait montre, saura vous aider à comprendre et agir dans le sens des intérêts de la planète. Mettre une sourdine à l’avidité pour le profit, des tenants de ce néolibéralisme déréglé, et encourager avec force, en donnant l’exemple, un comportement plus responsable, plus moral de l’homme envers l’environnement, telles seront les grandes batailles que vous aurez à livrer pour la stabilité et la sauvegarde de notre planète.

Bien sûr, nous ne saurions passer sous silence, Mr le Président élu, l’impérieuse nécessité de lutter contre le terrorisme et le trafic de la drogue, non pas en combattant l’Islam, mais plutôt ce radicalisme idéologique avec ces pratiques perverses et haineuses allant jusqu’à menacer aussi le genre humain. Et c’est sur votre leadership que le Monde se repose pour trouver cette paix tant souhaitée dans cette partie du Globe. Car quelque soit la source du terrorisme, nous le condamnons. Mais convenez avec moi que ce sera en harmonie avec les modérés qui sont heureusement plus nombreux que nous parviendrons à cette neutralisation des extrémistes et non en nous asseyant sur des prétextes fallacieux, des mensonges forgés de nulle part que nous arriverons à construire cette solidarité planétaire contre ce fléau, au lieu de cette incompréhension pour ne pas dire antipathie et méfiance suscitées par une attitude, jugée, à raison, trop cavalière. En ce monde où tout est lié, les problèmes mondiaux nécessitent une concertation responsable entre tous les gouvernements.

Quant à nous, cadre et Membre de Fanmi Lavalas, l’Organisation Politique la plus forte et la plus représentative d’Haïti, dont le Président Jean Bertrand Aristide, renversé illégalement et embarqué pour l’exil, en est le Représentant National, nous sommes certains que le Monde, plus particulièrement les Pays du Sud, tant du Continent Africain que du Nôtre, vous attende à ce carrefour de la problématique haïtienne, pour être certains que ce changement annoncé dans vos discours, se concrétisera à travers votre appui réel à un Etat de Droit dans ce Pays, trop déstabilisé et avili par les pratiques hégémoniques, arbitraires et antidémocratiques de la plupart des Administrations américaines précédentes.

Un comportement constant qui nous vaut un Pays déchiré malgré les efforts déployés par les concitoyens à prendre dans leurs mains l’arc de l’histoire et à le bander dans l’espoir d’un jour meilleur et d’une construction démocratique durable. Comme vous dites si bien, dès le lendemain de la conquête de notre Indépendance, suite à la plus belle épopée de l’Histoire moderne, brique par brique, bloc par bloc, de mains calleuses en mains calleuses, malgré notre mise en quarantaine, nous tentons de construire une Nation. Malheureusement, et souvent sous la base de mensonges, de prétextes fallacieux évoqués aux fins d’asphyxier un Peuple jugé trop fier, trop souverain, les Grands de la Communauté Internationale, dont votre Pays est la plus grande Puissance, de concert avec des compatriotes assujettis, ont toujours brisé nos élans de progrès, de modernisation et de renforcement de cette démocratie.

Mr le Président Elu, combien fut immense notre joie, quand vous avez évoqué, durant votre campagne le nom de Haïti, en annonçant que vous allez « travailler avec les autorités haïtiennes afin d’aider au développement économique » de notre Pays, tout en estimant « dépasser le stade de l’aide humanitaire pour passer à un véritable partenariat pouvant aider le pays à se développer ».
Mais, Excellence, avant cette belle volonté de coopération efficace et effective dont nous ne saurions mettre en doute la bonne foi, une stabilité politique et sociale, voie royale au Progrès et à la Démocratie, représente notre revendication la plus fondamentale. La constante politique de déstabilisation du Pays par les extrémistes de droite internationaux, de concert avec des nationaux apatrides, a toujours empêché à notre Nation de prendre son essor. Nous disons oui, dans ce Monde-village, à toute collaboration, à tout soutien des Peuples frères, mais le Peuple Haïtien veut d’abord que l’on respecte ses choix politiques, que l’on cesse ce processus pervers de déstabilisation constante de notre jeune démocratie.

Mr le Président Elu, comment comprenez-vous que le Leader Politique le plus aimé de ce Peuple, le Dr Jean Bertrand Aristide, Représentant National de Fanmi Lavalas, se trouve contraint, aujourd’hui, de vivre loin de son Pays sous la base de mensonges, après avoir été renversé et enlevé de son Pouvoir par des Hommes armés, jouissant de la complicité de l’Administration américaine sortante ?

Ah ! Excellence, vous avez la chance de savourer sans crainte votre victoire, sans vous voir menacer par un Ambassadeur, au lendemain de l’historique 4 novembre, vous augurant sans gêne, « qu’apre dans, tanbou lou », qu’après le bal, ce sera le deuil. Et depuis lors, un 16 décembre 1990, c’est-a-dire, au lendemain d’une victoire électorale, semblable à la vôtre, le Peuple Haïtien paie son insolence d’avoir choisi ses représentants, au nom de la démocratie, au nom de ce principe auquel vous semblez tant vous attacher : un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, ce au grand dam des faucons de la vie politique locale et internationale, mus aussi par des sentiments racistes et de classe contre les masses de ce Pays.

Excellence, le Peuple américain, pour son engagement dans la défense des valeurs, morales, universelles et démocratiques a toujours suscité une grande admiration dans le monde, mais il est malheureux aussi de reconnaitre que son établissement a toujours œuvré, exclusivement, dans le sens de ses intérêts hégémoniques qui souvent vont à l’encontre de ces valeurs, provoquant souvent et naturellement une antipathie des peuples opprimés et exploités. Vous comprenez bien, M. le Président élu, que l’Homme, en général, qu’il soit blanc, jaune ou noir et quelque soit son degré d’évolution, ne peut souffrir de l’injustice. Ses réactions dans l’ordre des faits peuvent varier suivant ses amertumes. Mais par tous les moyens en son pouvoir, il cherchera à briser l’entrave qui l’empêche de s’épanouir. De multiples manifestations populaires sont réalisées pour exprimer notre désir et volonté d’obtenir des autorités établies le retour à l’Ordre normal des choses : le retour de Jean Bertrand Aristide dans son Pays, car, pour répéter ce grand écrivain français Victor Hugo, l’exil est la nudité du Droit. Un droit dépouillé de son essence fondamentale, la liberté de l’Homme.

Mais nous sommes certains que votre rêve de changement, de redonner à l’Amérique cette belle image tant avilie et méconnaissable, se concrétisera car tout ce que l’esprit de l’homme peut croire et concevoir, il peut le faire et l’achever. Sommes-nous alors certains que la nouvelle Administration américaine saura supporter la grande majorité du Peuple Haïtien dans ce processus du retour de son Leader National. Il est temps que l’Administration américaine, particulièrement le Département d’Etat, apprenne à respecter les lois de ce Pays, à cesser de supporter et d’implanter illégalement des gouvernements inconstitutionnels et illégaux parallèles au Gouvernement Constitutionnel et Légal installé démocratiquement, à cesser d’encourager une diplomatie non dynamique, renégate et rétrograde et de miner les autorités légalement constituées à travers des organismes non-gouvernementaux, s’évertuant à paralyser l’édifice social et politique, dont l’objectif final est de nous affubler de l’étiquette non méritée et perverse d’Etat en faillite.

Oui ! à une diplomatie dynamique et respectueuse des lois respectives de chacun des Pays, oui à une aide au développement où le paradigme de la charité en serait révolu, oui au respect que nous avons de choisir nos représentants tant à la Magistrature Suprême, au Parlement qu’au niveau des autres Institutions du Pays. Et nous disons non aux pratiques anciennes, assises sur l’arbitraire et la violation systématique du Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes.

Pour finir, M. le Président, rappelez-vous, au soir de ce 20 Janvier magique, quand vous franchirez le seuil de la Maison Blanche, ce monument historique bâti avec le sang et la sueur de nos ancêtres esclaves, que nous, les Haïtiens, avons été les premiers à combattre cet Ordre mondial et souvenez-vous que cela nous a valu d’être honnis et proscrits par les Grands de ce Monde et rappelez-vous surtout que la réussite de votre mandat ne serait peut-être pas la nôtre, mais votre échec sera avant tout celui de tous les Peuples de la Terre qui se battent pour un monde meilleur, plus juste, plus humain, plus fraternel. Et encore plus l’échec du Monde Noir qui se sentirait bafoué et désespéré de n’avoir pas su prouver à nos irréductibles détracteurs que nous avons la capacité d’aider à la transformation de ce Monde en un grand village planétaire avec les chances égales pour tous.

Que les Dieux tutélaires de notre Mère Afrique et Yahvé vous protègent, et bénissent votre Nation et ce Monde qui s’est remis à espérer.

ZABETH JEAN BERGERON
Publié par Fanmi Lavalas à l’adresse 14:02

Les Vœux De Jean-Claude DUVALIER pour Haiti

Sunday, January 4th, 2009

L’année 2008 s’est achevée. Pour toutes les Haïtiennes et tous les Haïtiens, cette année a été des plus difficile. J’en prends occasion pour adresser une pensée spéciale à ceux que la vie a durement éprouvés durant l’année écoulée, et plus particulièrement aux parents et proches des victimes des effondrements, des pluies diluviennes, et des cyclones.

Au seuil de cette nouvelle année, qui sera particulièrement importante pour l’avenir de notre pays, je présente, du fond du cœur, à chacune et à chacun d’entre vous mes meilleurs vœux.
Pour celles et ceux qui abordent cette nouvelle année dans la solitude, la peine, la détresse ou la maladie, je veux exprimer mes pensées les plus chaleureuses.

Que cette année soit également l’année de l’unité et nous permette de regagner toute la force mobilisatrice et le sens profondément moderne du mot “patriotisme” : Aimer son pays, en être fier, agir pour lui.
Que 2009, soit une année empreinte de solidarité, d’humanisme, une année au cours de laquelle les Haïtiennes et Haïtiens puissent manifester les valeurs qui ont toujours fait la force de notre pays.

Je souhaite pour cette nouvelle année une société haïtienne de justice, de croissance, d’emploi, une société qui donne ses chances à chacun. Une société de l’intelligence, de la créativité, de l’innovation et de l’initiative.
A la jeunesse haïtienne qui exprime ses espoirs et ses rêves, ses indignations et son refus des prétendues fatalités, je lui renouvelle ma confiance en lui exprimant mes vœux les plus chaleureux pour l’année 2009
.
Que 2009 soit l’année de la jeunesse haïtienne, d’une jeunesse solidaire, volontaire et fière de ses valeurs, d’une jeunesse qui s’inscrit dans l’histoire et dans la mémoire des combats des générations qui l’ont précédée. D’une jeunesse déterminée a relever tous les défis et d’assurer la renaissance d’Haïti.

Paris, le 1er janvier 2009.

Haiti: Le trou dans le mur

Monday, December 22nd, 2008

par Jean Erich René - Compte tenu des standards habituels, au cours de ces 18 dernières années, le paysage social haïtien a subi des transformations quasi irréversibles. Notre faune urbaine, pour échapper à cette situation lamentable, a dû émigrer au Canada, aux USA en France et à St Domingue. La nature a horreur du vide. Une avalanche de paysans se déferle sur nos villes. Ce nouveau contingent a changé complètement les normes et les valeurs sociales en cours.

La nouvelle réalité haïtienne échappe complètement à l’entendement de nos compatriotes de la diaspora qui n’ont pas visité le pays durant ces 5 dernières années. Ils caressent des projets mirifiques inspirés d’un nationalisme exacerbé. Dans leurs rêves purement nostalgiques, le plus souvent ils privilégient l’aspect financier en négligeant le facteur humain d’où la source principale de leurs erreurs d’implantation. La population haïtienne actuelle ne tend plus vers les idéaux traditionnels. Les schèmes
de valeur ont changé du tout au tout. La course vers la richesse par le biais du trafic de la drogue a renversé presque tous nos préceptes moraux. Quelle que soit la source de l’argent, ce sont ses détenteurs qui ont voix au chapitre.

L’Eglise, jadis considérée comme une grande source d’énergie morale, a pratiquement dévié de sa tradition. C’est de là surtout que découle l’effondrement de la société haïtienne. La religion était le socle sur lequel reposait toute notre armature sociale. Même le tracé de nos villes a pour épicentre les bâtisses de nos églises autrefois la fierté de nos compatriotes.

Aujourd’hui il est triste de constater que l’image de nos prélats devient de plus en plus terne et tend vers l’obscurcissement total. L’indigénisation du Clergé Catholique jusqu’à présent se révèle un échec.
L’Archevêque de Port-au-Prince a échappé de justesse à la mort au cours d’un attentat perpétré par ses propres frères en Christ qui par surcroît ont brûlé l’ancienne Cathédrale de Port-au-Prince, au mépris de la mémoire de l’Empereur Jean Jacques Dessalines. Aujourd’hui il est affligeant
d’entendre les déclarations de Père Joachim Samedi qui annonce sa démission de son poste de Curé de la Paroisse St Louis de Gonzague de Bonbon.

Les arguments soutenus pour justifier une décision aussi sévère sont encore plus avilissants pour notre clergé indigène. Joachim Samedi parle d’empoisonnement d’un prêtre, de corruption et même de viol à l’Evêché de Jérémie. En effet, au cours du soulèvement de 1986, Père Wilner Eveillard de l’Anse d’Hainault était l’unique Curé qui avait reçu le délégué du Gouvernement en la personne du Chef du protocole. Comme sanction de son Evêque, il a été transféré à Bonbon qui n’avait jamais eu de prêtre dans le passé sinon que le curé des Abricots. Peu de temps après, Père Wilner Eveillard est mort. A l’époque il était bruit qu’il était mordu au doigt par un enfant qui recevait le baptême. Des informations beaucoup plus précises confirment que le Père Wilner Eveillard a été piqué au doigt par une épingle au moment où il tentait d’enlever son bonnet, pour verser de l’eau sur son front et faire de lui un enfant de Dieu. La pointe de l’épingle était-elle empoisonnée ? En tout cas c’est à partir de cet incident que lr rérend Père Wilner Eveillard , ce prêtre dissident de l’Evêché de la Grand’Anse, a trouvé la mort.

Les accusations du Père Samedi sont-elles bien fondées. En 1990, au fort du déchouquage il avait traité l’Archevêque de Port-au-Prince de Bourrique de St Domingue tout en souhaitant que le Père lebrun soit élevé au rang d’Evêque ? Aujourd’hui, sa prière est bien exaucée. Prions pour notre Eglise en pleine déconfiture !

La conception du pouvoir temporel est aussi en rupture avec nos valeurs traditionnelles. La différence s’observe même à partir de la tenue vestimentaire de nos dirigeants qui circulent en bras de chemise même au cours d’une visite de remerciement à l’Ambassade dominicaine à l’occasion de l’effondrement de l’Ecole de Pétion Ville. Si l’habit ne fait pas le moine, mais il permet tout de même de le distinguer. Nos cérémonies ne sont empreintes d’aucune solennité. La banalité devient le ton dominant. Il est curieux de remarquer la maîtresse attitrée du Président se déplacer d’un bout à l’autre de la loge officielle pour entreprendre des initiatives ordinairement réservées au Chef du protocole. Un Président circulant en camion aux Gonaïves après le cyclone est une scène comique plutôt digne de Louis de Funès. Une nouvelle conception du Pouvoir se dessine en Haïti.

Loin d’en rire il faudrait en pleurer ! Cette rupture avec la pratique des prédécesseurs est dangereuse pour l’avenir des Institutions Nationales. Le 55ème Président d’Haïti croit pouvoir en faire complètement à sa guise et ne se comporte plus selon les prescrits de la Constitution de 1987. Il adopte des mesures qui sans conteste frisent l’absolutisme pour grandir son aura . Il n’est plus de ce fait le gardien de nos Institutions selon l’article 136:

ARTICLE 136
Le Président de la République, Chef de l’État, veille au respect et à l’exécution de la Constitution et à la stabilité des institutions. Il assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la
continuité de l’État.

L’intention manifeste de René Préval de changer la Constitution tend vers la représidentialisation du régime politique haïtien avec droit de succession. L’effacement du Premier Ministre, pris dans un contexte politique hémisphérique dominé par l’investiture d’un démocrate à la Maison Blanche le 20 Janvier 2009, participe plutôt de l’effronterie. Peu de présidents d’Haïti ont réussi ce tour difficile. Ainsi périssent Dumarsais Estimé et son tombeur le Général Paul Eugène Magloire pourtant surnommé
Kanson Fè. La mise en place d’un CEP sous couple réglé soulève déjà la réprobation des Leaders Politiques. Le moins que l’on puisse prévoir c’est la contestation de ce scrutin, sous l’œil de Barack Obama, avec des conséquences néfastes pour le Parti au pouvoir.

Une telle défaite va rejaillir sur toute la classe politique parce qu’elle ne saura pas insuffler la dynamique indispensable aux électeurs. Le score de tous les leaders au-delà de 50 ans sera nul. A défaut d’être connectés à la réalité sociale haïtienne, la nouvelle génération va les reléguer dans
le camp des perdants. Le beau parler français, la moralité, la compétence ne sont plus des référentiels. La banalisation de la Présidence et le flirt avec les chimères depuis 18 ans ont provoqué un sentiment de dégoût pour la politique haïtienne.

Le chambardement qui s’annonce pour l’année 2009 à cause de l’entêtement de René Préval à domestiquer les urnes en vue de s’assurer un troisième mandat ou de nommer son successeur va soulever une cabale susceptible d’assurer l’émergence d’un leader dont le profil se précise déjà avec Wyclef Jean. Sa percée est remarquable avec ses différentes prestations auprès des résidents de nos bidonvilles qui représentent la majorité des suffrages. De fait, ils ont renversé les urnes en 2006 pour acclamer la victoire de Préval en donnant le ton au CEP.

Et maintenant ?

En jetant un coup d’œil à travers le trou pratiqué dans le mur social haïtien par l’Église Catholique, Jean Bertrand Aristide et René Préval, nous constatons que nos leaders traditionnels sont effacés. L’écho du
discours politique qui déclenche la ferveur populaire est identifié au niveau des Groupes de Musique Casse-Cou et Fugees etc. Wyclef Jean, considéré comme un modèle de réussite aux yeux de l’Etablishment américain, se positionne au carrefour principal de l’échiquier politique haïtien, à l’instar de Jean Bertrand Aristide en 1991, comme un leader incontestable et sans rival.

Connaissez-vous le Groupe de Bourdon? Cette mafia dangeureuse pour l’avenir de notre pays

Saturday, December 6th, 2008

Par Stanley Lucas - Quelques Haitiens et Haitiennes ont cree un reseau informel de pouvoir puissant. Ils controlent les avenues politique et economiques d’Haiti. Ils sont invisibles sans loyaute politique ou attachement patriotique au pays. Ce sont de vrais seigneurs feodaux. Ils ont le controle de la quasi totalite des avenues economique de notre pays.

Ils controlent les monopoles economiques grace a leur acces politique. Ils organisent les transitions politiques et installent les gouvernements constitutionnels. Les employes de leurs entreprises deviennent ministres, conseillers du president de la republique, membres du cabinet particulier du Premier Ministre, directeurs generaux.

Ils ont en main les quatre ministeres strategiques les plus importants. Ils ont paralyse le reste du gouvernment et le Premier Ministre. Les operations importantes de soit disant privatisation se font sans que le Premier Ministre, le Parlement soient au courant.

Ils ont mis un reseau special en place pour ce deal: deux conseillers du president, le gouverneur de la banque, le ministre des TPTC, un fonctionnaire important de la communaute internationale. Chut on pille l’etat, le peuple Haitien, il ne faut pas en parler.

Les medias Haitiens sont en coupe reglee, le groupe de Bourdon est proprietaire ou controle a travers la publicite les medias. Des journalistes serieux et independants sont revoques pour avoir enqueter sur la corruption. D’autres journalistes preferent se taire pour ne pas perdre leur salaire.

Certains recoivent leurs cheques de l’ONA, des ministeres des affaires sociales et de la Jeunesse et des Sports. Jounalis sou woulman.

Depuis l’icarceration illegale du directeur de l’Unite de Lutte contre la Corruption(ULCC), le signal a ete recu par les enqueteurs de cette institution, des efforts d’enquete sur la corruption des hommes au pouvoir ou du Groupe de Bourdon equivaut a un mandat d’arret. Comme resultat la corruption s’intitutionalise a grands pas. Ce fait l’affaire du Groupe de Bourdon.

Ils veulent voler notre TELECO, le processus est encleche, des dossiers sont prepares, des decision sont prises pourtant le Premier Ministre n’est pas au courant, le Parlement non plus alors que deux proches du president sont les maitres d’oeuvre.

A travers des activites commerciales, des investissements, la privatisation les hommes du Groupe de Bourdon blanchissent l’argent de la cocaine. Plusieurs secteurs racontent que deja en 2004-05 la DEA etait deja sur cette piste. Ces memes secteurs raconteent que le Groupe de Bourdon a en main pres de 256 millions de la cocaine venus du systeme bancaire Caraibeien et de l’Europe pour les operations de privatisation de la TELECO et de l’aeoport. Ils recevront des fonds additionnels des chefs de Cartel de la drogue pour completer l’ensemble des deals.

Les consultants du Groupe de Bourdon sont a Washington pour faire des recommandations de politique sur Haiti pour les Etats Unis. Ils sont aussi presents dans les ambassades et officines de la communaute internationale a Port-au-Prince.

Au sein des Nations Unies ils ont recrute Lizbeth et un haut fonctionnaire des Nations Unies de la section politique qui construit une maison a Port-au-Prince pour sa copine Haitienne qui est peintre.

Le plan du groupe de Bourdon est le suivant:

Aucun groupe democratique ne peut arriver au pouvoir par des elections libres, honnetes et democratiques. Ce plan comprend plusieurs scenarios

a. Manipuler les elections en vue de se debarasser avec la nouvelle majorite de la constitution de 1987 et permettre a Preval d’avoir un troisieme mandat

b. Dans le cas de l’echec du premier scenario, toujours manipuler les elections pour obtenir une majorite parlementaire pour se debarasser de la constitution et installer Jacques Edouard Alexis, l’ancien Premier Ministre corrompu qui apres quatre ans d’echec a ete revoque par le parlement.

Les consultants du Groupe de Bourdon ont commence des tours avec Alexis a l’etranger, ils etaient a Washington cette semaine. Les experts et analystes se posent la question a savoir pourquoi amener a Washington un homme qui a echoue? Alexis a presente son institution politique CENAREF qui accompagne Lespwa. Il avait avec lui Francois Pierre Louis de l’ANOP et du PLB, l’ancien ambassadeur Raymond Valsaint et deux consultants du groupe de bourdon.

Cette mafia du groupe de bourdon controle les douanes d’Haiti, le secteur communications, le secteur alimentaire, materiaux de construction, le secteur financier avec les banques, ils ont aussi le controle de la banque Centrale. Cette mafia ne cree pas de richesse, ne cree pas d’emplois, cette mafia ne paie pas reellement leurs taxes, cette mafia veut acheter pou degouden toutes les entreprises de l’etat.

Cette Mafia, le Groupe de Bourdon, est dangeureuse pour l’avenir du pays.

Réveillez-vous, société civile, il se fait tard - Change ou Meurs

Wednesday, December 3rd, 2008

par Rose-Laure Brierre - J’ai écouté les paroles du président Préval le jour du marathon organisé par le secteur privé pour venir en aide aux victimes des dernières inondations.

Il disait :« se paske yo pov ke y’ap koupe pye bwa »… Je suppose que le président ne parlait pas des boulangers, blanchisseurs et de tous les autres qui font du charbon de bois leur commerce. Cette phrase du président, banale en apparence renferme toutefois une idéologie du pouvoir en place dans le pays depuis quelques années et qui a accéléré notre descente aux enfers.

Au nom de la pauvreté, on peut tout faire. Tuant, kidnappant, volant, salissant, construisant en toute liberté, on ne respecte aucune norme. Les dirigeants confondent pauvreté, insalubrité et corruption.
Cette idéologie sert d’argument au citoyen malhonnête se cachant derriere la pauvreté pour pouvoir opérer impunément. Aussi, ce n’est pas surprenant que notre pays soit le 4e plus corrompu du monde. Dans la rue, dans mon quartier, dans mon travail, ce laisser-aller devient le mode de vie.

Dans une salle de classe, le directeur d’école ne permet pas aux élèves faibles de tricher. S’il le faisait, aucun autre élève, même le plus intelligent, ne travaillerait. Ce serait la débandade. Travaillant pour l’excellence et non la médiocrité, la réussite et non l’échec, il organise des cours de rattrapage pour les plus faibles de manière à ce que ceux-ci puissent avoir une meilleure chance de passer les examens avec succès. Il me semble que c’est cette attitude que devrait afficher un dirigeant responsable, choisissant d’encadrer et non d’abandonner. Même quand on semble être à court de moyens, il ne faut désespérer, car l’humain possède en lui des ressources illimitées qui n’attendent que l’encouragement pour faire surface.

Je devais trouver 3 millions de gdes comme participation de la population de mon quartier à un projet communautaire financé par l’Union Européenne. Avec de l’organisation, nous avons pu accumuler cette somme. « … Men anpil chay pa lou …» Celui qui ne travaillait pas donnait de son temps et celui qui travaille donne de son argent.

Aux 4 millions et demi de gens vivant avec moins d’un dollar par jour, le dirigeant dit : « l’honnêteté, la beauté, la propreté, le respect mutuel, celui de l’environnement, l’éducation, ne te ressemblent pas, parce que tu es pauvre… », pendant que d’autres profitent de cette attitude pour s’en mettre plein les poches. Ces 4 millions et plus de citoyens rabaissés par leurs dirigeants sont condamnés à leur sort, mettant le pays dans une situation de quête permanente d’aide humanitaire malgré l’aide des haïtiens d’ici et de la diaspora et malgré l’aide étrangère.

Pour pouvoir rêver du beau, Ti Jean du peuple devrait d’abord le cultiver. En fréquentant l’école, il est appelé à devenir maire comme n’importe qui. Mais il a besoin de voir une belle place publique pour pouvoir la reproduire dans sa commune. En voyant la marchande de mon quartier installer ses « 3 woch dife » » » dans la rue, et avant qu’elle ne me sorte les arguments du président, je lui ai donné un réchaud à charbon. Et je veille à ce que ce réchaud soit utilisé en lieu et place du bois. Mais j’ai compris aussi que ces « 3 woch dife », cachaient plus que de la pauvreté, mais plus encore une volonté manifeste d’agresser.

J’ai compris aussi que face à ce pouvoir de la violence qui lui a été donné par nos dirigeants, je devais faire quelque chose. Faisant partie de l’élite, je me sentais obligée de l’aider à conquérir d’autres pouvoirs comme celui que donne l’éducation par exemple.

Le président élu Barak Obama, dans son livre « Les rêves de mon père « a abordé le problème « J’entendais les mêmes choses dites par des noirs que je respectais. Qui t’a dit que l’honnêteté était une valeur blanche ? Qui t’a vendu cette combine qui te fait croire que ta situation te dispense d’être attentionné ou gentil ou que la moralité a une couleur ? Tu as perdu le nord mon frère. Tes idées sur toi-même – sur la personne que tu vas devenir sont devenues rabougries, étroites et mesquines. » Plus loin, il continue : « Comment est ce arrivé ? Je n’avais pas fini de formuler la question dans ma tête que déjà la réponse s’était imposée. La peur. Cette peur constante et rampante de n’être chez moi nulle part »…..

Poser le problème de pauvreté en Haïti, c’est aborder la question des valeurs universelles comme l’honnêteté, la justice, le respect de l’autre, le respect de l’environnement, le respect des lois et l’amour de son pays qui doivent être les mêmes pour tous, quel que soit la couleur de la peau ou le degré de richesse.

Poser le problème de la pauvreté, c’est aller à la rencontre des élites politiques et économiques qui doivent travailler au service de la majorité, à la rencontre du populaire et de l’aristocrate, de l’élite et de la masse. Une élite qui prend conscience de ses responsabilités de grand frère qui accompagne le petit. Une élite réconciliée qui reconnaît ses différents pouvoirs et qui accepte de s’en servir au profit des autres. Une élite qui arrive à dominer sa peur pour aller à la recherche d’elle – même.

Aborder le problème de la pauvreté, c’est aller à la recherche de l’homme haïtien lui-même, pour l’aider à prendre conscience de ses valeurs intrinsèques afin qu’il puisse s’affirmer comme tel.

Aborder le problème de la pauvreté, c’est aller vers une réconciliation nationale par la tolérance des uns vis-à-vis des autres… « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre »

L’eternel Tour de Babel

Wednesday, December 3rd, 2008

Par Jean Erich René

Le manque de respect du Corps législatif s’accentue suite aux derniers débats touchant de grandes questions d’intérêt national. Les manœuvres politiques puent un individualisme inquiétant. Personne ne conteste le droit du Parlement de prendre des lois pour combattre le kidnapping. L’interpellation du ministre Daniel Dorsainvil rentre certes dans le cadre de ses attributions mais réclamer le retour d’un membre du Sénat chassé arbitrairement sent l’absolutisme. Ces procédures d’urgence sont-elles
conformes à la Constitution, aux règlements administratifs et aux codes d’éthique de nos institutions? De tels agissements frisent l’improvisation et mettent sérieusement en doute la compétence de nos
parlementaires tout en rendant difficile la lecture de l’échiquier politique haïtien.

Un double langage caractérise les actions du Gouvernement Préval Pierre Louis qui ne fait preuve d’aucune conviction dans le processus décisionnel. Tandis que Préval est déterminé à détruire les constructions anarchiques, Mme Pierre Louis s’y oppose. Les membres de l’Exécutif n’arrivent pas à accorder leurs violons sur les façons de sévir contre les actes de banditisme et de kidnapping. Si nous professons le respect de la vie privée et des libertés publiques, il ne peut y avoir deux poids et
deux mesures. Pour que le Gouvernement réalise la quadrature du cercle et mette les bandits hors d’état de nuire, il devrait saisir l’occasion du rapt et de l’exécution de la fiancée du Commissaire de police, pour appliquer la loi votée le jeudi 27 novembre 2008 contre le kidnapping.

Le cas échéant, l’Unité Nationale Anti Kidnapping (LUNAK) a les poings liés. Par voie de conséquence tout le monde est à la merci des bandits de grands chemins puisque la loi est enfreinte par ceux qui sont chargés de veiller à son exécution. L’assassinat de Monique Pierre dont le cadavre est
repêché au morne à Cabri est symptomatique de l’état de pourrissement de l’Administration Politique. L’hypothèse de règlement de compte soulevée par le Chef de Police, la confirmation sans équivoque de la plaque officielle de la voiture utilisée comme instrument du crime et l’appartenance de son
propriétaire au Grand Corps, sont renversants. Le Chef de Police Mario Andrésol se réfère à l’action du Commissaire Ernst Dorfeuille dans le dossier des narcotiques aux Gonaïves pour expliquer ce crime crapuleux.

Toutes les preuves sont réunies pour procéder à l’arrestation de l’accusé :
le corps du délit, le lieu du crime, son mobile. Une observation scrupuleuse des coussins et des tapis de la voiture par la Police Scientifique, révèlera les traces d’ADN de la victime. L’aspersion au
LUMINOL est très révélatrice. L’empreinte des traces de pneu sur la chaussée est tout aussi accablante.

” Il ne s’agit pas d’un simple enlèvement, nous prenons l’enquête très au sérieux et nous commençons à remonter les filières ” confirme le Chef de Police. La lumière sera-t-elle faite sur la mort violente de Monique Pierre en permettant à la justice de coincer certains privilégiés de ce régime corrompu? L’affaire de drogue de Tiburon et le retrait à pas feutré de l’accusation de Sandro Joseph nous dictent un avis contraire. Dans une telle conjoncture à quoi sert la loi votée par le Parlement sur le
kidnapping puisque le ver est dans le fruit. ” Tous les auteurs, receleurs et juges qui contribueraient à entraver la justice sont passibles de la prison à perpétuité”, se rengorge Youri Latortue qui, en une telle
occurrence, doit commencer par tirer les conséquences de cette loi afin de jouir d’une certaine crédibilité. La loi du 24 novembre 2008 sera de nul effet dans la lutte contre le kidnapping associé au trafic de la drogue, si les coupables ne sont pas écroués.

La séance du 27 novembre 2008 du Parlement qui, selon le Président du Sénat, réclame le retour de Rudolph Boulos au Grand Corps, soulève de grandes interrogations. Les mêmes accusateurs qui avaient exigé sa destitution, aujourd’hui occupent la Tribune d’en face pour solliciter son
retour. Youri Latortue et Evalière Beauplan devraient se regarder dans un miroir ou le cas échéant passer leurs mains sur leurs visages afin de se rendre compte de leur laideur. Leur volte-face, sous la dictée du Palais National pressuré par la nouvelle Administration Démocrate, annonce les couleurs. Le Sénateur Boulos en exil à St Domingue reviendra-t-il à l’abattoir avant le départ de ses bourreaux ?

L’esprit d’a priori qui caractérise les agissements du Gouvernement Préval Pierre Louis a été mis en exergue, de la manière la plus spectaculaire, par la fracassante déclaration d’un Sénateur influent de Lespwa . Nous ne savons quelle guêpe a piqué Jean Hector Anacacis pour crier haut et fort un
excédent de plus de10 milliards de gourdes au cours de l’exercice fiscale 2007- 2008. Cette demande d’interpellation dont la séance est fixée pour le 9 décembre 2008 porte aussi les signatures de Semephise Gilles, Jacques Vilbert, et Nenel Cassy. Le flou de cette décision nous permet de nous
rendre compte à quel point nous sommes bardés d’incompétents. La matière même de la convocation est sujette à caution. Tout d’abord la responsabilité de la préparation d’un programme économique contrairement aux allégations de Jean Hector Anacacis, ne relève pas du Ministre des finances qui n’est qu’un simple comptable des deniers publics. Son refus systématique de faire des caisses de l’Etat une mangeoire pour les partisans du régime est à l’origine de sa convocation expresse.

A contrario, Daniel Dorsainvil a plutôt fait état d’un déficit budgétaire de 4 milliards de gourdes, soit environ 100 millions de dollars. Pour boucher ce trou des démarches sont en cours auprès des institutions internationales, argue-t-il. Elles risquent d’être compromises par les propos contradictoires de ce Parlementaire mal informé qui au lieu de faire l’ange fait la bête. Une analyse du tissu politique haïtien accuse une mauvaise foi à peine voilée de certains porte-parole en vue de :

- affaiblir l’Institution parlementaire
- justifier son renvoi par le Chef de l’Exécutif
- voter une nouvelle Constitution
- enlever le verrou de la limite de 2 mandats alternés du Président
- organiser les élections pour assurer la majorité de Lespwa au Parlement
- renouveler le mandat de Préval par des élections truquées

La confusion qui règne au Parlement, relativement à la multiplicité des langages, l’assimile à la Tour de Babel. Dans leurs calculs mesquins, ils voudraient profiter de la transition politique aux USA pour exécuter leurs forfaits mais ils sont déjà court-circuités par l’OBAMANIA.

Le Sénateur Turneb Delpé, en Floride,opine sur la crise haïtienne et les élections

Monday, December 1st, 2008

Tuneb Delpé sur les ondes de Radio Classique Inter, l’émission Actualités Politiques, Grandes lignes, animée par Robert Bénodin, opinant sur la crise haïtienne et les élections annoncées pour le 19 avril 2009:

Turneb Delpé, nous vous souhaitons la bienvenue les ondes de Radio Classique Inter.

RB : Depuis quelque temps le pays est en train de faire face à une crise multiforme.
Comment expliquez-vous le comportement du gouvernement face à cette réalité ?

TD: Nous parlons du gouvernement actuel, le gouvernement Préval/Pierre-Louis. Mis à part le premier ministre qui est à son coup d’essai, Le président lui-même, n’est pas un néophyte. Il a été premier ministre, ministre de l’intérieur et est à son second mandat de chef d’état. C’est un homme qui s’est trouvé au timon des affaires depuis 1991. Si à son premier mandat, il n’avait pas d’expérience politique. Il n’avait pas bien compris la nature de la crise haïtienne. Il n’avait pas encore développé une vision. Mais quand il est retourné en 2006, nous pensions que c’est un président qui devrait venir avec un projet de gouvernement et une vision. Qui aurait compris la crise multiforme, comme vous venez de le décrire. Et qui serait venu apporter des solutions. Parce que beaucoup de gens avaient de l’espoir sur LESPWA. On avait cru que son gouvernement aurait été la rupture avec le passé, pour un véritable nouveau départ. Malheureusement on avait fait un mauvais calcul. Malgré les beaux discours du président Préval sur le thème de l’unité et la nécessité d’un projet de 25 ans pour reconstruire le pays, il n’a jamais joint la parole à l’action.
Nous pouvons dire qu’une fois de plus Haïti est en train de rater encore un autre cinq ans. Son mandat est à sa fin. Il ne lui reste que deux ans. Bientôt on sera en pleine campagne. On aura des élections en 2009 et en 2010, pour la présidence, la passation du pouvoir le 7 février 2011. Pour terminer, il nous faut dire, que ceci explique l’incompétence, l’absence de vision d’un président qui a mis en place des gouvernements, qui on fait preuve d’une même absence de vision, de la même incompétence. Des gens qui n’ont aucun sens de l’histoire. Qui n’arrivent pas à comprendre qu’il y a une rupture qui doit se faire avec l’ancien model de société qui a caractérisé le pays et qui a éclaté. L’Etat s’est effondré. Il y a une nécessité pour une véritable transition vers un nouveau model de société. Et cette compréhension historique que les gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays de 1991 à nos jours, n’ont pas.

RB : A Miami Préval a avoué son incapacité pour subvenir aux besoins des victimes des cyclones.
Quelle est votre réaction face à cet aveu ?

TD: Cet aveu montre que, lorsqu’un peuple a le pouvoir de choisir en Démocratie et qu’il soit incapable d’orienter son choix. Il choisit des gens qui n’ont aucune vision et aucun projet pour le pays. Face à des situations où l’obligation d’avoir des réponses devient une exigence. Ces dirigeants en l’occurrence offrent des discours de lamentation. Et accusent les gouvernements précédents de qui ils ont hérité cette situation. Qu’ils ne peuvent pas dans un aussi bref délai changer le cours de l’histoire. Lorsqu’on constate que depuis 1991, s’il y avait un plan et une vision, on l’aurait accompli. Bientôt on aura bien 20 ans de pouvoir lavalas. Quand maintenant une équipe est en train de prendre pour excuse, les échecs des gouvernements du passé. Or, en venant assumer le pouvoir, il fallait savoir dans quel état se trouve le pays. C’est parce que vous avez prétendu avoir une solution que vous alliez apporter que vous avez assumé le pouvoir. Nous ne parlons pas de miracle. Mais en deux ans, tout le monde devrait déjà avoir l’impression que l’on est dans la bonne voie. Tel n’est pas le cas avec les différents gouvernements qui se sont succédés de 1991 à nos jours.

RB : Comment expliquer que le pays le plus pauvre de l’hémisphère puisse accuser un excédant budgétaire de plus 10 milliards de gourdes, alors que des enfants meurent de famine à la Baie d’Orange dans le Sud-est, dans le Nord-ouest et dans d’autres endroits difficilement accessibles ?

TD: Ce qui m’a surpris, avant de répondre à cette question, c’est la déclaration du président Préval, lorsque à Miami, il a fait une forme de chantage, une forme de menace, que ceux qui ont connu le gouvernement de François Duvalier, ont entendu ces mêmes modes de chantage. Si vous ne me tendez pas la main, le pays deviendra un repère de terroriste et ne narcotrafiquants. A l’époque de François Duvalier il avait tenu un discours de ce genre. Mais la menace à l’époque pour les pays capitalistes, c’était plutôt le communisme. Je trouve que ce ne soit pas l’attitude d’un chef d’état responsable. L’utilisation d’épouvantail pour faire marcher les donneurs d’aide au lieu d’arguments solides et valables pour solliciter l’aide.
Comment qu’un pays le plus pauvre de l’hémisphère puisse-t-il accuser un surplus budgétaire de plus de 10 milliards de gourdes. ? Alors qu’il n’y a aucun signe que ce soit un pays en voie de développement. Ce n’est pas un pays qui est en train de créer des richesses qui lui permettent d’avoir une assiette fiscale très augmentée au point de pouvoir obtenir un surplus. C’est la preuve de l’incapacité de pouvoir de créer des programmes pour utiliser ces fonds. Même quand ils ont les moyens, ils ne savent que faire avec. Ils ne sont même pas capables de répondre à la situation d’urgence, la famine, la cherté de la vie et à l’ensemble des problèmes que confronte le pays.

RB : Après l’effondrement de l’école à Nérette, Préval et Pierre Louis ont reconnu que la faiblesse de l’Etat soit fondamentalement responsable des constructions anarchiques. Mais ils ont tous deux refuser de prendre des dispositions pour freiner et corriger ce phénomène.
Comment interprétez-vous leur attitude ?

TD: Je l’ai dit déjà en plusieurs occasions. C’est un pays qui est dans un état de débilité. L’attitude d’un pouvoir ce serait d’aborder les problèmes de ce pays en deux aspects, l’aspect conjoncturel, les urgences surtout, et l’aspect structurel. On voit que l’approche est tout azimut. C’est sur les décombres et les débris de l’Etat en faillite que ces gouvernants pensent pouvoir gérer le pays. Alors que sur le plan conjoncturel, il y a toute une série de mesures qui n’exige pas de l’argent, mais un certain leadership, un certain sens de responsabilité, pour les annoncer et les faire respecter. Par exemple, les mines de sable, la manière dont elles sont exploitées, à Laboule, à Malpasse. La façon dont on construit des maisons sur le morne L’Hôpital. Les bidonvilles qui continuent à se propager un peu partout dans Port-au-Prince. Pour ces types de problème, il suffit pour un gouvernement de prendre des mesures, disant qu’à partir de telle date, je ne veux pas que des maisons soient construites dans les zones désignées. Je ne veux pas que les mines de sable soient exploitées de telle façon. Je ne veux pas que des arbres soient coupés dans nos forets. Voilà des mesures que l’Etat dans le cadre de son rôle répressif, peut prendre et les faire respecter. On ne voit pas de ces mesures prises par le gouvernement. Ces mesures n’exigent aucun débours de la part du gouvernement. Il ne s’agit seulement pour le gouvernement que de faire respecter l’autorité de l’Etat. Le gouvernement vient d’exiger des propriétaires de maison, 2 mètres pour construire les trottoirs. Voilà que cette mesure est en train de s’appliquer sans trop de difficulté. Cela montre que le gouvernement s’il voulait prendre des mesures pour arrêter les constructions anarchiques et s’assurer de leur application, il le pourrait. Il y a une raison politique pour d’une part ne pas vouloir prendre ces mesures pour arrêter les constructions anarchiques. Et de l’autre exiger que des propriétaires de maison deux mètres de leur propriété pour construire les trottoirs.

RB : Nous avons un nouveau chef de gouvernement, Michèle Pierre Louis.
Quel est l’impacte du nouveau premier ministre sur la conjoncture ?

TD: Aucun ! C’est l’un des gouvernements par rapport au contexte de son avènement au pouvoir, qui bénéficie de la part de tous les secteurs une solidarité silencieuse. Parce qu’il est arrivé dans le cadre d’une catastrophe naturelle, on lui a donné le champ libre. On ne lui a donné aucune résistance, aucun critique, aucune opposition. Pour lui donner le temps d’apporter des solutions urgentes aux problèmes de gens victimes de catastrophe cyclonique. Ce gouvernement a presque 100 jours. Il n’y a personne qui lui a demandé des comptes. Si vous faites un micro-trottoir aujourd’hui, on n’a pas conscience qu’il y a un nouveau gouvernement en place. Ce gouvernement n’a pas de présence. La malice populaire veut faire croire que ce soit un gouvernement qui apporte plus de malheur que de bonheur pour le pays.

RB : Le nouveau premier ministre à son avènement au pouvoir a sollicité du peuple un moratoire de 6 mois (jusqu’en février 2009).
Pensez-vous que ce peuple en doloris, about de souffle et aux abois peut attendre aussi longtemps ?

TD: Si je constate dans la réalité une série de signes qui s’agitent. Bien que ces signes n’aient pas encore pris d’envergure, il y a de fait des manifestations de toutes sortes. Il y a des sit-in qui se font à la primature, au ministère du commerce, au ministère des affaires sociales, au parlement, en face du palais national, ceci par des organisations populaires, par des organisations féminines et féministes, par des syndicats du secteur privé et public. Autant de signes annonciateurs, avec les libres tribunes, on sent qu’il y a quelque chose, « marmite la ap bouilli ». Est-ce une répétition générale qui est en train de se faire pour annoncer dans un temps pas trop lointain, une forme d’implosion ou d’explosion sociale.

RB : Préval et son CEP annoncent des élections pour le 19 avril 2009. Alors qu’à la fin de l’année 2009, les mandats des 2e sénateurs, de tous les députés de la 48e législature et de toutes les autorités locales arrivent à terme.
Il y a-t-il un piège dans la décision de faire des élections en avril, mais pas en novembre 2009 ?

TD: Je vais relater les opinions et interprétations qui sont en train de se cristalliser et qui s’expriment sur ce sujet. Tout ceux qui observent, voient que depuis tout ce temps que des élections auraient dû se faire, commençant par les élections indirectes, qui auraient dû être fait déjà, pour aboutir à un Conseil Electoral Permanent avec toutes les Assemblées et tous les conseils Territoriaux. Quand on constate que le renouvellement du tiers de Sénat qui aurait dû être fait aussi depuis novembre 2007. Dieu seul sait combien de combat que le sénateur Rudolph Boulos a pu mener au Sénat. Des initiatives qu’il a prises pour porter le gouvernement à faire ces élections à temps pour renouveler, le tiers du Sénat et mettre sur pied toute les Assemblées Territoriales, pour aboutir au Conseil Electorale Permanent. Il a organisé à ses frais des rencontres entre les parlementaires et les élus locaux pour les porter à réfléchir sur ces sujets. Malgré tous ces efforts, ces élections n’ont pas eu lieu. Nous sommes à la fin de 2008, nous allons en un mois être en 2009, voilà que des élections qui devraient se faire depuis 2007, sont annoncées pour la mi 2009. Alors qu’à la fin de 2009, on devrait avoir des élections pour renouveler un autre tiers du Sénat, la totalité de la chambre des députés et des autorités locales. Pour arriver au CEP permanent, il faudrait que les élections indirectes soient faites avec les autorités locales qui sont en siège maintenant. Le CEP provisoire nous a donné la date des élections pour renouveler le tiers du Sénat le 19 avril 2009 et jusqu’à juin 2009 pour le second tour, mais sans mentionner les élections indirectes. Alors que dans son mandat il est stipulé qu’il devait réaliser à la fois les élections sénatoriales et les élections indirectes. Les élections indirectes sont de faite jetées au rancart. Le mandat de ce CEP aurait dû se terminer avant les élections de novembre 2009. Ceux sont les ASEC et les Délégués de ville, qui sont élus et installés dont les mandats se terminent à la fin du mois de décembre 2009, qui devraient participer aux élections indirectes. Ces élections indirectes auraient dû être déjà faites. Nous ne voyons aucune disposition de ce sens. Nous constatons qu’il y a un article de cette loi électorale qui aurait dû ne pas être en conflit avec la loi mère. Cette Constitution prévoit les échéances constitutionnelles, comment on doit réaliser des élections en Haïti. Elle prévoir que les élections qui doivent renouveler le parlement doivent ce faire au mois de novembre ou décembre pour que ces parlementaires puissent entrer en fonction le deuxième lundi du mois de janvier. Elle prévoit aussi quand les élections présidentielles doivent se faire pour que le président puisse entrer en fonction toujours à la date du 7 février. Les échéances constitutionnelles sont prévues par la Constitution. La loi prévoit déjà que les élections ne se feront pas au mois de novembre 2009. Et auquel cas, les députés restent en poste jusqu’au 8 mai 2010. L’autre tiers du Sénat qui aurait dû être renouvelé en novembre 2009, il restera en poste jusqu’au 8 mai 2010. Mais les autorités locales leur mandat se termine en janvier 2010. Puisque, il ne pourra pas y avoir de vide, on va retourner au régime des conseils intérimaires. Qui va nommer ces maires, ces CASEC, ces ASEC etc. intérimaires ? Les seules élections qui devront se faire en 2010, selon la Constitution, ceux sont les présidentielles. Cela veut dire qu’il y aura un vide institutionnel au niveau des mairies, des CASEC et des ASEC. Depuis mai 2010 il y aura un vide au niveau du Sénat et de la Chambre des députés. De mai 2010 à novembre 2010, qui va combler ce vide ? Voilà autant de questionnements qui créent beaucoup de suspicions sur la probabilité de la tenue d’élections en novembre 2009. Toutes ces élections, qui selon toute probabilité ne se feront pas à temps, est-ce que c’est en novembre 2010 que le tiers du Sénat, la totalité de la chambre des députés et des autorités locales vont se faire ? Voilà ce qui se dégage de ces machinations ! Il y a beaucoup de suspicion autour du CEP provisoire et des élections qui sont projetées pour le 19 avril 2009.
Qu’est-ce que nous constatons depuis 1995 en Haïti. Depuis cette époque les gouvernements prennent le malin plaisir de faire des mascarades électorales. Celles de juin 1995 qui on été déclarées des élections « Chan Pouel ». Toutes les autres mascarades électorales qui ont eu lieu, où la classe politique n’avait pas participé. En décembre 1995 où Préval avait été élu, il y avait à peine 1 à 2% de participation. Il a fait ses cinq ans. La classe politique avait contesté celle de 1995. En 1997, même quand la classe politique a participé en avril 1997, ils se sont battus entre lavalassiens, jusqu’à l’annulation de ces élections. Celles de mai 2000, ils ont organisé une autre mascarade électorale, qui a porté la classe politique à ne pas participer aux élections de novembre 2000, là où la participation a été moins de 5% pour les présidentielles. Est-ce que c’est le même scénario que l’on veut refaire ? Est-ce qu’on va porter la classe politique à contester les élections d’avril 2009, pour laisser le champ libre à des élections qui se feront à 1% et 2% de participation pour maintenir le même régime en place, en dehors d’élections démocratiques, libres, honnêtes et crédibles ?
Cependant, il y a d’autres qui ajoutent un scénario. Faire des élections sénatoriales sans les élections indirectes. Confisquer tous les postes électifs avec les moyens mis à leur disposition par la loi d’urgence. Se donner une majorité confortable au niveau du Sénat, ayant déjà une majorité confortable au niveau de la Chambre des députés avec le CPP et d’autres blocs parlementaires. Avec une majorité au Sénat et à la Chambre des députés, ayant un projet de remplacement de la Constitution et pas de son amendement, déclarer qu’un amendement de la Constitution soit impossible. Remplacer la Constitution de 1987 d’une façon légale avec l’approbation de l’institution parlementaire. Il y a des gens qui interprètent le scénario de cette façon.
Il y a de grandes et fortes suspicions sur les élections du 19 avril 2009 dont il est question aujourd’hui. Il y a plusieurs partis politiques qui se sont exprimés. Ils disent qu’il serait mieux d’avoir des élections pour renouveler les deux tiers de Sénat, la totalité de la Chambre des députés et des autorités locales pour ne pas avoir de vide institutionnel. Il y a d’autres groupes qui ne se sont pas prononcés. Mais de demander aux CEP de démontrer qu’il est capable d’organiser réellement des élections libres, honnêtes et démocratiques en respectant leur mandat, qui non seulement de faire des élections sénatoriale et indirectes, pour qu’avant novembre on ait un CEP permanent. Dans le recrutement du personnel de la machine électorale depuis le niveau central jusqu’au niveau du BEC que ce soit fait dans la transparence, là où on peut faire confiance, a partir d’une structure neutre, comme le Conseil de l’Université de l’Etat qui prendrait en charge d’organiser des concours pour le recrutement du personnel du CEP. Avoir un calendrier électoral fait avec la participation des partis politiques. Le CEP qui organise ces élections n’est pas constitutionnel, c’est un CEP politique, formé par un consensus politique, ce n’est pas la Constitution qui l’a mis en place. La Constitution d’ailleurs ne prévoit pas qu’il y aurait jusqu’à présent un CEP provisoire. Si ce CEP adopte un calendrier électoral, il faut que ce soit dans la transparence totale. Il lui faut prendre toutes les étapes pour prouver qu’il y aura des élections libres honnêtes et démocratiques au rendez-vous du 19 avril s’est donné lui-même.
En plus, il y a une loi électorale qui a été votée dans un contexte où il n’y avait pas de gouvernement. Cette loi a été publiée contrairement à toutes les procédures de promulgation de toute loi, sans les signatures du premier ministre et des ministres préposés à mettre cette loi à exécution. Le président du Sénat ne l’a pas signé non plus. Ceci aurait dû déjà entacher cette loi de nullité. Ceci, c’est dans la forme. Dans le fond, cette loi a une toute série d’éléments qui sont en violation constitutionnelle. On se pose la question comment un CEP va prendre la liberté quand on aura relevé pour lui tous ces articles qui sont en violation de la Constitution de 1987. Alors que l’article 186 de la Constitution de 1987 dit que le CEP est passible de la Haute Cour de Justice, ce CEP va-t-il prendre la liberté d’exécuter une loi sans s’assurer que cette loi soit conforme à la Constitution de 1987 ? On va sortir un document pour faire prévaloir toutes ces lacunes. C’est après la publication et la discussion de tous ces documents pour faire prévaloir tous ces arguments que l’on pourra décider s’il est possible de faire des élections en bonne et due forme selon les procédures démocratiques.

RB : Pouvez-vous énumérer les conflits qui existent entre la loi électorale et la Constitution de 1987 ?

TD : En toute honnêteté, je ne peux pas le faire maintenant. Je n’ai pas avec moi la liste des violations. C’est un document sur lequel on est en train de travailler. Il n’a pas encore atteint sa forme et sa version finale. Ce document sera envoyé par la Convention des Partis Politiques et par le Conseil National des Partis Politiques au CEP, au pouvoir Exécutif et au parlement, pour mettre en exergue toutes les irrégularités.
Mis à part les irrégularités d’ordre juridique, nous pouvons relater des irrégularités d’ordre moral. Ceux sont les cotions exigées aux partis politiques qu’il doivent verser pour la participation de leurs candidats aux élections. Pour qui va-t-on faire ces élections ? Sous prétexte de vouloir barrer la route pour ne pas avoir trop de candidats, alors qu’il y a beaucoup d’autres moyens qui pourraient être utilisés. On met l’emphase plutôt sur la quantité d’argent qu’il faut payer comme candidat, et qui n’est pas remboursable. Ces élections sont réservées aux riches exclusivement. Ceux sont les hommes au pouvoir qui s’enrichissent par la corruption qui ont accès à ces sommes. L’homme honnête compétent n’ayant pas accès à ces sommes, malgré ses qualifications, sera exclu automatiquement.

Les frais d’inscription aux différentes fonctions électives sont établis ainsi :
le candidat à la Présidence 500 000 Gourdes;
le candidat au Sénat 100 000 Gourdes;
le candidat à la Chambre des Députés 50 000 Gourdes;
chaque cartel de candidats au Conseil Municipal 25 000 Gourdes;
chaque cartel de candidats au CASEC 3 000 Gourdes;
chaque cartel de candidats à l’ASEC 1 000 Gourdes;
chaque cartel de candidats aux Délégués de Ville 1 000 Gourdes

Cette loi stipule en outre. Si victime d’une injustice dans le processus électoral, j’ai une plainte à porter. Avant de pouvoir porter plainte, il me faut verser 10,000 gourdes. Si je n’ai pas cet argent, en tant que citoyen candidat je n’ai pas droit à la justice.
On aurait pu croire que l’intention serait de décourager les candidats indépendants pour les forcer à se joindre à un parti politique. On aurait pu exiger du candidat indépendant un certain nombre de signatures d’électeurs qui supportent sa candidature. Que ce soit un candidat d’un parti politique ou indépendant, on a le même traitement. Nous disons sur le plan d’ordre moral, c’est inacceptable. Est-ce que ceux sont les gens riches qui ont seuls le droit à la candidature ? Ceci est d’ordre moral. Quand aux irrégularités d’ordre juridique nous les présenterons dans le cadre d’un document.

RB : Sans un recensement récent et fiable,
-peut-on établir et identifier les bureaux de vote de proximité,
-a-t-on retracé les circonscriptions, pour établir l’égalité de la représentation,
-comment peut-on créer un registre électoral fonctionnel,
- peut-on faire des élections fiables avec ces problèmes techniques ?

TD: D’après le CEP demain, vendredi 28 novembre 2008, c’est la date finale pour tous les partis politiques intéressés à participer aux élections du 19 avril 2009, de s’inscrire. Aucun parti de la Convention des partis politiques, aucun parti du Conseil national des partis politiques ne s’est inscrit. Le CEP est en train de violer sa propre loi électorale. Dans les articles 89 et 98 de la dite loi, il faut que le CEP rende le calendrier électoral public. Et à travers le calendrier, la date d’inscription des partis politiques et des candidats sera établie. Quand on parle de calendrier, il faut aussi dire quand on va établir le registre, la liste partielle etc. Il y a des tas de choses qui doivent être inscrites dans le calendrier. On a rencontré le CEP aujourd’hui de 11 :00 am jusqu’à 4 :00 pm. Un point sur lequel on est sorti en désaccord avec le CEP c’est précisément sur ce fameux calendrier électoral qu’il parait que ce soit seulement le CEP qui soit au courant. Les informations au sujet de ce calendrier nous proviennent du CEP par compte-goutte. Nous lui avons dit deux choses importantes, Il ne peut pas simplement nous mettre en face du fait accompli en publiant le calendrier. Il lui faut préparer ce calendrier avec nous. De manière que nous puissions vérifier dans les faits la faisabilité de toutes les étapes. Pour que rendu public, nous n’aurons pas à le contester. Les partis iront s’inscrire que quand il y aura un calendrier électoral qui répond aux exigences de la loi et qui soit le produit d’un consensus avec les partis politiques. C’est à ce moment et à ce moment là seulement que les partis de la Convention et du Conseil iront s’inscrire. On ne peut pas entrer dans un processus dont nous ne connaissons pas les tenants et aboutissants. Quant à la loi électorale, le mandat du CEP, la machine électorale, sa composition et le mode de recrutement de son personnel.

RB : On a centralisé le processus du vote. Même avec la centralisation, n’est-il pas nécessaire d’identifier les bureaux de vote de proximité à l’intérieur de centre de vote ?

TD: On ne sait pas si ça a été fait. Il y a des questions pertinentes que nous devons poser pour savoir si le processus électoral répond à de telles exigences. La loi dit qu’il faut deux centres de vote par Section Communale. Il faut aussi que ces centres de vote soient établis à proximité du domicile des votants. Pour que le votant ne soit pas obligé de parcourir des distances pour trouver le centre de vote. En plus, au centre de vote, ça peut prendre toute une éternité pour savoir dans quel bureau de vote on peut voter.
Il y a une expérience faite en 2006. Le centre de vote de Pétion-ville à la place St Pierre par exemple a été un centre de vote éclaté. Une partie du centre se trouvait au Lycée de Pétion-ville, une partie au bureau de la DGI de Pétion-ville, une partie à la mairie, et la dernière partie se trouvait dans un autre édifice public. Un électeur à qui on dit que le centre de vote est au Lycée. Arrivé on lui dit que son nom n’y est pas. Il lui faut vérifier dans les trois autres édifices publics pour trouver le bureau de vote où il est autorisé à voter. C’est dans un milieu urbain où les édifices sont à proximité. Dans le milieu rural les centres de vote peuvent être très distancés. Le problème pour un analphabète, est que pour savoir si son nom est sur la liste, il lui faut attendre des heures en ligne, pour que l’on découvre au moment de la vérification de se pièces d’identité, s’il est autorisé ou non à voter dans un bureau. S’il doit aller voter quelque part d’autre après avoir attendu aussi longtemps, c’est un élément de dissuasion et de découragement.
Jusqu’à présent l’ONU et l’Office National d’Identification qui s’occupent de délivrer la carte électorale. Il y a près de 800,000 personnes qui auraient dû avoir reçu leur carte électorale. Il y a à peu près 100,000 personnes qui se sont inscrites depuis prés de 6 mois, l’ONU n’est pas en mesure de délivrer ces cartes. Il y a prés d’un million qui attendent pour s’inscrire. Le Registre électoral qui aurait dû être entre les mains du CEP, il ne l’a pas. Le CEP ignore son électorat. Entre la date lancée par le CEP et la réalité, les problèmes qu’il confronte, il y a un monde de différence. Est-ce que la date du 19 avril 2009 sera respectée par le CEP ?

RB : Pour accélérer le processus du vote a-t-on pensé à utiliser le chevauchement ou l’augmentation du nombre d’isoloirs et de vérificateurs d’identité ?

TD: Je ne le sais pas. Je ne peux pas répondre. Je suis contant que vous ayez attiré mon attention là-dessus. Il y a une question à laquelle le CEP n’a encore pas répondu. Lorsque le CEP est en train d’organiser le renouvellement d’un tiers du Sénat, il doit aussi faire des élections pour les autres postes vacants. Le CEP sait-il pour combien de postes vacants il va faire le élections. Au Sénat il ne manque pas seulement 10 sénateurs. Il y en manque 12. Un est décédé. Il y a un autre qui est empêché. Le cas du sénateur Boulos doit être clarifié. Il y a dix sénateurs qui exigent le retour de leur collègue au Sénat. Boulos a intenté une action en justice. Il a eu gain de cause. L’exécutif est allé en appel contre la décision du juge. Il faut que la cour d’appel se prononce. Tant que la cour d’appel ne se prononce pas et que les dix sénateurs exigent le retour de Boulos, le CEP ne peut pas passer outre. Le CEP peut-il déclarer péremptoirement qu’il va faire des élections pour 12 sénateurs ?

RB : Comment se propose-t-on de garantir la crédibilité, l’honnêteté et l’intégrité des élections

TD: Ce que nous avons demandé au CEP, c’est précisément ça. Il nous faut des élections transparentes, libres, honnêtes et démocratiques. Ceci ne peut pas être l’expression d’intention, ni un discours. Il nous faut des actes vérifiables. C’est à partir de ces actes que l’on saura si les élections seront libres, honnêtes et transparentes. Nous avons 4 éléments de vérification, le mandat, la loi électorale, la machine électorale, et le calendrier électoral. C’est à partir de ces 4 éléments, les faits et les actes posés en relation avec ces éléments qui nous donneront la garantie si ces élections seront libres, honnêtes, transparentes et démocratiques.

RB : Le processus électoral en tant que système doit avoir une spécification, une description qui montre à travers son fonctionnement, ce qui se fait avant, pendant et après le processus du vote, ce qui se fait pour le transport des urnes et de ses procès verbaux, quelles sont les précautions prises pour garantir qu’en cas de « TROC », le troc peut être détecté et rectifié, pour garantir l’intégrité des résultats ?

TB : C’est clair que ceci est important. Mais on ne peut même pas parler de ça. Tant que je n’ai pas un calendrier nettement établi dans lequel je peux vérifier les étapes et leur mécanisme.

RB: La Tabulation vient après. C’est là où se convergent les urnes et leurs procès verbaux pour le comptage, la vérification et la publication finale des résultats collectifs, l’expression de la volonté générale. Il faut qu’il y ait une procédure écrite qui établit le processus d’apurement qui établit que les 7 copies de chaque procès verbal de chaque urne concordent avec le décompte des voix contenus dans l’urne et le document qui enregistre le décompte au moment du dépouillement.

TD: Je suis content de cette entrevue qui attire mon attention sur une série de points importants du processus et des documents écrits qui doivent en assurer l’intégrité du mécanisme.

RB : Comment garantir après le transport, l’intégrité de l’urne, son contenu et son procès verbal contre le troc ?

TD: Vous parlez à un candidat qui a été témoin et victime exactement de ce dont vous insinuez en ce moment. Dans les deux élections, de 1995 et de l’an 2000, c’est ce qui s’est passé. En 1995 on a amené les observateurs internationaux du Centre Jimmy Carter, qui étaient sur place, pour assister à ce qui ce passait au CEP à la Rue Pavée à l’époque où le siége du CEP était à cette adresse. On jetait parterre le contenu des urnes pour les remplacer par d’autres faux bulletins. Pour les élections de l’an 2000, il y a un journaliste canadien qui avait écrit « En Haïti la Démocratie se ramasse à la pelle. » Pour une raison quelconque deux ou trois jours avant les élections on perd toujours un nombre important de bulletins. Ceci est régulier. Ceux sont ces bulletins qui reviennent pour la substitution. Ce point là que vous avez soulevé est d’une importance capitale. Sénateur Boulos est entré avec sa fougue comme nouvel acteur politique, bénéficiant du fait qu’il ne soit pas entré en politique pour s’enrichir. Il a déjà des moyens. Il met toujours de la pression, mettant les points sur les i. Regardant du dehors, je me suis dit si le pays avait une dizaine de parlementaires qui font pression pour mettre les points sur les i, on pourrait vraiment commencer à réformer la politique en Haïti. Il faisait toujours des mises en garde pour empêcher ou circonvenir certains problèmes. Je ne dirais pas qu’il en a été victime. Mais c’était un aspect qui avait attiré mon attention.

RB : Les partis politiques pourront-ils faire les frais de deux élections en moins de 7 mois ?

TD: C’est un fait que si les élections d’avril se font que celles de novembre n’auront pas lieu. A l’exception que si les élections d’avril soient tellement contestées, ou que l’on n’aurait pas pu les faire, pour des raisons quelconques, que celles de novembre 2009 auront une chance. A ce moment là les scénarios pour le remplacement de la Constitution de 1987 devront être révisés. Dans la réalité les partis politiques n’ont pas la capacité pour faire des élections coup sur coup dans la même année dans l’espace de 7 mois.

RB : Peut-on se fier à résistance à la participation des partis politiques contre ces élections

TD: On ne peut pas, si je dois me fier à ce que rapporte la presse. Il y a 4 ou 5 partis, qui ne sont ni membre de la Convention, ni du Conseil, qui se sont inscrits.

RB : Comment voyez-vous les élections du 19 avril 2009, va-t-on les faire oui ou non ?

TD : Je viens de vous expliquer que cet enjeu, tous ce qu’il y a comme faille et suspicion qui montre :
-Si on les fait, ce ne sera pas pour le bien de la nation.
-Rien ne prouve que le CEP a la capacité pour réaliser avec quel électeur il va faire les élections.

Cette date qui circule n’est même pas une date officielle. Personne ne peut pas affirmer qu’elles se feront ou non. On est en Haïti où tout est possible. Si on le faire sans tenir compte des revendications de la majorité des partis politiques, on va aboutir à l’instabilité. C’est une autre crise qu’ils veulent provoquer.

RB : Quand vous constatez cette obsession pour le remplacement de la Constitution de 1987. Quand on constate aussi la façon dont le peuple tient à défendre cette Constitution. Avez-vous l’impression qu’ils peuvent réussir à la remplacer ? Est-ce que le milieu international est d’accord avec le remplacement ?

TD : Je prône depuis 12 ans l’idée d’une conférence nationale haïtienne souveraine, comme seul moyen pour retirer Haïti dans cette crise grave où elle se trouve aujourd’hui. L’objectif de cette conférence est la refondation de la nation haïtienne. Nous sommes un Etat en faillite. Notre model de société est entré en décomposition. Faut-il bien que nous le reconstruisions. Dans le cadre de tout projet de reconstruction nationale, la question de la Constitution se posera automatiquement. Si on arrive à un consensus qui sera le nouveau model de société, je dois l’adapter à la Constitution qui est en vigueur. Est-ce que le mode d’adaptation sera un amendement, une révision, ou un changement de la Constitution ? Ça je ne le sais pas. C’est dans ce cadre que je comprends la possibilité du changement de la Constitution suite à une conférence nationale. Puisque la Constitution est en vigueur, et prévoit une méthode d’amendement, même sans une conférence nationale, je ne peut pas empêcher son amendement. Pourvu que les procédures d’amendement soient respectées. Je ne vois pas la nécessité pour un remplacement de la Constitution de 1987, quand elle n’a jamais été appliquée. On ne peut pas se plaindre des résultats de son application. Les problèmes majeurs que le pays confronte, la faim, la misère, le chômage, l’insécurité etc. n’ont rien à voir avec la Constitution. Changer la Constitution pour faire quoi. On n’a jamais respecté aucune de nos constitutions, encore plus celle qui est en vigueur. Le changement de la Constitution n’apportera aucune solution aux maux d’Haïti. Voilà notre approche au PNDPH.

RB : Je vous remercie beaucoup pour une participation brillante à cette émission. Je souhaite pouvoir vous inviter prochainement.

TD : Je serais toujours à votre disposition. Vous avez un grand auditoire qui suit vos émissions sur l’Internet. Je serais toujours disposé à chaque fois que l’opportunité s’offre pour moi de participer. Vos questions sont très pertinentes.

Rebâtir Haïti

Monday, November 24th, 2008

Par Jean Erich René -
Chronologiquement le tracé des villes d’Haïti, le canevas des quartiers résidentiels, l’architecture des bâtiments les plus imposants relèvent, pour la plupart, des crayons de l’époque coloniale et de l’Occupation Américaine. En effet, des maisons préfabriquées avec des structures métalliques étaient importées d’Europe. Les villes de Jérémie, Jacmel, Cayes sont jusqu’à présent des témoignages éloquents de l’influence française en Haïti.

Nous relevons les griffes américaines au siècle dernier surtout au niveau des édifices publics. Nous ne pouvons pas inventorier au détail près les différentes étapes de l’aménagement du territoire national, mais le bon sens nous permet de distinguer deux phases bien distinctes de l’évolution structurelle d’Haïti :

- des études objectives et conscientes que nous héritons des colons et de l’occupant

- des étapes ponctuelles mais purement subjectives inspirées beaucoup plus par le besoin de rayonnement politique de nos gouvernements que par le souci de doter le pays de certaines charpentes indispensables à notre évolution sociale.

A ce compte nous devons rendre nos publics hommages aux Présidents :

- Paul Eugène Magloire qui a transcendé par sa stature l’histoire de la construction en Haïti en ouvrant le Boulevard de Delmas contribuant ainsi à la création de cette Commune. Nous relevons aussi à son actif l’inauguration du Ciment d’Haïti qui a révolutionné l’archétype de construction, grâce au béton armé plus résistant au cyclone, sans oublier nos unités de fabrication de blocs, fer forgé etc.

- François Duvalier qui a reconstruit la Grand’Rue de Port-au-Prince, bétonné la route nationale jusqu’à Carrefour Dufort, érigé le Building des Contributions, l’École des Infirmières, entamé la Construction de l’usine hydro-électrique de Péligre, implanté le plus somptueux Aéroport de la Caraïbe de l’époque.

- Jean Claude Duvalier qui a actionné les Centrales hydro-électriques de Péligre, Drouet, Saut Mathurine, les Centrales Thermiques de Carrefour, de Varreux pour distribuer dans nos villes l’électricité 24 sur 24 dont nos compatriotes aujourd’hui sont nostalgiques. Dans le domaine de la communication jusqu’à nos jours les Haïtiens ne font que jouir des bienfaits de son gouvernement notamment avec la TELECO et ses satellites. La TNH, la Radio Nationale, la route de l’Amitié les routes nationales No 1
et No 2 sont autant de réalisations qui témoignent de son constant souci d’améliorer le sort du Peuple haïtien. Les Centres Sportifs de Delmas et de Carrefour, la présence d’Haïti au Championnat International de football à Munich en 1974 sont les résultats probants des investissements consentis
sur le plan sportif.

Peut-on dire autant des Locataires du Palais National de ces 18 dernières années? Exception faite du Gouvernement intérimaire de Gérard Latortue qui s’est démené activement pour doter le pays de certains Complexes Administratifs, rien de concret n’a été relevé à leurs actifs. Par contre
ils ont des passifs lourds en corruption. Aujourd’hui ils ont atteint le fond du vase avec le vol des linceuls à la morgue de l’Hôpital Général, la dilapidation des fonds de l’ONA impliquant l’entourage immédiat de César.

Dans quel Tribunal avec quel Code Pénal va-t-on faire ce jugement?

Outre la déliquescence des moeurs, nos élites ne répondent pas non plus au cri de désespoir des affligés. Elles préfèrent s’isoler dans leurs cocons en se désolidarisant de la masse. Une telle topographie sociale, cotée sur le degré de fortune, donne lieu à chaque changement de Gouvernement à des éclatements regrettables. Le déchouquage ne fait que rétrécir l’espace vivable et augmenter le coût du loyer. L’image d’Épinal affecte aussi les Bureaux de l’État mal logés depuis 1804. L’enseignement, exception faite des Écoles congréganistes, est dispensé dans des maisons inappropriées, parfois sans aucune cour de récréation. Que dire d’une bibliothèque, d’un gymnase, d’un laboratoire de Sciences, d’une cafétéria etc.

La plupart de nos facultés dispensent un enseignement théorique mais non professionnalisant. Nous ne formons que des perroquets, des pseudo intellectuels qui n’intériorisent même pas leur savoir. Comment apprécier les prolongements pratiques de leurs prétendues sciences dans la résolution
des problèmes nationaux.

Pendant deux siècles nous éprouvons un malin plaisir à chasser nos fils les plus vaillants et à détruire le patrimoine national. 35.000 intellectuels haïtiens ont émigré récemment au Canada. Après l’assassinat de Dessalines, sa résidence privée et le Palais des 365 portes ont été pillés. A la mort de Christophe le Palais de Sans-souci à Milot et la Citadelle La Ferrière ont été saccagés.

Presque toutes les luxueuses demeures de nos Chefs d’État qui pourraient servir de sites touristiques ont été incendiées ou rasées par la foule. En 1986, l’Église Catholique d’Haïti pour précipiter le
départ de Jean Claude Duvalier a lancé la sotte initiative de démolir certains Locaux Publics, spécialement les Écoles Construites dans nos Communautés Rurales par l’UNESCO sur la demande expresse de Joseph C. Bernard, Ministre de l’Éducation Nationale.

Dans un État de non droit la population haïtienne est réduite à l’instinct de survie. Si nous voulons jouir d’une sécurité relative il faut rebâtir Haïti. Le renouveau s’inscrit dans la résurrection des axes existants, augmentés des nouvelles perspectives afin d’amortir les charges inhérentes
à notre folle croissance démographique. Compte tenu de l’internationalisation intense des rapports, Haïti ne peut pas se comporter en État paria. Le climat malsain de Port-au-Prince n’est pas favorable à
l’équilibre des échanges avec nos homologues.

L’idée de Dessalines de transférer la Capitale d’Haïti ailleurs serait bienvenue en une telle occurrence. Le Président Louis Pierrot avait exprimé aussi le même sentiment en étiquetant ironiquement Port-au-Prince de : Port-au-Crime.

Depuis la Rome Antique la grandeur d’une Nation était préfigurée par les imposantes façades de ses bâtiments publics, ses amphithéâtres etc. Dans le même ordre d’idées St Petesbourg est devenu Leningrad en 1924. Dans la même veine Georges Washington a construit la Capitale qui porte son nom après l’indépendance américaine. Il n’est pas conseillé de confier les rênes du pouvoir aux pauvres d’esprit.

Ils sont à la fois mesquins, misérables et miséreux. Il n’y a pas d’État sans moyen. Il revient aux dirigeants d’identifier nos sources de richesse afin de dégager la contrepartie financière nécessaire à la création des débouchés économiques.

Il nous faut une Capitale plus moderne avec de grandes avenues, des espaces verts et des édifices publics plus fonctionnels. Le développement économique d’Haïti s’intègre dans une géographie visant à loger une société ouverte au progrès du monde. Tant en économie libérale que planifiée, rebâtir Haïti est tributaire d’un processus décisionnel que doit enclencher une Administration étatique intelligente, consciente et responsable.

Des elections serieuses ne peuvent pas avoir lieu en Haiti

Wednesday, November 19th, 2008

Par Stanley Lucas -
Preval et le Groupe de Bourdon ont mis en place un Conseil Electoral Provisioire (permanent voir le moniteur relatif au CEP actuel) partisan charge de manipuler les elections en vue de nommer pres de deux tiers des deputes et des senateurs pour Preval. Ce plan machiavelique a deux objectifs

1. Permettre a Preval de se debarrasser de la Constitution de 1987 apres avoir obtenu le controle absolu des deux deux chambres. Preval veut rester au pouvoir au choisir son successeur s’il ne peut pas.

2. Permettre au Groupe de Bourdon de renforcer ses monopoles economiques et garantir le controle du secteur politique

Il y a la possibilite d’emergence de contradictions entre les deux objectifs puisque le Groupe de Bourdon joue le double jeu. Ils veulent depasser Preval en cinquieme a Washington puisque Aristide est deja mis de cote. Le Groupe de Bourdon a un nouveau candidat et Preval est devenu pour eux un liability. Nous en reparlerons. En plus les anciens etudiants Haitiens qui ont ete a Havard University vivants en Haiti pensent profiter de l’opportunite Barack Obama qui lui aussi est un ancien de Harvard. La lutte a Washington entre ces camps de Port-au-Prince va etre un sujet d’attention, ils risquent tous de se tromper.

L’actuel Conseil Electoral est totalement partisan et aux ordres de Preval. Ce CEP nomme par Preval ne peut organiser aucune election libre honnete et democratique. Pour les analystes, venant de Rene Preval ce n’est pas nouveau. Rene Preval avait mis en place un CEP partisan qui avait manipule les elections du 6 Avril 1997. Son propre premier ministre Rosny Smarth avait bloque la publication des resultats fabriques. C’est Rene Preval qui a voulu manipule les resultats des elections du 26 Avril et du 26 Novembre 2000. Le president du CEP Leon Manus qui avait refuse de publier les resultats fabriques, malgre les menaces de mort, a du prendre l’exil. En 2006 Preval a transforme par la violence les resultats partiels du premier tour en resultats definitifs.

Malgre les vire ron, toute politique est d’abord locale: La classe politique doit avoir une strategie pour le combat democratique et contre la manipulation que prepare Preval. Il faut eviter la division et construire l’unite entre les politiciens de l’opposition democratique pour eviter une nouvelle catastrophe que nous prepare Rene Preval.

La classe politique décline une invitation du CEP à un forum sur la nouvelle loi électorale

L’institution électorale, influencée par l’Exécutif, agit unilatéralement, soutiennent les partis politiques

mardi 18 novembre 2008,
Radio Kiskeya

La Convention et le Conseil National des Partis Politiques, deux organismes réunissant la majorité des formations politiques haïtiennes, ont dénoncé lundi en conférence de presse le mode de fonctionnement du Conseil Electoral Provisoire (CEP), notamment sa « dépendance » par rapport au chef de l’Exécutif, le président René Préval.

Faisant état de la mise à l’écart des partis politiques par le CEP dans toutes ses démarches, les deux regroupements politiques ont appelé au « boycott » d’un forum annoncé pour le mercredi 19 novembre par l’institution électorale autour des innovations contenues dans la nouvelle loi électorale.

Les dirigeants politiques, dont ceux de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), de la Fusion des Sociaux-démocrates Haïtiens, du Grand Rassemblement pour l’Evolution d’Haïti (GREH) et du Mouvement National Patriotique du 28 novembre (MNP-28), protestent contre le fait que le CEP ait invité les partis politiques à son forum à titre personnel.

Ils affirment ne rien savoir d’une telle initiative, encore moins des personnes appelées à y prendre part. Ils reprochent également au CEP d’avoir mis au point un agenda électoral en dehors de toute concertation et de n’avoir jusqu’ici apporté de précision sur les dispositions adoptées en vue de l’organisation des élections indirectes. De celles-ci dépendent la constitution du Conseil Electoral Permanent, font-ils remarquer.

Les partis politiques s’interrogent par ailleurs sur le budget de seize millions de dollars arrêté en ce qui concerne uniquement l’organisation des élections pour le renouvellement du tiers du Sénat, alors que, cinq mois après le 2ème tour en juin des législatives partielles, il faudra encore de l’argent au CEP pour l’organisation des élections des collectivités territoriales, dont les conseils municipaux, le renouvellement de la Chambre des députés et le renouvellement du second tiers du Sénat.

Tous ces objectifs paraissent difficiles à atteindre, dans les conditions actuelles et vu le mode de fonctionnement du CEP, de l’avis de la Convention et du Conseil National des Partis Politiques. Par conséquent, dans une lettre ouverte adressée au CEP, ils déclinent l’invitation de prendre part au forum du 19 novembre, dans l’attente d’un changement d’orientation de l’organisme électoral par rapport aux acteurs politiques. [jmd/RK]

Le directeur de l’ONI est sur la sellette, dans le cadre du processus électoral

18 nov. 08 Métropole

A l’issue d’une rencontre avec les membres de la commission intérieur de la Chambre basse, le directeur de l’Office Nationale d’Identification (ONI), Ronald Covil, a annoncé que les cartes d’Identification nationale seront disponibles avant le premier tour des élections sénatoriales.

Il soutient que 4,1 millions de citoyens sont déjà enregistrés et donne l’assurance que le système de production des cartes sera installé en décembre afin de lancer l’impression des nouvelles cartes. Selon M. Covil avant le 19 avril, date retenue pour le premier tour des sénatoriales, 700 000 électeurs auront récupéré leurs cartes d’identification nationale.

De plus, M. Covil se plaint des maigres ressources humaines mises à la disposition de son organisme. ” Nous continuons à travailler avec les maigres ressources dont nous disposons”, lance t-il rappelant que le budget de l’ONI est de 14 millions de gourdes.

De son coté, le président de la commission intérieur de la chambre basse, Charles Pierre Miolin, est sceptique en ce qui a trait à la livraison des cartes aux dates annoncées.

Le parlementaire soutient qu’il n’existe pas de bons rapports entre les autorités électorales et le directeur de l’ONI. ” Les 100 000 cartes imprimées en 2005 avaient été acheminées au CEP pour distribution ce qui n’a pas été fait “, argue le député Miolin pour qui le directeur de l’ONI n’a pas les mains libres puisque l’OEA est impliqué dans le processus.

Un membre de la commission intérieur, le député Steven Benoît, soutient que le directeur de l’ONI doit démissionner s’il ne peut livrer les cartes aux dates annoncées. ” M. Covil n’a pas le contrôle de l’ONI qu’il dirige depuis deux ans”, martèle le député Benoît qui fait remarquer qu’à ce jour aucune carte n’a été livrée.

Le torchon brûle entre le CEP et des partis politiques 18 nov. 08 Métropole

Deux regroupements de partis, la Convention des Partis et la Conférence Nationale des Partis Politiques, dénoncent une main mise de l’exécutif dans le processus électoral qu’ils considèrent comme incertain. Les leaders de ces formations politiques croient que les autorités électorales ne jouissent pas d’une pleine autonomie pour accomplir leur tache.

L’un des membres de ces regroupements de partis, le coordonnateur général de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), Edgar Leblanc, soutient que les élections sénatoriales et indirectes ne pourront avoir lieu en raison de la volonté des autorités de maintenir le statu quo. ” Les conseillers électoraux ont une attitude suspecte par rapport au chef de l’état “, dit-il faisant remarquer que le CEP a banalisé la contribution des partis politiques dans le processus électoral.
” La loi électorale et la date des élections ont été publiées sans consultation avec les dirigeants des partis politiques”, argue M. Leblanc signalant que les membres du gouvernement n’avaient pas signé la loi électorale.

La Convention des Partis et la Conférence Nationale des Partis Politiques, suggèrent aux autorités électorales de diffuser un circulaire pour publier le calendrier électoral et expliquer l’application de la loi électorale.

Le président du Conseil National des Partis Politiques, Dejean Belizaire, annonce que les partis politiques ne participeront pas au forum sur la loi électorale prévue pour ce mercredi 19 novembre en signe de protestation contre les conseillers électoraux. ” Nous regrettons qu’il n’y a eu a ce jour aucune rencontre entre le CEP et les partis politiques pour préparer ce forum”, ajoute M. Belizaire.
En réaction, le conseiller électoral, Leonel Raphaël, a annoncé une rencontre entre le CEP et les partis membres de la Convention et de la Conférence afin d’aplanir les différends. Il révèle que le président du CEP s’était entretenu, lundi avec les présidents des deux regroupements de partis politiques.

CEP /Partis politiques

Le processus d’inscription lancé par le CEP relatif à l’organisation des élections pour le renouvellement du tiers du sénat est mal vu par certains partis politiques qui doutent encore de la volonté de ce conseil d’organiser ces élections aux dates indiquées.
Les dirigeants de ces partis mettent en avant l’inexpérience des membres de ce nouveau conseil en matière d’élections. C’est le cas du président du parti de la fusion des Sociaux démocrates Victor Benoit qui presse le CEP de rendre public un calendrier détaillé des élections et de maintenir après évaluation, les actuels membres des BED et BEC tout en remplaçant les absents par voie de concours.
Par ailleurs, autour du forum que le CEP projette d’organiser le 19 Novembre prochain à caribe convention Center, les dirigeants politiques regroupés au sein de la « Convention Nationale des Partis Politiques » dont : Osner H. Févry, de l’autre branche du PDCH, Michard Gaillard & Victor Benoit de la Fusion des Sociaux Démocrates, Dejean Bélizaire du MNP28, Himler Rébu du GREE pour ne citer que ceux là annoncent qu’ils ne seront pas présents à ce forum pour n’avoir été consultés à l’avance.

Aménager l’espace haïtien

Sunday, November 16th, 2008

ParJean Erich René … En cette période particulièrement troublée de l’histoire nationale, nous vivons des heures enténébrées par des événements malheureux qui nous frappent coup sur coup tout en nous inspirant un sentiment de découragement et d’abandon. Nous ne sommes pas victimes de la fatalité mais de notre insouciance et de la faiblesse de notre système de gestion.

La complexité et la gravité de la détérioration de l’espace haïtien exigent à son chevet toute une gamme de techniciens : géographes, urbanistes, économistes, photo-interprétateurs, sitologues, paysagistes, agronomes, ingénieurs etc.

Ils doivent saisir sur le vif les données de la problématique inhérente aux difficultés géo-économiques du territoire national. Le mode de vie est étroitement lié aux opportunités qu’offre le milieu ambiant. Toute modification de l’écosystème a des retombées directes sur les éléments de l’environnement en général, y compris l’homme en particulier.

Nous devons tous prendre conscience du danger de la désertification du Tiers occidental de l’Île d’Haïti que nous gérons en maître depuis 1804. Point n’est besoin de chercher des boucs émissaires en remontant jusqu’aux Duvalier qu’on accuse gratuitement puisqu’ils ne sont plus au pouvoir. Faisons plutôt appel au bon sens pour restaurer de manière intelligente notre espace vital détruit à cause de notre comportement anarchique. Il n’y a pas de nation sans territoire. L’année 2008 nous a été particulièrement fatale avec ses multiples cyclones, le débordement de nos lacs, le déchaînement de nos rivières et les effondrements mortels de certaines écoles. Les forces de la nature semblent se liguer contre nous en fragilisant notre environnement. Si nous voulons compter encore comme
Nation du Monde, c’est à nous et à nous seuls d’assurer notre survie en arrêtant des mesures adéquates pour conjurer le mal. Coqs et pintades sont tous victimes.

Une analyse fine de la problématique de l’environnement haïtien met à l’index la surpopulation comme la cause causante. En effet durant ces deux dernières décennies on observe une explosion démographique et un mouvement migratoire intense de la campagne vers la ville et des centres urbains vers la Capitale. Il en résulte donc un déficit de la production agricole et une augmentation de la consommation qu’on doit compenser par l’importation. Il s’en suit un déséquilibre de la balance commerciale diagnostiquée par la décote de la gourde. Haïti n’est pas le premier pays du monde à subir les méfaits d’une surpopulation et des déplacements intempestifs de sa population. L’histoire rapporte que la Grèce Antique confrontait un problème grave de surpopulation. Pour relever ce défi un noyau de gens s’était déplacé pour constituer d’autres villes initialement appelées colonies grecques. En Amérique : New York, la Nouvelle Orléans, Montréal , Québec etc. sont autant de nouveaux Centres Métropolitains créés sous l’intense pression de la population grandissante. En France, Marseille est un exemple typique d’une ville portuaire formée par une agglomération d’immigrants.

Dans l’espace géographique haïtien la particularité la plus frappante, c’est l’étalement de nos villes sur le littoral et à proximité d’une rivière ou cours d’eau. Le choix de cet emplacement s’explique surtout par la nécessité d’approvisionnement en produits de premières nécessités et le besoin urgent de l’eau pour la boisson, la lessive, le transport fluvial avec les pipirites etc. Les données empiriques nous enseignent que nos marchés se situent sur les berges de nous rivières, à leurs embouchures ou
à proximité. Toute étude de faisabilité entreprise en vue de décongestionner Port-au-Prince et nos villes de province doit tenir compte de ces deux caractéristiques pour la création de nouvelles agglomérations. Un urbanisme ouvert, grâce à la percée de nouvelles voies, assurera les relations interurbaines.

L’implantation de nouvelles structures urbaines, par sa rigueur, exige le tracé d’un nouveau cadastre. La photographie aérienne ou mieux encore les données landsat sont les plus évidentes pour concilier sans heurt les nouvelles perspectives avec les données traditionnelles. Les espaces publiques tels que : marché, place, terrain de sport, école dispensaire, hôpital, poste de police, magasins etc. constituent un noyau indispensable à l’implantation de nouvelles structures citadines pour les raisons
suivantes :

a) Marché public; nécessité d’alimentation et de commercialisation.
b) Place publique : lieu de rencontre pour les manifestations sociales
c) Terrain de sport : besoin d’épanouissent des résidents
d) Dispensaire et hôpital : premiers soins et soins de santé
e) Poste de police : besoin de sécurité

Dans l’acceptation géographique du terme, une nouvelle dynamique d’aménagement du territoire national s’impose et s’avère même urgente. Dans la conception moderne de nos villes et villages, l’Église ne représente plus l’épicentre. Ce rôle est plutôt dévolu au Centre d’achat et aux
Bureaux de l’Administration Publique. La croissance continue et irréversible des populations de Port-au-Prince et de nos villes de Province augmente la densité par mètre carré avec des conséquences funestes pour la salubrité et la sécurité sociale. Les résidents vivent dans des conditions exécrables, c’est à dire des réduits et des cloaques accrochés au bord des ravins ou suspendus sur des pilotis sur des terrains marécageux du bord de la mer les exposant à toutes sortes d’intempéries. D’où les accidents regrettables et les pertes en vie humaine enregistrés lors des cyclones. Nous applaudissons les efforts déployés dans le passé par les Gouvernements de Élie Lescot, Dumarsais Estimé, Magloire, Duvalier Père et Fils pour construire des logements sociaux au bénéfice des masses défavorisées.

S’il faut tirer une leçon des initiatives de nos prédécesseurs la palme revient au Gouvernement de Paul Eugène Magloire qui a vraiment manifesté le souci de loger dignement la population. La Cité militaire, la Première et la Deuxième Cité etc. sont des structures qui s’intègrent sans heurt et sans aucune discrimination dans nos parcs de logement. Tandis que les autres Cités plutôt dressées sur des sites inappropriés sont de véritables témoins de la misère, de la pauvreté et par surcroît, le repaire des
malfrats. Les reconstructions de Belladère et de Cabaret respectivement par Estimé et Duvalier sont des éléphants blancs. En effet, les emplacements ont été mal choisis et les éléments d’avant-garde devant faciliter le déplacement de la population vers ces nouveaux centres urbains n’étaient
pas pris en compte dans la planification.

En dépit des erreurs commises, ces pionniers ont droit à nos respects et à nos considérations. On dira qu’ils ont échoué mais ils ont tout de même osé. Depuis près de 20 ans on ne perçoit aucune velléité de construction de logements à bon marché au profit des défavorisés. Nos contemporains ne s’en soucient guère. La masse livrée à elle-même se démène pour aménager sa couche lavalassement. A ce compte nous adressons nos hommages publics aux professeurs Hubert Deronceray et Leslie François Manigat qui sont les seuls à inclure dans leurs programmes politiques respectivement deux structures parallèles mais congruentes et appropriées : l’UTD et l’UTA. En effet, pour assurer la prise en charge globale des problèmes relatifs à la croissance de la population tels que éducation, santé, environnement etc. le Leader du GFCD ou GRAND FRONT DE CENTRE DROIT prévoit la mise en place d’une Unité Tactique de Développement (UTD) dans chaque département géographique.

Aussi nous confesse-t-il : « Chaque Village UTD comprend le bureau du CASEC et au minimum une école, un dispensaire, une église, une banque, une place publique, une salle de spectacle, un terrain de jeu, un marché, une piste d’atterrissage pour hélicoptère ou avion léger, un cimetière, etc.
L’UTD devient finalement un établissement public, un cadre social endogène vecteur de écentralisation, de déconcentration, de participation pour la croissance de la production nationale. »

La congestion apparente de la Capitale et de nos villes secondaires est principalement due à une utilisation inadéquate de l’espace urbain. La faute revient au mode de lotissement basé sur le modèle seigneurial que nous héritons des Colons français. Les rues sont très distantes bordées de
maisons rectangulaires. Elles sont plutôt oblongues avec le plus côté tourné vers la rue. Le souci des Français c’était de permettre d’avoir plus de pignons sur rue. Une longue cour inutilisée au 2/3 les sépare. Une vue aérienne nous montre aussi bien qu’à Jérémie, aux Cayes qu’à Port-au-Prince, aux Gonaïves et à Port de Paix, que dans un pâté de maisons il existe un vide capable de recevoir deux autres rangées une rue transversale ou de préférence en cul-de-sac. Le problème ne se pose pas
pour le Cap Haïtien bâti sur le modèle anglais. Les rues sont par contre plus rapprochées.

Avant de penser à la création de nouvelles villes, l’implantation de Town House(anglais), dans les espaces vacants grâce à de nouvelles percées de route est une perspective enrichissante. D’autant plus qu’elle contribuera à effacer ces ghettos qui ordinairement s’y développent. Ces baraquements
s’observent au Bel Air, les rues de la Réunion, Mgr Guilloux, Grand Rue, Solino, St martin etc. sans compter nos villes de province. Ces favelas portent les noms les plus grotesques : corridor Fourmi, corridor punaise, corridor Bourrique, la Cour Bréya, la Cour Mouzin, Nan Coton, Nan Savann,
Cité Carton, Cité Chany etc. Ce sont de véritables casernements, difficiles d’accès en période de crise même par les Forces de l’Ordre.

L’implantation d’appartements de 3 à 4 étages bien proprets pourvus de structures sanitaires avec adduction d’eau potable, suite à une utilisation rationnelle de nos interstices urbains, augmentera notre parc de logement presque de moitié tout en effaçant ces verrues qui offrent un spectacle
désagréable à la vue. Nous appuyons sans aucun fard la thèse du Président René Préval de destruction de ces bidonvilles qui pour la plupart sont de véritables camps de retranchement de voleurs aguerris parce qu’inexpugnables. Cependant la destruction doit être progressive et substituable. Nous entendons par là qu’on doit commencer par construire d’abord certaines maisons au profit des ménages avant de détruire progressivement leurs habitats. Nous nous inspirons de la méthodologie du
Gouvernement de Jean Claude Duvalier à Raboteau aux Gonaïves en 1984. Il est malsain et irresponsable de laisser un pays se développer dans des conditions aussi anarchiques que misérables. Les marchés publics, les garages etc. s’installent n’importe où. Il faut réaménager l’espace haïtien.