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Haiti : Une odeur de poudre dans l’air

Wednesday, January 21st, 2009

Par Jean Erich René - Le déficit budgétaire de l’exercice fiscal 2006-2007 de la République
d’Haïti n’est pas le fait du hasard. Il s’explique majoritairement par l’incurie administrative. D’un côté le Sénateur Anacacis prétend un excès budgétaire de 12 milliards de gourdes. De l’autre côté le Ministre des Finances accuse un déficit de 3 milliards de gourdes. Ce trou de l’ordre de 15 milliards de gourdes et même plus peut avoir plusieurs explications:

1. une perte considérable dans l’effondrement du Marché Boursier par suite de placements effectués avec les réserves de la BRH, au nom de certains privilégiés du régime. La taxe sur le téléphone devrait boucher ce trou béant. Hélas !

2. les dépenses non prévues par l’Exécutif haïtien pour atteindre des objectifs purement politiques : 30 millions par commune pour organiser les prochaines élections très hypothétiques

3. une politique économique diminuant le fardeau fiscal de certains amis. L’exonération totale ou partielle crée un vacuum dans les caisses publiques

4. la falsification des cahiers de charge visant à réduire le revenu imposable des possédants qui disposent de multiples manèges pour échapper au filet fiscal

5. la privatisation des services publics les plus rentables: douanes, port, aéroport

6. l’élite économique, pour préserver ses acquis et assurer la suprématie de ses cartels respectifs, a développé une politique agressive parfois sanglante. La commande des 300 autobus qu’on devrait affecter au service public et qui a causé l’emprisonnement des Brant soulève encore des
discussions. Une fois de plus, au-delà de la tour Elizabeth, ni analphabète ni bête, sort ses griffes et réclame la part du lion.

Les tentatives de l’Exécutif pour renflouer les caisses de l’Etat sont infructueuses.

1. Le Gouvernement est obligé de surseoir sa décision d’augmenter la taxe sur le téléphone en vue d’éviter une manifestation des abonnés qui s’avisaient de jeter leurs cellulaires sur la cour du Palais National, au cours d’une opération GNB.

2. Entretemps Elizabeth est en train de construire une somptueuse villa à Debussy. Tout est importé aux frais de la République.

3. Qu’a-t-on fait des 22 millions de dollars donnés par la Reine Sofia d’Espagne au profit des sinistrés des Gonaïves? En tout cas, mardi prochain elle sera en visite à la Cité de l’Indépendance pour vérifier de ses propres yeux les réalisations.

4. La drogue de Port de Paix, mine de rien, est en train de déboulonner silencieusement la machine politique en place. Tout moun pran !

5. A chaque semaine ses morts pour tenter d’étouffer le scandale. La Minustah n’y peut rien. Son ex chef, le général Bachelar transférant de fortes sommes au Brésil, a été tué dans une condition similaire que le commissaire Jean Philippe Raymond. Une intervention musclée se profile pou diciplinet cet Etat mafia de la Caraïbe.

6. Franco Camille dit Franco Cadavre, le frère de Ronald Cadavre, le jeudi 15 janvier 2009, au micro de Liliane Pierre Paul à Radio Kiskeya s’est désolidarisé publiquement du Président René Préval qu’il accuse d’avoir trahi la cause lavalassienne. Le pouvoir de nuisance d’Aristide avec ses chimères rivalise les maringouins.

L’étau se resserre autour du président René Préval qui n’a plus le sommeil tranquille. Il gratte le fond de ses tiroirs pour cumuler le minimum de recettes fiscales anticipées requises pour garantir l’aide internationale indispensable à l’équilibre de son budget de 100 milliards de gourdes, une bulle de savon de Daniel Dorsainvil. La politique de la caisse vide place l’Exécutif haïtien dans une véritable impasse financière.

Une odeur de poudre flâne dans l’air. Tout laisse prévoir un éclatement après les carnaval

Quelques données importantes sur les Forces armés d’Haïti…

Monday, April 14th, 2008

On se complait toujours à dire que l’armée était bugetivore. Mais personne n’appuie cette déclaration par des chiffres. Le nouveau président élu vient de le déclarer encore une fois. Cependant, en 1991 le gouvernement lavalas a accordé une augmentation substentielle de salaires aux soldats des FAd’H. M. Preval, Premier ministre, etait bien le chef de ce gouvernement. Comment peut il, aujourd’hui, dire que le budget de l’armée était trop élevé puis qu’il avait jugé, lui même, necessaire de l’augmenter, le portant à Gdes. 110.000.000.00 (Cent dix millions de gourdes). ? Je crois qu’il faudrait trouver d’autres arguments si on veut justifier l’abolition de l’armée.

En 1993, une commission du parlement avait jugé le budget presenté par l’armee insuffisant et l’avait augmenté de 25 millions de gourdes. Augmentation dont l’armee n’a pas eu le temps de beneficier.
Le budget 2002-2003 prévu pour la Police Nationale (4.000 hommes) était de Gdes. 1,315,648,816.00 (un milliard trois cent quinze millions six cent quarante huit mille huit cent seize gourdes) dépassant celui des Forces Armées d’Haiti (8.000 membres) de plus d’un milliard de gourdes. Il faut noter que la Police n’a pas à sa charge les services entretenus par les FAd’H.

Avec ce budget de Gdes 110.000.000.00, les Forces Armées devaient faire fonctionner :
Un Service de Santé qui couvrait le territoire haitien. A l’Hôpital Militaire de Port-au-Prince et dans les cliniques de tous les postes militaires et des villes de province, les médecins, dentistes, infirmiers, infirmières de l’Armée prenaient soin non seulement des membres des FAd’H et de leurs familles mais venaient aussi en aide à la population civile. Toutes les spécialités de la médecine étaient représentées au sein du Service de Santé qui assurait les soins élémentaires mais pouvait même réaliser les opérations chirurgicales les plus complexes.

Un Corps des Transmissions dont les appareils reliaient toutes les villes du pays. C’était un système qui journellement faisait arriver aux services interessés de l’Etat toutes les données de température, de météorologie, etc. La population civile démunie faisait passer ses messages à travers le réseau du Corps des Transmissions. Ceux qui viennent des provinces ont sans doute le souvenir d’au moins un message passé par un membre de leur famille utilisant le système de communication militaire.

Un Corps d’Aviation qui entretenait avec peine des avions et hélicoptères devant assurer le transport des offficiels de l’Etat, des membres de l’Armée. Les accidentés civils ou les cas nécessitant des soins plus appropriés étaient évacués vers la capitale par les appareils de ce corps.

Une Marine qui, en plus de la surveillance des côtes du pays, donnait la chasse aux trafiquants de drogue utilisant la mer comme moyen pour convoyer leurs marchandises, assurait le transport des provisions alimentaires, des médicaments, matériel médical destiné aux sinistrés des catastrophes naturelles.

Un Service des Transports qui avait charge du matériel roulant de l’Armée et s’assurait de sa bonne marche.

Un Corps du Génie chargé des constructions et réparations des bâtiments de l’Armée. Le Corps du génie, comprenant des ingénieurs, architectes, maçons, charpentiers, ébénistes etc, était utilisé pour venir en aide à la population civile lors des catastrophes naturelles. Le Corps du Génie avait une section d’agronomie dont les agronomes faisaient fonctionner La Ferme des FAd’H

Un Corps des Pompiers qui intervenait, dans la mesure de ses moyens, pour combattre les incendies ou pour porter secours à la population civile mise en danger par un accident ou autre incident. Combien d’enfants du pays ont été tirées de nos traditionnelles « latrines » puantes par des membres du corps des pompiers ?

Une Académie militaire pour la formation des officiers. Notons que cette académie signa un contrat avec l’INAGHEI qui assurait des cours académiques aux cadets en vue de l’obtention d’un diplôme universitaire. En septembre 1990, toute une promotion de Cadets recevait, à sa graduation, en plus du diplôme militaire, un diplôme en administration signé de l’INAGHEI ainsi qu’un diplôme de secouriste de la Croix rouge haitienne.

Un Camp d’Application pour la formation des sous-officiers et des soldats

Un établissement scolaire dénommé « Ecole secondaire des FAd’H » reconnu par le ministère de l’Education nationale. Cette école, qui fonctionnait à Port- au- Prince dans un local aménagé sur un terrain appartenant aux FAd’H, était contigüe à l’Hopital militaire. Les classes, de la sixième à la classe de rhétorique, recevant civils et militaires, fonctionnaient le soir et les cours étaient assurés par des professeurs diplômés de l’Ecole normale.. Il faut noter que le local était « passé » durant la journée au ministère de l’Education nationale qui y faisait fonctionner une école primaire.

Toutes les prisons du pays (y compris le Pénitencier National) gardées par un personnel militaire. Avec les maigres subventions accordées par l’Etat, l’armée s’efforçait de faire fonctionner les centres pénitenciaires (entretien des bâtiments, soins médicaux aux prisonniers, repas journaliers).

Notons que ce budget de Gdes. 110.000.000.00, en plus de permetttre le fonctionnement des organisations militaires (entretien, aménagement, matériel de bureau, carburant, nourriture etc ) comprenait la paie des 8.000 membres de l’armée (officiers, enrôlés et employés civils). De plus, ce budget permettait d’offrir, le matin et le soir, un repas aux membres de garde des postes militaires et à midi dans les réfectoires de toutes les organisations un repas copieux était servi à tous les membres des FAd’H.

Il est intéressant de noter que l’armée maintenait des rapports étroits avec la Croix Rouge haitienne et le Service de Protection civile. Des membres de l’institution militaire étaient régulièrement désignés pour recevoir une formation de secouriste au cours de séminaires organisés par la Croix Rouge qui les utilisait au besoin.
D’autre part de nombreux militaires, moniteurs de sport, étaient régulièrement utilisés par l’Education nationale dans les établissements scolaires pour conduire les séances de sport prévus pour les écoliers et étudiants..

Il ne faut pas oublier les concerts offerts à la population par les fanfares militaires tant é la capitale que dans certaines villes de province, au Cap notamment.

Parlant de budget, nous ne devons surtout pas oublier celui qui était consacré à la sécurité personnelle de M. Aristide qui, pour payer soixante (60) hommes chargés de sa protection, faisait sortir chaque année des caisses du pays US$ 13.000.000.00 soit Gdes. 520.000.000.00 (Cinq cent vingt millions de gourdes) presque trois fois la valeur du budget des Forces Armées d’Haiti.