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Questions à Joseph Exumé Ministre de la Justice

Friday, January 30th, 2009

par Jean Erich René - Dans un pays comme Haïti, où le taux de criminalité est très élevé, la disponibilité de l’acide sulfurique sur les étagères, représente un danger social. N’importe qui peut se procurer de l’acide de recharge des batteries en vue de commettre un crime à cause de sa causticité. Pour limiter les dégâts nous avons glané les preuves médico-légales concernant ce cas d’espèce dans « L’empoisonnement » écrit par Ambroise Tardieu, Professeur de Médecine à la Faculté de Médecine de Paris. Notre objectif c’est de :

- présenter les symptômes d’empoisonnement par l’acide sulfurique

- proposer les contrepoisons de fortune à administrer rapidement afin d’arrêter ses effets et se procurer du temps pour consulter un médecin.

- aider à identifier le criminel selon les données scientifiques disponibles

1. Qu’est-ce qu’on ressent après avoir absorbé l’acide sulfurique?

- ventre tendu, ballonné avec des coliques douloureuses

- douleur aigue à l’arrière-gorge avec des crampes d’estomac

- cris et angoisse du patient

- vomissements, mêlés de glaises de sang avec une souffrance extrême

- matières rejetées dans les premiers temps d’un brun rougeâtre parfois bleues proches de l’indigo. Dans un second temps le vomi devient plus foncé en prenant la couleur du chocolat

- les vomissures sont corrosives et effervescentes c’est-à-dire pétillent

- douleur intense continue, contractive, sous forme de crampe dans la poitrine

- pouls petit, serré comme convulsif

- face pâle et décomposée exprimant l’anxiété

- lèvres et parties des lèvres brûlées et couvertes de tâches et d’eschares grises, brunes ou bleuâtres

- les yeux sont caves c’est-à-dire sans expression

- refroidissement général et rapide du corps

- un peu de diarrhée mais rarement

- l’agitation augmente et les forces diminuent

- l’affaiblissement devient extrême et la mort suit

2. Quels sont les contrepoisons maison à votre portée pour sauver la victime ?

Le mode d’intervention varie selon les éléments disponibles car le temps presse :

- lui faire boire une grande quantité d’eau pour stimuler le vomissement et diminuer la concentration de l’acide sulfurique rejeté avant de produire ses effets catastrophiques

- lui donner, si vous en avez, du lait de magnésie délayé dans l’eau

- des morceaux de craie ou un morceau de roche blanche réduite en poudre qu’on brasse dans l’eau pour faire une bouillie froide qu’on lui fait avaler

- lui faire absorber de l’eau de savon

- prendre dans le foyer à la cuisine une poignée de cendres de bois diluées dans l’eau, puis coulées dans un morceau de tissu. Lui faire boire tout de suite ce liquide filtré.

3. Comment identifier le criminel?

A partir du constat du décès de la victime et les premières manifestations des symptômes, on peut facilement déterminer l’heure de l’empoisonnement, l’endroit où il se trouvait à ce moment précis et identifier qui était en sa compagnie. Les études médico-légales mettent à notre disposition les indices suivants :

- Dans l’espace de 15 à 20 heures en général décède une personne empoisonnée à l’acide sulfurique, précise le Dr Tardieu

- Dr A. Taylor fixe à 18 heures le décès d’une personne ayant absorbé 30 grammes ou un petit verre de liqueur d’acide sulfurique

- Le décès arrive après 4 heures si la quantité d’acide sulfurique est de 100 grammes. Si l’acide sulfurique est très concentré une dose de 100 grammes tue dans ¾ d’heure, affirme le Docteur Graigie

Dans le cas du directeur adjoint du département du Nord-ouest, il est donc aisé de remonter les filières, à partir de l’heure de son décès à l’hôpital du Canapé Vert, pour déterminer le lieu où il se trouvait il y a ¾ d’heure, 4 heures, 18 heures au plus 20 heures compte tenu du volume approximatif d’acide sulfurique en cm3 prélevé dans son estomac lors de l’autopsie. Où est le récipient? Porte-t-il les échantillons de son ADN ?

Quelle est sa forme? Cylindrique : diamètre et hauteur en cm. Rectangulaire: longueur, largeur et hauteur en cm. Déterminons sa contenance en cm3 pour une analyse comparative du volume siphonné dans l’estomac de Jean-Raymond Philippe, lors de l’autopsie. Un centimètre cube d’acide sulfurique de formule H2SO4 a une masse molaire de 1.83grammes. Soit l (H2SO4) = 1.83g/cm3. Un simple produit croisé suffit pour obtenir le volume du récipient utilisé pour boire l’acide sulfurique.

Qui était en sa compagnie dans cette fourchette de temps? Est-ce le greffier , un employé du Ministère de la Justice, qui l’a vu absorber ce poison? Pourquoi était-il si proche pour deviner l’intention de Jean
Raymond Philippe et la nature du breuvage? A-t-il des dons de voyance ou un odorat si prononcé pour renifler l’odeur de l’acide sulfurique. Il doit être du sérail. Est-ce au cours de la période de sa mise en quarantaine?

Qui était son geôlier? Autant de questions que doivent agiter nos parlementaires lors de l’audition du Ministre de la Justice Jean Joseph Exumé le jeudi 29 janvier 2009. Il n’y a pas de crime parfait. Les méthodes scientifiques révèlent les traces des meurtriers. Il ne faut pas laisser ce crime irrésolu ni impuni. NOU TOUT KA PRAN !

Prochainement nous vous apporterons les preuves médico-légales, grâce à l’autopsie du cadavre et l’analyse chimique identifiant la nature du poison.

Référence : Ambroise Tardieu, L’empoisonnement : p. 184, Questions médico-légales. Quels sont les signes? ; Librairie J.B. Baillière et Fils, Rue Hautefeuille 19, près le Boulevard St Germain.

Haiti : Une odeur de poudre dans l’air

Wednesday, January 21st, 2009

Par Jean Erich René - Le déficit budgétaire de l’exercice fiscal 2006-2007 de la République
d’Haïti n’est pas le fait du hasard. Il s’explique majoritairement par l’incurie administrative. D’un côté le Sénateur Anacacis prétend un excès budgétaire de 12 milliards de gourdes. De l’autre côté le Ministre des Finances accuse un déficit de 3 milliards de gourdes. Ce trou de l’ordre de 15 milliards de gourdes et même plus peut avoir plusieurs explications:

1. une perte considérable dans l’effondrement du Marché Boursier par suite de placements effectués avec les réserves de la BRH, au nom de certains privilégiés du régime. La taxe sur le téléphone devrait boucher ce trou béant. Hélas !

2. les dépenses non prévues par l’Exécutif haïtien pour atteindre des objectifs purement politiques : 30 millions par commune pour organiser les prochaines élections très hypothétiques

3. une politique économique diminuant le fardeau fiscal de certains amis. L’exonération totale ou partielle crée un vacuum dans les caisses publiques

4. la falsification des cahiers de charge visant à réduire le revenu imposable des possédants qui disposent de multiples manèges pour échapper au filet fiscal

5. la privatisation des services publics les plus rentables: douanes, port, aéroport

6. l’élite économique, pour préserver ses acquis et assurer la suprématie de ses cartels respectifs, a développé une politique agressive parfois sanglante. La commande des 300 autobus qu’on devrait affecter au service public et qui a causé l’emprisonnement des Brant soulève encore des
discussions. Une fois de plus, au-delà de la tour Elizabeth, ni analphabète ni bête, sort ses griffes et réclame la part du lion.

Les tentatives de l’Exécutif pour renflouer les caisses de l’Etat sont infructueuses.

1. Le Gouvernement est obligé de surseoir sa décision d’augmenter la taxe sur le téléphone en vue d’éviter une manifestation des abonnés qui s’avisaient de jeter leurs cellulaires sur la cour du Palais National, au cours d’une opération GNB.

2. Entretemps Elizabeth est en train de construire une somptueuse villa à Debussy. Tout est importé aux frais de la République.

3. Qu’a-t-on fait des 22 millions de dollars donnés par la Reine Sofia d’Espagne au profit des sinistrés des Gonaïves? En tout cas, mardi prochain elle sera en visite à la Cité de l’Indépendance pour vérifier de ses propres yeux les réalisations.

4. La drogue de Port de Paix, mine de rien, est en train de déboulonner silencieusement la machine politique en place. Tout moun pran !

5. A chaque semaine ses morts pour tenter d’étouffer le scandale. La Minustah n’y peut rien. Son ex chef, le général Bachelar transférant de fortes sommes au Brésil, a été tué dans une condition similaire que le commissaire Jean Philippe Raymond. Une intervention musclée se profile pou diciplinet cet Etat mafia de la Caraïbe.

6. Franco Camille dit Franco Cadavre, le frère de Ronald Cadavre, le jeudi 15 janvier 2009, au micro de Liliane Pierre Paul à Radio Kiskeya s’est désolidarisé publiquement du Président René Préval qu’il accuse d’avoir trahi la cause lavalassienne. Le pouvoir de nuisance d’Aristide avec ses chimères rivalise les maringouins.

L’étau se resserre autour du président René Préval qui n’a plus le sommeil tranquille. Il gratte le fond de ses tiroirs pour cumuler le minimum de recettes fiscales anticipées requises pour garantir l’aide internationale indispensable à l’équilibre de son budget de 100 milliards de gourdes, une bulle de savon de Daniel Dorsainvil. La politique de la caisse vide place l’Exécutif haïtien dans une véritable impasse financière.

Une odeur de poudre flâne dans l’air. Tout laisse prévoir un éclatement après les carnaval

Classification des Chefs d’État d’Haiti

Saturday, January 10th, 2009

par Jean Erich René - Dans tous les pays du monde, le taux de croissance du PIB est généralement utilisé comme un indicateur fiable de la santé économique nationale et du bien être collectif. Nous vous invitons à identifier le meilleur et le pire Chef d’État d’Haïti aussi bien que les intermédiaires de 1961 à 2007.

Cette classification a été faite selon leurs contributions à la richesse nationale, basées sur le taux de croissance total enregistré, sous leurs règnes respectifs. Les chiffres parlent plus haut que les propagandes politiques, les discours flatteurs et trompeurs.

Classification des Chefs d’État d’Haïti, selon le taux de croissance périodique du PIB sur une coupe longitudinale de près de 50 ans.

1.- Sous Jean Claude Duvalier : le capital national a augmenté de 21,16 %

2.- Sous Cédras Raoul: malgré l’embargo le capital national a augmenté de 6,82 %

3.- Sous Lesly Manigat le capital national a augmenté de: 1,06 %

4.- Sous Prosper Avril le capital national a baissé de: -0,1 %

5.- Sous François Duvalier le capital national a diminué de: -1,18 %

6.- Sous Gérard Latortue le capital national a diminué de: -1,62 %

7.- Sous René Préval le capital national a diminué de : -3,85 %

8.- Sous Jean Bertrand Aristide le capital national est démoli à -10,44 %

Sources: Perspective Monde “ Université Sherbrooke - Banque Mondiale, IHSI

Qui est Le pire dirigeant d’Haïti De 1961 à 2007 selon cette classification de l’Université Sherbrooke?

Qui va aider Haïti?

Friday, January 9th, 2009

par Jean Erich René - Point n’est besoin d’être prophète pour prédire les difficultés économiques auxquelles Haïti va faire face quand la dépression économique se prononce.
Ce sera le sauve qui peut. Vaut mieux ne plus compter sur l’aide étrangère pour arrondir nos fins de mois. D’ailleurs c’est avec l’argent des contribuables que les Administrations des pays riches se permettaient de telles largesses. Leurs assiettes fiscales seront également affectées par la récession. On doit s’attendre aussi à une baisse considérable des transferts unilatéraux à cause des pertes d’emplois aux USA et au Canada.

Chaque année la diaspora expédie 1 milliard 600 millions de dollars en Haïti. Cela ne va pas continuer! En conséquence il faut assainir nos finances en adoptant des mesures draconiennes telles que :

- empêcher la dilapidation des caisses publiques et le détournement des fonds affectés aux projets par les privilégiés du régime

- maintenir à flot la capacité de crédit des Banques Commerciales

- alléger la pression fiscale sur les Entreprises industrielles pour ne pas entraver leur fonctionnement et leur permettre de garder leur personnel

- baisser la Taxe sur le Chiffre d’Affaire (TCA) spécifiquement pour les biens de première nécessité et l’augmenter pour les produits de luxe

- éviter les hémorragies financières au niveau de nos douanes en assurant la collecte des recettes fiscales dans les caisses de l’État

- colmater les fuites au niveau de la Direction du Bilan à la DGI suite à la falsification du Grand Livre de certaines Entreprises commerciales et industrielles de connivence avec des agents prévaricateurs

- abolir les exonérations accordées aux membres influents de la Société Civile

- Nationaliser et remettre en fonction le Ciment d’Haïti, la Minoterie d’Haïti, les usines sucrières des Cayes, de Léogâne, du Cap, de la Hasco,l’Enaol

- irriguer nos plaines et vallées afin d’augmenter la production agricole

- éviter que les mines d’or de Meme (1.5 millions de tonnes ), Lamine, Colombo, Rivière des Barres,Treuil, La Miel, Bois de Laurence, Savanne La Place , Grande Savanne etc. soient vendues au rabais

- ouvrir en Haïti une Bourse de l’or, plus fiable que la Bourse Financière.

Avec le retour éventuel du Gold Exchange Standard aboli par la Politique néo libérale, l’or constitue actuellement la monnaie de refuge par
excellence.

Haïti est le sphinx de l’or! Nous devons nous dépouiller de tout complexe d’infériorité pour traiter d’égal à égal avec les autres Nations.

Cessons de trembler et abordons l’avenir avec optimisme. Notre chance de nous tirer de cette crise mondiale dépend de notre esprit d’entente et d’initiative. La récession économique actuelle nous prouve l’irresponsabilité des prétendus experts du FMI et de la Banque Mondiale.
Si nous en sommes là aujourd’hui c’est à cause de leurs trompeuses recommandations : rééchelonnement de la dette, PAS ou Programme d’Ajustement Structurel, disparition des barrières douanières, libre échange, absence de l’État etc.

Maintenant ces Institutions Financières Internationales qui nous ont inoculé leurs venins, comme de cyniques croque-morts, participent à nos obsèques. Qui va aider Haïti?

Haiti: Le trou dans le mur

Monday, December 22nd, 2008

par Jean Erich René - Compte tenu des standards habituels, au cours de ces 18 dernières années, le paysage social haïtien a subi des transformations quasi irréversibles. Notre faune urbaine, pour échapper à cette situation lamentable, a dû émigrer au Canada, aux USA en France et à St Domingue. La nature a horreur du vide. Une avalanche de paysans se déferle sur nos villes. Ce nouveau contingent a changé complètement les normes et les valeurs sociales en cours.

La nouvelle réalité haïtienne échappe complètement à l’entendement de nos compatriotes de la diaspora qui n’ont pas visité le pays durant ces 5 dernières années. Ils caressent des projets mirifiques inspirés d’un nationalisme exacerbé. Dans leurs rêves purement nostalgiques, le plus souvent ils privilégient l’aspect financier en négligeant le facteur humain d’où la source principale de leurs erreurs d’implantation. La population haïtienne actuelle ne tend plus vers les idéaux traditionnels. Les schèmes
de valeur ont changé du tout au tout. La course vers la richesse par le biais du trafic de la drogue a renversé presque tous nos préceptes moraux. Quelle que soit la source de l’argent, ce sont ses détenteurs qui ont voix au chapitre.

L’Eglise, jadis considérée comme une grande source d’énergie morale, a pratiquement dévié de sa tradition. C’est de là surtout que découle l’effondrement de la société haïtienne. La religion était le socle sur lequel reposait toute notre armature sociale. Même le tracé de nos villes a pour épicentre les bâtisses de nos églises autrefois la fierté de nos compatriotes.

Aujourd’hui il est triste de constater que l’image de nos prélats devient de plus en plus terne et tend vers l’obscurcissement total. L’indigénisation du Clergé Catholique jusqu’à présent se révèle un échec.
L’Archevêque de Port-au-Prince a échappé de justesse à la mort au cours d’un attentat perpétré par ses propres frères en Christ qui par surcroît ont brûlé l’ancienne Cathédrale de Port-au-Prince, au mépris de la mémoire de l’Empereur Jean Jacques Dessalines. Aujourd’hui il est affligeant
d’entendre les déclarations de Père Joachim Samedi qui annonce sa démission de son poste de Curé de la Paroisse St Louis de Gonzague de Bonbon.

Les arguments soutenus pour justifier une décision aussi sévère sont encore plus avilissants pour notre clergé indigène. Joachim Samedi parle d’empoisonnement d’un prêtre, de corruption et même de viol à l’Evêché de Jérémie. En effet, au cours du soulèvement de 1986, Père Wilner Eveillard de l’Anse d’Hainault était l’unique Curé qui avait reçu le délégué du Gouvernement en la personne du Chef du protocole. Comme sanction de son Evêque, il a été transféré à Bonbon qui n’avait jamais eu de prêtre dans le passé sinon que le curé des Abricots. Peu de temps après, Père Wilner Eveillard est mort. A l’époque il était bruit qu’il était mordu au doigt par un enfant qui recevait le baptême. Des informations beaucoup plus précises confirment que le Père Wilner Eveillard a été piqué au doigt par une épingle au moment où il tentait d’enlever son bonnet, pour verser de l’eau sur son front et faire de lui un enfant de Dieu. La pointe de l’épingle était-elle empoisonnée ? En tout cas c’est à partir de cet incident que lr rérend Père Wilner Eveillard , ce prêtre dissident de l’Evêché de la Grand’Anse, a trouvé la mort.

Les accusations du Père Samedi sont-elles bien fondées. En 1990, au fort du déchouquage il avait traité l’Archevêque de Port-au-Prince de Bourrique de St Domingue tout en souhaitant que le Père lebrun soit élevé au rang d’Evêque ? Aujourd’hui, sa prière est bien exaucée. Prions pour notre Eglise en pleine déconfiture !

La conception du pouvoir temporel est aussi en rupture avec nos valeurs traditionnelles. La différence s’observe même à partir de la tenue vestimentaire de nos dirigeants qui circulent en bras de chemise même au cours d’une visite de remerciement à l’Ambassade dominicaine à l’occasion de l’effondrement de l’Ecole de Pétion Ville. Si l’habit ne fait pas le moine, mais il permet tout de même de le distinguer. Nos cérémonies ne sont empreintes d’aucune solennité. La banalité devient le ton dominant. Il est curieux de remarquer la maîtresse attitrée du Président se déplacer d’un bout à l’autre de la loge officielle pour entreprendre des initiatives ordinairement réservées au Chef du protocole. Un Président circulant en camion aux Gonaïves après le cyclone est une scène comique plutôt digne de Louis de Funès. Une nouvelle conception du Pouvoir se dessine en Haïti.

Loin d’en rire il faudrait en pleurer ! Cette rupture avec la pratique des prédécesseurs est dangereuse pour l’avenir des Institutions Nationales. Le 55ème Président d’Haïti croit pouvoir en faire complètement à sa guise et ne se comporte plus selon les prescrits de la Constitution de 1987. Il adopte des mesures qui sans conteste frisent l’absolutisme pour grandir son aura . Il n’est plus de ce fait le gardien de nos Institutions selon l’article 136:

ARTICLE 136
Le Président de la République, Chef de l’État, veille au respect et à l’exécution de la Constitution et à la stabilité des institutions. Il assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la
continuité de l’État.

L’intention manifeste de René Préval de changer la Constitution tend vers la représidentialisation du régime politique haïtien avec droit de succession. L’effacement du Premier Ministre, pris dans un contexte politique hémisphérique dominé par l’investiture d’un démocrate à la Maison Blanche le 20 Janvier 2009, participe plutôt de l’effronterie. Peu de présidents d’Haïti ont réussi ce tour difficile. Ainsi périssent Dumarsais Estimé et son tombeur le Général Paul Eugène Magloire pourtant surnommé
Kanson Fè. La mise en place d’un CEP sous couple réglé soulève déjà la réprobation des Leaders Politiques. Le moins que l’on puisse prévoir c’est la contestation de ce scrutin, sous l’œil de Barack Obama, avec des conséquences néfastes pour le Parti au pouvoir.

Une telle défaite va rejaillir sur toute la classe politique parce qu’elle ne saura pas insuffler la dynamique indispensable aux électeurs. Le score de tous les leaders au-delà de 50 ans sera nul. A défaut d’être connectés à la réalité sociale haïtienne, la nouvelle génération va les reléguer dans
le camp des perdants. Le beau parler français, la moralité, la compétence ne sont plus des référentiels. La banalisation de la Présidence et le flirt avec les chimères depuis 18 ans ont provoqué un sentiment de dégoût pour la politique haïtienne.

Le chambardement qui s’annonce pour l’année 2009 à cause de l’entêtement de René Préval à domestiquer les urnes en vue de s’assurer un troisième mandat ou de nommer son successeur va soulever une cabale susceptible d’assurer l’émergence d’un leader dont le profil se précise déjà avec Wyclef Jean. Sa percée est remarquable avec ses différentes prestations auprès des résidents de nos bidonvilles qui représentent la majorité des suffrages. De fait, ils ont renversé les urnes en 2006 pour acclamer la victoire de Préval en donnant le ton au CEP.

Et maintenant ?

En jetant un coup d’œil à travers le trou pratiqué dans le mur social haïtien par l’Église Catholique, Jean Bertrand Aristide et René Préval, nous constatons que nos leaders traditionnels sont effacés. L’écho du
discours politique qui déclenche la ferveur populaire est identifié au niveau des Groupes de Musique Casse-Cou et Fugees etc. Wyclef Jean, considéré comme un modèle de réussite aux yeux de l’Etablishment américain, se positionne au carrefour principal de l’échiquier politique haïtien, à l’instar de Jean Bertrand Aristide en 1991, comme un leader incontestable et sans rival.

Haiti: La politique de la honte

Thursday, December 18th, 2008

par Jean Erich René - La presse électronique a exhibé la scène crapuleuse d’un compatriote
haïtien dont les deux mains seraient coupées en République dominicaine. Le Gouvernement de René Préval par l’entremise de son Ministre des Affaires Étrangères Allrich Nicolas s’est empressé de banaliser la question pour se dérober à ses responsabilités. L’absence du sang est l’argument massue qui infirme d’emblée le carnage. En effet, le drame n’a pas été saisi sur le vif mais, selon toute vraisemblance, il a été certainement reconstitué en différé sous l’œil d’une caméra dans le but d’alerter l’opinion publique. Il est un fait certain qu’un Noir dont la nationalité n’a pas encore été identifiée, a les deux mains coupées. Il ne s’agit pas d’un truquage.

Quelqu’un à 1a la peau noire, quelque part dans un pays de langue espagnole a été victime d’un acte crapuleux. Selon une forte probabilité il s’agit d’un Haïtien victime, comme à l’ordinaire, des exactions de nos voisins. L’intonation de la voix ne peut pas être retenue comme critère d’exclusion de St Domingue comme théâtre du crime. Dans un même pays le mode d’expression varie d’un milieu social à l’autre. Nous pouvons citer la variation de l’accent du créole en Haïti.

Il n’y a pas de fumée sans feu! Il est un fait certain que Haïti traverse une crise plurielle à cause de la faiblesse de l’administration étatique. La dernière élection présidentielle dont l’objectif était de pacifier la nation en vue de mettre sur pied certains programmes de développement économique, a empiré la situation. Le vainqueur proclamé, loin de remettre le pays sur ses rails, l’a plutôt livré à un groupe d’hommes cupides qui ne font que rafler les maigres sous de nos droits de douane. La route
nationale Jérémie –Port-au-Prince financée à la hauteur de 100 millions de dollars par la Banque Mondiale est bloquée. La raison vient du fait que le Club de Bourdon s’est approprié frauduleusement l’aire d’implantation du tracé en faisant monter ipso facto le coût à 200 millions. Le projet est
abandonné à cause d’une insuffisance de fonds L’asphalte de Chavez a été vendu à St Domingue par la Reine Elizabeth. Les 200 millions de PetroCaribe se sont volatilisés dans les désastres post cycloniques.

Face à la gourmandise des caciques de LESPWA, un Parti-Etat, il nous faut trouver un consensus sur la gestion de la Cité. La dilapidation des caisses publiques ne peut pas être la rançon du vainqueur des élections de 2006. Du moins c’est l’impression qui se dégage de l’iniquité et de la violation des
lois de la République par le 55 ème président d’Haïti. La dangerosité de ce comportement purement licencieux de nos dirigeants a fini par créer un état psychologique collectif propre au découragement. De telles transgressions sont plutôt perçues en terme de fatalité par le commun des mortels. Nos leaders politiques observent un silence complice et accablant qui exprime clairement leur découragement et leur renonciation à la cause commune. Le Maître d’Armes, par ses coups d’épée dignes de Zorro, a mis hors de combat, un à un, presque tous les acteurs de la scène politique.

Aujourd’hui les lampes sont éteintes et le théâtre sombre dans le black-out. Une telle noirceur est propice à la réalisation de leurs projets ténébreux de refonte complète de la Constitution, le renouvellement du Mandat de René Préval et le retour éventuel de Jean Bertrand Aristide taclé
sévèrement par le nouveau Leader de l’ANC. 9 millions de dollars sont mis à la disposition de nos Parlementaires pour la réussite de cette succession sans aucun heurt. Les élections sont truquées d’avance. Ne sortiront du chapeau de nos magiciens que des élus dont les campagnes ont été financées après avoir prêté serment d’allégeance à leur patron. Les éléments indispensables à une appréciation objective de la situation politique actuelle du pays échappent à l’entendement des observateurs même les plus avertis. Il revient aux leaders d’opinion d’alerter le Peuple afin de le motiver sur le danger qui le guette. Dans l’atmosphère de la Fête de Noël, le Père Lebrun qui a régenté le pays, enflammé les pneus, brûlé nos compatriotes, imposé un état de non droit, détruit les Institutions de la République, renvoyé l’Armée d’Haïti, est sur le chemin du retour.

La Patrie est en danger! Prochainement le Peuple sera convoqué en ses comices en vue d’adhérer par voie référendaire au projet de refonte complète de notre Charte Fondamentale. Des escouades de baratineurs sont chargées de lancer une campagne de propagande à sens unique afin de donner une coloration populaire à cette odieuse initiative. La fraude massive, le bâillonnement de la Presse, le harcèlement et la menace des opposants sont inscrits au menu. L’Internet est également ciblé. On tente à tout prix d’annuler certains forums car la démocratie du Web pose de grands ennuis. L’anathème sera jeté sur nos hommes politiques les plus représentatifs.

Après 18 ans d’un Pouvoir Lavalas forgé par le feu et le sang, la perpétuation des méthodes autoritaires ne peut plus se poursuivre. Cette nouvelle constitution va définitivement fermer la porte de la mémoire sur les dossiers de Jean Dominique, Mireille Durocher Bertin, Jean Lamy,
Antoine Izmery, Jean Pierre Louis, Jean Marie Vincent etc.

Les escadrons de la mort vont poursuivre sans aucune crainte leurs œuvres interprétées au sens du vainqueur comme frais collatéraux. Les propriétaires des entreprises brûlées, détruites n’auront pas de justice. Le nombre de bidonvilles va augmenter car les familles seront réduites, de plus en plus, à la misère par suite de la confiscation du revenu national. Aucune responsabilité du Gouvernement ne sera signalée dans le kidnapping levé au rang d’institution nationale. Cette nouvelle prose constitutionnelle trahit l’ambition du Monarque de René Préval, prêt à tout pour un troisième mandat. Son délire du pouvoir le porte à fermer les yeux sur la vidéo « El Machetazo » parce que l’appui de Lionel Fernandez lui est indispensable pour son projet de refonte de la Constitution et l’obtention de son troisième mandat. Dans cette optique, il adopte la politique de la honte de Sténio Vincent qui, soucieux de renouveler son mandat en 1937,se trouvait dans une situation analogue vis-à-vis du
dictateur Léonidas Trujillo y Molina, en passant à pieds joints sur l’assassinat de 15 à 20 mille Haïtiens en République Dominicaine.

Rebâtir Haïti

Monday, November 24th, 2008

Par Jean Erich René -
Chronologiquement le tracé des villes d’Haïti, le canevas des quartiers résidentiels, l’architecture des bâtiments les plus imposants relèvent, pour la plupart, des crayons de l’époque coloniale et de l’Occupation Américaine. En effet, des maisons préfabriquées avec des structures métalliques étaient importées d’Europe. Les villes de Jérémie, Jacmel, Cayes sont jusqu’à présent des témoignages éloquents de l’influence française en Haïti.

Nous relevons les griffes américaines au siècle dernier surtout au niveau des édifices publics. Nous ne pouvons pas inventorier au détail près les différentes étapes de l’aménagement du territoire national, mais le bon sens nous permet de distinguer deux phases bien distinctes de l’évolution structurelle d’Haïti :

- des études objectives et conscientes que nous héritons des colons et de l’occupant

- des étapes ponctuelles mais purement subjectives inspirées beaucoup plus par le besoin de rayonnement politique de nos gouvernements que par le souci de doter le pays de certaines charpentes indispensables à notre évolution sociale.

A ce compte nous devons rendre nos publics hommages aux Présidents :

- Paul Eugène Magloire qui a transcendé par sa stature l’histoire de la construction en Haïti en ouvrant le Boulevard de Delmas contribuant ainsi à la création de cette Commune. Nous relevons aussi à son actif l’inauguration du Ciment d’Haïti qui a révolutionné l’archétype de construction, grâce au béton armé plus résistant au cyclone, sans oublier nos unités de fabrication de blocs, fer forgé etc.

- François Duvalier qui a reconstruit la Grand’Rue de Port-au-Prince, bétonné la route nationale jusqu’à Carrefour Dufort, érigé le Building des Contributions, l’École des Infirmières, entamé la Construction de l’usine hydro-électrique de Péligre, implanté le plus somptueux Aéroport de la Caraïbe de l’époque.

- Jean Claude Duvalier qui a actionné les Centrales hydro-électriques de Péligre, Drouet, Saut Mathurine, les Centrales Thermiques de Carrefour, de Varreux pour distribuer dans nos villes l’électricité 24 sur 24 dont nos compatriotes aujourd’hui sont nostalgiques. Dans le domaine de la communication jusqu’à nos jours les Haïtiens ne font que jouir des bienfaits de son gouvernement notamment avec la TELECO et ses satellites. La TNH, la Radio Nationale, la route de l’Amitié les routes nationales No 1
et No 2 sont autant de réalisations qui témoignent de son constant souci d’améliorer le sort du Peuple haïtien. Les Centres Sportifs de Delmas et de Carrefour, la présence d’Haïti au Championnat International de football à Munich en 1974 sont les résultats probants des investissements consentis
sur le plan sportif.

Peut-on dire autant des Locataires du Palais National de ces 18 dernières années? Exception faite du Gouvernement intérimaire de Gérard Latortue qui s’est démené activement pour doter le pays de certains Complexes Administratifs, rien de concret n’a été relevé à leurs actifs. Par contre
ils ont des passifs lourds en corruption. Aujourd’hui ils ont atteint le fond du vase avec le vol des linceuls à la morgue de l’Hôpital Général, la dilapidation des fonds de l’ONA impliquant l’entourage immédiat de César.

Dans quel Tribunal avec quel Code Pénal va-t-on faire ce jugement?

Outre la déliquescence des moeurs, nos élites ne répondent pas non plus au cri de désespoir des affligés. Elles préfèrent s’isoler dans leurs cocons en se désolidarisant de la masse. Une telle topographie sociale, cotée sur le degré de fortune, donne lieu à chaque changement de Gouvernement à des éclatements regrettables. Le déchouquage ne fait que rétrécir l’espace vivable et augmenter le coût du loyer. L’image d’Épinal affecte aussi les Bureaux de l’État mal logés depuis 1804. L’enseignement, exception faite des Écoles congréganistes, est dispensé dans des maisons inappropriées, parfois sans aucune cour de récréation. Que dire d’une bibliothèque, d’un gymnase, d’un laboratoire de Sciences, d’une cafétéria etc.

La plupart de nos facultés dispensent un enseignement théorique mais non professionnalisant. Nous ne formons que des perroquets, des pseudo intellectuels qui n’intériorisent même pas leur savoir. Comment apprécier les prolongements pratiques de leurs prétendues sciences dans la résolution
des problèmes nationaux.

Pendant deux siècles nous éprouvons un malin plaisir à chasser nos fils les plus vaillants et à détruire le patrimoine national. 35.000 intellectuels haïtiens ont émigré récemment au Canada. Après l’assassinat de Dessalines, sa résidence privée et le Palais des 365 portes ont été pillés. A la mort de Christophe le Palais de Sans-souci à Milot et la Citadelle La Ferrière ont été saccagés.

Presque toutes les luxueuses demeures de nos Chefs d’État qui pourraient servir de sites touristiques ont été incendiées ou rasées par la foule. En 1986, l’Église Catholique d’Haïti pour précipiter le
départ de Jean Claude Duvalier a lancé la sotte initiative de démolir certains Locaux Publics, spécialement les Écoles Construites dans nos Communautés Rurales par l’UNESCO sur la demande expresse de Joseph C. Bernard, Ministre de l’Éducation Nationale.

Dans un État de non droit la population haïtienne est réduite à l’instinct de survie. Si nous voulons jouir d’une sécurité relative il faut rebâtir Haïti. Le renouveau s’inscrit dans la résurrection des axes existants, augmentés des nouvelles perspectives afin d’amortir les charges inhérentes
à notre folle croissance démographique. Compte tenu de l’internationalisation intense des rapports, Haïti ne peut pas se comporter en État paria. Le climat malsain de Port-au-Prince n’est pas favorable à
l’équilibre des échanges avec nos homologues.

L’idée de Dessalines de transférer la Capitale d’Haïti ailleurs serait bienvenue en une telle occurrence. Le Président Louis Pierrot avait exprimé aussi le même sentiment en étiquetant ironiquement Port-au-Prince de : Port-au-Crime.

Depuis la Rome Antique la grandeur d’une Nation était préfigurée par les imposantes façades de ses bâtiments publics, ses amphithéâtres etc. Dans le même ordre d’idées St Petesbourg est devenu Leningrad en 1924. Dans la même veine Georges Washington a construit la Capitale qui porte son nom après l’indépendance américaine. Il n’est pas conseillé de confier les rênes du pouvoir aux pauvres d’esprit.

Ils sont à la fois mesquins, misérables et miséreux. Il n’y a pas d’État sans moyen. Il revient aux dirigeants d’identifier nos sources de richesse afin de dégager la contrepartie financière nécessaire à la création des débouchés économiques.

Il nous faut une Capitale plus moderne avec de grandes avenues, des espaces verts et des édifices publics plus fonctionnels. Le développement économique d’Haïti s’intègre dans une géographie visant à loger une société ouverte au progrès du monde. Tant en économie libérale que planifiée, rebâtir Haïti est tributaire d’un processus décisionnel que doit enclencher une Administration étatique intelligente, consciente et responsable.

Aménager l’espace haïtien

Sunday, November 16th, 2008

ParJean Erich René … En cette période particulièrement troublée de l’histoire nationale, nous vivons des heures enténébrées par des événements malheureux qui nous frappent coup sur coup tout en nous inspirant un sentiment de découragement et d’abandon. Nous ne sommes pas victimes de la fatalité mais de notre insouciance et de la faiblesse de notre système de gestion.

La complexité et la gravité de la détérioration de l’espace haïtien exigent à son chevet toute une gamme de techniciens : géographes, urbanistes, économistes, photo-interprétateurs, sitologues, paysagistes, agronomes, ingénieurs etc.

Ils doivent saisir sur le vif les données de la problématique inhérente aux difficultés géo-économiques du territoire national. Le mode de vie est étroitement lié aux opportunités qu’offre le milieu ambiant. Toute modification de l’écosystème a des retombées directes sur les éléments de l’environnement en général, y compris l’homme en particulier.

Nous devons tous prendre conscience du danger de la désertification du Tiers occidental de l’Île d’Haïti que nous gérons en maître depuis 1804. Point n’est besoin de chercher des boucs émissaires en remontant jusqu’aux Duvalier qu’on accuse gratuitement puisqu’ils ne sont plus au pouvoir. Faisons plutôt appel au bon sens pour restaurer de manière intelligente notre espace vital détruit à cause de notre comportement anarchique. Il n’y a pas de nation sans territoire. L’année 2008 nous a été particulièrement fatale avec ses multiples cyclones, le débordement de nos lacs, le déchaînement de nos rivières et les effondrements mortels de certaines écoles. Les forces de la nature semblent se liguer contre nous en fragilisant notre environnement. Si nous voulons compter encore comme
Nation du Monde, c’est à nous et à nous seuls d’assurer notre survie en arrêtant des mesures adéquates pour conjurer le mal. Coqs et pintades sont tous victimes.

Une analyse fine de la problématique de l’environnement haïtien met à l’index la surpopulation comme la cause causante. En effet durant ces deux dernières décennies on observe une explosion démographique et un mouvement migratoire intense de la campagne vers la ville et des centres urbains vers la Capitale. Il en résulte donc un déficit de la production agricole et une augmentation de la consommation qu’on doit compenser par l’importation. Il s’en suit un déséquilibre de la balance commerciale diagnostiquée par la décote de la gourde. Haïti n’est pas le premier pays du monde à subir les méfaits d’une surpopulation et des déplacements intempestifs de sa population. L’histoire rapporte que la Grèce Antique confrontait un problème grave de surpopulation. Pour relever ce défi un noyau de gens s’était déplacé pour constituer d’autres villes initialement appelées colonies grecques. En Amérique : New York, la Nouvelle Orléans, Montréal , Québec etc. sont autant de nouveaux Centres Métropolitains créés sous l’intense pression de la population grandissante. En France, Marseille est un exemple typique d’une ville portuaire formée par une agglomération d’immigrants.

Dans l’espace géographique haïtien la particularité la plus frappante, c’est l’étalement de nos villes sur le littoral et à proximité d’une rivière ou cours d’eau. Le choix de cet emplacement s’explique surtout par la nécessité d’approvisionnement en produits de premières nécessités et le besoin urgent de l’eau pour la boisson, la lessive, le transport fluvial avec les pipirites etc. Les données empiriques nous enseignent que nos marchés se situent sur les berges de nous rivières, à leurs embouchures ou
à proximité. Toute étude de faisabilité entreprise en vue de décongestionner Port-au-Prince et nos villes de province doit tenir compte de ces deux caractéristiques pour la création de nouvelles agglomérations. Un urbanisme ouvert, grâce à la percée de nouvelles voies, assurera les relations interurbaines.

L’implantation de nouvelles structures urbaines, par sa rigueur, exige le tracé d’un nouveau cadastre. La photographie aérienne ou mieux encore les données landsat sont les plus évidentes pour concilier sans heurt les nouvelles perspectives avec les données traditionnelles. Les espaces publiques tels que : marché, place, terrain de sport, école dispensaire, hôpital, poste de police, magasins etc. constituent un noyau indispensable à l’implantation de nouvelles structures citadines pour les raisons
suivantes :

a) Marché public; nécessité d’alimentation et de commercialisation.
b) Place publique : lieu de rencontre pour les manifestations sociales
c) Terrain de sport : besoin d’épanouissent des résidents
d) Dispensaire et hôpital : premiers soins et soins de santé
e) Poste de police : besoin de sécurité

Dans l’acceptation géographique du terme, une nouvelle dynamique d’aménagement du territoire national s’impose et s’avère même urgente. Dans la conception moderne de nos villes et villages, l’Église ne représente plus l’épicentre. Ce rôle est plutôt dévolu au Centre d’achat et aux
Bureaux de l’Administration Publique. La croissance continue et irréversible des populations de Port-au-Prince et de nos villes de Province augmente la densité par mètre carré avec des conséquences funestes pour la salubrité et la sécurité sociale. Les résidents vivent dans des conditions exécrables, c’est à dire des réduits et des cloaques accrochés au bord des ravins ou suspendus sur des pilotis sur des terrains marécageux du bord de la mer les exposant à toutes sortes d’intempéries. D’où les accidents regrettables et les pertes en vie humaine enregistrés lors des cyclones. Nous applaudissons les efforts déployés dans le passé par les Gouvernements de Élie Lescot, Dumarsais Estimé, Magloire, Duvalier Père et Fils pour construire des logements sociaux au bénéfice des masses défavorisées.

S’il faut tirer une leçon des initiatives de nos prédécesseurs la palme revient au Gouvernement de Paul Eugène Magloire qui a vraiment manifesté le souci de loger dignement la population. La Cité militaire, la Première et la Deuxième Cité etc. sont des structures qui s’intègrent sans heurt et sans aucune discrimination dans nos parcs de logement. Tandis que les autres Cités plutôt dressées sur des sites inappropriés sont de véritables témoins de la misère, de la pauvreté et par surcroît, le repaire des
malfrats. Les reconstructions de Belladère et de Cabaret respectivement par Estimé et Duvalier sont des éléphants blancs. En effet, les emplacements ont été mal choisis et les éléments d’avant-garde devant faciliter le déplacement de la population vers ces nouveaux centres urbains n’étaient
pas pris en compte dans la planification.

En dépit des erreurs commises, ces pionniers ont droit à nos respects et à nos considérations. On dira qu’ils ont échoué mais ils ont tout de même osé. Depuis près de 20 ans on ne perçoit aucune velléité de construction de logements à bon marché au profit des défavorisés. Nos contemporains ne s’en soucient guère. La masse livrée à elle-même se démène pour aménager sa couche lavalassement. A ce compte nous adressons nos hommages publics aux professeurs Hubert Deronceray et Leslie François Manigat qui sont les seuls à inclure dans leurs programmes politiques respectivement deux structures parallèles mais congruentes et appropriées : l’UTD et l’UTA. En effet, pour assurer la prise en charge globale des problèmes relatifs à la croissance de la population tels que éducation, santé, environnement etc. le Leader du GFCD ou GRAND FRONT DE CENTRE DROIT prévoit la mise en place d’une Unité Tactique de Développement (UTD) dans chaque département géographique.

Aussi nous confesse-t-il : « Chaque Village UTD comprend le bureau du CASEC et au minimum une école, un dispensaire, une église, une banque, une place publique, une salle de spectacle, un terrain de jeu, un marché, une piste d’atterrissage pour hélicoptère ou avion léger, un cimetière, etc.
L’UTD devient finalement un établissement public, un cadre social endogène vecteur de écentralisation, de déconcentration, de participation pour la croissance de la production nationale. »

La congestion apparente de la Capitale et de nos villes secondaires est principalement due à une utilisation inadéquate de l’espace urbain. La faute revient au mode de lotissement basé sur le modèle seigneurial que nous héritons des Colons français. Les rues sont très distantes bordées de
maisons rectangulaires. Elles sont plutôt oblongues avec le plus côté tourné vers la rue. Le souci des Français c’était de permettre d’avoir plus de pignons sur rue. Une longue cour inutilisée au 2/3 les sépare. Une vue aérienne nous montre aussi bien qu’à Jérémie, aux Cayes qu’à Port-au-Prince, aux Gonaïves et à Port de Paix, que dans un pâté de maisons il existe un vide capable de recevoir deux autres rangées une rue transversale ou de préférence en cul-de-sac. Le problème ne se pose pas
pour le Cap Haïtien bâti sur le modèle anglais. Les rues sont par contre plus rapprochées.

Avant de penser à la création de nouvelles villes, l’implantation de Town House(anglais), dans les espaces vacants grâce à de nouvelles percées de route est une perspective enrichissante. D’autant plus qu’elle contribuera à effacer ces ghettos qui ordinairement s’y développent. Ces baraquements
s’observent au Bel Air, les rues de la Réunion, Mgr Guilloux, Grand Rue, Solino, St martin etc. sans compter nos villes de province. Ces favelas portent les noms les plus grotesques : corridor Fourmi, corridor punaise, corridor Bourrique, la Cour Bréya, la Cour Mouzin, Nan Coton, Nan Savann,
Cité Carton, Cité Chany etc. Ce sont de véritables casernements, difficiles d’accès en période de crise même par les Forces de l’Ordre.

L’implantation d’appartements de 3 à 4 étages bien proprets pourvus de structures sanitaires avec adduction d’eau potable, suite à une utilisation rationnelle de nos interstices urbains, augmentera notre parc de logement presque de moitié tout en effaçant ces verrues qui offrent un spectacle
désagréable à la vue. Nous appuyons sans aucun fard la thèse du Président René Préval de destruction de ces bidonvilles qui pour la plupart sont de véritables camps de retranchement de voleurs aguerris parce qu’inexpugnables. Cependant la destruction doit être progressive et substituable. Nous entendons par là qu’on doit commencer par construire d’abord certaines maisons au profit des ménages avant de détruire progressivement leurs habitats. Nous nous inspirons de la méthodologie du
Gouvernement de Jean Claude Duvalier à Raboteau aux Gonaïves en 1984. Il est malsain et irresponsable de laisser un pays se développer dans des conditions aussi anarchiques que misérables. Les marchés publics, les garages etc. s’installent n’importe où. Il faut réaménager l’espace haïtien.

Ne brûlons pas les étapes!

Sunday, November 9th, 2008

Par Jean Erich René

A l’aube du troisième millénaire les données politiques internationales changent avec des répercussions certaines sur l’échiquier politique haïtien. Avec l’arrivée de Barak Obama à la Maison Blanche de nouvelles cartes seront distribuées.

Les normes, les principes, les schèmes de valeur d’antan vont subir de grandes modifications mais l’objectif du système capitaliste ne changera pas d’un iota. Il est à la recherche d’un nouveau souffle. La victoire de Barak Obama est avant tout américaine. Les électeurs ont voté compétence au profit de leurs intérêts personnels. Blancs et Noirs sans aucune nuance épidermique ont choisi le candidat qui symbolise le changement.

Durant les 75 jours qui précèdent son inauguration le 44e Président des USA sera initié aux dossiers secrets américains par le biais de la HOMELAND SECURITY qui regroupe le FBI et la CIA. Contrairement à ce que l’on pense ce n’est pas la Maison Blanche qui commande. Le pouvoir
aux USA est distribué suivant une structure matricielle très conflictuelle : Maison Blanche, Département d’État, Pentagone, CIA et FBI. Soulignons à l’encre forte la pluridimensionnalité de la CIA et sa préséance dans les décisions. Le président assermenté Barak Obama sera obligé de respecter
certaines balises.

Malheureusement bon nombre de nos compatriotes ne se sont pas encore réveillés de leur sommeil léthargique afin de se rendre compte que les vérités d’hier ne seront plus acceptées après le 20 janvier 2008 sur le plan des relations internationales. La transition Bush/Obama ne s’accommode nullement à certaines pratiques traditionnelles.

Par l’écho de son discours Barak Obama s’est signalé comme le Chef du Monde. De ce fait il pourra réparer le déficit de crédibilité des USA, lui ouvrir des segments de marché importants et surtout les puits de pétrole de l’Afrique. Que nos têtes de linotte se ravisent. Dans leurs folies furieuses d’accéder au pouvoir en Haïti, ils abondent en flagorneries de toutes sortes.

Ce comportement ridicule plutôt digne de la politique des invertébrés devient obsolète. Cette mutation du système des valeurs consacre l’échec définitif des architectes du nivellement par le bas.

La misère qu’étale Haïti aux portes de l’Amérique constitue une honte pour le rayonnement du Capitalisme. Il faut d’abord un climat de sécurité pour l’implantation des structures matérielles et administratives nécessaires.

La voyoucratie imposée comme système de Gouvernement durant ces deux dernières décades est révolue. Nous invitons les diplomates du béton à mettre bas les armes. L’Évangile de la Nouvelle Alliance annonce la fin de la Loi du Talion. Il ne reste à nos leaders politiques que le temps de
faire le ménage en renonçant à certains concepts cramoisis.

L’heure a définitivement sonné pour les architectes de la politique du béton qui tiraient en cachette sur les ficelles des chimères. Leurs discours sont jugés fades et rebutants. Leurs propos passés au crible n’ont laissé comme filtrat que de la paille. Leurs projets de société pesés sur la balance
n’ont pas bougé l’aiguille du zéro initial parce qu’ils sont trop légers.

Tenter de s’approprier la victoire politique du Parti démocrate pour jeter de la poudre aux yeux des imbéciles et monter en Haïti des projets politiques imaginaires est une fuite en avant qui va fondre la cire des ailes d’Icare qui voudrait s’approcher du soleil. En effet, ces jongleurs n’ont pas l’agilité nécessaire pour imprimer le changement tant souhaité au sein de la population haïtienne.

Il faut un saut qualitatif pour transférer mentalement en Haïti les progrès techniques et matériels des sociétés avancées en aménageant bien sûr les voies et moyens adéquats. La tâche n’incombe pas aux Haïtins de définir les priorités du Nouveau Gouvernement démocrate. Quelle prestidigitation! Il ne revient nullement au nouveau Président américain de nous dicter la voie à suivre. Le partenariat annoncé par le Candidat Barak Obama, au cours de sa campagne électorale, ne sera pas un jeu de dupe.

Il doit être l’objet d’échanges fructueux entre les deux pays. L’aide américaine sera articulée en fonction de notre plan de développement axé sur des paramètres spécifiques au milieu ambiant.
Maintenant on n’entonnera plus le ridicule refrain : « Ce sont les Américains qui empêchent le développement d’Haïti. »

Le Premier Mandataire de la Nation haïtienne ne peut pas s’improviser gestionnaire fiat lux. Il lui faut un cheminement de carrière. Dans un contexte économique voué à la récession, il faut un minimum de
connaissances pour prendre certaines décisions étatiques majeures.

A bien peser les compétences académiques et les expériences socio-professionnelles de nos leaders traditionnels, ils sont inaptes à remplir la fonction présidentielle devenue très complexe avec l’effondrement du système financier international et le changement d’axe qui s’opère à l’échelle politique mondiale.

Nous pouffons de rire en écoutant les ridicules déclarations de ces pâles imitateurs de Lula et de Chavez qui eux-mêmes s’adaptent aux vagissements du Monde moderne. En Haïti nos Retardés mentaux
rêvent encore du caporalisme comme système de gestion.

Selon les nouvelles données politiques internationales, certains acteurs haïtiens peuvent-ils encore entrer en scène? Leaders de what? La politique est l’art de résoudre les problèmes.

Quelles sont les solutions proposées pour combattre la famine, le chômage, la détérioration de notre environnement? Quelle est la théorie économique qui sous-tend les changements prônés? Il ne suffit pas de se réclamer de la Gauche ou de la Droite?

Il existe des indicateurs fiables pour déterminer la limpidité du programme politique d’un candidat. Le Peuple américain n’est pas dupe. Il distingue les objets précieux de la pacotille. La légitimité d’un candidat ne peut plus être associée au fait qu’il était dans l’opposition sous Duvalier, ou bien encore à la perte d’une paire de côtes sous le Gouvernement de Prosper Avril. Durant ces 20 dernières années, plusieurs titres de leaders ont été fabriqués à partir de ce substrat infect.

Les Hommes politique des pays avancés ne sont pas de vulgaires inconnus. Ils sont tous inféodés à un Parti Politique dont les Grandes Lignes sont connues de tous. Au Canada le Libéral et le Conservateur ne se ressemblent pas. Aux USA Républicain et Démocrate ont des options différentes. En Haïti il y a une litanie de Partis Politiques indescriptibles.

En commençant par le REFUGE DES PECHEURS pour arriver à la CONSOLATRICE DES AFFLIGES, qu’est ce qui distingue le PDCH du PSCH, le MOCHRENA du MRN, le CREDO du GRE etc. Ce sont les mêmes vases, différence de récipients.

Arrêtons cette macaquerie! Barak Obama ne tombe pas du ciel au milieu de la Maison Blanche. Il a une formation académique pointue qu’il vient de prouver par sa brillante prestation dans ses exposés au cours de la campagne électorale. Peut-on dire de même de nos candidats?

En Haïti nous avons pris la mauvaise habitude de dévier de la ligne initiale du Parti en taillant un système de gestion politique à notre gabarit.

L’OPL qui a porté Jean Bertrand Aristide initialement au pouvoir s’est divisé en Organisation du Peuple en Lutte, Lavalas puis en Bô Tab. LESPWA, le véhicule de Préval au pouvoir, est en train de se muer en KOZE PEP. Ces mesquineries témoignent d’une absence totale d’idéologie. De telles mésaventures nous ont valu des Chefs d’État nus comme une bouteille, sans aucun bagage théorique ni expérience socio-professionnelle. Ils ne font même pas la différence entre le bromelia ananas et le bromelia
pengouin.

Aussi sommes-nous en train de récolter les résultats de leurs piètres performances.

Ne brûlons pas les étapes!

Un Gouvernement mort-né

Monday, October 20th, 2008

Par Jean Erich René

La solution miracle dont rêve le Gouvernement Pierre Louis n’appartient pas au domaine du possible. L’environnement international voué à un cuisant problème financier n’offre aucun exit. La demande mondiale fixe les prix des produits céréaliers et pétroliers. Les consommateurs ne peuvent que se soumettre aux lois du marché. Les pays émergents formulent des demandes qui dépassent les capacités financières des Institutions Internationales. Par surcroît, la nation haïtienne doit répondre à de cuisantes questions environnementales. La plus dure réalité résulte du fait que nous avons à la tête du pays des dirigeants qui ne savent où donner de la tête. La barque nationale est en pleine dérive. L’immobilisme du Premier Ministre met en doute cette capacité de gestionnaire qu’on lui prêtait. Jusqu’à présent aucune initiative n’est relevée à son actif. Elle nous laisse plutôt l’impression d’être figée sous le coup de l’émotion. Nos concitoyens face à son impuissance vivent plutôt en résignés.

Ce sentiment de défaitisme de la société haïtienne est la résultante des limitations de la classe politique dirigeante traditionnelle qui n’a pas su répondre à temps au changement inter-générationnel. Sur le plan externe, elle n’a pas saisi les grandes modifications survenues dans les rapports de force entre les Grandes Nations du monde tant sur le plan militaire, politique qu’économique. Ce délire d’omnipotence qui caractérise la classe dirigeante américaine est en voie de refroidissement. La crise financière diminue considérablement leur appétit pour les solutions musclées. D’où le succès presqu’unamime de la voie de la négociation choisie par Barak Obama et saluée avec optimisme par un Républicain du calibre du Général Collin Powell. Est-ce la fin de la politique du Biger Stick des USA? Cette politique extérieure est plutôt dictée par les problèmes urgents de l’heure. Les problèmes que confronte la Maison Blanche sont réels. Le terrorisme international constitue une menace réelle. Parallèlement leur image et leur capacité d’action sont grandement diminuées.

Actuellement la technologie de la Guerre est à la portée de plusieurs Nations du Monde. Aucune superpuissance ne peut imposer un ordre nouveau aux autres États sous prétexte de la supériorité de leur arsenal militaire.

La montée vertigineuse de la Chine comme troisième puissance du Monde et le nouveau réveil de la Russie sous la poigne de Vladimir Poutine ont changé les rapports entre les Nations. L’exploitation des puits de pétrole du Venezuela, du Brésil et bientôt de Cuba les affranchit définitivement des tutelles des Institutions de Brettons Woods Définitivement ils ont accès à des sources de financement internes pour enclencher leur décollage économique. L’aigle américain a des regards perçants qui dépassent les luttes de Partis. Le choix de Barak Obama comme Premier Président Noir Américain est une porte ouverte sur le Monde Noir et particulièrement sur l’Afrique avec ses gigantesques ressources pétrolières et minières. Nicolas Sarkozy qui ne veut pas être en reste, réclame aussi la participation de l’Afrique.

L’étoile polaire de l’économie mondiale a changé de position. Tout gouvernement qui n’a pas rendez-vous avec l’échec devrait rectifier ses tirs afin de tirer avantage de la nouvelle configuration économique mondiale. La crise financière américaine a ses inconvénients et ses opportunités. Il revient aux instances gouvernementales de faire preuve d’intelligence afin de saisir la balle au bond. L’existence d’une nation est étroitement liée à la capacité de ses dirigeants d’aménager un espace viable à son peuple. Tant sur le plan sanitaire, environnemental, agricole etc. le savoir est à l’origine du contrôle de la maladie, de la famine et des catastrophes naturelles. La crise haïtienne actuelle, par le laxisme de nos dirigeants devient ahurissante et apparemment incontrôlable.

Le Président René Préval adopte l’attitude d’un passeur crevé au milieu d’une rivière en crue : impossible de nager pour sortir. Les conséquences sont graves pour le reste du pays. La Société civile tant à la Capitale qu’au niveau des villes de Province l’a si bien compris qu’elle est en train de jeter ses barques à l’eau pour assurer le sauvetage national. Malgré tout, leur principale entorse résulte des interventions inopportunes de nos dirigeants inquiets de leur fin prochaine à cause de leur inaction. En effet, la peur du lendemain hante tous les esprits actuellement en Haïti. L’organisation de la vie sociale et matérielle, selon toute vraisemblance, ne fait pas partie de l’Agenda du Gouvernement Pierre Louis qui prend des mesures insignifiantes. Michèle Duvivier Pierre Louis n’est d’aucun apport. Elle affiche sa totale impuissance en dépit de son cursus universitaire reluisant et son cheminement de carrière. Elle joue plutôt un rôle de figuration incompatible avec les préoccupations de l’heure des victimes de la saison cyclonique. Elle n’a présenté aucun plan de sortie de crise. Elle est mal armée pour relever ce défi. Qu’offre-t-elle en plus de Jacques Edouard Alexis ? Çà va de mal en pis! Bientôt elle aura des
comptes à rendre. Mme Duvivier se comporte comme le Chef ridicule d’un Gouvernement mort-né. Il faut au moins un borgne pour conduire un aveugle !