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Haiti Actualités Politiques

Tuesday, March 3rd, 2009

Si le carnaval a pu dans ces moments de défoulement soulager momentanément les pressions, les tourments et les frustrations des misères de la vie quotidienne, le choc du retour à la réalité, sera d’autant plus horrible, plus dur et plus insupportable, que l’on se demande, quand est-ce que ce peuple éreinté par les tortures de la pauvreté et de la misère, va-t-il atteindre enfin son seuil de tolérance ? Quand est-ce que cette maudite marmite qui bout depuis l’an dernier va-t-elle sauter ? Que peut-on espérer de plus de Prévale, après 8 ans de règne piètre, sans gloire et à mi-chemin de son dernier mandat ? La lueur que l’on perçoit au bout du tunnel, est-ce celle de la locomotive lavalassienne qui revient avec rage et violence, ou celle du lampion de LESPWA qui s’en va pour s’évanouir dans l’oubli comme un cauchemar ?

Préval n’échappe pas aux illusions que d’autres gouvernants avant lui ont nourries. Il est tenaillé par les mêmes hantises qui ont tourmenté tous ceux qui ont senti venir la fin de leur pouvoir personnel. Ils ont tous fait l’impossible pour le retenir. Cependant, grâce à la menace d’infiltration du communisme dans la Caraïbe par Castro, Duvalier a pu imposer la présidence à vie. N’en déplaise au duvaliéristes, le régime des Duvalier n’a duré 3 décennies que par la volonté des puissances de l’Ouest et non par une capacité intrinsèque de se maintenir au pouvoir. Les fusils M1, avec quoi Duvalier a imposé l’internalisation de la peur au peuple haïtien, d’où provenaient-ils ? D’ailleurs le trio Duvalier, Somoza et Marcos que Jeane Kirkpatrick dénommait ironiquement ses « sons of a bitch », n’ont-ils pas été jetés au rancart comme des linges sales, aussitôt que Ronald Reagan ait compris, qu’il n’avait plus rien à craindre des communistes, « the evil Empire » ?

Si la révolution bolivarienne veut faire du rétro, il est évident que nous ne sommes plus dans le contexte des années 60. Le mur de Berlin a été renversé, il y a 20 ans. La pression de la communauté internationale qui a investi 12 millions de dollars US pour organiser les élections du 19 avril 2009, c’est précisément pour éviter la possibilité d’un remplacement éventuel de la constitution pour garantir la présidence à vie. La communauté internationale n’est pas prête à cautionner un recul de 22 ans. Les Haïtiens ne sont pas prêt non plus à se faire leurrer à nouveau dans le même piège que Duvalier leur a tendu en 1964, il y a 45 ans. Si Evo Morales, Daniel Ortega et Hugo Chavez ont les moyens de leur politique et que leurs peuples veulent se laisser leurrer dans le piège de la présidence à vie, tant mieux pour eux. Mais pour nous Haïtiens qui en avons subi pendant 30 ans, elle gît dans un passé d’horreur et de deuil ! On a choisi de s’en émanciper en 1986 ! Nous en portons encore les cicatrices ! Et la mémoire de nos morts et les gémissements de nos torturés continuent à hanter nos nuits !

Dans le rapport adressé à Préval, par Claude Moïse et Cary Hector, sur la Constitution de 1987, il est recommandé à la page 83 ce qui suit :

Recommandations

Nous recommandons la création conjointe Exécutif / Parlement d’une Commission constitutionnelle d’experts, chargée de préparer le projet de révision à soumettre aux mandants dans un délai raisonnable, déterminé à partir de son chronogramme convenu d’opérations.

[…] Le rapport a identifié l’essentiel de ces problèmes au chapitre 5 mais il revient à la Commission de les compléter et de les articuler selon son jugement.[…]

Etes-vous convaincu du fait que cette commission qui vient d’être investie au palais national le 19 février 2009 par Préval, soit une commission constitutionnelle conjointe d’experts ? Avec cette mascarade, Préval pourra-t-il forcer le peuple haïtien à avaler cette couleuvre, le remplacement de la Constitution de 1987 ? J’en doute fort !

Ce qui surprend et inquiète aujourd’hui c’est l’annonce des visites séparées de 2 ex-présidents démocrates de Etats-Unis et du secrétaire général des Nation Unies, Carter, Clinton et Ban Ki-moon. Il est à remarquer que la présence de Clinton a été sollicitée par Ban Ki-moon. Ceux qui veulent interpréter ces visites comme un effort de rapprochement avec le gouvernement de Préval/Pierre-Louis, devraient se poser la question : Si ces visites constituent une politique de rapprochement, ne seraient-elles pas un revirement brusque, instantané à 180 degrés ? La visite de Prévale au début du mois à Washington n’a-t-elle pas été un fiasco des plus exécrables ? Cette question a constamment hanté le passage de Prévale à Washington, particulièrement dans toutes les institutions financières par où il est passé : Que pensez-vous du rapport de Paul Collier d’Oxford University ? C’est un rapport endossé par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon. Pourquoi a-t-on cette semaine fermé la porte au nez à Frantz Verrettes qui vient juste de contacter plusieurs agences gouvernementales américaines, pour solliciter une visite de consultation à Washington. On lui a dit de s’adresser à l’ambassadrice.

Ces visites de personnages politiques de haut niveau doivent avoir une raison politique. Ce ne sera pas pour faire des mamours à Préval dont la performance laisse beaucoup à désirer et qui s’oppose ouvertement au projet électoral financé par la communauté internationale à raison de 12 millions de dollars US. Ne pensez-vous pas que le rapport de Paul Collier fera l’objet de la conversation ? Pourquoi le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a jugé bon de se faire accompagner par Clinton ? Il y a-t-il des réticences qu’il perçoit et qu’il veut surmonter ? Pensez-vous que la communauté internationale se laissera faire, sans mot dire, alors qu’elle a sur le territoire, 9000 paires de bottes ? La présence de Ban Ki-moon et de Clinton est significative dans ces circonstances ! Dans ces circonstances, le maintien de Préval au pouvoir peut-il être au centre des préoccupations de la communauté internationale ? Absolument pas !

Les doutes qui planent au sujet des élections du 19 avril 2009, varient selon les perceptions, les opinions, les intérêts et les indices : Elles n’auront pas lieu. Elles seront contestées. Ou les pouvoirs de certains élus ne seront pas validés au Sénat etc. Ces pronostics pessimistes inquiètent et deviennent la priorité de la communauté internationale. On a eu les mêmes difficultés après la démission de l’ambassadeur Timothy Carney, qui avait dénoncé le comportement inadéquat et inacceptable des délégations du Congrès américain et du gouvernement de Clinton envers celui d’Haïti. Ceci a provoqué une réforme dans le bureau d’Haïti au Département d’état. Et nous avons vu Valenzula et Steinberg venir en trombe en Haïti, donner formellement l’ordre à Aristide et à Préval, qui était alors président, de faire les élections législatives et présidentielles séparément. De faite ces élections ont eu lieu respectivement, le 21 mai 2000 et le 26 novembre 2000.

Avec la création de la commission constitutionnelle, on peut percevoir clairement les intentions de Préval de manœuvrer pour se distancer et se disculper de toute responsabilité envers toutes propositions controversées. Qu’est-ce que la commission va-t-elle recommander dans ce cas, le remplacement ou l’amendement de la Constitution de 1987 ? Quels types d’amendement serviront les intérêts de Préval ? Que convoite-il ? Voilà le hic ! Mais si, selon les opinions de différents secteurs proches de l’Exécutif et même d’autorités législatives, s’exprimant sur la probabilité des élections du 19 avril 2009, ils sont unanime sur la notion qu’elles n’auront pas lieu. Comment logiquement l’Exécutif pourrait-il soumettre des amendements à un parlement, dont il a intentionnellement amputé le Sénat de sa majorité de 2/3 ? La proposition d’amendements venant de l’Exécutif présuppose que les deux chambres du parlement remplissent les conditions requises qui les mettent en mesure d’en faire la déclaration. Sans le succès des élections prévues pour le 19 avril 2009, la probabilité d’amendement existe-t-elle ?

Un autre aspect de la question, Fanmi lavalas n’a-t-il pas participé aux élections de 2006 ? Ses candidats avait-ils reçu lors de ces élections un mandat d’Aristide ? Quelle est la différence dans les critères d’acceptation de candidature entre la loi électorale de 2005 et celle de 2008 ? S’il y en a, l’a-t-on insérée à dessin ? Certes, le parti fanmi lavalas est en crise de leadership. Mais cette crise ne date pas d’hier. La situation de crise a été mise en exergue depuis l’annonce de la campagne électorale en 2005. Sachant qu’Aristide au risque de provoquer un schisme au sein de son parti, n’aurait pas pu délivrer un mandat à certains secteurs du parti à l’exclusion des autres qui s’en réclament. Pourquoi à bref délai, le CEP a-t-il exigé ce mandat qu’il savait être impossible d’obtenir ? L’intention de cette exigence, n’était-elle pas pour mettre Aristide en échec et mat, et par ce biais exploiter la réaction violente lavalassienne pour provoquer un fiasco qui fera obstacle au succès des élections sénatoriales du 19 avril 2009 ? Voilà autant de questions qui soulèvent des suspicions de mauvaises intentions et de provocations de la part de Préval.

Une autre dimension à ce problème, il y a des sénateurs qui en prévision du faite que certains élus peuvent être des criminels notoires, ils se préparent à récuser la validation de leurs pouvoirs. Cela explique aussi pourquoi les candidatures de certains criminels notoires ont été intentionnellement acceptées à l’inscription. Comme l’a prédit le sénateur porte-parole officieux de Préval à l’émission de Raymond Laurent Samedi Midi de la radio CKUT au Canada : « Ces élections d’une manière ou d’une autre, elles n’auront pas lieu, ou, si elles ont lieu, elles seront inéluctablement contestées ! »

La question est de savoir, est-ce que la communauté internationale acceptera-t-elle tout bonnement à donner dans le panneau, et à se faire rouler dans de la farine ?

Haiti: Préval est démissionnaire

Monday, February 9th, 2009

Par Jean Erich René - La scène politique haïtienne est envahie par une nuée de politiciens de tout acabit. Pour le renouvellement du tiers du Sénat, soit 12 sièges, 105 candidats se sont inscrits. Le hic résulte du fait qu’on n’exige aucune capacité pour les fonctions électives. Ainsi s’explique l’incompétence administrative accablante de nos gouvernements et le sous-développement chronique d’Haïti. Les obstacles constitutionnels sont facilement contournés et les critères moraux banalisés. Les vertus citoyennes sont foulées aux pieds. Les voleurs, les criminels, les narcotrafiquants prennent le large. Qui pis est, ils trouvent des défenseurs au niveau des missions diplomatiques accréditées en Haïti. Bizarre! La société haïtienne est plongée dans une crise dont l’ampleur augmente à chaque décours.

Prôner la démocratie avec un relent de narcotique c’est donner cartes blanches aux hommes de sac et de corde pour pénétrer au Parlement et perpétrer leurs forfaits en toute impunité. L’instauration de la, sans mettre les malfrats hors d’état de nuire, est une utopie. A dire vrai, la crise politique haïtienne s’est accélérée avec la Minustah. A chaque fois que la fin de leur contrat s’approche, l’insécurité redouble. Leurs pays d’origine ne sont pas plus en sécurité que nous. Ils font face aussi à des problèmes économiques cuisants. Le kidnapping, une pratique courante au Brésil, était ignoré en Haïti. On assiste à un décalque en Haïti des mœurs des pays de l’Amérique latine.

Selon la Constitution de 1987, la rentrée parlementaire devrait avoir lieu le lundi 12 janvier 2009. René Préval, sous la pression de la communauté internationale, a finalement projeté le 19 avril 2009 comme date des élections pour le renouvellement du tiers du Sénat. Mais dans son for intérieur, il sait très bien qu’elles n’auront pas lieu. D’un côté, la radiation du Parti Lavalas de l’agenda du CEP est plutôt de nature à troubler les élections que René Préval voudrait réaliser en un seul paquet en novembre 2011. De l’autre côté, cette décision comble aussi les vœux d’Aristide qui , empêché d’entrer en Haïti, en profite pour se débarrasser de Rudy Hériveaux à cause de son allure de Chef de Parti et futur Candidat à la Présidence. Les communiqués de presse des Ambassades du Canada, de France, des USA et de la Minustah, prêchant tous l’inclusion, placent Préval le dos au mur.

Le CEP peut-il revenir sur ses décisions et inscrire les candidats exclus ?
Si oui, il va souffrir certes d’un manque de crédibilité capable de porter les Partis Politiques à décliner sa compétence à réaliser les élections. Le Président René Préval peut-il rejeter les propositions de la Communauté Internationale qui a fabriqué son pouvoir de toutes pièces ? Si oui, il n’est plus le dirigeant d’Haïti. S’il n’obtempère pas aux ordres de ses bosses, on va lui couper les vivres. Avec la famine qui s’annonce et le mécontentement général il ne lui sera pas possible de tenir le coup. Dans les deux cas le mal va mal finir pour Préval. Rappelons qu’à la veille des élections de 2006 le Général brésilien Urano Teixeira Da Matta Bacellar,chef des troupes de la Mission de Nations Unies en Haïti, a été trouvé mort en sous-vêtement, d’une balle à la tête le samedi 7 janvier sur un balcon de l’hôtel Montana. La directrice du secrétariat de la Mission internationale d’évaluation des élections en Haïti (MIEEH), Anne Fuller avait donné sa démission.

Il y a un aspect important de la problématique électorale qu’il ne faut pas négliger. L’intérêt que manifeste la Communauté Internationale pour les élections en Haïti n’est pas quelconque. Il n’est pas superflu de rappeler que les cyclones et les élections sont des occasions exceptionnelles d’enrichissement pour les Organisations Internationales, nos ONG et certaines firmes internationales affiliées. Avec la complicité des dirigeants locaux des sommes faramineuses sont décaissées sans avoir de compte à rendre à quiconque. Pour votre plus complète édification mentionnons que :

1. A l’occasion du cyclone Jeanne en 2004, l’UNION EUROPEENNE a remis 5 millions de dollars bien comptés à l’ONG d’une militante socialiste caviar au profit des sinistrés des Gonaïves. Elle a tout gobé sans jamais mettre les pieds à la Cité de l’indépendance. Actuellement cette Chatte Gauchère attend sa part pour sa traditionnelle campagne d’éducation civique pour les prochaines élections.

2. L’écho du scandale de l’Évêché des Gonaïves détournant des fonds destinés aux sinistrés a été diffusé dans tous les medias haïtiens. Les prêtres de ce diocèse s’étaient même avisés de vider le différend par les armes.

3. Selon la Reine Sofia d’Espagne en visite en Haïti 31 millions de dollars ont été déboursés en faveur des sinistrés d’Haïti en 2008.

4. 600 millions de dollars des contribuables canadiens ont été versés en faveur d’Haïti. Aucune inauguration n’a encore eu lieu. Au contraire la Gouverneure générale souligne: « Il est minuit moins dix et la catastrophe
arrive déjà.»

5. En 1994 au retour d’Aristide 4 milliards de dollars US ont été accordés
à Haïti.

Où sont les réalisations correspondantes? Il est clair et net que tous ces dons sont retournés dans leurs pays d’origine. Sans quoi les effets seraient visibles en Haïti.

Depuis la colonie française les représentants du Roi étaient choisis parmi les membres de sa famille. Ils étaient délégués expressément en Haïti pour s’enrichir. Ce sont les meilleurs amis des dirigeants des pays riches qui sont en mission dans les pays désorganisés comme Haïti. Ils se foutent de la Convention de Vienne puisqu’ils soldent le budget national et financent nos élections sur demande du Gouvernement. Qui fait les frais de la maison a droit de cité! C’est le grand dilemme de Préval qui boude les élections mais il n’a qu’à foutre le camp, s’il refuse de les faire dans les conditions qu’on lui impose pour les raisons suivantes :

1. La prolongation du contrat de la Minustah en Juillet 2009 grâce à la saison électorale qui commence en avril 2009 pour prendre fin en février 2011.

2. Le budget de la Minustah du 1er juillet 2008 au 30 juin 2009 est de:575. 103. 200 dollars soit 219 fois celui des FAd’H.

3. Chaque soldat de la Minustah touche 150 dollars nets par jour. Ils ne l’auront pas chez eux.

4. Les contrats d’impression des bulletins de vote, des dossiers électoraux et tout l’appareillage informatique, les moyens de déplacement, voitures tout terrain, motocyclettes etc. relèvent des organismes internationaux.

5. Bientôt seront dans nos murs des Missions d’observation indépendantes payées et chargées de surveiller les élections. Qui gagne tout ce fric?

Le mois de février ordinairement est fatal pour nos Chefs d’État. Préval se trouve aujourd’hui dans l’inconfortable position de renoncer à sa décision,via le CEP, d’exclure de la liste des candidats du Parti Lavalas. De plus, sa déception au cours de sa visite à Washington lui est fatale. Un Chef d’État ne se déplace pas sans entreprendre au préalable des démarches politiques concluantes et confirmées par des plis diplomatiques. C’est un accroc aux normes diplomatiques de se fier aux propos de certains flatteurs. L’ambassadeur haïtien à Washington doit être viré. L’éclipse du ministre des Affaires Étrangères Allrich Nicolas est la source de l’échec de Préval. C’est une déchéance pour un Chef d’État en visite à Washington et pour son pays de ne pas être reçu à la Maison Blanche. Dans un langage diplomatique, les données indiquent que l’illustre hôte de Hillary Clinton est exclu du Hope and Change du Président Barack Obama. Préval est démissionnaire.

Haiti : Une odeur de poudre dans l’air

Wednesday, January 21st, 2009

Par Jean Erich René - Le déficit budgétaire de l’exercice fiscal 2006-2007 de la République
d’Haïti n’est pas le fait du hasard. Il s’explique majoritairement par l’incurie administrative. D’un côté le Sénateur Anacacis prétend un excès budgétaire de 12 milliards de gourdes. De l’autre côté le Ministre des Finances accuse un déficit de 3 milliards de gourdes. Ce trou de l’ordre de 15 milliards de gourdes et même plus peut avoir plusieurs explications:

1. une perte considérable dans l’effondrement du Marché Boursier par suite de placements effectués avec les réserves de la BRH, au nom de certains privilégiés du régime. La taxe sur le téléphone devrait boucher ce trou béant. Hélas !

2. les dépenses non prévues par l’Exécutif haïtien pour atteindre des objectifs purement politiques : 30 millions par commune pour organiser les prochaines élections très hypothétiques

3. une politique économique diminuant le fardeau fiscal de certains amis. L’exonération totale ou partielle crée un vacuum dans les caisses publiques

4. la falsification des cahiers de charge visant à réduire le revenu imposable des possédants qui disposent de multiples manèges pour échapper au filet fiscal

5. la privatisation des services publics les plus rentables: douanes, port, aéroport

6. l’élite économique, pour préserver ses acquis et assurer la suprématie de ses cartels respectifs, a développé une politique agressive parfois sanglante. La commande des 300 autobus qu’on devrait affecter au service public et qui a causé l’emprisonnement des Brant soulève encore des
discussions. Une fois de plus, au-delà de la tour Elizabeth, ni analphabète ni bête, sort ses griffes et réclame la part du lion.

Les tentatives de l’Exécutif pour renflouer les caisses de l’Etat sont infructueuses.

1. Le Gouvernement est obligé de surseoir sa décision d’augmenter la taxe sur le téléphone en vue d’éviter une manifestation des abonnés qui s’avisaient de jeter leurs cellulaires sur la cour du Palais National, au cours d’une opération GNB.

2. Entretemps Elizabeth est en train de construire une somptueuse villa à Debussy. Tout est importé aux frais de la République.

3. Qu’a-t-on fait des 22 millions de dollars donnés par la Reine Sofia d’Espagne au profit des sinistrés des Gonaïves? En tout cas, mardi prochain elle sera en visite à la Cité de l’Indépendance pour vérifier de ses propres yeux les réalisations.

4. La drogue de Port de Paix, mine de rien, est en train de déboulonner silencieusement la machine politique en place. Tout moun pran !

5. A chaque semaine ses morts pour tenter d’étouffer le scandale. La Minustah n’y peut rien. Son ex chef, le général Bachelar transférant de fortes sommes au Brésil, a été tué dans une condition similaire que le commissaire Jean Philippe Raymond. Une intervention musclée se profile pou diciplinet cet Etat mafia de la Caraïbe.

6. Franco Camille dit Franco Cadavre, le frère de Ronald Cadavre, le jeudi 15 janvier 2009, au micro de Liliane Pierre Paul à Radio Kiskeya s’est désolidarisé publiquement du Président René Préval qu’il accuse d’avoir trahi la cause lavalassienne. Le pouvoir de nuisance d’Aristide avec ses chimères rivalise les maringouins.

L’étau se resserre autour du président René Préval qui n’a plus le sommeil tranquille. Il gratte le fond de ses tiroirs pour cumuler le minimum de recettes fiscales anticipées requises pour garantir l’aide internationale indispensable à l’équilibre de son budget de 100 milliards de gourdes, une bulle de savon de Daniel Dorsainvil. La politique de la caisse vide place l’Exécutif haïtien dans une véritable impasse financière.

Une odeur de poudre flâne dans l’air. Tout laisse prévoir un éclatement après les carnaval

Haiti: Le trou dans le mur

Monday, December 22nd, 2008

par Jean Erich René - Compte tenu des standards habituels, au cours de ces 18 dernières années, le paysage social haïtien a subi des transformations quasi irréversibles. Notre faune urbaine, pour échapper à cette situation lamentable, a dû émigrer au Canada, aux USA en France et à St Domingue. La nature a horreur du vide. Une avalanche de paysans se déferle sur nos villes. Ce nouveau contingent a changé complètement les normes et les valeurs sociales en cours.

La nouvelle réalité haïtienne échappe complètement à l’entendement de nos compatriotes de la diaspora qui n’ont pas visité le pays durant ces 5 dernières années. Ils caressent des projets mirifiques inspirés d’un nationalisme exacerbé. Dans leurs rêves purement nostalgiques, le plus souvent ils privilégient l’aspect financier en négligeant le facteur humain d’où la source principale de leurs erreurs d’implantation. La population haïtienne actuelle ne tend plus vers les idéaux traditionnels. Les schèmes
de valeur ont changé du tout au tout. La course vers la richesse par le biais du trafic de la drogue a renversé presque tous nos préceptes moraux. Quelle que soit la source de l’argent, ce sont ses détenteurs qui ont voix au chapitre.

L’Eglise, jadis considérée comme une grande source d’énergie morale, a pratiquement dévié de sa tradition. C’est de là surtout que découle l’effondrement de la société haïtienne. La religion était le socle sur lequel reposait toute notre armature sociale. Même le tracé de nos villes a pour épicentre les bâtisses de nos églises autrefois la fierté de nos compatriotes.

Aujourd’hui il est triste de constater que l’image de nos prélats devient de plus en plus terne et tend vers l’obscurcissement total. L’indigénisation du Clergé Catholique jusqu’à présent se révèle un échec.
L’Archevêque de Port-au-Prince a échappé de justesse à la mort au cours d’un attentat perpétré par ses propres frères en Christ qui par surcroît ont brûlé l’ancienne Cathédrale de Port-au-Prince, au mépris de la mémoire de l’Empereur Jean Jacques Dessalines. Aujourd’hui il est affligeant
d’entendre les déclarations de Père Joachim Samedi qui annonce sa démission de son poste de Curé de la Paroisse St Louis de Gonzague de Bonbon.

Les arguments soutenus pour justifier une décision aussi sévère sont encore plus avilissants pour notre clergé indigène. Joachim Samedi parle d’empoisonnement d’un prêtre, de corruption et même de viol à l’Evêché de Jérémie. En effet, au cours du soulèvement de 1986, Père Wilner Eveillard de l’Anse d’Hainault était l’unique Curé qui avait reçu le délégué du Gouvernement en la personne du Chef du protocole. Comme sanction de son Evêque, il a été transféré à Bonbon qui n’avait jamais eu de prêtre dans le passé sinon que le curé des Abricots. Peu de temps après, Père Wilner Eveillard est mort. A l’époque il était bruit qu’il était mordu au doigt par un enfant qui recevait le baptême. Des informations beaucoup plus précises confirment que le Père Wilner Eveillard a été piqué au doigt par une épingle au moment où il tentait d’enlever son bonnet, pour verser de l’eau sur son front et faire de lui un enfant de Dieu. La pointe de l’épingle était-elle empoisonnée ? En tout cas c’est à partir de cet incident que lr rérend Père Wilner Eveillard , ce prêtre dissident de l’Evêché de la Grand’Anse, a trouvé la mort.

Les accusations du Père Samedi sont-elles bien fondées. En 1990, au fort du déchouquage il avait traité l’Archevêque de Port-au-Prince de Bourrique de St Domingue tout en souhaitant que le Père lebrun soit élevé au rang d’Evêque ? Aujourd’hui, sa prière est bien exaucée. Prions pour notre Eglise en pleine déconfiture !

La conception du pouvoir temporel est aussi en rupture avec nos valeurs traditionnelles. La différence s’observe même à partir de la tenue vestimentaire de nos dirigeants qui circulent en bras de chemise même au cours d’une visite de remerciement à l’Ambassade dominicaine à l’occasion de l’effondrement de l’Ecole de Pétion Ville. Si l’habit ne fait pas le moine, mais il permet tout de même de le distinguer. Nos cérémonies ne sont empreintes d’aucune solennité. La banalité devient le ton dominant. Il est curieux de remarquer la maîtresse attitrée du Président se déplacer d’un bout à l’autre de la loge officielle pour entreprendre des initiatives ordinairement réservées au Chef du protocole. Un Président circulant en camion aux Gonaïves après le cyclone est une scène comique plutôt digne de Louis de Funès. Une nouvelle conception du Pouvoir se dessine en Haïti.

Loin d’en rire il faudrait en pleurer ! Cette rupture avec la pratique des prédécesseurs est dangereuse pour l’avenir des Institutions Nationales. Le 55ème Président d’Haïti croit pouvoir en faire complètement à sa guise et ne se comporte plus selon les prescrits de la Constitution de 1987. Il adopte des mesures qui sans conteste frisent l’absolutisme pour grandir son aura . Il n’est plus de ce fait le gardien de nos Institutions selon l’article 136:

ARTICLE 136
Le Président de la République, Chef de l’État, veille au respect et à l’exécution de la Constitution et à la stabilité des institutions. Il assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la
continuité de l’État.

L’intention manifeste de René Préval de changer la Constitution tend vers la représidentialisation du régime politique haïtien avec droit de succession. L’effacement du Premier Ministre, pris dans un contexte politique hémisphérique dominé par l’investiture d’un démocrate à la Maison Blanche le 20 Janvier 2009, participe plutôt de l’effronterie. Peu de présidents d’Haïti ont réussi ce tour difficile. Ainsi périssent Dumarsais Estimé et son tombeur le Général Paul Eugène Magloire pourtant surnommé
Kanson Fè. La mise en place d’un CEP sous couple réglé soulève déjà la réprobation des Leaders Politiques. Le moins que l’on puisse prévoir c’est la contestation de ce scrutin, sous l’œil de Barack Obama, avec des conséquences néfastes pour le Parti au pouvoir.

Une telle défaite va rejaillir sur toute la classe politique parce qu’elle ne saura pas insuffler la dynamique indispensable aux électeurs. Le score de tous les leaders au-delà de 50 ans sera nul. A défaut d’être connectés à la réalité sociale haïtienne, la nouvelle génération va les reléguer dans
le camp des perdants. Le beau parler français, la moralité, la compétence ne sont plus des référentiels. La banalisation de la Présidence et le flirt avec les chimères depuis 18 ans ont provoqué un sentiment de dégoût pour la politique haïtienne.

Le chambardement qui s’annonce pour l’année 2009 à cause de l’entêtement de René Préval à domestiquer les urnes en vue de s’assurer un troisième mandat ou de nommer son successeur va soulever une cabale susceptible d’assurer l’émergence d’un leader dont le profil se précise déjà avec Wyclef Jean. Sa percée est remarquable avec ses différentes prestations auprès des résidents de nos bidonvilles qui représentent la majorité des suffrages. De fait, ils ont renversé les urnes en 2006 pour acclamer la victoire de Préval en donnant le ton au CEP.

Et maintenant ?

En jetant un coup d’œil à travers le trou pratiqué dans le mur social haïtien par l’Église Catholique, Jean Bertrand Aristide et René Préval, nous constatons que nos leaders traditionnels sont effacés. L’écho du
discours politique qui déclenche la ferveur populaire est identifié au niveau des Groupes de Musique Casse-Cou et Fugees etc. Wyclef Jean, considéré comme un modèle de réussite aux yeux de l’Etablishment américain, se positionne au carrefour principal de l’échiquier politique haïtien, à l’instar de Jean Bertrand Aristide en 1991, comme un leader incontestable et sans rival.

Stanley Lucas se pose des questions : Que fait Preval a la Havane, Cuba? Sante ou travail?

Thursday, December 11th, 2008

Rene Preval s’est rendu a la Havane. Le ministere des Affaires Etarngeres n’a publie aucune note d’information serieuse sur son deplacement. Est-il la-bas pour participer au sommet de la Caricom? Si oui quels sont les objectifs? Est-ce que ce deplacement vise a defendre les interets immediats du peuple Haitien qui vient d’etre la victime de quatre cyclones?

Est-ce que Rene Preval s’est rendu a Cuba pour raison de sante? Si oui fera-t-il des tests? Si oui les citoyens ont le droit de savoir. Sera-t-il opere? Si oui est-ce qu’il est dans l’interet national de notre pays de laisser des medecins cubains operes le president de notre pays en lieu et place des Haitiens mieux qualifies?

Nous attendons une note de clarification du ministre Alrich Nicolas et du secretaire general du palais National Fritz Lonchamp. L’etat Haitien a des institutions, ces institutions doivent avoir en place des procedures. Il y des normes a respecter. Meme si Preval le voulait, il est le president d’Haiti, il y a certaines decisions qui engagent la nation qu’il ne peut pas prendre tout seul. Si quelque chose arrive au president a Cuba, ce que nous ne souhaitons pas, Nicolas et Longchamp seraient les principaux responsables. Notre sens de l’etat nous oblige a analyser ces comportements et poser des questions

Qui dirige quoi en Haiti?

Monday, September 29th, 2008

par Jean Erich René

A la Tribune des Nations Unies, le vendredi 26 septembre 2008, le 55e Président d’Haïti voudrait attirer les regards en prononçant un ton gauchiste pour dénoncer l’assistanat total au profit d’une approche systémique. Qui l’en empêche ? Premier ministre d’Aristide, deux fois Président il avait et il a encore toute la latitude requise ! Mais l’orateur qui, avant sa prestation de serment a parcouru les grandes Capitales américaines pour quémander, même un plan de développement, est mal placé pour soulever une telle polémique. Le moment aussi est contre indiqué. La systémique n’est pas un vain mot. Elle est interdisciplinaire c’est-à-dire dans le cadre du développement économique elle implique que l’on soit initié aux arcanes de plusieurs sciences: politique, sociologie, économie, finance etc. Parlons peu mai parlons bien ! Compte tenu des bouleversements d’ordre climatique et économique auxquels est soumis le monde actuel, il est dangereux pour un Chef d’Etat de délirer de la sorte à l’ONU. Toute une nation peut en pâtir.

En ce début du troisième millénaire la Nation haïtienne menace de disparaître sous l’effet des cyclones dévastateurs causés par le
réchauffement de la planète. Les conséquences immédiates sont: la famine, le rétrécissement de l’espace vital et les crises sociales ponctuées de violence. Il est tout à fait indispensable d’avoir à la Direction des Affaires de l’Etat un personnel compétent. Il n’est plus question de loger au Palais National un Chef d’Etat qui pratique une politique personnelle, dictée par une ignorance crasse. Ordinairement on n’accorde la charité qu’à celui qui tend la main. De nos jours, les risques de désastre sont multiples et fréquents. De ce fait ils doivent être contrôlés de manière proactive si l’on veut éviter des suites malheureuses.

Le Conseil d’Administration de la BID, imbu de la répétition des effets dévastateurs du phénomène El Niño, le 12 mars 2001 a jugé utile et nécessaire de mettre sur pied un Mécanisme de Financement de Fonds de Prévention des catastrophes naturelles. Il ne s’agit pas de charité mais de prêts accordés dignement aux pays qui sont sur la liste de la BID! Les objectifs poursuivis dans son document (GN-2085-5) sont :

(i) contrôler les risques naturels, réduire le degré de vulnérabilité et l’ampleur des désastres

(ii) préconiser les notions et les bonnes pratiques de gestion des risques afin de porter les Gouvernements à les respecter pour faire face rapidement et effectivement à une urgence

(iii) offrir un véhicule adéquat pour une approche partagée de la gestion des risques de désastre dans la région.

Un Service de réponse Immédiate (GN-2038-14) préposé à l’aide en cas de désastre vise notamment à :

(i) accélérer la restauration des services
(ii) financer des réparations provisoires
(iii) nettoyer immédiatement le pays après un désastre selon un processus fast-track

Il convient de souligner que des opérations de ce genre ont été déjà entreprises au profit des populations des pays suivants : Colombie, Vénézuéla, Belize, le Salvador etc. Pourquoi pas Haïti ? Les responsables nationaux, prennent une allure de contestataires sans avoir les moyens de leur politique. Ils évoluent en marge des actions prévues par le Comité Interaméricain pour la Réduction de Catastrophe Naturelle (IANDR) en exposant les sinistrés à la souffrance. Le phénomène El Niño occasionne
périodiquement des bouleversements climatiques dont les effets socio-économiques sont néfastes pour les pays latino-américains et des Caraïbes. Loin de prendre la perche tendue dans une circonstance aussi dramatique pour alléger le sort de des sinistrés le Gouvernement Préval préfère accorder 5 millions de gourdes à chaque député pour entreprendre des projets bidon au niveau de leurs circonscriptions. Ce n’est pas la bonne solution !

Cette somme vraiment dérisoire ne peut réaliser quoi que ce soit au niveau d’une circonscription ravagée par les cyclones. De plus, nos parlementaires placés pour légiférer marchent dangereusement sur les plates-bandes d’un Exécutif à la recherche d’un bouc émissaire. Cette initiative du Président Préval vise plutôt à embobeliner nos députés en vue de l’aider à réaliser son dessein politique chimérique de garder le pouvoir. C’est une façon de leur fermer la bouche en vue de les porter à voter la nouvelle Constitution en gestation dans son laboratoire politique. En dépit de la décrépitude du pays Préval n’a pas changé de cap. Par la
corruption il compte obtenir en échange la validation éventuelle de l’Assemblée Constituante. La loi électorale est déjà publiée dans un Numéro spécial du Moniteur introuvable parce que tiré à peu d’exemplaires. Si le Gouvernement voudrait résoudre cette crise post désastre il aurait dû adresser ses requêtes au Fond d’urgence de la BID dont les coordonnées sont les suivantes :

Environment Division
Inter-American Development Bank
1300 New York Ave., N.W.
Washington, D.C. 20577
USA
Fax: (202) 623-1786

Disaster Management Focal Points
Sustainable Development Department - Environment Division
Kari Keipi
Senior Natural Resource Specialist
e-mail: karik@iadb.org
Tel: (202) 623-1939

Le dossier du cyclone est le cadet des soucis de René Préval qui cherche à se dédouaner en dénonçant l’hypocrisie et la mystification de la Communauté Internationale. Cette fois-ci, il s’y est mal pris ! Ces dangereuses et fréquentes fluctuations de la température sous les tropiques connues sous le nom de El Niño ont frappé aussi les USA. D’où viennent ces propos incongrus ? A chaque nation d’arrêter, selon leurs moyens, les mesures nécessaires pour éviter le pire.

Qui dirige quoi en Haïti ?

En Floride les Haitiens se posent la question : Préval, serait-il un masochiste ?

Monday, September 29th, 2008

Orlando le 26 septembre, 2008

Dans le cadre des efforts pour aider le pays à sortir de la situation post-cyclonique, nous observons la coïncidence de plusieurs faits, qui nous obligent à déterminer leur pertinence.

-Transparency International publie son rapport de 2008, classifiant Haïti une fois de plus, parmi les 4 pays les plus corrompus du monde.

-Les 3 plus grands donneurs d’aide à Haïti, les Etats-Unis, le Canada et la France, venus avec leurs propres navires distribuent l’aide directement aux sinistrés, à travers leurs ONG.

-L’ONU, ayant en Haïti une armée multinationale formée principalement de Sud-américain, tire la sonnette d’alarme et sollicite 110 millions de dollars US. Elle n’a reçu que 2%.

-Le Venezuela enlève momentanément les restrictions sur l’utilisation des fonds dans le cadre des transactions à crédit du Petrocaribe.

-Le gouvernement annonce le décaissement de ces fonds, 8 milliards de gourdes, soit 200 millions de dollars US, pour revitaliser principalement, l’agriculture, l’éducation et l’infrastructure routiers.

-Cette somme est distribuée à certains ministères et aux parlementaires qui deviennent dorénavant des administrateurs de deniers publics.

Certes la publication du rapport de Transparency International, coïncidant avec la situation post-cyclonique, vient comme cheveux sur la soupe. Néanmoins il explique et justifie le comportement des plus importants donneurs d’aide, qui ont choisi de circonvenir un gouvernement auquel ils ne font pas confiance, même avec son nouveau premier ministre, pour distribuer l’aide directement aux sinistrés.

Tenant compte de l’intensité de la pression exercée, précisément par ce secteur de la communauté internationale, pour obtenir sa ratification, on espérait un comportement plus sympathique envers ce nouveau premier ministre.

Tel n’est pas le cas. C’est le ne varietur. On peut déduire que la pression venait du fait que la communauté internationale avait seulement besoin d’un gouvernement fonctionnel pour la reconduction du mandat de la Minustah.

Prenant en considération le type d’aide qui est distribué par les trois plus grands donneurs d’aide. Certes, l’approche caritative a un résultat plus immédiat. Aussitôt consommée, ses effets disparaissent rapidement, sans laisser de plus valu résiduel. Ceux sont des palliatifs. On peut conclure, en constatant la façon de distribuer l’aide, que l’absence de confiance est manifeste.

Mais en tenant compte aussi du type d’aide distribuée, ne peut-on pas conclure qu’il y a là une volonté de ne pas intervenir dans la résolution des problèmes de fond ? La communauté internationale n’est pas dupe des intentions et manœuvres politiques de ce gouvernement de pérenniser au pouvoir.

- Le fait que l’ONU ait sollicité 110 millions de dollars US pour aider Haïti et n’a reçu que 2%, est absolument significatif.

- Le fait est que les plus grands donneurs d’aide, ont choisi de faire la distribution eux-mêmes, au lieu de s’en remettre à l’ONU.

La Minustah étant l’unique projet international que gèrent le Brésil et ses associés sud-américains, dans sa campagne de qualification pour un siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, met aussi en exergue le fait que le Brésil et les autres pays de l’Amérique latine, en ce qui s’agit d’aide en espèce, sont très durs à la détente.
Peut être qu’ils ont les mêmes appréhensions que les 3 plus grands donneurs d’aide et pour les mêmes raisons. Le Brésil a cependant promis de refaire la route du Sud. La question est de savoir, est-ce à partir de Sainte Bernadette, ou après le pont de la Rivière Froide ? Cette nuance est importante.

Le Venezuela a enlevé momentanément les restrictions sur l’utilisation des fonds qui lui sont dus dans le cadre des transactions à crédit du Petrocaribe. Lorsque Haïti achète du pétrole de Venezuela, elle paie rubis sur ongle 40% du prix du marché à la livraison. Le reste, les 60%, sont versés dans un compte. Et ce montant dû au Venezuela est un prêt à raison de 2% l’an pour 15 ans. L’utilisation, ou l’investissement de cet argent est strictement contrôlée par le Venezuela.

Ce que le Venezuela fait, et qui est appréciable, il permet à ce gouvernement d’utiliser l’argent dans le cadre de cette situation catastrophique. Mais la dette demeure. En d’autres termes, ce gouvernement est entrain de dépenser un argent que nous aurons à payer dans l’avenir, capital et intérêts réunis au Venezuela, quand Préval ne sera plus au pouvoir. Ce n’est pas un don du Venezuela. C’est un argent qui ne devrait pas être gaspillé dans des jeux politiques ou de corruption. C’est un argent qu’il faut investir, parce qu’il devra être remboursé.

Evoquant la loi sur l’Etat d’Urgence, sans passer par les procédures normales, le gouvernement a annoncé le décaissement immédiat de ces fonds dus au Venezuela, 8 milliards de gourdes, soit 200 millions de dollars US, pour revitaliser principalement les secteurs les plus touchés, l’agriculture, l’éducation et l’infrastructure routiers. Ceci est d’une part compréhensible, que ces fonds soient distribués aux titulaires de ces départements ministériels qui sont des gestionnaires de deniers publics.

Mais d’autre part, le fait que le gouvernement distribue aussi 5 millions de gourdes par commune, soit 812 millions de gourdes contrôlés par le ministère de l’intérieur, dont une portion sera distribuée aux parlementaires qui devront soumettre des projets à ce ministère pour recevoir ces fonds, est perçu par le public en général comme un acte de corruption.

Malgré les déclarations du premier ministre pour les rassurer, les parlementaires n’étant, ni des gestionnaires, ni des comptables de deniers publics, à qui vont-ils rendre compte de la gestion de ces fonds et de ces projets ? Qui en toute logique assumera la responsabilité de la gestion de ces fonds publics et de ces projets, en cas de vérification ?

Un peu suspicieux, certains parlementaires estiment qu’il s’agit en fait d’un piège tendu par le gouvernement, aux parlementaires. Ils craignent que certains parlementaires, ne soient ciblés par la Cour Supérieure des Comptes pour provoquer un scandale et les éliminer aux prochaines élections de 2009.

Ayant eu tant de mailles à partir avec ces parlementaires, et voulant poursuivre son obsession, le remplacement de la Constitution, on est bien obligé de se questionner sur l’intention de ce cadeau fait au parlement. Est-il empoisonné ? Ou est-ce un geste magnanime, sans arrière pensée ? Préval est-il connu pour son cynisme ou pour sa magnanimité ?

Compte tenu du besoin insatiable et manifeste de Préval de vouloir un parlement qui soit à son service, financerait-il de bonne foi les élections des parlementaires avec qui, il a eu des contentieux, et qui lui ont donné du fil à retordre ?

Est-ce qu’il les aiderait à revenir au parlement, pour s’engager à nouveau dans les mêmes affrontements ?

Préval, serait-il un masochiste ?,

… les haitiens vivant en floride se posent cette question avec inquiétude!

Haiti : Coup d’état en parachute

Wednesday, September 3rd, 2008

Par Jean Erich René
2 sept. 08

Le comportement du 55e Président d’Haïti relève de la psychopathie et peut être perçu comme la structure perverse d’une personnalité sadique. Sa persistance morbide à nager à contre courant des normes sociales et à contrevenir aux lois de la République, son insensibilité par rapport à la misère du peuple sont symptomatiques d’un trouble psychique permanent. Par son narcissisme manipulateur il arrive à attraper dans son filet la quasi-totalité de son environnement politique qu’il traite comme des choses. Il présume la servilité de la Primature, le silence complice du Législatif, l’impotence du Judiciaire, l’inaction de la population grâce à l’actionnement de sa machine répressive. Il est affecté par la mauvaise manie de tout bouleverser afin de tout réaménager à ses goûts personnels. Il n’a cure des valeurs communes.

La Constitution de 1987 exige que le Premier ministre et son Cabinet soient légitimés par les 2 Chambres. Lui, il décide tout autrement. Le mensonge, la tromperie, l’absence de gêne et de remords sont autant de signes cliniques caractéristiques du psychopathe. L’invitation officielle du porte-parole du Palais national à la cérémonie d’installation du Premier ministre et de son cabinet à la Presse est démentie sans aucune forme de procès. Il a fallu Gustave comme bouc émissaire pour les dédouaner de cette violation de la Constitution. N’était-ce ce tollé auquel a donné lieu ce coup d’arnaque, le vendredi 29 août 2008, le Nouveau Gouvernement avait rendez-vous à l’Hôtel CARIBE à Pétion Ville pour la métamorphose de l’actuel Conseil Electoral Provisoire en Conseil Electoral Permanent.

INNOVATIONS ET ENJEUX tel est le label sous lequel l’actuel CEP PROVISOIRE devrait être investi du statut de PERMANENT. Selon les officiants cette sublimation porterait le sceau de la légalité conformément à la loi électorale promulguée le 25 juillet 2008 dans le numéro spécial du Moniteur avec les signatures de:

- Pierre Eric Jean Jacques, Président de la Chambre des Députés
- Députée Girandole Thélusma, Première Secrétaire
- Député Steven Irvenson Benoît, Deuxième Secrétaire

Donné à la Chambre des Députés le mardi du 1er Juillet 2008. An 205ème de l’Indépendance

- Sénateur Eddy Bastien, Premier Secrétaire
- Sénateur Judnel Jean, Deuxième Secrétaire

Donné au Sénat de la République le mercredi 9 Juillet 2008 an 205ème de l’Indépendance.
Remarque importante : Nous avons relevé le nom du Président du Sénat Kely C. Bastien sans sa signature.

Par le Président de la République : René Préval
Donné au Palais National, à Port-au-Prince, le 18 Juillet 2008, An 205ème de l’Indépendance. L’ordre de publication est écrit dans les deux langues officielles : Français et Créole.

Selon toute vraisemblance ce numéro spécial du Moniteur a été tiré en une quantité réduite aux Ambassades, aux Instances Internationales et aux initiés du Cercle de Bourdon.

Nous vous proposons comme apéritif le Chapitre 1 :

Sur le rapport du Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, suite à la proposition du Conseil Electoral Provisoire et après délibération en Conseil des Ministres, le Pouvoir Exécutif a proposé et le Pouvoir Législatif a voté la Loi suivante :

Chapitre 1
DE L’INSTITUTION ELECTORALE ET DE SES INSTANCES

SECTION A : Du rôle du Conseil Electoral Permanent

Article 1 : Le Conseil Electoral Permanent est une institution publique indépendante et impartiale chargée du contrôle et de l’organisation des élections sur tout le territoire de la République.

Article 1.1 : Le Conseil Electoral Permanent est le contentieux de toutes les contestations soulevées lors des élections soit de l’application ou de la violation de la Loi Electorale, sous réserve de toute poursuite légale à
entreprendre contre le ou les coupables par-devant les tribunaux concernés

Article 2 : Le Conseil Electoral permanent a son siège à Port-au-Prince. Sa juridiction s’étend sur l’ensemble du territoire de la République.

Article 3 : Le Conseil Electoral Permanent comprend neuf membres dont les attributions sont fixées par les articles 191 et suivants de la Constitution. Il se dote de règlements qui ne peuvent en aucun cas contredire les dispositions constitutionnelles et légales.
Une fois de plus, une fois de trop les obsédés du pouvoir viennent de violer la Constitution de 1987 en entraînant dans la fange les Grands Commis de l’Etat. Pourtant les modalités de formation du CEP permanent sont clairement stipulées par l’article 192 qu’ils n’ont pas cité :

ARTICLE 192:
Le Conseil Electoral comprend (9) neuf membres choisis sur une liste de (3) trois noms proposés par chacune des Assemblées départementales:
3 sont choisis par le Pouvoir exécutif;
3 sont choisis par la Cour de Cassation;
3 sont choisis par l’Assemblée Nationale.
Les organes suscités veillent, autant que possible, à ce que chacun des départements soit représenté Bon an, mal an, la chenille n’a pas pu se transformer en papillon parce que les conditions atmosphériques ne le permettent pas.

Le cyclone Gustave accompagné des forts vents de l’OPL, de la Fusion, de LAA et de la Lettre des 9 sénateurs ont chambardé la scène politique. La nymphe va-t-elle rester au stade de chrysalide et périr dans son cocon ?

En attendant, pour votre plus complète édification nous vous offrons en attachement une version en 2 copies de la Nouvelle loi électorale (LOI : NO 2008-001, MONITEUR 163ème Année, Spécial No 3, 25 Juillet 2008) qui a fait mention du CEP PERMANENT en place pour 9 ans, le temps d’exécuter un coup d’état en parachute et assurer la pérennité au Pouvoir de René Préval et de sa clique.

Haiti : Préval le dos au mur

Thursday, August 21st, 2008

Par Jean Erich René

Tout le scénario de la politique haïtienne tourne autour du fauteuil présidentiel et des sièges au Parlement. La barque nationale pendant deux siècles vogue au gré des conflits politiques sans aucun but précis. On néglige l’essentiel pour lancer une lutte acharnée contre les ennemis politiques. Tel est le ferment de la vie politique nationale. De rares Chefs d’Etat haïtiens ont une vision d’ensemble de la scène politique. Très peu d’entre eux s’affranchissent des querelles de chapelle pour viser un objectif commun. A quoi servirait le savoir sans le savoir-faire, la prière sans la grâce, l’idéologie sans la praxéologie, L’Espoir sans aucune
réalisation ? Pour comble d’absurdité, la démarche politique haïtienne porte le sceau de la médiocrité tout en mettant en évidence l’indigence intellectuelle des acteurs. Leur sécheresse de pensée les porte à emprunter à Machiavel ses tours les plus sordides.

En dépit des slogans de départ qui ont fait mousser la foule, la réalité existentielle pleine de contradictions projette le vrai profil des joueurs et l’incohérence de leurs discours. Face à l’impossibilité de résoudre les difficultés matérielles de l’heure, ils cherchent refuge dans la polémique et la protestation continue. Ils divisent pour régner! Ils créent des événements pour faire de la diversion, détourner l’attention des adversaires et les forcer à faire leurs propres jeux. Prise dans un tel engrenage l’Opposition, quoique débile, est bien obligée de se rétracter face à certaines dispositions anticonstitutionnelles ne visant qu’à servir les intérêts politiques du pouvoir en place. En effet, l’éclatement de ces conflits alimente des commérages de toutes sortes qui tisonnent l’ardeur des partisans et sympathisants et neutralisent les maîtres d’arme.

Au cours de cette campagne de terreur, les prévalassiens oublient complètement le 10e Département, ce troisième œil qui scrute la scène politique haïtienne avec science et conscience. Puisqu’ils ont en mains les rênes du pouvoir, dans leur droit régalien ils ont aussi la responsabilité morale de veiller à la sécurité des vies et des biens de tous les citoyens. A force de tourner en rond ils ont perdu le Nord. Par cette bruyance qui caractérise les tonneaux vides, ils prennent une allure de surdoués, interprétant leurs bêtises comme des éclairs de génie. D’où cette situation équivoque dans laquelle se trouve Haïti aujourd’hui. Pour répéter St Just :
“ La force des choses nous conduit à des résultats auxquels nous n’avons pas pensé.” En dénonçant la Constitution de 1987 comme une source d’instabilité politique le président René Préval vient de commettre un Crime de Haute Trahison. Il est passible de la Haute Cour de Justice. Dans aucun pays du monde une telle attitude d’un Chef d’Etat ne passerait sous silence. La parole est au Parlement !

Lorsqu’on s’embarque dans l’anarchie pour retrouver la bissectrice du pouvoir on ne peut plus s’en sortir. Les pères ont mangé des raisins verts, les dents des fils en seront agacées. Ce climat de désordre a miné l’économie nationale, éclaté la société haïtienne et exposé le pays à la risée des observateurs internationaux. La politique de LESPWA devient irrationnelle! A quoi sert une stratégie politique sans aucune incidence économique favorable, sans aucun signe d’avancement social tangible. Selon
les témoignages de John B. Taylor le PIB ou Produit Intérieur Brut d’Haïti vaut 1/5 de la moyenne pour l’Amérique latine et la région des Caraïbes dans l’ensemble. Il est 40% inférieur au deuxième pays le plus pauvre de l’hémisphère: le Nicaragua. La mortalité infantile s’élève à 79 pour 1.000 naissances. 54% de la population d’Haïti n’ont pas accès à l’eau potable.” En quoi consiste l’Espoir ?

La tragédie haïtienne a comme déclic, une mauvaise gestion des finances publiques, le laisser-faire de la politique monétaire de rongeurs et l’hémorragie de la politique budgétaire de grands mangeurs de LESPWA. N’étaient-ce les transferts unilatéraux, c’est à dire les sommes d’argent en devises effectuées par les Haïtiens résidant à l’étranger notre situation serait encore plus grave. Les transferts unilatéraux représentent 1/4 du revenu national haïtien. La Banque Mondiale dans une analyse situationnelle a jugé de l’inefficacité de l’aide économique à cause de la corruption. Qui dit corruption dit corrupteur ! On ne peut pas améliorer la
situation des masses nécessiteuses car l’administration politique de Préval est un trou rond sans fond. Le pétrole à bon marché, l’asphalte, le riz et l’engrais de Chavez ont été détournés.

L’instabilité politique représente la deuxième plaie qui ronge le peuple haïtien. L’environnement politique haïtien n’est pas favorable à l’investissement. Le déchouquage est toujours dans l’air, l’entreprenariat est condamné car le capital est en danger. La croissance du secteur privé nécessite l’intégrité de la police et la fiabilité du système juridique pour mettre les chimères hors d’état de nuire. Commissaire de police et Commissaire de gouvernement sont en conflit. Selon le Chef de Police Mario
Andrésol l’insécurité est difficile à combattre si la justice libère les truands. L’inspecteur de Police qui a monté le dossier de Jean Dominique avec tous les éléments de preuve se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux. Une telle sanction est démoralisante pour le reste du Corps de Police.

Loin d’apporter des solutions, certaines décisions politiques compliquent davantage les données du problème. La gestion de la chose publique nécessite un esprit de dépassement et des ressources intellectuelles pointues. Avec la mondialisation, malheur à un pays qui a comme dirigeant un irresponsable, un crétin! Le pouvoir politique, vu le nombre de récifs, ne peut plus s’embarquer sur l’inconnu. Il doit se fixer des objectifs précis sur les plans économique, financier, monétaire, social, diplomatique, culturel. L’ère des dictatures rétrogrades est révolue! La Constitution de 1987 préconise un pouvoir mixte avec un Exécutif bicéphale.
Un Premier ministre ne saurait être la monture d’un Président en quête d’absolutisme. L’excitation fébrile et la griserie de certains couche-tard traduisent clairement l’indigence de la politique haïtienne. Nous applaudissons l’éclair d’intelligence des Chefs de Partis : OPL, FUSION et LAAA en approuvant, aux pieds levés, la Déclaration de Politique Générale du PM Michèle D. Pierre Louis. Ils isolent le président Préval comme le principal élément de blocage de la crise et provoquent la mise en échec de son plan macabre de traîner les pieds afin de profiter des élections américaines de novembre 2008 pour renvoyer le Parlement, rédiger une
nouvelle Constitution et pérenniser au pouvoir. La balle ne passera pas.

Préval a le dos au mur.

Le problème c’est Préval

Wednesday, August 20th, 2008

Par Jean Erich René

Comme un enfant-roi qui terrorise ses parents afin d’obtenir tous les joujoux qu’il désire, le 55e Président d’Haïti se foute pas mal des principes démocratiques qui définissent les voies et moyens pour nommer un Premier ministre et son Gouvernement. A l’occasion de la prestation de serment de Lionel Fernandez René Préval a réédité sa déclaration farfelue de l’impraticabilité de la Constitution de 1987 qu’il avait jurée de respecter. Il a renchéri la proposition indécente du Sénateur de l’Ouest de réduire le quorum à 10. Il n’en faut pas plus pour caractériser le penchant de dictateur du Patriarche de Marmelade et sa velléité de garder le pouvoir au-delà de son mandat qui prend fin en février 2011.

“Le Sénat est composé du nombre de sénateurs présents”, a déclaré René Préval. Faut-il faire la leçon au Chef d’Etat d’Haïti en lui apprenant que les Sciences Statistiques, dans le cadre de la Loi Normale Centrée et Réduite, exigent que la taille d’un échantillon ne soit pas inférieure à 15 pour que les résultats soient inférés à l’ensemble de la population. Les Sénateurs et les Députés sont appelés à se prononcer sur la Déclaration de Politique Générale du Premier ministre. Voilà pourquoi le législateur réclame un ratio de 50%+1 de chaque Chambre pour valider toute décision prise au nom du Peuple Il est triste après 204 ans d’avoir un Président qui pense que son pouvoir est extensible à volonté.

Conserver 10 membres du Gouvernement déchu signifie la continuité du statu quo ante. Pourquoi a-t-on renversé le PM Jacques Edouard si 55% de ses ministres demeurent ? Qui pis est, ils détiennent les ministères-clés c’est-à-dire l’épine dorsale de l’architecture politique du pays: Santé, Affaires Sociales, Education Nationale, Economie et Finances, Travaux Publics Transports et Communication, Planification et Coopération Externe, Intérieur et Collectivités Territoriales, Commerce, Agriculture. D’où viendra le changement si le Ministère responsible du Grangou Klorox demeure encore entre les mains du même titulaire qui n’a aucun sens du Commerce ni aucune formation en Production Industrielle, sinon que son chum maintient la pression au niveau du Palais National grâce à sa puissance de nuisance comme déchouqueur. Suzy Castor, selon les déclarations du Secrétaire général de l’OPL Edgard Leblanc fils, n’a pas été désignée par l’OPL. En acceptant le poste de ministre des Affaires étrangères, Suzy Castor aurait cautionné l’assassinat du Sénateur Jean-Yvon Toussaint de l’OPL le 1er mars 1999, au moment où la nomination d’un PM par le Parlement était dans une impasse analogue à celle de Mme Michèle Duvivier Pierre Louis. Gare aux socialistes naïfs!

Le refus de négociation de René Préval a pour but d’exciter la colère des Parlementaires afin de donner un vote de non confiance à Mme Michèle D. Pierre Louis. L’effet escompté est ainsi obtenu par René Préval qui n’a pas besoin d’un Premier ministre pour l’instant. Si Préval garde tous les ministres de Jacques Edouard Alexis c’est que la mauvaise gestion de son Gouvernement ne lui est plus attribuable, .pourtant la Constitution de 1987, dans les articles 162 et 163, est d’un avis contraire :

ARTICLE 162:
Les actes du Premier Ministre sont contresignés, le cas échéant par les Ministres chargés de leur exécution. Le Premier Ministre peut être chargé d’un portefeuille ministériel.

ARTICLE 163:
Le Premier Ministre et les Ministres sont responsables solidairement tant des actes du Président de la République qu’ils contresignent que de ceux de leurs ministères. Ils sont également responsables de l’exécution des lois, chacun en ce qui le concerne.

Les faits stylisés révèlent que Jacques Edouard Alexis a été renvoyé parce qu’il est candidat à la présidence pour les élections de 2011. La machine étatique est bloquée depuis le 12 avril 2008 parce que le Président René Préval ambitionne de garder le pouvoir ou le cas échéant le passer à Michèle Montas. On vient de redynamiser le Koze Pèp de Jean Dominique qui avait reçu un montant de 370 millions de gourdes selon une lettre datée du 25 mars 1998 du Sénateur Jean Robert Sabala adressée au Président René Préval. (Enigme Haïtienne, Sauveur P. Etienne ; p.314) Charles Suffra a repris la direction de ce Parti pour lancer la candidature à la présidence de Michèle Montas. L’itinéraire politique de René Préval ne vise pas la réalisation des élections des 3e sénateurs ni le remplacement des absents. D’une pierre il compte faire plusieurs coups afin d’obtenir la majorité au Parlement. Une Assemblée Nationale Constituante sera mise sur pied afin d’éliminer les clauses restrictives de la Constitution de 1987 par rapport à son projet de pérenniser au pouvoir ou d’élire Michèle Montas comme son successeur.

La reconduction de René Préval ultérieurement au pouvoir quoique inconstitutionnelle serait justifiée aux yeux du peuple par les bienfaits accomplis au cours de ces deux premiers mandats. Mais en quoi consiste cette reconnaissance populaire pour lui octroyer un autre mandat ? Le kidnapping, le black-out, le Grangou Klorox sont les seules réalisations de Préval. Michèle Montas compte-t-elle piétiner le cadavre de son mari pour entrer au Palais National. Lors de l’assassinat d’un membre d’un couple, tout service d’intelligence sérieux et compétent commence l’enquête par l’interrogation de l’autre conjoint. La plupart des investigations statistiquement révèlent, le plus souvent qu’il s’agit de crime passionnel.

A Radio Haïti Inter, Haïti toute entière a l’habitude d’entendre la voix de Michèle Montas qui débute l’émission du jour par le traditionnel : BONJOUR JEAN. Exceptionnellement le matin de ce jour fatidique pourquoi elle n’avait pas accompagné son mari ? Bizarre !. Qu’elle fasse valoir son alibi ! Les règles du jeu forcent Préval à aller jusqu’au bout. En préférant le vote de non confiance de la déclaration de politique générale de Michèle D. Pierre Louis, il est en train de gérer une crise qu’il a sciemment créée afin de se défaire du carcan du Parlement. A cause de ses anarchiques prérogatives, alternativement aux intérêts de l’oligarchie locale, le problème c’est Préval.