Bellerive et Clinton en froid avec le secteur privé

August 10, 2010 by Archivex-Haiti  
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Après les péripéties avec la Banque mondiale sur les délais d’examen des projets, les frais prélevés sur les fonds et le nombre de projets soumis – passe d’armes qui ont altéré la crédibilité de la CIRH – une nouvelle affaire avec le secteur local des affaires n’est pas à l’avantage de la CIRH qui cherche encore ses marques plus de trois mois après l’annonce de sa création. Nos hommes d’affaires ont boudé une invitation de la Commission
Haïti: A peine un tiers des membres du secteur privé haïtien invités ont répondu à l’invitation lancée par les deux co-présidents de la Commission Intérimaire de Reconstruction d’Haïti (CIRH), organisée, hier jeudi, à la primature. Pour être précis, sur la soixantaine de personnes attendues, moins d’une vingtaine de patrons ont pris part à la rencontre, a appris Le Nouvelliste.

Selon un haut responsable du patronat, la première faute des organisateurs a été de lancer des invitations individuelles au lieu de passer par les structures organisées.
« Le secteur privé se constitue d’individus, d’associations et de regroupements. Cela a pu se faire après des années de luttes et de tentatives diverses de formalisation. Voilà que la CIRH veut revenir au point de départ en réunissant des acteurs au lieu des représentants élus et mandatés », a indiqué notre source.

En pleine réunion, Hans Garoute de l’Indepco a eu à déplorer la faible représentativité du secteur privé à la réunion. « La rencontre d’aujourd’hui est utile. Cependant, je crois que le secteur privé est plus large que le groupe qui est réuni ici. Il faut faire un effort afin d’impliquer le pays entier dans le processus de reconstruction. Il faut élargir le cadre et finir avec cette histoire d’exclusion », a déclaré le porte-parole du secteur de la confection et grand partisan de la formation professionnelle.

Pour un autre membre du secteur des affaires qui n’a pas participé à la rencontre par choix, il n’est pas sérieux de vouloir revenir aux petites relations personnelles pour lancer une initiative comme la reconstruction du pays après le tremblement de terre du 12 janvier.

Cette personnalité croit que la CIRH a un problème de staff et peine à se donner une ligne directrice. « Ils vont au petit bonheur la chance. Le président Clinton est une star mondiale qui donne des représentations périodiques en Haïti et le Premier ministre Bellerive, avec toutes ses casquettes, ne sait pas où donner de la tête », selon lui.
Il y a aussi, selon notre interlocuteur qui a voulu garder l’anonymat, un conflit latent entre la CIRH et les structures établies. « Il y a comme une ambivalence. Quand faut-il passer par la Commission, quand faut-il passer par les ministères ou organismes qui existent déjà ? Quand faut-il respecter les institutions et hiérarchies établies dans le secteur des affaires et quand faut-il les sauter ? Quand faut-il créer de nouveaux dispositifs, quand faut-il renforcer ceux existants ? Personne ne semble vraiment savoir. D’autant plus qu’il s’agit d’argent et que chaque responsable haïtien ou étranger a ses amis et ses préférences ».

Interrogé pour savoir qui avait convoqué cette réunion au quartier général du Premier ministre et siège de la CIRH, un responsable de la primature a confié au Nouvelliste qu’ « il y a plusieurs façons de voir. La Commission est en réunion quand tous ses membres sont présents. Jeudi, il n’y avait pas de réunion formelle car seuls les co-présidents, le directeur exécutif et le ministre de l’Economie et des Finances étaient présents».

Quand le journal a voulu savoir qui était attendu et quelle instance avait envoyé les invitations, notre interlocuteur, cadre madré de la fonction publique, a esquivé la question par un prudent « je ne sais pas ».

Le Premier ministre Jean-Max Bellerive confronté aux mêmes interrogations jeudi au siège de la Primature pendant la rencontre, s’était fendu d’une pirouette : « davantage de gens ont été invités et contactés».

Avant de certifier qu’ «il n’y a pas de volonté d’exclusion», en réponse à Hans Garoute.
« Tout est dans la manière de faire. Les invitations brusques et inattendues déstabilisent les emplois du temps et ne facilitent pas la présence des hommes d’affaires qui ont un agenda. De plus, depuis trois mois, les responsables de la CIRH accumulent les retards et les impairs », déplore notre interlocuteur du secteur privé qui a, lui, boudé la rencontre de jeudi.

F.D

PLAN D’ACTION POUR LE RELÈVEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT NATIONAL D’HAÏTI

June 12, 2010 by Archivex-Haiti  
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PRDN | PLAN D’ACTION POUR LE RELÈVEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT NATIONAL D’HAÏTI

Contenu
1. Les grands chantiers de la reconstruction. 1
2. 780 millions pour la refondation territoriale. 3
3. Les piliers de la refondation économique. 4

1. Les grands chantiers de la reconstruction

On parle à tort et à travers du Plan d’Action pour le relèvement d’Haïti présenté à New York le 31 mars 2010 lors de la conférence internationale sur la reconstruction d’Haïti. Ayant constaté qu’aucune campagne de diffusion dudit plan n’a été lancée par le gouvernement, Le Nouvelliste se fait le devoir de présenter ses grandes lignes.
Le Plan d’action pour le Relèvement et le Développement national d’Haïti, qui se traduit en anglais par Post Disaster needs assessment (PDNA) est, d’après ses concepteurs, une proposition haïtienne. « Malgré le calendrier très court, les principaux secteurs de la société civile haïtienne ont été consultés, lit-on dans l’avant-propos du document. C’est aussi le cas des Haïtiens et Haïtiennes vivant à l’étranger qui se sont mobilisés et qui ont montré leur engagement envers l’avenir du pays. »

Le document rédigé à la va-vite après le séisme du 12 janvier par des experts étrangers et haïtiens présente une vision à long terme du développement d’Haïti. Il se propose de refonder la Nation haïtienne en transformant la catastrophe du 12 janvier 2010 en une opportunité pour qu’Haïti devienne un pays émergent d’ici 2030.

Cette refondation, d’après le PDNA, se matérialisera en : Une société équitable, juste, solidaire et conviviale, vivant en harmonie avec son environnement, sa culture, une société moderne où l’État de droit, la liberté d’association et d’expression et l’aménagement du territoire sont établis.

• Une société dotée d’une économie moderne, diversifiée, forte, dynamique, compétitive, ouverte, inclusive, et à large base territoriale.

• Une société où l’ensemble des besoins de base de la population sont satisfaits en termes quantitatif et qualitatif.

• Une société apprenante dans laquelle l’accès universel à l’éducation de base, la maîtrise des qualifications dérivant d’un système de formation professionnelle pertinent, et la capacité d’innovation scientifique et technique nourrie par un système universitaire moderne et efficace, façonnent le nouveau type de citoyen dont notre pays a besoin pour sa refondation.

• Tout ceci, avec l’encadrement d’un État unitaire, responsable, garant de l’application des lois et de l’intérêt des citoyens, fortement déconcentré et décentralisé.

Les grands chantiers de la reconstruction présentés dans le Plan d’Action pour le relèvement d’Haïti.

1. La refondation territoriale, qui passe par l’identification, la planification et la gestion des nouveaux pôles de développement, la stimulation du développement local, la reconstruction des zones affectées, la mise en place des infrastructures économiques nécessaires à la croissance (routes, énergie et communication), la gestion du foncier garantissant la protection de la propriété et facilitant l’avancement des grands projets.

2. La refondation économique, qui avec la valorisation des secteurs clés, doit viser la modernisation du secteur agricole dans ses composantes offrant un potentiel exportable comme les fruits et tubercules, l’élevage et la pêche avec comme objectif la sécurité alimentaire, le développement d’un secteur de la construction professionnelle, doté de lois et règlements antisismiques et anticycloniques et des structures d’application et de contrôle, la poursuite des activités de l’industrie manufacturière, l’organisation du développement touristique.

3. La refondation sociale priorisant en tout premier lieu un système éducatif garantissant l’accès à l’école à tous les enfants, offrant une éducation professionnelle et universitaire en adéquation avec l’exigence de modernisation de notre économie, un système de santé assurant une couverture maximum sur tout le territoire, une protection sociale pour les salariés et les plus vulnérables.

4. La refondation institutionnelle qui immédiatement s’attaquera à la remise en fonctionnement des institutions étatiques en priorisant les fonctions les plus essentielles, la redéfinition de notre cadre légal et règlementaire pour mieux l’adapter à nos besoins, la mise en place de la structure qui aura le mandat de gérer la reconstruction, l’établissement d’une culture de transparence et de reddition de comptes qui rende la corruption impraticable sur notre territoire.

Cet idéal à atteindre sur un horizon de vingt ans appelle la mobilisation de tous les efforts, de toutes les ressources pour « réussir le saut qualitatif », thème de la Stratégie Nationale de Croissance et de Réduction de la Pauvreté présentée en novembre 2007. Cette stratégie demeure un point de repère important dans l’énoncé des objectifs à atteindre.

Les grands moments de la reconstruction

Le Plan d’action doit conjuguer l’impératif d’agir maintenant tout en mettant en place les conditions de la croissance structurelle nécessaire dans la durée. Aussi, les « trois grands moments » de la planification des interventions, les échéances sur lesquelles Haïti demande l’appui de la communauté internationale pour réussir cette refondation qui s’avère un devoir historique pour chaque Haïtien et chaque Haïtienne, sont :

• La période d’urgence, qui doit servir à améliorer les conditions d’hébergement des sans-abri, à faire retourner les élèves à l’école et les étudiants à l’Université et aux centres de formation professionnelle, à préparer la prochaine saison cyclonique de l’été, à poursuivre les efforts pour redonner une normalité à la vie économique notamment en créant massivement des emplois par des activités à haute intensité de main d’oeuvre, en garantissant la stabilité du système financier et l’accès au crédit aux micro, petites et moyennes entreprises, à continuer la réorganisation des structures de l’État. Durant cette période, il faudra travailler sur les stratégies et plans de développement des nouveaux pôles choisis, poursuivre les actions en faveur de l’équipement des zones d’accueil des populations déplacées par le séisme, mettre en place le processus électoral pour éviter tout vide constitutionnel.

• La période d’implantation (dix-huit mois) des projets déclencheurs pour cette Haïti de demain et la mise en place du cadre d’incitation et d’encadrement à l’investissement privé sur lequel est fondé le choix de croissance économique fait par Haïti. En effet, comme le prévoient les différentes analyses et évaluations, les investissements privés, dans l’économique comme dans le social, vont constituer la colonne vertébrale de la refondation de notre pays. Parmi les engagements pris avec les donateurs, il a été retenu d’accompagner le développement du secteur privé, tout le secteur privé, pour le doter des capacités nécessaires pour remplir ce rôle.

• La période de concrétisation de la reconstruction et de la refondation d’Haïti sur un horizon de dix ans pour remettre le pays sur la voie du développement et dix ans de plus pour en faire véritablement un pays émergent.

Les actions dans l’immédiat pour l’avenir

Le Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement d’Haïti comporte des actions définies dans le temps, sur un horizon de dix-huit mois.

Il s’appuie par ailleurs sur les quatre grands chantiers devant permettre de concrétiser la refondation d’Haïti. Aussi les actions et initiatives sectorielles sont-elles regroupées selon les thèmes des refondations territoriale, économique, sociale et institutionnelle.

Les plans d’actions spécifiques à chaque domaine sont regroupés de la manière suivante :

Refondation territoriale : reconstruction des zones dévastées et la rénovation urbaine, le réseau routier, les pôles régionaux de développement et la rénovation urbaine, la préparation de la saison cyclonique, l’aménagement du territoire et le développement local.

• Refondation économique : relance de la production nationale, restauration des circuits économiques et financiers, l’accès à l’électricité.

• Refondation sociale : santé – sécurité alimentaire – nutrition – eau – assainissement, activités à haute intensité de main d’oeuvre.

• Refondation institutionnelle : les institutions démocratiques, le redémarrage des administrations, la justice et la sécurité.

Dans les prochains articles, nous présenterons les chantiers avec leur budget.
2. 780 millions pour la refondation territoriale

La refondation territoriale constitue l’un des grands chantiers de la reconstruction proposés dans le Plan d’action pour le relèvement et le développement national d’Haïti. En attendant les projets, les spécialistes estiment que 780 millions de dollars sont nécessaires pour le financement dudit chantier. Le Nouvelliste vous propose un second article sur le Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement d’Haïti (PNDA).
Haïti: Dans ce domaine, les experts haïtiens et étrangers présentent la reconstruction des zones dévastées comme l’une des actions à entreprendre. « À la suite du séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui a détruit environ 105 000 résidences et endommagé plus de 208 000 autres, de grands travaux urbains devront permettre la reconstruction des trois grandes zones sinistrées, soit : la zone métropolitaine de Port-au-Prince, l’axe Léogâne-Petit-Goâve et le département du Sud-est incluant Jacmel », estiment les experts.

Les concepteurs du PNDA identifient plusieurs obstacles à surmonter avant de lancer le processus de reconstruction des zones dévastés par le séisme. Il s’agit du dégagement et du traitement des débris; des aspects légaux pour déclarer les terres d’utilité publique incluant le dédommagement des propriétaires privés; de la planification de l’utilisation des sols et le plan d’urbanisme; de la mise en place des infrastructures de base comme l’évacuation des eaux pluviales; de la réalisation des travaux d’assainissement, d’eau potable, du réseau électrique, enfin des travaux de reconstruction proprement dits soumis aux normes de construction adéquates (normes antisismiques, risques d’inondations etc.).

Dans le domaine du dégagement et du traitement des débris, les experts disent constater que les travaux sont déjà amorcés sans qu’il y ait un plan d’ensemble. « C’est dire qu’il est de première urgence de procéder à l’identification des sites de dépôt, du traitement des débris pour récupérer les parties utilisables et les recycler pour un usage immédiat », ont-ils écrit.

En ce qui concerne la reconstruction des zones fortement dévastées, les experts rappellent qu’un premier arrêté d’utilité publique a été pris le 19 mars 2010 déclarant certains périmètres d’utilité publique pour répondre à la nécessité d’un nouvel aménagement du territoire suite au séisme. Cet arrêté porte sur la région métropolitaine de Port-au-Prince, de Croix-des-Bouquets et la commune de Léogâne.

Dans le domaine de la reconstruction des édifices publics, les experts se sont contentés d’indiquer: «Le cycle de reconstruction des édifices publics est bien connu et, dans ce cas, les normes de construction et les règlements de zonage devraient être assez simples à appliquer». Pour la reconstruction du domaine privé, ils estiment nécessaire un niveau de surveillance sans commune mesure avec la situation préexistante.

Données budgétaires pour 18 mois :

Gestion des débris : 265 millions, dont 50 en soutien budgétaire
Appropriation des terres : 500 millions en cash flow*
Utilisation des sols, plan d’urbanisme : 5 millions
Infrastructures de base : 500 millions dont 100 en soutien budgétaire
Reconstruction édifices publics : 10 millions
Total 780 millions dont 150 en soutien budgétaire
*non comptabilisé dans le total pour cause de recouvrement des coûts

Construire un réseau de transport national

L’Etat haïtien, à travers le Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement d’Haïti, se propose de créer un réseau de transport national qui va réunir toutes les parties du territoire national. Il (le réseau routier) constitue, d’après les experts ayant accouché le plan, le programme moteur permettant de réunir toutes les zones de développement du pays, soit tous les chefs-lieux d’arrondissement, et d’assurer les échanges avec la République dominicaine.
« La mise en place du réseau de transport national rend possible un réseau de routes secondaires à partir du réseau principal facilitant l’accès à toutes les zones du pays, précise le document. C’est par là que les intrants à la production arrivent, que les produits finis circulent, que les touristes ont accès au potentiel culturel et géographique, que les malades ont accès aux réseaux de services de santé et que les étudiants ont accès aux réseaux d’éducation. » C’est aussi une condition essentielle, d’après les experts, pour une véritable décentralisation et déconcentration incluant celle de l’État.

D’après l’estimation des experts haïtiens et étrangers, pour compléter le maillage routier, il faut construire 600 kilomètres de routes et les ouvrages d’art nécessaires au désenclavement de régions entières.

Données budgétaires pour 18 mois :
Routes à construire : 30 M$ en 18 mois et engagement ferme sur 600 M$
Réparation et entretien : 150 M$ dont 50 M$ en soutien budgétaire
Total 180 M$ dont 50 M$ en soutien budgétaire

Ouvrir le pays sur le monde : les aéroports

Haïti ne peut compter jusqu’à maintenant que sur un seul aéroport international, celui de Port-au-Prince qui a d’ailleurs été fortement endommagé par le tremblement de terre. Les jours qui ont suivi le séisme ont démontré que cette dépendance à un seul aéroport international rendait le pays vulnérable et handicapait lourdement sa capacité de faire face aux besoins d’approvisionnement par voie aérienne. Fort de ce triste constat, le gouvernement haïtien, à travers le plan soumis à la communauté internationale le 31 mai 2010, prévoit de réhabiliter et d’accroître la capacité d’accueil de l’aéroport de Port-au-Prince et doter le pays de deux autres aéroports internationaux situés à proximité des villes du Cap Haïtien et des Cayes. Ainsi les trois aéroports du pays seront en mesure de répondre aux besoins du développement économique et du tourisme.

Par ailleurs, les experts haïtiens et étrangers estiment que les installations du port de la capitale ne répondaient pas aux besoins réels des activités économiques du pays même avant le 12 janvier. Sa localisation pose aussi problème puisqu’il est situé au centre de Port-au-Prince, où il bloque en partie depuis longtemps l’ouverture de la ville à la baie de Port-au-Prince et la réaffectation de la zone à des fins institutionnelles, commerciales et récréatives plus appropriées à un centre-ville d’une capitale moderne à construire.

« De plus, son emplacement ne permet pas son agrandissement nécessaire à l’expansion des trafics, ni l’amarrage de bateaux à fort tonnage. Il devrait donc être reconstruit dans un endroit plus approprié à ses fonctions », lit-on dans le PDNA. Pour palier ce problème, les experts proposent la construction de deux autres ports en eau profonde. « Cela permettra de faciliter les importations et les exportations et favoriser l’émergence d’activités industrielles et commerciales dans les autres régions du pays. D’autres ports de moindre envergure complèteront les équipements nationaux », ont-ils soutenu.

Le financement de ces infrastructures, d’après les explications fournies dans le PDNA, devrait se faire par des partenariats publics-privés de type B.O.T. (Build, Operate and Transfer).

Données budgétaires pour 18 mois :
Réparation aéroport PaP : 70 M$ B.O.T.
Nouveaux aéroports : 35 M$ B.O.T.
Ports : 14 M$
Total 114 M$*
*non comptabilisé car doit être l’objet de partenariats publics-privés
Jean Pharès Jérôme
3. Les piliers de la refondation économique

« Relance du secteur agricole, création de fonds de garantie, rendre accessible le crédit », figurent au nombre des mesures prônées dans le Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement d’Haïti en vue de sortir le pays du marasme économique. Nous vous proposons un 3e article sur le PDNA.
Haïti: «Doter Haïti d’un cadre légal et réglementaire conforme aux exigences d’un pays moderne ouvert aux investissements». Voilà, d’après l’équipe d’experts qui a préparé le PDNA, l’une des conditions sine qua non à la refondation de l’économie haïtienne. Les lois à elles seules ne peuvent pas permettre à Haïti de sortir du marasme économique lequel elle se trouve même avant le séisme du 12 janvier 2010. Les experts le savent pertinemment. Ils mettent en avant le partenariat public-privé et la construction d’infrastructures de services capables de stimuler ces investissements ainsi que l’accès au crédit comme autres éléments de la refondation économique d’Haïti.

L’agriculture, selon les experts, constitue un des piliers de la stabilité du pays. Elle représente même un axe incontournable de son développement. « Les enjeux de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’agroalimentaire pèsent lourdement sur la situation socioéconomique et sur l’avenir du pays. Aujourd’hui, l’agriculture demeure le plus important secteur pourvoyeur d’emplois d’Haïti : elle occupe plus de 50 % de la main-d’oeuvre », écrivent les experts dans le Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement d’Haïti.

Après avoir énuméré certains obstacles au développement de l’agriculture, le PDNA propose la mise en oeuvre de cinq programmes qui doivent aider Haïti à sortir de la dépendance alimentaire :

• un premier programme financera l’achat et la distribution d’engrais, de semences, d’instruments aratoires, de tracteurs pour les agriculteurs et d’outils et de matériels de pêche pour les pêcheurs à des prix accessibles de façon à accroître la productivité;

• un deuxième programme financera la construction de lacs collinaires et de réseaux d’irrigation permettant la maîtrise de l’eau, composante également déterminante dans l’accroissement de la productivité des exploitations agricoles;

• un troisième programme financera la réalisation de routes rurales désenclavant les zones d’exploitations agricoles et permettant éventuellement de réduire le nombre de spéculateurs également au bénéfice des pêcheurs et de la population en général;

• un quatrième programme financera la recapitalisation des exploitations agricoles en donnant aux producteurs accès au crédit à des conditions et des taux acceptables; il financera également le développement de très petites, petites et moyennes entreprises de façon à accroître la valeur ajoutée sur la production, à limiter les pertes en transformant des produits qui ne peuvent être vendus à l’état frais et à accroître les revenus des exploitants.

• un cinquième programme financera l’amélioration des conditions d’abattage et de conservation des produits animaliers, d’élevage ou de pêche, garants de la qualité des produits et accroissant la rentabilité de leur exploitation.

Données budgétaires pour 18 mois :
Soutien à la production et distribution d’intrants agricoles
(engrais, semences, outils) : 80 M$ dont 40 M$ en soutien budgétaire
Bassins versants : 130 M$
Irrigation : 15 M$
Autres soutiens : 35 M$
Total 260 M$ dont 40 M$ en soutien budgétaire
Rendre le crédit accessible

Le bon fonctionnement des circuits économiques et financiers, selon l’avis des experts exprimés dans le PDNA, est crucial pour le financement de la reconstruction et la relance de la croissance, seule garante de l’emploi à moyen et long terme. « Le système en place avant le séisme a été durement affecté. Ses capacités, même restaurées, ne seront sans doute pas suffisantes pour répondre aux besoins de crédit en capital de risque, pour la reconstruction domiciliaire et le fonctionnement de la micro-finance », notent-ils.

L’augmentation nécessaire des investissements directs étrangers aura aussi besoin d’un système financier capable de répondre aux besoins des investisseurs et d’assurer la fluidité des fonds et les services bancaires et d’assurance pertinents.

Fonds de garantie

Selon un document conjoint du Ministère de l’Économie et des Finances et de la Banque de la République d’Haïti, l’une des conséquences du séisme du 12 janvier dernier est « la décapitalisation brutale des clients emprunteurs de Port-au-Prince et des autres villes sinistrées ».

Cela devrait donc accroître la demande de crédit de la part des clients emprunteurs existant pour se recapitaliser. On doit aussi prendre en compte les besoins des petites, moyennes et grandes entreprises qui obtiendront les marchés publics et privés de travaux. Pour répondre à ces besoins et ainsi assurer une capacité d’exécution à la hauteur des besoins, il faut que l’intermédiation financière fonctionne au mieux.

Selon le document déjà cité, les réserves de liquidités des banques sont suffisantes puisque celles-ci pratiquent un ratio prêts / dépôts de 36 % contre une moyenne de 56 % dans la région. L’explication d’un aussi faible recyclage de l’épargne en crédit tient à l’absence de demande solvable de crédit et à la faible disponibilité de capital de risque.

Pour améliorer cette performance tout en assurant la stabilité du système bancaire, les spécialistes plaident en faveur de la création de fonds de garantie. « Il importe cependant de s’assurer que ces garanties seront offertes pour des investissements productifs et non pour sécuriser ou effacer les créances douteuses dues au séisme ou autres aléas de l’économie », font-ils remarquer.

Le crédit à la reconstruction

« La reconstruction du parc de logements privés va aussi nécessiter des facilités de crédit à des taux acceptables, abordables par ceux qui voudront reconstruire leurs maisons », constitue l’une des recommandations figurant dans le DPNA. De telles facilités, jugent les experts, sont embryonnaires à l’heure actuelle mais on peut prévoir une explosion de la demande dès que la classe moyenne qui a été durement décapitalisée va se reloger.

« Il est probable qu’il reviendra au système bancaire de fournir une large part des facilités de crédit nécessaires. Là encore, compte tenu du niveau de risque et des taux, une intervention de l’État et des bailleurs de fonds sera nécessaire sous forme de fonds de garantie et autres pour satisfaire à la demande », soulignent-ils.

Les modalités, précisent les auteurs du plan de relèvement et de développement d’Haïti, restent à définir entre les interlocuteurs nationaux et internationaux, mais des solutions devront être trouvées et mises en place dans les meilleurs délais pour limiter les effets néfastes d’une crise majeure de l’habitat dans les zones dévastées.

Plusieurs formules peuvent être envisagées selon le statut du propriétaire des terrains et des constructions, parmi lesquelles la mise en place par le système bancaire haïtien de prêts à taux zéro garantis par l’État et rémunérés selon un taux conventionnel négocié entre l’État et les banques. Il s’agirait d’un système de place ouvert à l’ensemble des banques inscrites en Haïti auprès desquelles chaque emprunteur aurait la possibilité de présenter son dossier à la banque de son choix.

L’octroi de ces prêts serait subordonné à l’application des normes minimales de reconstruction et leur montant calculé en fonction du revenu des emprunteurs. Ce dispositif, postule le document, nécessiterait des financements pour la couverture de la bonification des taux d’intérêt et la constitution de fonds de garantie. Cette proposition consoliderait la reconstitution proposée par ailleurs d’un dispositif d’identification des biens fonciers (cadastre et registre foncier). Elle permettrait de créer dans la durée une demande pour les entreprises et artisans du secteur du bâtiment avec un fort impact en termes de création d’emplois.

La micro-finance

Les institutions de micro-finance (IMF) ont été durement touchées. Selon les explications fournies par les experts, la capacité de ces institutions à répondre aux besoins des 200 000 familles et micro-entrepreneurs qui dépendent d’elles pour leurs besoins de financement est aussi gravement atteinte. Pourtant, ajoutent-ils, la création et le maintien d’emplois pour un large secteur de la population dépendent du dynamisme de ces institutions.

Pour redynamiser le secteur de micro-finance, le document conjoint du Ministère de l’Économie et des Finances et de la Banque de la République d’Haïti cité dans le PDNA propose les solutions suivantes :

1) Octroi de dons humanitaires aux micro-entrepreneurs qu’on arrivera à retracer, en vue notamment de leur permettre : (i) de faire face à leurs besoins de consommation immédiats ; et (ii) de reconstituer leurs actifs fixes et circulants, en complément des microcrédits qu’ils devraient recevoir des IMF. La distribution de tels dons devrait logiquement s’appuyer sur les IMF elles-mêmes, de façon à bénéficier de leur connaissance des bénéficiaires et de leur capacité à les atteindre à travers leur réseau.

2) Établissement de fonds de garantie partiels destinés à relancer le microcrédit aux clients des zones touchées par le séisme et répondant aux spécificités propres à la micro-finance, fonds répondant toutefois à la même logique que celle des fonds à développer pour le système bancaire. Ces fonds de garantie viseraient aussi bien les crédits futurs que le refinancement de crédits existant avant le séisme.

3 Établissement de mécanismes de recapitalisation des IMF, prévoyant notamment le rachat de portefeuilles de créances en souffrance par un fonds ou une entité financière dédiée à cette fin. Pour Haïti, il serait toutefois indiqué d’envisager que le recouvrement des créances rachetées des IMF soit confié à ces mêmes entités sur base de commissions liées aux sommes effectivement recouvrées, de façon à bénéficier au mieux de leur expérience dans le domaine.

4 Établissement de fonds de garantie ou autres formes d’assurance couvrant les risques futurs liés à l’avènement de catastrophes naturelles ou autres chocs externes à l’activité des IMF.

L’investissement privé

Les investissements directs étrangers et nationaux seront déterminants pour assurer la relance de l’économie haïtienne. L’État, lit-on dans le document soumis à la Conférence des bailleurs sur Haïti le 31 mars dernier, s’engage à favoriser ces investissements par la révision du cadre légal et financier régissant les investissements dans les secteurs de la production, de la transformation, de la distribution et des services. « Une politique d’incitation adéquate sera aussi élaborée pour favoriser notamment l’implantation d’industries manufacturières, de zones franches, de parcs industriels et de zones de développement touristique », promettent les autorités haïtiennes dans le document.

Un ensemble de mesures incitatives seront mises en place pour l’instruction diligente des dossiers et la facilitation des investissements. Le Ministère du Commerce et de l’Industrie et le Centre de Facilitation des Investissements, selon les experts, sont à pied d’oeuvre pour avancer dans ces domaines.

Le Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement d’Haïti préconise notamment le développement de pôles régionaux et la mise en place d’infrastructures de transport, énergétiques et industrielles ainsi que de services marchands. Pour la mise en place de tels équipements et infrastructures (ports ; aéroports ; centrales de production d’énergie électrique ; parcs industriels ; systèmes d’alimentation en eau potable ; etc.), la stratégie nationale consistera entre autres à faire appel aux investissements privés étrangers et nationaux et, lorsque requis, à la mise en place de partenariats public-privé (PPP) selon des modalités inspirées de l’approche dite BOT (Build, Operate and Transfert).

Indications budgétaires pour 18 mois :

Subvention au taux hypothécaire et micro finance : 50 M$
Fonds de garantie : 350 M$
Total 400 M$*
*non comptabilisé car objet de partenariats spécifiques avec des institutions financières privées
Jean Pharès Jérôme

Publiés dans le Nouvelliste les 4, 10 et 11 juin 2010.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=&ArticleID=80194
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=&ArticleID=80229
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=80344

PREVAL DOIT-IL PARTIR OU NON ?

May 19, 2010 by Archivex-Haiti  
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HAITI : A QUI CONFIER L’AIDE ?

Il n’y a pas longtemps, j’avais écrit un texte titré « POUR LA FORMATION DU CONSEIL INTERNATIONAL DE GESTION DES FONDS DE RECONSTRUCTION D’HAITI (C.I.G.R.H.)» Dans ledit texte j’avais posé la question de savoir A QUI CONFIER CETTE AIDE ?

Il semble que jusqu’à présent le gros problème post cataclysme demeure la distribution de l’aide internationale. Les grosses sommes promises ont fait naître une enchère qui semble paralyser les activités à mener aux fins de porter secours à un peuple meurtri et aux abois. On a tout à fait l’impression que les pauvres victimes, que les nombreux amputés ne font plus l’objet de la préoccupation des responsables du pays. Ce qui compte ce sont les avantages à tirer, les contrats à décrocher par les grands minets de l’Etat et du secteur privé, ces corrompus et corrupteurs réputés.

Nos dirigeants ne se gênent même pas. Ils affichent ouvertement leur désir, leur soif ardente de recevoir « l’agneau » et montrent, surtout, qu’ils sont prêts à le dévorer à belles dents. Tels de minables pleurnicheurs, de vulgaires chialeurs ils ne cachent pas leurs attitude et comportement d’enfant pleurant pour un bonbon. « Sic Leo locutus est », le ministre du tourisme a tenu ce langage du lion et de fait a mis la main sur le juteux et gras contrat de reconstruction pour une compagnie dans laquelle il a une part assez importante.

En tout cas, au Canada et aux Etats-Unis, que je sache, le simple fait qu’un ministre aurait été aperçu sur le yacht de monsieur MEVS ou de monsieur BRANDT lui coûterait son portefeuille ministériel. Il serait totalement impensable qu’il accepte à ce que la compagnie dont il fait partie se présente à un appel d’offre. D’ailleurs, il y a-t-il eu d’appel d’offre ? Personne ne sait. Cependant, Il n’est pas le seul à ne pas vouloir rater la belle occasion. Les rapaces du pré désastres, les agressifs « ONGistes », les pieux et rusés pasteurs, les « orphélinatistes », les ministres, pourquoi pas, le Président lui même sont tous à l’affût de ce gain facile. C’est beaucoup plus dodu, beaucoup plus substantiel que la période cyclonique qui fait l’affaire des petits rongeurs mais peu suffisante pour engraisser les comptes des grands mangeurs.

En tant, que défenseurs de l’intérêt national, chers amis Internautes, bénéficiaires de la latitude offerte par le Net, cette technologie moderne qui nous permet d’atteindre des millions de lecteur, pas des moindres, nous devons conjuguer nos efforts, les multiplier même afin que l’aide Internationale aille vers la reconstruction nationale et non dans les poches des nantis qui veulent devenir encore plus riches et enfoncer davantage nos « anéantis » dans la misère la plus dégradante.

L’opportunité offerte par la communauté internationale doit être exploitée au maximum au profit de la relance socio économique d’Haïti. Pas question de laisser les éternels fossoyeurs de la nation s’emparer de l’assistance des pays amis qui veulent enfin nous aider à sortir du sempiternel assistanat. Il est temps qu’Haïti se prenne en main pour résoudre ses problèmes, pour laver ses linges sales. Le moment est venu… nous ne devons pas perdre la chance, cette chance qui passe pour de vrai. La laisser passer reviendrait à dire adieu à l’avenir et ce risque nous coûterait très cher. Pour cela nous devons être réalistes et pratiques. Le nationalisme, en la circonstance, ne doit pas être un paravent derrière lequel se cachent les grands filous, véritables ripous et destructeurs de pays. Monsieur ARISTIDE a offert, pour rien, la souveraineté nationale. Le peuple est bien conscient que cela fait des années que le pays est politiquement et économiquement occupé. A ce compte, nous ne pouvons plus cacher notre ombilic et jouer à l’autruche. Que cette honteuse occupation étrangère, que cette flagrante perte de souveraineté serve, dit-il, au moins à quelque chose. Qu’elle serve de passage à emprunter par l’haïtien pour atteindre enfin le chemin des lendemains meilleurs. Pour cela, nous devons unir nos forces et réunir nos ressources à l’effet d’œuvrer avec intelligence et loyauté aux cotés de ceux qui manifestent le désir de nous accompagner dans la quête de notre dignité perdue.

Il faudra :
comme nous l’avions dit , que Jean Max BELLERIVE se montre ferme, déterminé et à l’écoute de ceux qui pensent pays. Pas question, pour lui, de chevaucher avec les cavaliers estropiés et vieux jeu. Il doit pouvoir bien appréhender la conjoncture à l’effet de faire un choix intelligent et de prendre des décisions judicieuses. L’heure est grave et réclame des actions urgentes et conjoncturelles. Le gâteau est sur la table mais à qui doit-on confier sa distribution ? L’Etat est non seulement inexistant mais a surtout perdu toute sa crédibilité. Le Premier Ministre lui même admet que la corruption est insupportable dans le pays. L’INTERNATIONAL, aussi, en est bien conscient. Donc, pas question de faire confiance à ces chats qui rodent autour de l’appât. La grande question reste : A QUI CONFIER L’AIDE ? A l’ETAT HAITIEN ou aux ONG ? L’INTERNATIONAL semble vouloir jeter son dévolu sur les ONG. Erreur immense à mon sens. Pour moi c’est fuir la pluie pour se retrouver en plein dans un fleuve. C’est du pareil au même si ne n’est pas pire. C’est enrichir davantage ces pasteurs, ces missionnaires gloutons et tous les autres ONGISTES affairistes qui sont en train de se frotter les mains.

Mais quoi Faire ?

Monsieur BELLERIVE devra pouvoir utiliser son ton de PREMIER MINISTRE pour trancher et demander en urgence la formation d’un conseil international de gestion DES FONDS de reconstruction d’haiti (C.I.G.R.H) . Ce conseil regrouperait des représentants du Gouvernement haïtien ayant à leur tête le Premier Ministre lui-même, des représentants de la communauté internationale, des représentants des O.N.G et enfin des représentants de la population. Les membres de ce CONSEIL jureraient sur la bible d’assurer une saine gestion des fonds d’aide destinés exclusivement à la reconstruction totale du pays (reconstruction physique et socio économique d’Haïti).

Cette idée a été lancée et a, de toute évidence, été reçue avec la plus grande indifférence. Elle a eu le sort réservé à un cri dans un désert. C’est dommage! Mais cette attitude des « négativistes » qui nous dirigent n’aura jamais la force de paralyser voire casser nos élans de patriote convaincu croyant dur comme fer en l’avenir d’Haïti. Haïti ne mourra pas.

QUI AURA GAGNE ? QUI AURA PERDU ?

Je ne suis pas en mesure de dire que ce sont les « anéantis »qui auront gagné mais ce dont je suis certain, la bourgeoisie voleuse, insolente, rapace, corruptrice, corrompue, répugnante, révoltante, accapareuse jointe à un pouvoir complice, tolérant, pourri, auront un tribut à payer. Ils auront à payer cher leur attitude de secteurs exclusivistes s’accaparant du monopole sur tout. Cette classe possédante tolérée par un Etat délinquant et rétrograde aura à regretter d’avoir voulu tout garder pour elle. C’est, en effet, elle qui a tué la production nationale, c’est elle qui a barré la route à l’investissement étranger, c’est enfin elle qui a tout fait pour garder le peuple dans l’ignorance et dans l’analphabétisme.

Le moment est venu où les cartes doivent être battues autrement. Elles ne doivent pas, non plus, être pipées. Haïtiens, haïtiennes, ne ratons pas la chance. A notre tour de leur barrer la route, à nous d’entraver leurs actions machiavéliques. Que ces gens ne soient plus les Maîtres et Seigneurs de la nation. Ils sont en train de manœuvrer aux fins de se créer une nouvelle forme d’hégémonie. Rendons les hors d’état de nuire, affaiblissons leur capacité de nuisance. La meilleure et la plus sûre façon de le faire est de nous unir, de converger nos forces et nos volontés avec en tête un seul rêve : celui du renouveau national. L’argent ramassé au nom de nos frères et sœurs victimes de l’après-midi de 12 Janvier doit servir à la concrétisation de leurs rêves longtemps caressés. Cet argent doit envoyer leurs enfants à l’école. Cet argent devra nourrir leurs progénitures et garantir leurs droits au respect et à la santé. Ces sommes ne doivent pas aller dans les banques étrangères. Elles doivent rester au pays pour le développement touristique, pour la relance de l’agriculture, pour l’éducation des petits haïtiens et des petites haïtiennes qui vivent loin du socioconstructivism e et enfin pour l’implantation de la démocratie. L’heure aura sonné. Les conflits haitiano-dominicain s seront définitivement résolus par le développement socio économique d’Haïti. L’haïtien n’aura plus à laisser son pays pour aller se faire humilier à coté. Il sera retenu sur ses propres fermes, dans ses propres activités touristiques, dans ses chantiers de constructions et autres.

Haïtiens, haïtiennes faites passer ce message. Que ceux-là qui nous aident ne se laissent pas séduire par les chants flatteurs des voleurs qui réclament la gestion des fonds. Le Premier ministre Jean Max BELLERIVE avait dit qu’il n’était point nécessaire que ce soit le gouvernement haïtien qui gère les fonds, l’essentiel est que les donneurs exécutent à la lettre les plans à eux soumis. Qu’on le prenne au mot.

Que le conseil international de gestion DES FONDS de reconstruction d’haiti (C.I.G.R.H) choisisse, sur la base de leur compétence, de leur capacité, de leur sens de responsabilité éprouvé, des firmes capables de remettre sur pieds , selon les normes, les villes qui méritent d’être reconstruites suivant un nouveau style d’habitat étudié en profondeur et susceptible de répondre aux besoins de la population. Tout : éducation, gestion, tourisme, agriculture, élevage, communication, transport, santé, affaires sociales etc.… doit être confié dorénavant à des mains expertes et non à des improvisateurs. J’aurais souhaité voir à la tête du C.I.G.R.H. des hommes ou des femmes comme LULA, Michaelle JEAN, ou autres. Un conseil assez élargi regroupant un représentant de chaque continent ne serait pas une mauvaise idée. C’est la bonne occasion de procéder à l’identification de la population haïtienne. La distribution de l’aide, il n’est pas trop tard, peut aller de pair avec celle d’une carte d’identité. D’une pierre faire deux bons coups. Les forces étrangères pourraient sécuriser des points de stockage de l’aide alimentaire. Des centres informatisés peuvent recevoir les candidats à l’aide, qui viendront réclamer leur carte, genre carte de ‘’Food stamp americain’’. A leur arrivée, ils seront photographiés et enregistrés dans un dossier destiné à les identifier à tout moment. Grâce à cette carte, ils pourront aller réclamer, à la semaine ou à la quinzaine, la quantité d’aliments impartie sur simple présentation de cette pièce qui une fois introduite dans le système exhibe la photo et les informations en relation avec le porteur. Tout ceci pour éviter une double présentation de l’assisté et effectuer une distribution équitable et digne. Qu’on ne me dise pas que c’est compliqué : Un webcam ne coûte que U$ 30 et une clef U.S.B U$ 18 dollars. Actuellement, une génératrice est en vente promotionnelle à Canadian Tires à raison de 169 dollars canadiens.

Je ne terminerai pas sans mettre en garde les nostalgiques « coalitionnaires » opportunistes qui sautent sans cesse sur les moindres occasions pour créer du désordre au sein du corps social même endeuillé. Les moments de grandes tourmentes sont les plus favorables pour eux. Sur le Net, on les voit qui se positionnent aux cotés de jeunes loups inexpérimentés mais très agressifs dans la destruction des autres avec la seule intention de monter au créneau suivant le principe du ôte toi que je m’y mette. Ils se préparent avec une extrême hantise à s’accaparer du pouvoir qui, pour rattraper le temps perdu, qui encore pour fructifier leurs avoirs déjà très cossus et qui, enfin, pour se tailler une position que seule la vache laitière appelée Haïti puisse offrir avec tant de rapidité et d’aisance. Il faudra surveiller de près ce monde trompeur qui réclame à tue-tête le départ du Président PREVAL. C’est sûr qu’on ne peut pas faire confiance à monsieur PREVAL, c’est sûr qu’il a donné des signaux clairs qu’il a l’intention arrêtée d’adultérer les prochaines joutes électorales sinon à son bénéfice du moins à celui d’un de ses proches, par exemple de sa femme sortie des cuisses d’une famille riche en fonctionnaires d’Etat. Mais en dépit de tout, PREVAL ne doit pas partir. Il devra arriver au terme de son mandat afin que demain, il n’aille pas, à la manière de son ex-frère siamois ARISTIDE, capitaliser sur le fait qu’il n’a pas pu boucler son mandat pour masquer son incompétence et son insouciance. Soit, on n’ira pas aux élections avec PREVAL, mais il devra remettre la clef seulement au mois de novembre prochain de sorte que lesdites élections puissent se dérouler démocratiquement dans un climat de paix et de libre choix, somme toute, dans le respect des vœux de la constitution trop souvent violée. Que ces électoralistes qui confondent trop fréquemment vitesse et précipitation prennent conscience et se mettent au coin pour laisser aux autres, à de nouveaux visages le soin de nous parler d’amour. A ces vieux jeux qui ont raté le rendez vous avec l’histoire à cause de leur maladresse et leur manque de sérieux, nous disons qu’ils ont quand même leur rôle à jouer dans la « confection » du tissu social haïtien. Par leur expérience, ils pourront toujours agir en tant que conseillers. On parle de la création d’un conseil de sages appelé à participer à la gestion des affaires du pays. La place de bon nombre d’entre eux sera certainement à ce niveau. Ils pourront mettre à profit leurs pratiques politiques, la triture qu’ils ont acquise durant leur parcours dans le couloir de l’administration publique qu’ils sont appelés à aider à changer car , pour beaucoup,ils la connaissent comme leurs dix doigts.

J’ai dit…
Que ceux-là qui disent vouloir nous aider à sortir du trou ne se laissent pas avoir car se serait bien malheureux pour un pays qui, presque arrivé au bord de la margelle, aurait perdu l’ultime chance de sortir du puits.

A QUI CONFIER L’AIDE EST LE POINT LE PLUS IMPORTANT DANS LA CONSTRUCTION DE LA NOUVELLE HAITI.
LECHAPEAUTEUR
Maurice CELESTIN
www.lechapeauteur. unblog.fr

Pétrole Haïti – La primeur de J.M. Bellerive a figé l’assistance du Colloque de Montréal

May 17, 2010 by Archivex-Haiti  
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Par Max Dorismond – Vendredi 5 mars 2010, 13 :30 Hr. – L’Université de Montréal brille de tous ses feux. L’atmosphère est festive. Les ateliers avaient fermé boutique depuis midi. La fierté du devoir accompli s’affiche en gros traits sur les visages. On attend le résultat des synthèses des 10 ateliers du Savant Professeur. L’arrivée du premier Ministre Bellerive est imminente. Malgré la présence de nombreux étrangers, nos compatriotes n’appréhendent aucun faux pas, puisque le personnage annoncé a déjà fait ses preuves à Montréal. Ministre charismatique, affable et articulé, il traverse très bien l’écran. Tout se conjugue pour une fin de colloque positive qui laissera sa marque dans l’histoire de notre communauté.
A l’heure dite, M. Bellerive est fidèle au rendez-vous. Ce qui est tout à son honneur, car, antérieurement, les conférenciers étrangers s’amusaient, tout au long de leur prestation, à jouer malicieusement, avec la notion ou : «heure haïtienne et heure canadienne» quand ils dépassaient leur quota de minutes prescrites. Son allocation terminée, le public est invité au micro.
A la question à savoir s’il y a du pétrole et d’autres mines en Haïti, le P.M. répond par l’affirmative et inonde le public de bonnes nouvelles : « la mise en chantier pour bientôt de raffineries de pétrole, la négociation de contrats de prospections de l’or noir avec certaines compagnies. Les projets sont sur la table, etc.… ». Pour votre édification, voir la vidéo ci-jointe:
L’intervention du premier Ministre Bellerive au colloque de Montréal

Le pétrole d’Haiti et le premier Ministre Bellerive

Bizarre! Le silence de l’assistance m’intrigue au plus haut point. Aucune ovation ne vient troubler la narration de l’auguste personnage à l’annonce de cette primeur. A la sortie, les bribes de conversations entendues ça et là n’ont aucun rapport avec le mot «pétrole». Une certaine indifférence déteint l’euphorie qu’une telle nouvelle aurait suscitée en d’autres circonstances. Quelle en est la raison???
Le contexte
Un mois avant le Colloque, le sujet flottait dans l’air froid de Montréal et animait les conversations. C’était suffisant pour réchauffer les esprits et remonter le moral après le séisme du 12 Janvier. Personne ne savait à quel saint se vouer pour conjurer le mauvais sort et ressusciter le pays agonisant. Le choc était et est encore très dur pour notre psychique. Donc, rêver les yeux ouverts demeurait l’unique thérapie du moment. Le Ministre Bellerive, de passage à Montréal au début de février, avait déclaré, disait-on, à La « Perle Retrouvée », qu’il n’était pas au courant de l’existence d’hydrocarbures en Haïti. Il n’en fallait pas plus pour que le mythe du secret ou des « méchants Américains qui veulent conserver le précieux liquide à des fins stratégiques » enflammât les esprits. Dans un texte publié sur Haïti-Connexion, bien avant la réunion à La Perle, j’invitais mes compatriotes à la prudence. (Voir le texte: «Du Pétrole en Haiti (Rêve ou Utopie)…». Sur les ondes des stations de la diaspora haïtienne, le débat avait monopolisé les micros.
Assistance en état de choc
A la recherche d’une solution immédiate, le monde entier s’est mobilisé pour sauver le malade. Sur les fils de presse, l’expression consacrée, «le pays le plus pauvre », à l’égal des sourdes répliques du tremblement de terre, vient chiffonner, une fois de plus, nos cœurs mortifiés. Faisant fi du désespoir, nos frères ont secoué leur torpeur et remué ciel et terre pour ajouter leur grain de sel dans la recette de la reconstruction, d’où le Colloque des Haïtiens de Montréal et récemment à Miami, celui d’Haiti-C.O.S.H, avec le Dr Carl Gilbert, axé sur la Santé. Qu’il soit en paroles ou en rêves, les Haïtiens ne se laisseront pas abattre. Ils en ont vu d’autres.
La pauvreté, les intrigues politiques, l’insécurité, la corruption, la malversation, la couardise, l’ignorance, la gabegie, le népotisme….etc, tout a été érigé en système. La porte de l’exil demeura la seule issue à la moitié du pays. Que de rêves perdus, que de vies brisées, que de familles déchirées loin de la mère-patrie. L’étiquette de mendiants nous a été accolée de par le monde. Au premier échelon des graphiques de l’échec monumental, figure le nom de notre pays. Nous sommes devenus la risée du monde moderne. Alors, quand ton Premier Ministre vient confirmer, à la face du monde, les folles rumeurs de l’existence d’hydrocarbures dans ton sous-sol, tandis que tu es acculé le dos au mur, rien ne te retient pour t’éviter de tomber en syncope. Car, la seule question qui te martèle le cerveau, c’est ceci : « Si c’était vrai, pourquoi a-t-il attendu la catastrophe pour dévoiler cet état de fait? ». C’est cruel! Très cruel! Entre temps, le public du Colloque, au début très motivé par cet effort collectif, ne comprend pas pourquoi, le gouvernement haïtien, qui avait déjà en cours de production «le Plan de Sauvetage» qu’il vient de publier et dont il devrait connaître la valeur (réelle ou subjective), avait envoyé cette tapageuse délégation de ministres et de diplomates récupérer ces deux journées de réflexion et d’efforts d’un «Think Tank» indépendant qui n’attendait rien de lui. C’est une assemblée de professionnels de gros calibres, mais d’immigrés de bonne foi qui en ont vu bien d’autres, car, ils furent par le passé témoins ou victimes du jeu habile des politiciens dans l’art des promesses creuses et qui ne voient dans la diaspora qu’une vache à lait. La tentation de séquestrer le Forum par ce premier Ministre flamboyant les a tous déroutés. Ne serait-ce la gaffe monumentale du «Gâteau de la construction», ce dernier aurait été transporté en triomphe dans les rues de Montréal par les premiers idiots venus.
Le doute avéré
Sans document, sans chiffres, les mains nues, Monsieur Bellerive vient nous parler de contrats de pétrole. Sur quoi se base-t-il? Avons-nous été roulés depuis toujours. Sommes-nous les dindons de la farce. Sommes-nous assis sur une «piscine» d’hydrocarbures, comme le prétendent certains? Le Gouvernement, a-t’il reçu un ordre des propriétaires mythiques de cette «piscine»? Ah oui! Nous flottons sur du pétrole et puis nous quémandons. La belle histoire! Haïti est un assisté social de l’humanité. Monsieur le Premier Ministre, je peux vous affirmer que oui, nous avons quelques traces d’hydrocarbure en Haïti. Oui, vos prédécesseurs, les plus grands «apaches» que la terre aient connus, à part Estimé et Aristide, ont retenu les services des compagnies spécialisées en forage et en exploration pétrolière, telles les Atlantic Refining (1950), Knappen- Tippen-Abbet, (1959), et dernièrement Geo Explorer (2008). En réalité, le jeu n’en valait pas la chandelle. La quantité connue a toujours été négligeable. Elle n’est pas rentable. Cela a toujours été de la mise en scène d’un plus intelligent que le Maître de céans.
Voici le processus : A l’arrivée de chaque nouveau Président, le Haut-Fonctionnaire titulaire du dossier des Mines, pour consolider son poste, commence par flatter le locataire du Palais avec un dossier bidon aux chiffres astronomiques en contenu de barils de pétrole. Ce nouveau venu qui caresse toujours le rêve secret de changer son statut de locataire en propriétaire du Palais, tombe dans le panneau. Il investit des millions en recherche au bénéfice d’une compagnie étrangère et de son roublard de ministre. Le résultat, à son grand désespoir, souligne la non-rentabilité du sujet. «Ya gain tan quitté sotte». Face à son échec, car son rêve de « Présidence à Vie » y était greffé, il laisse courir le bruit de la « Propriété stratégique des États-Unis ». Question simpliste- Pourquoi les présidents des 500 partis politiques actuels n’utilisent pas ce dossier pour promouvoir leur candidature? Ils ne sont pas si fous. Ils croient, eux aussi les pauvres, dans le mythe de la « propriété stratégiques des USA » et ne veulent pas entraver les marches du Palais. «Tout le monde veut aller au ciel. Personne ne veut mourir » dit la chanson.
Posons une hypothèse : L’International propose de reconstruire Haïti aux coûts de 14 milliards de dollars. Au prix du baril présentement, n’importe quel homme d’affaires avisé ou n’importe quelle compagnie à la recherche de profits garantis, se prévaudrait de ce droit et présenterait sa proposition en bonne et due forme à nos gouvernants. Si notre or noir était rentable, les affairistes internationaux se seraient alignés en fil indienne au pied de René Préval. J’ai visité le site des «Ressources naturelles» de la République Dominicaine avec qui nous partageons la «piscine», excusez, l’île. A part le nickel, la bauxite, l’or, l’argent, le marbre, le charbon, le granit, aucun mot commençant par la lettre «P» ne figure sur sa liste des Ressources Minérales. En conséquence, permets que je déduise cette comique conclusion de cet axiome. L’Île entière nage sur une «piscine», le 1/3 (Haïti) est constitué d’hydrocarbures, l’autre 2/3 (La Dominicanie) en eau saline. Mieux vaut en rire que d’en pleurer. Sur le site internet Rigzone.com, une autorité en la matière, spécialisée dans l’industrie du pétrole et du gaz, j’ai parcouru la liste des pays possédant du pétrole en exploitation ou non, le nom d’Haïti n’y figure pas non plus. Par contre, le site parle du pétrole de Cuba.
En effet, depuis 1984, Cuba produit des quantités non négligeables de pétrole, 16 000 barils par jour (bbl/j) à 74000 bbl/j en 2006. D’après l’EIA (Energy Information Administration), les réserves prouvées seraient de 750 millions de barils d’un pétrole en général plutôt lourd nécessitant un traitement spécial. Le brut est extrait essentiellement dans la province de Matanzas et en offshore dans le bassin du golfe du Mexique. Cuba a souligné en 2008 la découverte dans le Golfe, d’importantes nouvelles réserves estimées à 20 milliards de barils. Notons que l’U.S. Geological Service n’a pas modifié ses propres estimations indiquant que Cuba possèderait seulement 4,6 milliards de barils de réserve dans cette région.
Les nouveaux gisements qui soutiennent ces nouvelles estimations se situent dans l’enclave des 112.000 kilomètres carrés de la partie du Golfe du Mexique appartenant à Cuba. Cependant, d’après Rigzone.com, les experts sont dans tous les cas certains que des réserves inexploitées considérables de pétrole sont situées dans cette zone. Si ces estimations se vérifient, ces réserves de 20 milliards de barils de brut placeraient Cuba dans le peloton de tête des pays possédant les plus fortes réserves de la planète, du moins après les pays du Golfe Persique et le Venezuela.

La question qui tue.
Dans la logique des mythes véhiculés, dans le fantasme des adeptes de la théorie des complots internationaux, les Américains se seraient naturellement acharnés sur Cuba au lieu d’Haïti. La manne de Cuba a été prouvée depuis le début des années 80. Or, le pétrole dans le Golfe du Mexique est très loin d’Haïti, mais à quelques minutes de Miami. Par conséquent, les ambitions des Américains seraient vivement enflammées à l’idée qu’une piscine d’or noir flotte dans leur arrière-cour. Se sont-ils trompés d’île ?
Revenons sur terre
Monsieur, le Premier Ministre, loin de moi l’idée de mettre en doute votre assertion. Je demeure lié à ma gentillesse habituelle. Par contre, si vous êtes sûr de l’existence de cette richesse, la donne vient de changer. Je vous propose ceci, de :
Demander à la Communauté Internationale de surseoir à son aide. Vous avez présentement et en toute urgence une meilleure offre à lui proposer. Vous voulez hypothéquer auprès d’elle la «piscine» d’or noir d’Haïti pour 30 ans. Comme obligation, elle n’aura qu’à reconstruire immédiatement Haïti dans son ensemble, de A à Z, subvenir indistinctement aux besoins de chaque individu sur tous les plans, de sa naissance à sa mort, de partager après coup avec le gouvernement, une partie du bénéfice émergent.
Attention, ne nous sous-estimons point. En 1938, le Roi Abd Al Aziz Ibn Saoud et l’Arabie Saoudite avaient contracté une telle alliance avec les Américains. Ils n’en sont pas morts pour autant. Au contraire !
Monsieur le premier Ministre, je brûle du désir d’être déçu. Rendez-moi ce service. J’attends la vérité.

Max Dorismond 2010-03-23

Haiti : The Strategic Plan for National Salvation (SPNS)

April 16, 2010 by Archivex-Haiti  
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PSSN presentation in Washington
By Robert Benodin at The Brooking Institute

In the wake of the January 12, the automatic reaction to the enormity of the devastation focuses all attentions toward humanitarian aids and rebuilding. The Montreal meeting determined the scope of the project. The UN meeting determined the cost, the policy, the agenda, the calendar and accepted the donor’s commitments. It is given that the billions of dollars allocated to the reconstruction will bring undoubtedly the most advance and the most sophisticated science and technology to the shores of Haiti. However, will the billions alone contribute to change the nature of the regime that governs Haiti for 53 years? That is the question!

Socially 53 years of populism have polarized the Haitian society, widened the gap between social classes and accelerated a brain drain, which began under François Duvalier’s regime and continues until now. According to the World Bank, more than 83% of professional and technicians have left the country. In the last 20 years, has Haiti not received more than 10 billion dollars of foreign aids? What has been the result? Haiti has become in this period the hemisphere’s poorest and one of the most corrupt countries of the world! Was the United Nations, in one decade from 1994 to 2004, compelled to evoke twice the chapter VII of its Charter to deal with Haiti, due to the reoccurrence of the failing of the state under the anarcho-populist regime? Is it the interest of the international community and the Haitian nation to maintain the status quo? The traditional conservative argument “the devil I know” is not convincing in this catastrophic juncture. A change of paradigms is compelling, if we are sincerely motivated by the need to extricate the Haitian people from their misfortunes!

After 53 years, the need to break out of the populist regimes of both extremes is fundamental to the welfare of Haiti and its people. The model presented by the Strategic Plan for National Salvation (SPNS) offers exactly that. The challenge that we face in this juncture is to bring simultaneously the modern reconstruction of Haiti to coincide with the transformation of Haiti into a modern State. We need also to convince the Haitian people as well as the international community, that it is an antinomy to have a modern state recently built, governed by an anarcho-populist government, which has already contributed to its demise. Unless the real intent is for it to fail!

Those who witnessed and observed the last 53 years of Haiti’s decline are absolutely convinced that the presence of populism in power in Haiti coincides undoubtedly with its demise. If this is not sufficiently compelling to convince you; Ask yourself that question, why Senator Christopher Dodd has recommended putting Haiti under trusteeship at the time where the international community is undertaking its reconstruction and its modernization? The senator is absolutely convinced that populism is unable to manage such transformation. If the main reason of the senator’s recommendation were, the inability of populism to govern wittingly, the solution cannot be the trusteeship, but to get rid of the real problem. It takes new men with new ideas to forge a new world!

The Strategic Plan for National Salvation (SPNS) is offering just that! It differs from the other plans for two specific reasons. It is not a reaction to the cataclysmic destruction of Haiti. It is the product of a workshop on governance held in the Dominican Republic before the cataclysm, from August 29 to August 30 2009. The SPNS has also taken a much broader vision, including the notion of rethinking and restructuring a modern State.

The SPNS is a quantum leap compare to what has been offered until now. Through serious reflections, the SPNS articulates in a list of changes in the area of governance, with concrete proposals in many domains. In other words, the SPNS shows clearly the path towards emancipation from the populist regimes.

The SPNS has two parts.

The first part is a structural reform:
-Reform and decentralization of the State, grouped into five chapters including:
-Modernization of the State and decentralization strategy
-Legislative reform strategy
-Policy reform of justice and law
-The policy of defense and security
- Foreign policy and external cooperation strategy

The second part, concerns growth and development:
-The promotion of growth and socio-economic development, grouped into ten chapters including:
-The economic policy strategy
-Rehabilitation and reconstruction strategy
-Tourism policy strategy
-The regional development strategy
-Agricultural policy, fisheries and food
-Public health, population policy and sport strategy
-Education, training and scientific research policy
-Electricity policy
-Policy of financing for development
- Last but not lease Economic assumptions framed in three scenarios, optimistic, intermediate, and pessimistic

If in one hand, the physical modernization of Haiti is inevitable with its reconstruction. And the other hand Haiti must also modernize the way it is being governed to maintain its balance and cohesion through-out the process of its renaissance! Haiti must be able to cross the threshold of modernity in all domains simultaneously to maintain its cohesion and to sustain the requirements for durable development. At this juncture, the modernization of governance is a must for Haiti, if it wants to move forward toward socio-economic stability! We need the help of everyone in this effort of transformation. The SPNS urges all those sincerely motivated by the idea of reconstruction and modernization of Haiti, to join in this effort for the materialization and success of the SPNS. We sincerely want this plan to be the Haitian plan for the salvation of its people!

Synthèse des documents que présentera le Gouvernement haïtien à la conférence du 31 mars à New York.

March 20, 2010 by Archivex-Haiti  
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République d’Haïti
Ministère de la Culture et de la Communication
DOSSIER DE PRESSE :
Plan Stratégique Pour La Refondation D’Haïti

Tout de suite après le séisme du 12 janvier, le Président de la République a lancé un appel pour la Refondation d’Haïti. L’Exécutif haïtien s’est immédiatement attelé à la tâche en amorçant l’élaboration d’un plan stratégique pour la Refondation d’Haïti, intitulé ” Plan d’Action pour le Développement et le Relèvement National “. Ce document servira de principal instrument pour catalyser de manière rationnelle toutes les ressources nationales et internationales, nécessaires pour la refondation d’Haïti. Ce document sera présenté à NY le 31 mars à la Conférence de Donateurs organisée par l’ONU. Le présent dossier tente de présenter, les objectifs, la méthode, les institutions impliquées dans le processus et les grandes orientations de cet exercice d’élaboration de plan stratégique national. Pour plus d’informations, visitez la Plateforme d’Information pour la Refondation d’Haïti (PIRH) : http://www.synisys.com/pirh/index.jsp?sid=1&id=1&pid=1
Objectifs de l’exercice :

 
o Inscrire dans la durée cette mobilisation envers Haïti afin que d’ici 2030, Haïti devienne un pays émergent (qu’elle ne figure donc plus parmi les PMA), en faisant front commun pour la refondation du pays – Voir Glossaire technique pour les définitions de pays émergent et PMA
o A cette fin, il s’agit de mettre en œuvre une vision basée sur la fusion des stratégies déjà produites – DSNCRP et politiques générales – à travers l’établissement de mécanismes efficients de coordination permettant la gestion saine et cohérente des programmes intégrés requis pour la relance du pays et déclinés en phases graduelles d’exécution
o Collaboration des secteurs du pays: un processus de dialogue et de mobilisation qui devra se poursuivre pendant des années et impliquant tous les acteurs haïtiens de développement : diaspora, secteur privé, société civile, jeunesse, forces politiques
o Collaboration de la Communauté internationale : l’Engagement des partenaires quant aux résultats à atteindre sur le long terme plutôt que sur des montants globaux – La Conférence de New-York  est une première étape du processus où les engagements financiers des partenaires sur les courts et moyens termes traduisent l’adoption du plan stratégique sur le long terme, soit l’engagement de poursuivre jusqu’au bout les programmes intégrés pour atteindre les objectifs d’une nouvelle Haïti

Méthode d’élaboration :

  • Vision à long terme : Est élaborée par le Gouvernement. Elle permet d’orienter les critères du PDNA  afin d’évaluer les besoins pour arriver à l’Haïti de DEMAIN à partir de la fusion des grandes lignes directrices du DSNCRP et des politiques générales. Est élaborée par le gouvernement.

Post Disaster Needs Assessment (Bilan des Besoins Post-Désastre): Est élaboré par le gouvernement avec l’appui technique et la facilitation fournis par l’ONU, la BID, la Banque Mondiale, la Commission Européenne, et d’autres partenaires. Fournit les données permettant d’orienter le plan stratégique de refondation à partir de l’évaluation des pertes et dommages du désastre. Contrairement au modèle classique de PDNA, cet exercice doit permettre de dégager les besoins au-delà de ceux de la simple reconstruction mais prenant en compte aussi le « soft » (ex. besoin en personnel médical plutôt que le simple coût de reconstruction d’un hôpital) afin de

  • faciliter le développement de programmes intégrés. Cette évaluation comprend donc des critères objectifs pour évaluer l’impact de la catastrophe dans le sens strict, mais aussi des critères plus subjectifs découlant de la vision à long terme élaborée par el Gouvernement et permettant d’évaluer les besoins pour construire une Haïti différente de celle d’avant le 12 Janvier.
  • Plan stratégique : Est élaboré par le gouvernement en consultation avec les maires, des secteurs de la société civile, la diaspora, et d’autres partenaires de développement du gouvernement (ONG, organisations de droits humains). Permet d’établir les mécanismes pour impulser la refondation d’Haïti selon des objectifs clairement définis à court et moyen termes et des objectifs indicatifs à plus long terme.

 

Coordination : équipes impliquées et mode d’interaction

Les structures impliquées dans les étapes de la préparation du Plan stratégique sont :

  • Cellule d’élaboration du Plan Stratégique national
    • Chargée de coordonner l’élaboration du Plan d’Action pour le Développement et le Relèvement National
    • Leadership de la Primature
    • Une équipe de gestion de haut niveau (PDNA)
      • Supervise et fournit des conseils stratégiques pour l’élaboration du PDNA
      • Composée de : Premier Ministre, Coordonateur Résident Humanitaire de l’ONU, un représentant de l’envoyé spécial des Nations Unies en Haïti, le Chef de Mission de la Banque Mondiale, le Représentant Résident de la BID, trois représentants du G11 et le Chef de la Délégation de l’Union européenne.
      • L’équipe de coordination du PDNA
        • Chargée de la consolidation du PDNA. Gère la planification au jour le jour
        • Composée de, pour la Primature : Francis Gratia, Hervé Day (Primature), Pour le Ministère de la Planification : Yves-Robet Jean, Wilner Valcin, Claude Grand-Pierre
        • Les équipes thématiques du PDNA – 8 groupes thématiques et 35 groupes sous-thématiques

Sont responsables de la collecte, de l’analyse et l’intégration des données sur les dommages, les pertes, l’impact sur le développement humain et les besoins post-désastre à partir des sources locales, nationales et internationales. Le leadership des groupes thématique est largement assuré par les ministères qui assurent la coordination avec les diverses directions générales, les commissions présidentielles, et divers groupes d’experts de société civile. 

Méthode d’élaboration :

 

o   Vision à long terme : Est élaborée par le Gouvernement. Elle permet d’orienter les critères du PDNA  afin d’évaluer les besoins pour arriver à l’Haïti de DEMAIN à partir de la fusion des grandes lignes directrices du DSNCRP et des politiques générales. Est élaborée par le gouvernement. 

Post Disaster Needs Assessment (Bilan des Besoins Post-Désastre): Est élaboré par le gouvernement avec l’appui technique et la facilitation fournis par l’ONU, la BID, la Banque Mondiale, la Commission Européenne, et d’autres partenaires. Fournit les données permettant d’orienter le plan stratégique de refondation à partir de l’évaluation des pertes et dommages du désastre. Contrairement au modèle classique de PDNA, cet exercice doit permettre de dégager les besoins au-delà de ceux de la simple reconstruction mais prenant en compte aussi le « soft » (ex. besoin en personnel médical plutôt que le simple coût de reconstruction d’un hôpital) afin de

 

o   faciliter le développement de programmes intégrés. Cette évaluation comprend donc des critères objectifs pour évaluer l’impact de la catastrophe dans le sens strict, mais aussi des critères plus subjectifs découlant de la vision à long terme élaborée par el Gouvernement et permettant d’évaluer les besoins pour construire une Haïti différente de celle d’avant le 12 Janvier.  

o   Plan stratégique : Est élaboré par le gouvernement en consultation avec les maires, des secteurs de la société civile, la diaspora, et d’autres partenaires de développement du gouvernement (ONG, organisations de droits humains). Permet d’établir les mécanismes pour impulser la refondation d’Haïti selon des objectifs clairement définis à court et moyen termes et des objectifs indicatifs à plus long terme.

 

Coordination : équipes impliquées et mode d’interaction

Les structures impliquées dans les étapes de la préparation du Plan stratégique sont :

o   Cellule d’élaboration du Plan Stratégique national

Ø  Chargée de coordonner l’élaboration du Plan d’Action pour le Développement et le Relèvement National

Ø  Leadership de la Primature

o   Une équipe de gestion de haut niveau (PDNA)

Ø  Supervise et fournit des conseils stratégiques pour l’élaboration du PDNA

Ø  Composée de : Premier Ministre, Coordonateur Résident Humanitaire de l’ONU, un représentant de l’envoyé spécial des Nations Unies en Haïti, le Chef de Mission de la Banque Mondiale, le Représentant Résident de la BID, trois représentants du G11 et le Chef de la Délégation de l’Union européenne.

o   L’équipe de coordination du PDNA

Ø  Chargée de la consolidation du PDNA. Gère la planification au jour le jour

Ø  Composée de, pour la Primature : Francis Gratia, Hervé Day (Primature), Pour le Ministère de la Planification : Yves-Robet Jean, Wilner Valcin, Claude Grand-Pierre

o   Les équipes thématiques du PDNA – 8 groupes thématiques et 35 groupes sous-thématiques

Sont responsables de la collecte, de l’analyse et l’intégration des données sur les dommages, les pertes, l’impact sur le développement humain et les besoins post-désastre à partir des sources locales, nationales et internationales. Le leadership des groupes thématique est largement assuré par les ministères qui assurent la coordination avec les diverses directions générales, les commissions présidentielles, et divers groupes d’experts de société civile.

a suivre

Haiti-Séisme : Le cataclysme des Duvalier et celui du 12 janvier 2010

March 16, 2010 by Archivex-Haiti  
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lundi 15 mars 2010 - Par Leslie Péan

Les difficultés actuelles de la société haïtienne pour faire une transition vers un régime démocratique sont liées au refus des puissances tutrices de procéder à une vraie dé-duvaliérisation et une réelle dé-macoutisation après 1986. Il y a eu un refus systématique de savoir ce qui s’est passé de 1957 à 1986. La communauté internationale a imposé son refus de faire le procès du duvaliérisme sous le fallacieux prétexte que ce serait une « chasse aux sorcières ». C’était sa condition expresse pour forcer Jean-Claude Duvalier à abandonner le pouvoir. Le changement recherché n’a pas eu lieu et on est resté à la surface. La société haïtienne ne s’est pas donné la peine d’identifier les comportements qu’elle condamne et encore moins d’expliquer à la jeunesse les causes de nos malheurs.
Les Haïtiens n’ont pas essayé de penser ce qui a rendu le duvaliérisme possible afin d’éviter son renouvellement. Trop préoccupée par la prise du pouvoir, l’opposition a vite absous le duvaliérisme de son carnage. Ainsi, les bourreaux et leurs complices ont repris du service sans aucun sentiment de culpabilité. Pas même en apparence. La classe politique et économique a recommencé avec la même technologie duvaliériste pour faire du pouvoir son lieu de réalisation personnelle. Le résultat est qu’on se retrouve un mois après le tremblement de terre avec 20.000 manifestants dans les rues aux Cayes [1] où une foule de jeunes arborant des drapeaux américains appellent à la démission du président René Préval. Avec leurs pancartes et banderoles, les manifestants disent au président américain Obama qu’ils veulent se placer sous la tutelle américaine, préférant que les Américains leur sucent le sang au lieu d’être dévorés jusqu’aux os par le gouvernement actuel.
La criminalisation du politique

Comment en est-on arrivé là ? Un pas en arrière est nécessaire pour voir le cheminement qui a conduit au trou actuel. Aucune thérapie n’est possible sans connaître la source et l’origine du mal. En éliminant toute notion de justice dans la société haïtienne, Duvalier a procédé à la criminalisation du politique, du Port-aux-Crimes à l’échelle nationale. Cette criminalisation s’est faite non seulement par une alliance avec la mafia américaine pour les casinos et le trafic de la drogue mais aussi par une reconfiguration de la société haïtienne autour du crime. Duvalier propulse les activités des vendeurs de chair humaine dans le trafic des braceros avec la République Dominicaine et dans celui des organisateurs des voyages clandestins aux Bahamas pour lesquels il recevait personnellement une partie des sommes collectées par les passeurs clandestins. Les services secrets américains ont la preuve des versements en espèces faits à François Duvalier par Ernest Dumervé, député du Môle Saint-Nicolas. [2]
Les exactions commises par Duvalier constituent des crimes contre l’humanité et en tant que telles sont imprescriptibles et peuvent être jugées n’importe quand. Pour rentabiliser le pouvoir politique, les duvaliéristes se sont livrés à toutes sortes de trafic sans se préoccuper des conséquences. On voit leurs pratiques délétères dans bien d’autres secteurs dont l’environnement où la mafia duvaliériste s’est investie dans le commerce du charbon de bois estimé alors à plus de $50 millions de dollars l’an. [3] Ce commerce du charbon de bois est actuellement de $230 millions de dollars l’an. [4] L’impuissance à refonder un autre pays vient du refus de questionner ces pratiques aux ancrages profonds qui balisent notre univers. Ces activités criminelles, qui vont du commerce de drogues avec la mafia nord-américaine à la contrebande organisée par les potentats du régime, continueront dans les gouvernements qui succéderont à celui de son fils Jean-Claude.

Le séisme de Duvalier est perceptible non seulement dans les bidonvilles qui entourent la capitale mais particulièrement au niveau de l’éducation et des consciences. Les victimes des extorsions des tontons-macoutes pour leurs parents innocents emprisonnés se comptent par milliers. C’est aussi le cas pour les jeunes filles et femmes abusées et obligées de consentir des faveurs sexuelles pour sauver leurs vies et celles de leur famille. Duvalier met l’imaginaire sous contrôle et l’imagination en captivité. Les professeurs qualifiés sont pourchassés et partent en exil en masse, les programmes scolaires sont réduits, le bac est allégé, et les cours de chimie sont enseignés sans que les étudiants n’aient jamais mis les pieds dans un laboratoire. Duvalier fait intérioriser aux Haïtiens l’idée que les ressources de l’État sont la propriété privée des détenteurs du pouvoir politique et que la mort attend tous ceux qui osent se révolter contre cet ordre de choses.

C’est avec une stupeur dégoutée que les revenants d’un long exil contemplent le piteux état de la capitale. Les actions criminelles des tontons-macoutes s’étalent à longueur de vue dans l’utilisation surabondante du béton brut. Les brutes en usent et en abusent. C’est le cliché par excellence du pouvoir à vie qui sera suivi, en toute bonne foi, par le reste de la population. La contagion duvaliériste s’est propagée. Sans un minimum d’équipements urbains, le quartier de Delmas sera pris d’assaut dans cette entreprise de dilution de l’architecture qu’aucun correctif ne peut vaincre. L’imposition des blocs et des dalles de béton symbolise une réussite factice qui est un refus de dialogue avec la vie. Les macoutes ont investi dans le béton et le bloc de ciment comme marque exclusive de leur puissance. Sans savoir qu’ils faisaient leur lit de mort pour des secousses sismiques qui allaient transformer tout cela en un champ monstrueux de débris informes. Mais Duvalier ne gagne pas seulement la bataille des images de béton, mais aussi et surtout celle des idées.

Le paradigme de l’ensauvagement macoute

Le duvaliérisme a mis fin à la hiérarchie et au sens de l’organisation dans la société haïtienne. En infiltrant les tontons-macoutes partout dans l’administration, la confiance nécessaire pour vivre en société est sapée. Le dispositif tonton-macoute encourage l’anarchie et enseigne que le président de la République a pour objectif de garder le pouvoir à vie. Le délire du pouvoir s’empare de la société. Ce délire s’articulant autour des sirènes du populisme devient l’esprit national. Il est enseigné et inculqué aux jeunes pour faire partie de leur ethos. Les phrases sibyllines de Duvalier telles que « en politique, la reconnaissance est une lâcheté », « je suis un être immatériel » sont répétées sur les ondes et martelées par l’agit-prop du régime sanguinaire. Duvalier a décidé de déstructurer Haïti en éliminant toutes les institutions, c’est-à-dire l’Armée, le Parlement, l’Administration publique, la Presse, l’Église catholique, les syndicats, l’université, etc. La soumission devant le chef de l’État devient le modèle par excellence du patriotisme. Il s’agit pour les fonctionnaires de faire plaisir au président.
Duvalier fait la chasse aux intellectuels et met au devant de la scène un grand nombre de satrapes . Tout est centralisé à Port-au-Prince et dans cette ville, tout dépend du Palais national. La meute des tontons macoutes décide de tout. Des monstres comme Zacharie Delva dans l’Artibonite, André Simon dans le Sud-Est, Sanette Balmir dans la Grande-Anse, Astrel Benjamin aux Cayes, Ti Bobo et Boss Peinte à la capitale, Aderbal Lhérisson au Cap-Haïtien, etc. font la pluie et le beau temps. Tout comme le philosophe Emmanuel Levinas n’a pas considéré l’hitlérisme comme une banale folie et a parlé du séisme hitlérien en Allemagne [5], le duvaliérisme ne peut être considéré comme un phénomène marginal en Haïti.

Le séisme duvaliérien introduit la violence dans la réalité quotidienne et l’éternité de celle-ci dans la subjectivité quotidienne des individus. Les esprits sont paralysés et les individus dépouillés de leur dignité, forcés de perdre leur humanité non seulement devant le président de la république mais devant n’importe quel tonton-macoute. L’assassinat devient un plaisir malsain, et les fils de fer barbelés du racisme sont placés dans les têtes pour maintenir l’esprit national dans un camp de concentration. Enfin, le séisme duvaliérien force les victimes à aimer leurs bourreaux, faute de quoi ils courent vers une mort certaine. Dans ce cadre, la plaie purulente de la corruption ne peut se cicatriser. La violence duvaliériste fait continuellement boule de neige et se renouvelle sans cesse.

Au lendemain de la chute du petit tyran en 1986, la vitalité des malfaiteurs devient folle avec la politique des gangs dans l’État marron. Les répliques terrifiantes du séisme duvaliérien ne diminuent pas avec le temps. Chaque saison apporte son lot de cadavres avec Charlot Jacquelin en 1986, Yves Volel en 1987, Lafontant Joseph en 1988, Alexandre Paul en 1989, Serge Villard en 1990, Sylvio Claude en 1991, Georges Izméry en 1992, Guy Malary et Antoine Izméry en 1993, Père Jean-Marie Vincent en 1994, Mireille Durocher Bertin et Michel Gonzalès en 1995, Pasteur Antoine Leroy en 1996, Robert Gaillard en 1997, Jean Pierre-Louis en 1998, Dr. Jimmy Lalanne en 1999, Dr. Ary Bordes et Jean Dominique en 2000, Brignol Lindor en 2001, Gérard Khawly en 2002, Danielle Lustin en 2003, Claude Bernard Lauture et Didier Mortet en 2004, Jacques Roche en 2005, Lucienne Heurtelou Estimé en 2006, François Latour en 2007, Monique Pierre en 2008, Roberto Marcello en 2009, Anil Louis Juste en 2010. Cette liste non exhaustive des assassinats d’un ordre cannibale constitue toutefois un faible indicateur de la violence qui ravage Haiti. En effet, des membres de la police et de la justice travaillent pour les trafiquants de drogues qui quadrillent le territoire national. C’est ce que révèle l’affaire du vol de narcodollars survenu à Port-de-Paix en novembre 2008. La violence des trafiquants vient s’ajouter à la violence politique pour créer un climat d’enfer. Les enlèvements d’adultes mais aussi de jeunes sont devenus une industrie. Les études sur la violence exercée contre les femmes en 2006 et 2008 indiquent qu’un tiers des femmes de l’échantillon sont victimes de viols et autres abus sexuels et 50% d’entre elles le sont avant l’âge de 18 ans. [6]
L’empreinte duvaliériste dans son fondement refuse toute transcendance à l’homme haïtien et s’impose, par le fait accompli , à toute remise en question basée sur des principes universels de la civilisation. Le modèle de gestion du pouvoir imposé par Duvalier pénètre dans l’inconscient collectif haïtien. La philosophie primaire de Duvalier basée sur les élites des classes moyennes se révèle une vision haineuse de la société. Cette vision axée sur « l’homme providentiel » est le paradigme qui informe la déclaration de Préval « Allez de par le monde prêcher la bonne nouvelle. Quiconque croit sera sauvé et ceux qui ne croient pas seront condamnés », faite le 20 octobre 2009 au ranch de la Croix-des-Bouquets. Une vision caricaturale qui conduit les hommes au pouvoir à agir en criminels au nom de leur bon droit, du droit du plus fort et enfin de l’absence de droit. Par exemple, les fonds de PetroCaribe sont gérés par le gouvernement de Préval comme le furent ceux de la Régie du Tabac et des Allumettes (RTA) sous François et Jean-Claude Duvalier. Ces fonds ne sont pas fiscalisés et dépendent uniquement de la présidence qui les utilise à sa guise. Les dilapidations de la bande à Préval sont connues. Les plus récentes sont les 197 millions de dollars dilapidés en 2008, puis les 163 millions de dollars disparues en un mois en 2010 dans des contrats de gré à gré avec des amis du pouvoir.
Du matériel acheté à 70 millions de dollars puis liquidé à 3.433 dollars

Robert Marcello, directeur de la Commission Nationale des Marché Publics (CNMP), qui protestait contre la gabegie dans l’utilisation de ces fonds par le Centre National des Équipements (CNE), est enlevé, puis tué par les assassins du pouvoir de Préval. Voilà la bonne tradition duvaliériste. Le CNE est la réplique fidèle de la Régie du Tabac et des Allumettes. À lui seul, le crime contre Robert Marcello appelle au tribunal ceux qui ont pataugé dans le pouvoir criminel. L’assassinat de Marcello produit un effet de vérité qui indique que toute moralisation de la vie politique sous ce gouvernement est un leurre aussi pathétique qu’inutile. Nous disons bien Robert Marcello et pas Robert François comme le dit le Rapport du Département d’État publié en Mai 2009 sur les droits humains en Haïti.
En décidant de remettre sur pied le CNE une deuxième fois pour exécuter des contrats en régie, le président Préval a délibérément décidé de donner une certaine crédibilité à la forfaiture. On n’a jamais vu un Cahier des Clauses Administratives Générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG) et encore moins un Cahier des Clauses Techniques Particulières (CCTP) pour les travaux exécutés par le CNE. Créé en 1997 et financé à hauteur de 70 millions de dollars pour l’achat d’équipements lourds qui n’ont jamais fait l’objet d’appels d’offres transparents, le CNE a été cannibalisé en 2005 tout comme les 210 véhicules, tracteurs, bulldozers, etc. formant le matériel de l’Organisation de Développement de la Vallée de l’Artibonite (ODVA) le furent par Zacharie Delva en 1963. Dans le cas du CNE, les équipements achetés au prix fort en 1997 comprenaient onze bulldozers, sept loaders, trois camions plateau (flat beds), un marteau piqueur, huit niveleuses (graders), deux bouilloires d’asphalte, onze rouleaux compresseurs, 1 perle excavatrice, 9 blocs moteurs, 4 rouleaux compresseurs Liebherr’s, 2 bacs de camion, 3 camions GMC militaires, 2 camions Mack, 3 camion Volvo. En novembre 2005, tous ces équipements seront vendus comme un lot de ferrailles à une compagnie privée Société Antillaise de Métaux pour la pitance de 154 000 gourdes. Avec 1 dollar américain au taux de 45 gourdes alors, le matériel acheté à 70 millions de dollars est liquidé à 3.433 dollars. Le Sénat de la République devait faire remarquer en novembre 2007 que la vente du matériel du CNE à la firme Société Antillaise de Métaux était bizarre et qu’il y avait dans cette transaction une certaine complicité entre les responsables de la Direction Générale des Impôts (DGI), de la Cour des Comptes et du ministère des Travaux Publics.
On comprend que certains parlent de catastrophe répugnante en Haïti. Le président Préval revient à l’assaut en 2007 et demande de réhabiliter le CNE avec un financement de 30 millions de dollars de la Land Bank de Taiwan. Encore une fois, les fonds sont à nouveau utilisés pour acheter des engins lourds sans appel d’offres. Suite aux cyclones de 2008, le CNE bénéficiera en 2009 à nouveau d’un financement de 80 millions de dollars du fonds PetroCaribe pour l’achat d’engins mécaniques à nouveau sans appel d’offres. Alors le CNE consomme 21 % des crédits prévus (plus de 25 milliards de gourdes) pour le ministère des Travaux publics, Transport et Communications (MTPTC) sans avoir de comptes à rendre au dit ministère. Enfin, un an plus tard, en janvier 2010, le CNE aura accès, dans les mêmes conditions, à un nouveau financement du fonds Petrocaribe.
Avec le tremblement de terre du 12 janvier, le CNE s’est retrouvé au centre des activités de sauvetage. Avec un esprit de sacrifice exemplaire pour sortir des gens sous les décombres, le CNE a soulagé des familles dans la détresse. Mais malheureusement, le CNE a jeté les cadavres dans des fosses communes sans les identifier comme s’il s’agissait d’ordures et de fatras. Le CNE continuait une pratique exercée par les sbires de Duvalier sur le cadavre d’Yvan Laraque, le guérillero du groupe des 13 de Jeune Haïti, dont le cadavre fut exposé pendant plusieurs jours à la capitale avant d’être pris par une fourche et envoyée dans une benne à ordures pour être jeté dans une fosse commune en novembre 1964.
Quand Duvalier demande de crier « Vive Henri Siclait »

Les Haïtiens sont prisonniers du carcan duvaliériste dans la mesure où il façonne les comportements, les valeurs, le mode d’accès au sens de la société. En creux et en saillance dans l’appropriation sans retenue du pouvoir, ce carcan participe de la banalisation du duvaliérisme en bloquant l’éclairage à porter sur ce séisme-là, parfois même par ceux qui en ont été de grandes victimes. Duvalier vole et laisse voler les deniers publics par ses partisans. Durant tout son règne, il soutient Henri Siclait qui organise la soustraction des revenus de l’État à travers la Régie du Tabac et des Allumettes pour les mettre dans la cagnotte privée du président et dans la sienne. Duvalier dit en avril 1964 :

Notables de Pétion-Ville, Eugène Mellon, Séide Dorcé, criez avec Moi Vive Henri Siclait qui a permis à un homme de survivre et Je survivrai tout autant qu’il existe des Henri Siclait sur la terre de Dessalines. » [7]
Cinq mois avant le massacre de Jérémie de Septembre 1964, Duvalier conteste l’interprétation univoque de son mot « la reconnaissance est une lâcheté en politique ». Il dit en clair « Je ne suis pas un ingrat. » [8] Duvalier se dissocie de certains de ceux qui l’ont porté au pouvoir frauduleusement, dont les Antonio Th. Kébreau, Pressoir Pierre, Jean David, car il estime qu’ils ne sont pas des « duvaliéristes volcaniques » [9] prêts à faire « une rivière de sang et un Himalaya de cadavres » comme Jacques Fourcand menaçait de faire en 1963 à ceux qui voulaient renverser le gouvernement. Duvalier affiche sa cruauté en disant prêt à faire « disparaître 10.000 petites marionnettes de ce genre » en se référant à Jean David. [10] Il pèse sur le destin haïtien par le fait accompli du crime dans son irréversibilité. Duvalier prend le pouvoir à vie, pou tout tan, pour s’assurer de cette irréversibilité.
La gestion anarchique du temps pour faire dérailler le train social

Le président Préval donne la mesure de son affiliation à cette conception du fait accompli dans son refus d’observer les calendriers requis par les lois et la Constitution pour faire les différentes élections, ce dans le seul but de détourner le train social à son avantage exclusif. Préval change les règles du jeu avec sa politique du fait accompli et oblige ainsi ses adversaires à composer avec lui. Démarche narcissique qui le fait se replier sur lui-même dans la recherche de son devenir. Son intentionnalité propre s’exprime dans sa manipulation de la contrainte temporelle. En faisant les élections quand cela l’arrange, Préval met en évidence son égo qui refuse la nécessité du beau, que sont le prévisible et l’équilibre, pour mettre en valeur son contraire, la contingence de la laideur dans son élément insaisissable et asymétrique. La gestion anarchique du temps comme outil politique est au cœur de cette problématique criminelle. Une certaine opposition ne semble plus avoir la ténacité nécessaire pour continuer la lutte. Surtout quand elle est consciente du risque de ne rien trouver à gérer même si elle gagne… Condamnée à trouver un pays squelettique comme le pêcheur d’Hemingway, dans Le vieil homme et la mer qui, après un long combat de trois jours, trouve son espadon déchiqueté par les requins.
La nocivité de la démagogie fait caracoler dans l’ignoble un pays qui a changé la face du monde en 1804. Le duvaliérisme a contraint les Haïtiens à viser bas. Au nom du populisme, l’illégal, le marginal et l’horrible ont « droit de cité ». L’absurdité est érigée en principe et appliquée à grande échelle. Le virage duvaliériste est devenu irréversible. Car ses successeurs visent encore plus bas. Haïti est désertée par l’intelligentsia et, avant de mourir, Duvalier s’entend avec Nelson Rockefeller le 1et juillet 1969 pour réaliser la vision définitive d’Haïti en tant que lieu d’une main-d’œuvre à bon marché pour l’industrie d’assemblage américaine. Le duvaliérisme devient la référence implicite et le modèle rêvé des chercheurs de pouvoir. Duvalier qui disait « fè b… yo pase nan paswa » [11] domine l’inconscient de l’homme politique haïtien. Cette dimension est cruciale pour saisir les actions de la classe politique dans leur prédétermination ainsi que les secousses violentes du duvaliérisme dans les consciences haïtiennes pour plusieurs générations. Le bilan est lourd. Duvalier mobilise des énergies considérables pour caporaliser les esprits. Il annihile tout sentiment national et de communauté. La médiocrité est d’une constante permanence.
Faudra-t-il attendre une décennie ou des générations ?
Le duvaliérisme a fait école dans les pratiques d’humiliation des citoyens. Ce ne sont pas seulement des hommes d’affaires innocents qui sont arrêtés aujourd’hui. Sous le gouvernement de Préval, même ses proches, comme ce fut le cas pour le premier ministre Michèle Pierre-Louis, sont l’objet des dommages collatéraux de sa politique intime de torture. Ce dernier ajoute un certain raffinement à la barbarie. Humilier et avilir l’Autre ne relèvent pas simplement d’un geste instinctif ou animal. Il y a carrément du sadisme à organiser contre Michèle Pierre-Louis ce petit théâtre au Parlement, sans sophistication, pour qu’il puisse jouir de son œuvre macabre. Cela prendra du temps pour éradiquer la mutation du duvaliérisme dans la société haïtienne. La reconstruction des zones affectées par le tremblement de terre prendra une décennie. Il faudra plusieurs générations pour se débarrasser des dégâts causés à la société haïtienne par le séisme des Duvalier.
Il ressort de ce qui précède que les racines de la destruction sont plantées dans le duvaliérisme dévastateur. Contrairement à ce qui se laisse dire et entendre, il n’y a pas de discontinuité dans le populisme post-duvaliérien. Pas seulement au niveau de l’urbanisme fou. Mais, sans incursion dans la vie privée, la superstructure jean-claudiste est omniprésente avec les modes d’élections à la Roger Lafontant, les hommes, la façon de faire, etc. La posture prévallienne ne connaît pas de différence fondamentale avec le jean-claudisme. Ce sont les intérêts du clan du gouvernement qui prévalent. Une posture satanique qui accumule les abus de pouvoir et les impostures pour continuer à défendre les failles d’un statu quo deux mois après le 12 janvier 2010.
[1] « Citizen of Haiti are in the streets today to claim Haiti as a US Territory”, CNN, February 12, 2010.

[2] Leslie Péan, Économie Politique de la Corruption, Tome 4, L’Ensauvagement macoute et ses Conséquences (1957-1990), Éditions Maisonneuve et Larose, Paris, France, 2007, pp. 344-345.

[3] Ibid., p. 333.

[4] IDB and USAID/DEED, « Can the biodiesel value chain be an opportunity for Private Sector Investments in Haiti ? », Biodiesel Value Chain Feasibility Study for Haiti –International Business Meeting, Port-au-Prince, 1-2 October, 2009.
[5] Emmanuel Levinas, Quelques réflexions sur la philosophie de l’hitlérisme, Éditions Fata Morgana, Payot & Rivages 1997.
[6] A. R Kolbe, et R. A. Hutson, “ Human rights abuse and other criminal violations in Port Au Prince”, Lancet, 2006 et Amnesty International Don’t Turn Your Back on Girls : Sexual Violence Against Girls in Haiti, 27 November 2008.
[7] François Duvalier, « Allocution du Chef de la Révolution Dr. François Duvalier aux notable des communautés rurales de Pétion-Ville le 27 Avril 1964 », La révolution au Pouvoir 1962-1966, Œuvres Essentielles, volume 4, Imprimerie de l’État, P-a-P, Haïti, 1967, p. 155.
[8] Ibid.
[9] Ibid, p. 156.
[10] Ibid., p. 157.
[11] Faire passer leurs fesses dans une passoire

Préval est arithmétiquement mort sur le plan politique.

March 8, 2010 by Archivex-Haiti  
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Dans un pays où il y a une classe politique cohérente, René Préval devrait déjà annoncer sa démission sans tambour ni trompettes puis annoncer les Etats Généraux pour camper l’agenda d’Haïti-Nation. Sauf les aveugles qui refusent de comprendre qu’on n’a pas besoin de passer de midi à 14 heures pour écrire l’acte de décès du Président d’Haïti. La raison est aussi simple, les conséquences du séisme ne sont autres que le résultat d’un régime Lavalas moribond qui n’a jamais su mettre une politique en place pour urbaniser Port-au-Prince correctement sans oublier la bidonvilisation politiquement calculee de la capitale qui a servi Duvalier.
La logique de Aristide I, Aristide II, Preval I, Aristide III, Preval II, deux populistes, c’est « laissons-les car le peuple est souverain ». Les deux avaient toujours peur de prendre des décisions impopulaires qui nous serviraient aujourd’hui, soit la réduction du nombre de morts. Par voie de conséquence, en 35 secondes le séisme a broyé les gens comme un requin ouvrant ses lèvres pour tout manger, maisons et humains sous ses dents. Ce séisme indique que nous étions toujours laids mais on a surtout oublié le miroir pour nous l’indiquer.

Ce seisme devrait apprendre aux victimes que ce n’est pas la NATURE qui est contre le peuple haïtien. Il s’agit en grosso modo d’un Etat mazora victime de responsables moribonds qui ont géré ce pays dans l’improvisation et l’amateurisme.
Si le Chili de Michele Bachelet n’a même pas un pour cent (1%) de nos morts (3,000) pour une magnitude de 8.8, ce n’est pas parce qu’ils sont plus intelligents que nous, c’est parce que nos dirigeants haïtiens n’ont pas une seule fois réfléchi sur la question. Nos dirigeants ont fait la sourde-oreille en gérant un pays comme des sapeurs pompiers, comme des hommes qui se sont laissé embrouiller dans des détails politiques.

Papa Doc de 1957 à 1971 a du se préoccuper de plus de 12 invasions qu’il devait toujours mater pour se créer un break politique car quand ce n’est pas du Nord, ce sera du Sud, les jeunes d’Haïti, ou au cœur de Port-au-Prince. La petite histoire va révéler que Papa Doc allait laisser le Palais lors d’une invasion mais suite à un envahisseur qui est allé prendre une pause cigarette, un soldat eut le temps d’informer le Président « Excellence, c’est un minimum zwit ». Duvalier s’est senti renforcer… et voilà. Baby Doc se la coulait douce durant 15 ans et le premier séisme politique l’emporta comme la paille dans le vent. Il démissionna gentiment.
Quant à Aristide lui-même, c’est un séismologue-né qui peut expliquer son incompétence versus sa popularité. Son prétexte le plus bizarre « On m’a toujours empêché » Malgré sa popularité liée a son incompétence,

JBA ne peut jamais nous dire pourquoi le roi du peuple est sorti toujours sans babouche de son trône. Donc qu’il s’agisse des deux Duvalier, d’Aristide I, II, III, Preval I, Preval II, l’on comprendra que le séisme du 12 janvier a mis au clair tout ce qu’on nous cachait. Le séisme a dit tout haut ce que certains disaient tout bas. Les constructions ne tenaient jamais compte des risques sismiques alors que tous se le disaient en cuvant la bière dans leurs salons de la République de Port-au-Prince. Le séisme prouve aussi que l’éducation du peuple n’a jamais été une priorité pour leur expliquer quelle attitude qu’il faut avoir lors d’un séisme. Le séisme prouve que l’absence de forces armées eut été responsible pour secourir les multiples gens qui sont restées vivants sous les décombres pendant des jours et dont on entendait leurs voix « Je suis vivant, Jesus sove’m » On raconte que sous les décombres de la DGI, l’on écoutait de vive voix les échos des survivants qui scandaient des cris de secours apres plus d’une semaine. Le séisme a prouvé aussi combien Haïti dépendait exclusivement de la Communauté Internationale.
Durant l’année 2009, Préval a tout fait pour rester au pouvoir le 7 février 2011 soit en s’assurant de rester lui-même, soit en « putinisant » la Primature, savoir qu’il allait placer son successeur au Palais et devenir lui-même Premier Ministre (2011-2016). Préval allait cyniquement caser Jacques-Edouard Alexis ou n’importe qui se révélerait un allié inconditionnel pour s’assurer de sa douce retraite. Il a flanqué un CEP de nullards qui vont organiser des élections frauduleuses à l’instar de celles du 21 mai 2000 et du 26 novembre 2000. Rappelons-nous de Leon MANUS. On se rappelle des brouilles au Senat en septembre 2009 pour valider les nouveaux faux élus. Préval a fondé INITE avec le grand soutien du Groupe de Bourdon, de l’élite économique, de la MINUSTAH pour s’accaparer classiquement du pouvoir en février 2011.
Préval a déposé l’amendement de la Constitution de 1987 qui prévoyait son agenda caché. Préval a pu facilement révoquer Michèle Pierre-Louis qui était visiblement une menace politique pour lui. Michèle Pierre-Louis va lui jeter une gifle récemment dans l’Express pour dire « Quand le président se trouve dans des réunions après le séisme et demander aux uns et aux autres que faire…. Qu’il se rappelle que c’est lui le LEADER. »
Mathématiquement, Préval est mort. Les parents des 300,000 morts, les 300,000 blessés, les 1.5 millions de sans-abri, les amputés, les victimes perturbées de toutes sortes ne sont pas dupes. C’est de la frustration à son comble … En déchiffrant, on a Vote – 1 pour Preval et son dream team. Chaque mort a au moins un parent et des amis qui se révoltent contre le silence et l’ineptie de Préval, donc on peut arriver à conclure que du coté des morts, il y a en moyenne un demi-million (500,000) de gens qui ne voteraient jamais Préval pour le simple fait que mêmes les mots de condoléances ne leur ont pas été adressées. Dans tous les pays, le rôle d’un Président après toute catastrophe de cette ampleur c’est de dire le mot de circonstance pour déclarer « Etat d’urgence » afin de susciter officiellement l’appui international. Rappelez-vous que l’International est venu sans l’appel de Préval puisque l’odeur des morts montait au nez même derrière les écrans d’Anderson Cooper.

Les 300,000 blessés savent que pratiquement, ils n’ont pas un président qui puissent soumettre un projet de loi au Parlement afin de légiférer sur un programme social pour eux. N’est-ce pas le cas des vétérans de guerres aux Etats-Unis et dans les autres pays du monde. Ces 300,000 avec proches, parents et amis ne voteront jamais Préval, aussi simple que cela.
Pour les 1.5 millions de sans-abri, n’en parlons même pas. Ils sont sous les tentes dans les conditions infrahumaines, ils ont faim, ils surveillent les voleurs, les prisonniers, ils ont froid, ils sont dans la boue, ils doivent se débrouiller comme Maitre Jean-Jacques pour dormir. La vie est difficile pour eux. Ces 1,5 millions ne voteront jamais Préval.
Fort de cela, c’est une perte de temps de parler de Préval comme Président. Il ne l’est plus. C’est un figurant au sens propre. Il est là parce qu’il est là. Le séisme l’a bien et bien révoqué avec tous ses acolytes de près ou de loin. Le séisme a ouvert les yeux pour mettre en plein jour ses 9 ans d’incompétence à la Présidence en deux fois.

Ce n’est pas une lumière de Leadership. La communauté Internationale ne fait pas confiance aux nègres et elle est confuse ne sachant où placer les milliards et dans les poches/caisses de qui ? Les élections présidentielles devraient avoir lieu le dernier dimanche du mois de novembre 2010 avec la 49ème législature (30 sénateurs + 140 députés selon la derrière loi électorale de Préval) qui doit valider le pouvoir du Président du 7 février 2011.

Ce qui est pratiquement impossible. Préval va s’arranger de rouler tout le monde dans les farines or c’est maintenant qu’il devrait dire en clair quel est son agenda de sortie. Il attend quoi ? Il attend qui ?
Etant donné que nous les Haïtiens sommes des IMBECILES en politique, nous retournons toujours comme des chiens à leur vomissure, nous n’avons aucune INTELLIGENCE politique, on ne peut jusqu’à présent comprendre que notre Président, malheureusement il en est UN, est déjà mort et enterré. Les plus imbéciles c’est la cohorte des politiciens qui ne peuvent présenter en clair l’alternative dans un temps record car Préval a signé son acte de décès suite au séisme du 12 janvier 2010. Ne pouvez-vous pas le constater ! Stupides !

Frantz VILLAIRE
Le 7 mars 2010

Haiti Reflexions et Propositions sur la Reconstruction

February 26, 2010 by Archivex-Haiti  
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HAITI 12 JANVIER 2010 ! UN TOURNANT ?

REFLEXION ET PROPOSITIONS DU GREH
SUR LA RECONSTRUCTION

La tragédie du 12 Janvier a placé la population haïtienne, le gouvernement de la République et la communauté internationale face à un terrible constat : l’état de désorganisation et de faiblesse de l’Etat haïtien. Nul ne peut ignorer que le président René Préval a fait, en Haïti et à l’étranger, la promotion de la faiblesse du pays. Il a repris avec persistance la théorie aristidienne « … Depuis deux cents ans …». Raccourci inventé pour tenter de dédouaner la classe politique post Duvalier de sa responsabilité dans la déstructuration du pays. On a même eu droit à la rengaine personnelle du chef de l’Etat : déstabilisation et coup d’état. Théorie que ses deux mandats à la tête de l’Etat démentent.

Le gouvernement, réveillé de sa léthargie par l’importance et la rapidité de la réaction internationale, a tout simplement abdiqué. Pourtant il louvoie convoitant la manne qui peut résulter d’un tel désastre ; il se positionne comme interlocuteur légal, et, c’est vrai, de ceux-là qui viendront avec les milliards ; il exploite le dénuement des citoyens à des fins politiques ; et voudrait même profiter de la situation pour lancer les élections sous les décombres encore fumantes conservant dans leurs entrailles nombre de corps ensevelis.

La communauté internationale, bien au courant des pratiques prédatrices du gouvernement a même enlevé à celui-ci le droit de distribuer la nourriture aux sinistrés et, comme pour signifier son mépris des dirigeants haïtiens, le président OBAMA dans son adresse, le 14 Janvier, n’a, pas une seule fois, mentionné le gouvernement d’Haïti. Cette communauté internationale entre aussi dans le débat avec des attitudes suscitant de sérieuses interrogations : le massif positionnement militaire des Etats-Unis dépasse, bien sûr, les besoins du simple secours humanitaire. La sourde querelle entre la nation étoilée et les anciens maitres de la colonie de Saint Domingue fait croire à des intérêts autrement plus sérieux que le simple désir d’aider. Ces attitudes font déterrer les dossiers sur les richesses cachées d’Haïti. Et the least but not the last cette bizarre déclaration du sous-proconsul américain Luis Luck de l’USAID qui affirme à la télévision qu’il n’y a pas de corruption en Haïti. Il n’ignore pas, cependant, que le premier programme cash for Works mis en branle par son administration est piraté par le gouvernement qui donne une occasion à ses députés candidats de se faire une popularité, à titre de superviseur, comme donneurs de jobs ce, naturellement en prévision des prochaines élections que le président, déjà, veut lancer.

La population livrée à elle-même a eu, comme toujours, recours à la solidarité entre les survivants. Elle prend, peu à peu conscience du poids de la politique dans sa vie de tous les jours.

Et, naturellement, au-delà des tâches incompressibles de l’urgence, il faut penser à la reconstruction. Et, déjà la danse des milliards ! Aussi, celle des vautours haïtiens et étrangers ! Si de nombreuses personnes ont reconnu que le nombre élevé de morts, de blessés et de disparus est essentiellement dû à l’hyper concentration de toutes les activités liées à la vie à Port-au-Prince, paradoxalement toutes les initiatives annoncées, pour traiter la deuxième phase de l’urgence, semble vouloir, encore, re-concentrer l’action sur Port-au-Prince. On voudrait, semble t-il, organiser, en périphérie de la capitale, presque totalement détruite, des camps de concentration, suivant la mise en garde du recteur de l’université Kyskeya Jackie Lumarck. On attendait 200.000 tentes ; on veut maintenant des bâches sans savoir sur quels terrains on ira les planter. Comme dans une tour de Babel. Je me demande si le président savait que les premiers conseillers à qui il devait faire appel en une telle circonstance sont par ordre : des sociologues, des psychologues, des militaires, des géologues, des urbanistes, des ingénieurs et architectes, des financiers et économistes, des communicateurs, ect…

LA POLITIQUE ENCORE

Tous ceux-là qui ont accouru au chevet d’Haïti tout de suite après la tragédie du 12 Janvier se sont retrouvés face à un choix : agir avec ou sans le gouvernement d’Haïti. Et, la politique qui reprend ses droitsaHaïti. et, la politique qui reprend ses droits. Légitimement, on est en droit de se demander s’il est juste d’appliquer l’étiquette politique à cette chose immonde que nous pratiquons en Haïti tant elle est distordue sous les coups de boutoirs du « maitredamisme » triomphant. Malheureusement c’est la politique qui va décider si la tragédie du 12 Janvier 2010 va être un tournant positif dans l’histoire d’Haïti. Mes doutes sont nombreux tant le bruit des vautours est déjà trop assourdissant ! Assourdissant aussi le bal des milliards de petits projets qui, déjà, encombrent les allées où s’engagera inévitablement l’international par choix cynique, par cupidité ou par une ignorance surtout alimentée par de l’arrogance. Les mauvaises langues diront « Il rechigne déjà de n’être pas sûr d’avoir sa part de ce gâteau milliardaire qui pointe à l’horizon ». D’autres plus amicaux et plus tendres, s’inquiéteront de l’intervention, encore une fois, une fois de trop, de cet oiseau de mauvais augure ! C’est qu’en réalité je suis par dessus tout terriblement inquiet par ce qui risque fort de se passer.

Des tournants mal négociés ou carrément piratés et prostitués

Haïti est une histoire de grands rendez-vous manqués. C’est vrai que Jean Jacques Dessalines a réalisé le tour de force de changer, au bénéfice de l’humanité, le concept millénaire de l’asservissement de l’homme par l’homme remettant ainsi à l’heure la pendule trop bien réglée de l’occident. C’est vrai aussi que Pétion organisera son assassinat qui sera ensuite maquillé pour l’histoire (toujours écrite par les vainqueurs) en la trahison du pont rouge. Pourtant, à lire lois et actes sous Jean-Jacques Dessalines on peut constater que tout était conçu par l’Empereur pour une société de progrès et de partage.

Il est de notoriété internationale que le président Dumarsais Estimé a allumé la torche du tourisme dans la Caraïbe en inaugurant les grands travaux du bicentenaire. L’histoire retient aussi qu’il a été cueilli dans son envol par le général Paul Eugène Magloire le 10 mai 1950.

La chute du Président Jean-Claude Duvalier devait marquer l’avènement de la démocratie en Haïti. Rapidement kidnappée, il ne reste, aujourd’hui, que les lambeaux du vocable et les panneaux à la peinture écaillée des coups d’état électoraux amenant au parlement haïtien de nombreux citoyens suspectés d’avoir été associés à des crimes de sang. Prises en otage et utilisées comme épée de Damoclès sur la tête du reste de la société, les populations de cité soley ci devant cité Simone continuent à vivre dans la pestilence inhumaine au quotidien. Ca fait vingt quatre ans que cela dure.

Attention danger

Si le désastre du 12 Janvier a mis à nu l’incompétence et l’esprit clanique de l’Exécutif haïtien, les réflexes tilolit et bassement politiques ont témoigné, par contre, d’une terrible agilité. Le désir de s’accaparer rapidement des milliards en perspective ont, tout au moins, rendu opérationnels les guichets de réception de la BRH qui, trois jours après le drame, était déjà en position de recevoir les premiers centaines de millions de dollars de l’international. On a été bien gâté des pleurnicheries du Président Préval contre ceux-là qui ont préféré verser dans les caisses des ONG les millions perçus au titre des téléthons et autres manifestations de solidarité du monde entier.

On a vu les indécents, à la télé, tenter de profiter de la situation en télévisant une distribution de kits alimentaires au mépris de la dignité de vieilles femmes, les sauveurs portant casquettes et maillots flambants neufs avec le slogan gouvènman’n avèn,n comme s’il existait une possibilité qu’il fût contre eux en une telle circonstance. Que de mobiliser les partis politique et les organisations de la société civile pour coordonner et organiser les urgences, le Président Préval a préféré l’opprobre de la communauté internationale se chargeant elle-même via ses ONG de la distribution de l’aide alimentaire et, nos chefs, sans vergogne se plaindre et avouer quand le peuple crie sa faim : Se pa gouvènman an kab bay manje se ONG.

Des chiffres certainement fantaisistes inventés pour la consommation internationale sont publiés par le gouvernement sur le nombre de morts, qu’ils ont fait passer à 230.000. Trois cent mille crie le Président Préval revenant de sa promenade mexicaine. Le nombre de maisons détruites, le nombre de personnes sinistrées, même le nombre précis des déplacés volontaires vers les provinces sont donnés. Je m’attends à lire les prochains jours des statistiques précises sur le nombre de ceux-là qui sont déjà retournés à la capitale. Le gouvernement se cache soigneusement derrière la protection civile pour affirmer ses sornettes. La protection civile qui, justement, pendant les premiers cinq jours du drame n’a jamais été activée.

Je suis devenu carrément inquiet quand j’ai vu, à la télévision, l’un des dauphins déclarés du président Préval, architecte de son état, associé depuis plus de vingt ans au pouvoir qui nous a conduits à ce désastre, tenter d’associer le secteur populaire à la conception de la reconstruction d’Haïti. La menace politique est claire, l’échec de cette reconstruction aussi si nous n’y prenons garde.

Je suis également inquiet en lisant les propositions de solutions pour gérer l’urgence et les concepts plutôt légers qui seraient des propositions pour la reconstruction. C’est au nom de toutes ces appréhensions et peurs que j’interviens dans le débat pour dire ce que je crois à propos de ces deux mouvements totalement imbriqués l’un dans l’autre :
PHASE FINALE DE L’URGENCE ET LA RECONSTRUCTION

La tentation voudrait que plus de 65.000.000 de dollars américains devraient être investis dans l’achat de tentes et de bâches qui ne pourront être fabriquées et rendues en Haïti seulement après six mois. Comme si les places publiques, les rues et les espaces privés occupés par les réfugiés pourront l’être encore pendant six mois. J’ai comme l’impression qu’on voudrait faire dire à notre premier ministre que seulement 5% des employés de l’administration publique seront gardés, dans l’immédiat, par l’Etat. Cette thèse voudrait donc confirmer cette hérésie du maire de carrefour justifiant sur les ondes de radio Caraïbes la mise en disponibilité sans solde de la grande majorité des employés de la mairie de cette commune. Enfin ! De très belles journées d’émeute en perspective !
Quant à la reconstruction, il parait que Port-au-Prince devrait être l’épicentre de cette démarche avec la reconstruction du palais national au cœur des préoccupations. Alors là. Je dis tout simplement halte là !

Les moments de l’urgence

Le plus gros succès a été les solutions apportées en masse au niveau de l’urgence médicale. Le suivi doit être fait avec la même dextérité. Les mesures de l’urgence doivent déjà permettre aux gens de recommencer à vivre, à fonctionner de manière autonome et stimuler à nouveau le rêve et les désirs et les ambitions. On doit rapidement s’éloigner du confort de l’assistanat.

Il faut :
a) Relocaliser les gens occupant les places publiques, les rues et les espaces privés et commerciaux.
b) Adopter le modèle d’organisation du Cepem pour réguler la vie au quotidien des gens sur une période maximale de 3 mois
c) Faire circuler l’argent en payant tout de suite les employés du secteur public ou leurs ayant droit et aider les business privés encore debout à payer à leurs employés les mois de janvier, de février et de mars.
d) Refaire fonctionner tous les business privés qui le peuvent, si nécessaire, avec un appui financier de l’état au plus tard au mois de mars
e) Travailler sur la réadaptation et l’intégration des milliers de handicapés du sinistre en facilitant l’accès à l’apprentissage d’un métier (pour ceux-là qui n’en avaient pas encore) et l’embauche ou la remise au travail dans les six mois à venir ou quand les conditions de santé le permettront de ceux-là qui en avaient déjà un.
f) Créer des conditions d’accueil au niveau des 115 communes extérieures aux villes métropolitaines pour permettre l’arrivée des autochtones de Port-au-Prince et de la diaspora dans le grand concert-compétition de la reconstruction.
g) Réduire drastiquement ou éliminer les camps par l’offre des premiers mouvements de la reconstruction.

Les moments de la reconstruction

On parle beaucoup de reconstruction comme s’il était question d’initier ce mouvement par la reconstruction de la ville de Port-au-Prince ou comme si la reconstruction était une affaire exclusivement physique. Les premiers mouvements de cette reconstruction doivent être à mon sens la mise sur pied du symbole que représente l’Etat à travers une grande coumbite stimulant les sentiments d’appartenance locaux. On a vu avec quelle spontanéité les gens se sont retournés vers leurs peyi (lieux d’origine) aux premiers jours de la catastrophe. C’est le moment idéal pour permettre l’éclosion du leadership dans chaque commune et, dans chaque secteur d’activité. Un leadership basé sur la compétence, le dévouement, le savoir-faire, le courage, l’abnégation et le sens de l’intérêt collectif. C’est à travers ce mouvement qu’on découvrira les futurs maires et membres des administrations des futures administrations communales.

Les étapes :
a) Préparer les conditions physiques de vie pour une période de trois mois, au niveau des 115 communes pour accueillir tous les techniciens originaires de ces communes qu’ils soient sur place, à Port-au-Prince ou à l’étranger.
b) Travailler simultanément sur les grandes options stratégiques de l’Etat dans toutes les branches de l’activité nationale
c) Lancer un appel pour leur intégration locale avec famille pour produire à partir des orientations stratégiques du nouveau gouvernement ce que seront, dans la commune : l’instruction, la santé, l’agriculture, les infrastructures, la communication, les sports et les loisirs, l’approvisionnement, l’état civil, la justice, la sécurité etc…
d) Lancer la construction au niveau de la section communale la plus proche de la commune la MAISON DU CASEC en tant que représentant physique de l’Etat. (Voir le programme politique du GREH in Le meilleur choix)
e) Construire au niveau de la section communale les villages type conditions économiques moyennes (habitat de 500.000 gourdes). Regroupement rural habitat de 150.000 gourdes avec une toilette moderne et au moins deux chambres. Les modèles existent à Jimani.
f) Lancer la construction, au niveau de la commune la construction du bâtiment administratif communale
g) Préparer simultanément les fonctionnaires du nouvel Etat (connaissances techniques et administratives)
h) Lancer la construction au niveau de la commune de trois types de villages avec des maisons des 1.000.000 de gourdes, de 500.000 gourdes et de 200.000 gourdes
i) Au niveau du département mettre en place le gouvernement départemental en faisant du délégué de la constitution de 1987 un ministre délégué siégeant au conseil des ministres.
j) Jeter les bases de la construction du palais départemental, du palais de justice, de la base militaire régionale
k) Reformater les villes départementales pour l’exploitation touristique locale et internationale (avec tous les services)
l) Au niveau régional Solliciter de la France, de la Suisse, de la Belgique, du Canada, des États-Unis, de certains pays d’Afrique des bataillons de retraités de l’université et des secteurs professionnels pour la mise en place avec les responsables universitaires locaux d’un curriculum universitaire national et des contenus des programmes de formation professionnels. Ils devraient accompagner par rotation, pendant dix ans, l’action universitaire haïtienne
m) Construire 4 campus universitaires dans le Nord, dans le Centre, dans l’ouest, et dans le sud
n) Construire 4 campus de formation professionnelle dans ce mêmes régions
o) Construire, au niveau des régions quatre bases militaires
o) Tenir compte dans toutes ces constructions, des menaces écologiques, cyclones, ouragans, les risques de Tsunami et les menaces sismiques

Ces mouvements à eux seuls permettront de susciter l’intérêt pour les villes de province et dégonfler la capitale. C’est alors et alors seulement qu’il faudra revenir sur Port-au-Prince où, entretemps toute nouvelle construction doit être interdite à part les écoles, les centres de santé, les commissariats et les tribunaux.
Dans ce vaste mouvement, au niveau central, les techniciens devront donner leur avis, au départ, sur le nouveau plan de réaménagement du territoire en tenant compte des menaces liées à la grande faille du nord.
Evidemment le préalable à la mise en branle d’une telle stratégie est la mise en place d’une équipe gouvernementale stratège (un gouvernement d’union nationale) voulant récupérer d’abord la dignité nationale et ensuite la souveraineté d’Haïti sous tous les aspects.

La destruction était une conséquence de la prostitution des valeurs morales et de la centralisation. La construction ne sera un succès que si elle est articulée autour de la remise en vigueur des valeurs avec la décentralisation comme point de départ.
STRATEGIE GENERALE

CONCEPT : Tourner le dos à Port-au-Prince siège de la catastrophe

On ne se rend, peut-être, pas encore compte qu’il n’y a pas de travail à Port-au-Prince et qu’il n’y en aura pas, en quantité suffisante, (direct ou indirect) dans les meilleures conditions, avant un an. D’ailleurs, il n’est pas souhaitable, si on ne veut pas recréer les mêmes conditions du désastre, de donner du travail à Port-au-Prince (à part le nettoyage de la ville, le décongestionnement des exutoires et le déblayage des décombres).

Il faut prioriser:
a) L’intégration (provinciaux résidents à P-au-P, Haïtiens vivants à l’étranger et autochtones, étrangers)
b) Le travail citoyen (sens des valeurs et civisme)
c) Stimuler l’appartenance géographique (Qui ne peut aimer sa région ne peut aimer son pays)
d) Permettre la mise en valeur de la compétence pour l’émergence du leadership naturel
PHASE I : relocalisation des populations et décentralisation

I.-1 Inventaire des communes

a) Les communes métropolitaines…………………………………………………………………………………………… 19

b) Les communes spéciales avec un potentiel touristique énorme (traitement spécial)……………… 8
· L’Ile de la Tortue
· L’Ile de la Gonâve (2 communes)
· L’ile à vaches
· Le môle St Nicolas
· Milot
· Port Salut
· Saut d’eau

c) Communes intérieures……………………………………………………………………………………………………….. 115

Note :

1) Après les premiers mouvements liés à la relocalisation des personnes déplacées, il faudra travailler sur le redécoupage de certaines communes essentiellement politiques (intérêt stratégique, économique, superficie, transversalité physique) mais dépourvues du potentiel économique le permettant d’être vraiment autonome dans un concept de décentralisation réelle.

2) Ne rien entreprendre dans la première phase dans les communes métropolitaines (pour pouvoir les décongestionner et, plus tard les reformater) et dans les communes spéciales (qui devront être exploitées après reformatages comme sites touristiques)

I.-2 Action Initiale

Tourner l’action initiale autour des 115 communes intérieures

a) Déterminer les positions géographiques où seront construits les représentations physiques de l’ETAT et les prochains villages

b) Faire près de l’espace où doit être construite la représentation de l’Etat le site d’accueil
· Des personnes déplacées de Port-au-Prince
· Haïtiens vivant à l’étranger
· Techniciens étrangers
· Compétences autochtones

c) Composition Groupe technique 1ère vague (au niveau du département) devant travailler sur la conception dans les faits des options stratégiques définies par l’Etat central (contenu, formation des transmetteurs, supports didactiques)
· Education (préscolaire, primaire, secondaire, civique, morale, sportive, professionnelle, universitaire)
· Santé : moderne et traditionnelle
· Agriculture et environnement : options de culture, et commercialisation
· Culture, tourisme et archives (Sites géographiques exploitables, récupération de la mémoire historique des lieux à travers la mobilisation des jeunes universitaires par des enquêtes au près des âgés)
· Infrastructures, génie et énergie (propositions tenant compte des cyclones, inondations, tsunamis, tremblement de terre. Déterminer avec les paysagistes le profil des villages en y incluant le reboisement urbain et les sources d’énergie ; à prioriser : le solaire, l’éolienne, l’hydraulique)
· Financiers, économistes et logisticiens (déterminer les coûts au niveau de chaque groupe, les séquences d’exécution, et la logistique indispensable)
· Statisticiens, informaticiens et archivistes

Note :
Il faudra les installer dans la commune la plus proche de la métropole départementale au point où sera érigé ultérieurement le BATIMENT ADMINISTRATIF COMMUNAL

Temps de ce travail : 3 mois à US $ 1.000.000 par département

Total estimatif phase initiale:……………………………………………. US $ 10.000.000

I.-3 Phase I : au niveau de la commune,
Choisir la section communale la plus proche de la commune pour construire

a) La représentation physique de l’Etat : LA MAISON DU CASEC (voir programme politique GREH in le meilleur choix comprenant :

· Ecole du préscolaire à la 9ème année fondamentale
· Terrains de jeux et de sports transformables en salle de projection et de théâtre.
· Centre de santé
· Justice et sécurité
· Magasins de l’Etat
· Centre agricole
· Avant poste bancaire-Caisse de crédit
· Cybercafé
· Center d’information et de communication
· Bibliothèque-Vidéothèque et cinémathèque

b) Construction de 4 types de villages
· Village type 1 : 2000 maisons ou appartements au coût de 150.000 gourdes chaque
· Village type 2 : 500 maisons ou appartements au coût de 200.000 gourdes chaque
· Village type 3 : 300 maisons ou appartements au coût de 500.000 gourdes chaque
· Village type 4 : 150 maisons ou appartements au coût de 1.000.000 gourdes chaque
I.-4 Chiffres maisons, personnes et coûts

En agissant simultanément sur les 115 communes intérieures et en fixant un quota de 5 membres par famille, on aura :

Nombre de personnes relogeables :

· Village type 1………………………………………………………………………………….. 1.150.000 pers.
· Village type 2………………………………………………………………………………………287.500 pers.
· Village type 3…………………………………………………………………………………….. 172.500 pers.
· Village type 4………………………………………………………………………………………..86.250 pers.

Soit 339.250 maisons ou appartements pour un total de……………………………… 1.696.250 pers

Coût de construction des logements pour les 115 communes :

· Village type 1…………………………………………………………………………… 34.500.000.000 Gdes
· Village type 2…………………………………………………………………………… 11.500.000.000 Gdes
· Village type 3 ……………………………………………………………………………. 17.250.000.000 Gdes
· Village type 4…………………………………………………………………………… 17.250.000.000 Gdes

Soit un total de 339.250 maisons pour un total de………………….80.500.000.000 Gdes

$US 2.012.500.000

I.- 5 Maisons du CASEC:

115 Maisons du CASEC (à 75.000.000 Gdes chaque…………………………………….. 8.625.000.000gdes
$ US 215.625.000

Cout global phase 1 :
· Installation task force et accueil des déplacés………………………………………….. $US ….10.000.000
· Construction des villages…………………………………………………………………………..$US 2.012.500.000
· Construction des maisons du CASEC…………………………………………………….. $US 215.625.000

Total Phase I…………………………………………………………… $ US 2.238.125.000

PHASE II : au niveau départemental

A construire :

Quelques faits sur la situation séismologique dans la grande région de Port-au-Prince.

February 24, 2010 by Archivex-Haiti  
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La période que les habitants de Port-au-Prince et des régions environnantes vivent n’est pas différente de celle qui suit tout grand tremblement de terre. Des séismologues et géologues ont présenté des hypothèses sur des séismes à venir, mais on doit se rappeler qu’il s’agit de possibilités à plus long terme que les jours ou semaines qui viennent.

Peut-on prévoir les séismes ?
Dans l’état actuel des connaissances scientifiques, il n’est pas possible de prévoir l’imminence d’un séisme, encore moins la date, l’heure et le lieu exacts où ils se produiront. On ne peut donc pas faire de prévision à court terme (jours, semaines, mois) du lieu ou de sa magnitude. On peut, dans certains cas bien précis, évaluer la possibilité de séismes mais dans le meilleur des cas comme en Californie ce sera sur de longues périodes de temps (décennies ou plus)..

Qu’est-ce que la magnitude d’un séisme ?
La magnitude est une mesure de la quantité d’énergie libérée pendant un séisme. Un séisme de magnitude 7 comme celui du 12 janvier libère environ 30 fois plus d’énergie qu’un séisme de magnitude 6, et environ 1000 fois plus d’énergie qu’un séisme de magnitude 5.

Répliques sismiques:
Dans les jours suivant un séisme fortement ressenti comme celui du 12 janvier dernier (magnitude 7,0), d’autres secousses peuvent être, et ont d’ailleurs été, ressenties.

• Dans presque 100% des cas, ces secousses (appelées répliques) seront beaucoup plus faibles que le choc principal (avec un maximum possible d’environ 6 degré à l’échelle de Richter pour un séisme principal de magnitude 7). Les vibrations causées par une réplique seront donc moins fortes que le choc principal.

• Ces répliques sont un phénomène normal et n’annoncent pas un séisme plus fort. Elles indiquent un rajustement de l’écorce terrestre après le séisme principal.

• Le nombre de répliques ressenties est fort variable et, donc, imprévisible. Il peut y en avoir quelques par jour ou seulement quelques unes par semaine. Plusieurs d’entre elles peuvent être ressenties si elles sont supérieures à magnitude 4,0 sur l’échelle de Richter.

• La fréquence de ces répliques diminuera avec le temps, mais leur magnitude ne décroit pas progressivement de la même façon, il peut avoir des soubresauts.

• Il est impossible de prévoir la magnitude maximale qu’atteindra une réplique ou le nombre des répliques. Ces données varient d’une région à l’autre, suivant des facteurs qui sont encore mal connus, même des spécialistes. De façon générale, la magnitude maximale de la plus grande réplique sera d’environ 1,0 degré de moins à l’échelle de Richter, donc autour de magnitude 6 pour une réplique de la région d’Haïti. On a eu jusqu’à maintenant (21 janvier) deux séismes de magnitude 5,9.

• Les répliques augmentent le stress des personnes dans la zone épicentrale et si elles sont fortes, magnitude 5,5 ou plus, elles peuvent ajouter aux dommages d’édifices déjà affaiblis. Pour cette raison, il est indiqué de ne pas réintégrer des édifices à moins que les autorités compétentes les désignent comme sécuritaires.

Les failles:
• Physiquement, un séisme est le résultat d’un mouvement brusque de deux blocs de roc le long d’une cassure (faille) située en profondeur dans l’écorce terrestre. Dans le cas du séisme du 12 janvier, la profondeur était d’environ 10 km.

• Après de très forts séismes, ce mouvement peut être visible en surface sous forme de déplacement latéral entre les deux côtés de la faille. On n’a pas d’évidence qu’un tel mouvement s’est produit lors du séisme du 12 janvier.

• Beaucoup de gens croient à tort que, lors des séismes, le sol s’entrouvre pour engloutir de malheureuses victimes. Cette conception des séismes, bien incrustée dans notre subconscient, ne correspond aucunement à la réalité; on la doit plutôt à l’imagination des producteurs d’Hollywood!

• Après un fort séisme, il se peut que des fissures soient visibles sur le sol. Il ne s’agit pas de failles, ni de crevasses qui se refermeront. Ces fissures sont probablement apparues en raison du tassement (compaction) du sol que les vibrations ont causé.

• Une faille géologique s’étire de la République Dominicaine jusqu’en Jamaïque. Seule une portion de cette faille a été réactivée le 12 janvier entre un peu au sud de Carrefour jusqu’à Petit-Goâve environ. Sur les centaines d’années à venir, il est possible que cette faille connaisse des séismes importants sur toute sa longueur, mais une portion à la fois .

Les dommages:
• Ce sont les vibrations du sol qui causent la plupart des dommages associés aux séismes.

• En général, des forts séismes (magnitude 7 et plus) produisent des mouvements du sol de grande amplitude et de longue durée.

• Des forts séismes produisent des secousses plus fortes qui sont ressenties sur une plus vaste région que des plus petits séismes.

Est-ce que la terre s’ouvre pendant un séisme?
Non! Une idée fausse mais fréquemment crue c’est qu’un trou s’ouvre dans le sol pour avaler des victimes malheureuses. Cela n’a aucun rapport à la réalité mais c’est la version des séismes de Hollywood. Après un fort séisme, quelques fentes peuvent apparaître dans le sol. Ceux-ci ne sont pas des failles, ni des crevasses prêtes à refermer. C’est probablement le tassement du sol qui les a produites.

Risque de tsunami
• Les tsunamis sont de grandes vagues océaniques qui peuvent être produites de deux façons:
1.. Par un mouvement vertical du fond de la mer directement causé un rejet d’une faille causé par un séisme de forte magnitude (magnitude 7,0+). À moins qu’un autre très fort séisme se produise, ce qui est très improbable, il n’y a plus de danger qu’un tsunami affecte les rivages d’Haïti. Ceci est appuyé par le fait que le mécanisme du séisme du 12 janvier n’est pas favorable à un tel mouvement vertical du fond de la mer, et que la majeure partie de la faille se trouve sur la partie terrestre de la péninsule du sud et non pas au large des côtes.

2. Un tsunami plus local peut aussi être engendré par le déplacement d’une grande quantité d’eau engendré par un glissement de terrain sous-marin ou par l’éboulis d’une falaise côtière.
• Un séisme assez fort (magnitude 6 ou plus) peut causer un mouvement du fond de la mer (1) ou un glissement de terrain (2). Il est donc suggéré de s’éloigner du rivage si un fort séisme se produit. La plupart du temps, l’arrivée imminente d’un tsunami se détecte, dans les minutes après un fort séisme, si la mer se retire rapidement loin du rivage. On doit alors gagner les zones plus élevées (15 m ou plus au-dessus du niveau de la mer). La possibilité d’un tsunami causé par une réplique sismique est considérée très faible en ce moment.

En espérant que ces quelques précisions seront d’intérêt, je vous prie d’agréer l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Maurice Lamontagne, ing., Ph.D.
Séismologue / Seismologist
Secteur des sciences de la Terre / Earth Sciences Sector
Ressources naturelles Canada / Natural Resources Canada
615, rue Booth / 615 Booth St
Pièce 216 / Room 216
Ottawa (Ontario) K1A 0E9
613-947-1318 613-947-1318 613-947-1318 613-947-1318
maurice.     lamontagne                  @                nrcan.gc.ca
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